De la dissuasion “passive” à la dissuasion “active”

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De la dissuasion “passive” à la dissuasion “active”

• Dans ce texte fortement argumenté, l’expert et intellectuel politico-stratégique russe Dimitri Trenine met en évidence la folie de l’actuelle situation où les règles de la dissuasion nucléaire semblent ne plus contraindre les USA. • Son idée est que la Russie doit redresser cette situation en redonnant vie à la dissuasion. • Il s’agit de tirer un “coup de semonce” sans nucléaire pour concrétiser les capacités russes, et les missiles hypersoniques en donnent le moyen. • On peut nommer cela : passer de la dissuasion “passive” à la dissuasion “active”.

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24 mars 2024 (14H30) – Nos lecteurs ont bien entendu remarqué que nous suivons avec attention les commentaires de Dimitri Trenine, que l’on retrouve régulièrement cité dans nos textes, souvent en ‘Ouverture Libre’, à partir d’un de ses propres textes. C’est encore le cas ici, et c’est cette fois particulièrement important. En un mot, qui n’expliquera rien du tout mais annonce la couleur, Trenine propose de passer d’une “dissuasion passive” à une “dissuasion active” pour tenter de faire comprendre aux américanistes-occidentalistes que la Russie ne se complaît pas dans une dialectique sans fondement lorsqu’elle fait l’hypothèse que l’on galope vers un conflit nucléaire.

«  ...[I]l convient de repenser le concept de dissuasion et, ce faisant, de changer son nom.

» Par exemple, au lieu d’une forme passive, il faudrait parler d’une forme active. »

Cela nous intéresse particulièrement parce que cela rejoint une idée que nous développons depuis le 22 mars 2022, en corrélation avec l’apparition des missiles hypersonique à configuration tactique (vol à basse/moyenne altitude, avec évitements, manœuvres, balistique avec évitement, etc.) mais à emploi stratégique comme un “palier” de plus dans la dissuasion. Si Trenine ne parle pas spécifiquement des hypersoniques (qu’il a sans nul doute à l’esprit), il parle par contre clairement d’un nouveau “degré” à l’intérieur du processus de la dissuasion. Nous ne qualifierons pas celle-ci de “nucléaire”, on verra pourquoi, mais elle est nécessairement nucléaire d’une façon générale puisque mise en place pour empêcher l’utilisation, mortelle pour les deux adversaires, du nucléaire.

Trenine, effectivement décrit d’abord ce que fut la “dissuasion nucléaire”, mise en place pour neutraliser l’emploi d’armes de cette sorte, jugées réciproquement suicidaires. Il salue dans la Guerre Froide, surtout à partir de la fin des années 1960, une période d’extrême stabilité à cet égard, avec consultations permanentes des deux parties, négociations et signatures d’accords de limitation, surveillance de l’application de ces accords aussi bien par des moyens automatiques que par des contrôles humains, etc. Cette période-là est finie (pour diverses raisons très souvent évoquées et qu’on n’abordera pas ici). La stabilité politico-militaire de la Guerre Froide s’en est allée...

Trenine écrit donc dans son texte du 23 mars 2024 :

« Cependant, le premier quart du XXIe siècle se termine dans des conditions très différentes de la relative stabilité politique internationale des années 1970. [...]

» Les deux plus grandes puissances nucléaires, la Russie et les États-Unis, sont dans un état de conflit armé semi-direct. Cette confrontation est officiellement considérée en Russie comme une menace existentielle. Cette situation est devenue possible grâce à l’échec de la dissuasion stratégique (dans sa dimension géopolitique) dans une zone où les intérêts vitaux de la Russie sont présents. Il convient de noter que la cause principale du conflit est le mépris conscient de Washington – depuis trois décennies maintenant – à l’égard des intérêts sécuritaires clairement et explicitement exprimés par Moscou. »

Actant cette situation nouvelle, Trenine estime qu’il est nécessaire de trouver une situation nouvelle pour la dissuasion, qui rappelle aux États-Unis l’existence de la chose et les risques communs encourus. C’est ce qu’il désigne comme le passage d’une “dissuasion passive” (celle de la Guerre Froide) à une “dissuasion active”, – un peu comme ils ont installé en Ukraine, ou revigoré serait le mot plus juste, la tactique de la guerre d’attrition en la faisant passer du mode de l’attrition passive à celui de l’attrition agressive.

« Ainsi, le concept de stabilité stratégique dans sa forme originale – la création et le maintien de conditions militaro-techniques pour empêcher une frappe nucléaire soudaine et massive – ne conserve que partiellement sa signification dans les conditions actuelles.

» Le renforcement de la dissuasion nucléaire pourrait être la solution au véritable problème du rétablissement de la stabilité stratégique, qui a été gravement perturbée par le conflit en cours et qui s’intensifie. Pour commencer, il convient de repenser le concept de dissuasion et, ce faisant, de changer son nom.

» Par exemple, au lieu d’une forme passive, il faudrait parler d’une forme active. L’adversaire ne doit pas rester dans un état de confort, croyant que la guerre qu’il mène avec l’aide d’un autre pays ne l’affectera en aucune façon. En d’autres termes, il est nécessaire de ramener la peur dans l’esprit et le cœur des dirigeants ennemis. Il convient de souligner le type de peur bénéfique. »

... Pour “la peur dans l’esprit et le cœur des dirigeants humains”, la parole n’est plus suffisante, celle des discours apocalyptiques d’un Krouchtchev ou d’un Kennedy au moment de la crise de Cuba par exemple. En effet, des deux côtés, on ne se parle plus... Donc, foin de paroles, il faut des actes !

« Il faut également reconnaître qu’à ce stade du conflit ukrainien, les limites d’une intervention purement verbale ont été épuisées. Les canaux de communication jusqu'au sommet doivent rester ouverts 24 heures sur 24, mais les messages les plus importants à ce stade doivent être envoyés par des étapes concrètes : des changements doctrinaux ; des exercices militaires pour les tester ; patrouilles sous-marines et aériennes le long des côtes de l'ennemi potentiel ; des avertissements concernant les préparatifs des essais nucléaires et les essais eux-mêmes ; l'impression de zones d'exclusion aérienne sur une partie de la mer Noire, etc. Le but de ces actions n’est pas seulement de démontrer la détermination et la volonté d’utiliser les capacités disponibles pour protéger les intérêts vitaux de la Russie, mais – plus important encore – de mettre un terme à l’ennemi et de l’encourager à engager un dialogue sérieux. »

Enfin et surtout, et c’est bien entendu là que nous voulons en venir, “il faut des actes” qui touchent directement et de manière spectaculaire, “explosive”, le domaine de l’adversaire...

Ici, Trenine parle bien entendu des gens de l’OTAN, étant entendu et évident, comme il l’a dit, que c’est de ce côté que l’on n’écoute plus ni n’entend la voix de la sagesse que fut la stabilité stratégique nucléaire de la Guerre Froide. Peu importe l’issue de ce débat pour ce cas, – même si l’on peut à juste titre prétendre deviner notre position, – l’essence même du débat subsiste et Trenine poursuit ses propositions de “passage à l’acte” pour mieux faire comprendre que l’on est sérieux, par cette proposition-là qui est sans aucun doute le point le plus important de son texte, venu d’un intellectuel de son rang, de sa position mesurée habituelle, de son influence.

« L’échelle d’escalade ne s’arrête pas là. Les mesures militaro-techniques peuvent être suivies d'actes réels, pour lesquels des avertissements ont déjà été donnés : par exemple, des attaques contre des bases aériennes et des centres d'approvisionnement sur le territoire des pays de l'OTAN, etc. Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin. Il nous suffit simplement de comprendre, et d'aider l'ennemi à comprendre, que la stabilité stratégique, au sens réel et non étroit et technique du terme, n'est pas compatible avec un conflit armé entre puissances nucléaires, même si (pour le moment) il se déroule indirectement. »

Cette proposition, que Trenine ne fait certainement pas à la légère, – nous voulons dire, sans avoir entendu l’avis de certains spécialistes, stratèges, généraux, – se lit évidemment avec l’existence du missiles hypersonique à l’esprit, ou bien c’est que l’on à l’esprit bien trainard, modèle-LCI. Et l’on pense à l’une ou l’autre base qui traîne en Roumanie ou en Pologne, avec tel ou tel F-16 bientôt aux couleurs ukrainiennes, ou bien un F-35 qui traînait par là, qui sait...

Notre idée est qu’en effet une telle rénovation de la dissuasion n’est vraiment possible et concevable qu’avec ces engins qui laissent STRATCOM glacé d’effroi. En effet, les capacités de l’hypersonique constituent en soi une capacité de “décapitation” des forces nucléaires adverses, sans user de nucléaire, ce qui retourne contre les USA les intentions qu’ils manifestèrent en d’autres temps de faire subir à la force nucléaire russe ; c’est une perspective qui ne peut manquer d’épouvanter STRATCOM et de porter ainsi, par une simple démonstration effectuée contre l’une ou l’autre base, l’effet dissuasif voulu par les Russes à son plus haut niveau, – l’emploi de missiles ‘normaux’ n’ayant certainement pas l’effet psychologique dissuasif voulu...

Nous argumentons depuis longtemps à cet égard, comme nous l’avons écrit plus haut et nous pensons qu’un extrait de ce texte du 10 décembre 2022 qui porte justement sur « L’hypersonique entre dans la dissuasion » permettra de rappeler notre perception à cet égard.

« Cela voudrait dire que les Russes pourraient abandonner leur doctrine sacro-sainte du non-usage du nucléaire “en premier” ? C’est alors qu’on en revient à une question déjà abordée dans ces colonnes : la capacité des missiles hypersoniques, du fait de leur fantastique puissance de choc, d’obtenir avec des charges conventionnelles une capacité de destruction sur des cibles bien identifiées et nécessairement concentrées, équivalente à celle du nucléaire envisagé pour cette sorte d’opération.

» Cela rejoint effectivement les remarques développées dans notre texte le plus récent sur cet aspect révolutionnaire de l’hypersonique : un degré de plus dans la dissuasion (juste en-dessous du nucléaire) qui peut aussi se concevoir comme une capacité de première frappe de décapitation sans avoir recours au nucléaire :

» “Bien entendu, et sans doute y pense-t-on déjà, notre réserve fondamentale est alimentée par la remarque évidente qui met en scène les missiles hypersoniques russes (et bientôt chinois, mais pour l’instant il s’agit bien de la Russie, qui a une avance remarquable sur le reste) :

» “‘Des capacités non nucléaires développées par des concurrents pourraient infliger des dommages de niveau stratégique aux Etats-Unis et à leurs alliés et partenaires’, note le Pentagone, admettant en filigrane la suprématie des armes non nucléaires russes (hypersoniques), et bientôt chinoises...”

» “Cette remarque rejoint ce que nous avons déjà noté à plusieurs reprises à propos des armes hypersoniques dont la flexibilité extrême (autonomie, emport de charge, vols avec manœuvres et altitudes différentes, extrême vitesse et incapacité d’interception, énorme puissance à l’impact du fait de l’énergie cinétique suscitée par la vitesse) leur donne des capacités de frappe stratégique équivalentes à celle d’une arme nucléaire de décapitation et de destruction ciblée. Notre analyse nous conduisait à considérer l’hypersonique dans toutes ses capacités comme installant un nouvel échelon dans l’échelle de la dissuasion, un échelon où le conventionnel devient aussi important que des frappes nucléaires intermédiaires, y compris stratégiques. (Voir notamment le 22 mars 2022, le 23 avril 2022 et le 9 octobre 2022.)

» “...Cela implique la possibilité, dans le cas d’une escalade, de la mise en place et de l’existence d’un échelon intermédiaire entre la guerre conventionnelle de haut niveau et la guerre nucléaire avec son enchaînement quasiment inéluctable du tactique au stratégique (guerre totale d’anéantissement). Dans l’état actuel des forces, cette novation serait au seul avantage des Russes, grâce à leur missiles hypersoniques qui, dans certaines conditions, pourraient frapper avec précision une cible militaire aux USA (bases, centre de commandement, etc.) sans provoquer les dégâts collatéraux catastrophiques d’une frappe nucléaire”. »

Voilà, c’en est assez comme citation. Place donc au texte de Dimitri Trenine, en ayant aussi bien à l’esprit que, déjà, la simple évocation de l’adoption d’une telle mesure dans les plans stratégiques russes pourrait avoir en soi une amorce de l’effet dissuasif “actif” pour lequel plaide l’auteur. (Le titre original du texte est : « Dmitry Trenin: It’s time for Russia to give the West a nuclear reminder »)

dedefensa.org

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Une piqûre de rappel pour la dissuasion ?

La stabilité stratégique est généralement comprise comme l’absence d’incitations pour qu’une puissance nucléaire lance une première frappe massive. En règle générale, on l’envisage principalement en termes militaro-techniques. Les raisons pour lesquelles une attaque peut être envisagée ne sont généralement pas prises en compte.

Cette idée est apparue au milieu du siècle dernier, lorsque l’URSS avait atteint la parité militaro-stratégique avec les États-Unis et que la guerre froide entre eux était entrée dans une phase « mature » de confrontation limitée et quelque peu prévisible. La solution au problème de la stabilité stratégique résidait alors dans le maintien constant des contacts entre les dirigeants politiques des deux superpuissances. Ce qui a conduit au contrôle des armements et à la transparence dans l’organisation de leurs arsenaux respectifs.

Cependant, le premier quart du XXIe siècle se termine dans des conditions très différentes de la relative stabilité politique internationale des années 1970. L’ordre mondial centré sur les États-Unis, établi après la fin de la guerre froide, est sérieusement remis en question et ses fondements sont visiblement ébranlés. L’hégémonie mondiale de Washington et la position de l’Occident dans son ensemble s’affaiblissent, tandis que la puissance économique, militaire, scientifique et technologique et l’importance politique des pays non occidentaux – en premier lieu la Chine, mais aussi l’Inde – augmentent. Cela conduit à une détérioration des relations entre les États-Unis et les autres centres de pouvoir.

Les deux plus grandes puissances nucléaires, la Russie et les États-Unis, sont dans un état de conflit armé semi-direct. Cette confrontation est officiellement considérée en Russie comme une menace existentielle. Cette situation est devenue possible grâce à l’échec de la dissuasion stratégique (dans sa dimension géopolitique) dans une zone où les intérêts vitaux de la Russie sont présents. Il convient de noter que la cause principale du conflit est le mépris conscient de Washington – depuis trois décennies maintenant – à l’égard des intérêts sécuritaires clairement et explicitement exprimés par Moscou.

De plus, dans le conflit ukrainien, les dirigeants militaires et politiques américains ont non seulement officieusement mais aussi publiquement exprimé leur mission d’utiliser leur mandataire pour infliger une défaite militaire stratégique à la Russie, malgré son statut nucléaire.

Il s’agit d’une entreprise complexe dans laquelle les capacités collectives économiques, politiques, militaires, militaro-techniques, de renseignement et d’information de l’Occident sont intégrées aux actions des forces armées ukrainiennes dans le combat direct contre l’armée russe. En d’autres termes, les États-Unis tentent de vaincre la Russie non seulement sans recourir à l’arme nucléaire, mais même sans s’engager formellement dans les hostilités.

Dans ce contexte, la déclaration des cinq puissances nucléaires, le 3 janvier 2022, selon laquelle « il ne faut pas mener une guerre nucléaire » et qu’« il ne peut y avoir de gagnants », apparaît comme une relique du passé. Une guerre par procuration entre les puissances nucléaires est déjà en cours ; en outre, au cours de ce conflit, de plus en plus de restrictions sont levées, tant en termes de systèmes d'armes utilisés et de participation des troupes occidentales, que de limites géographiques du théâtre de la guerre. Il est possible de prétendre qu'une certaine « stabilité stratégique » est maintenue, mais seulement si, comme les États-Unis, un acteur se donne pour tâche d'infliger une défaite stratégique à l'ennemi aux mains de son État client et s'attend à ce que l'ennemi le fasse. n'ose pas utiliser l'arme nucléaire.

Ainsi, le concept de stabilité stratégique dans sa forme originale – la création et le maintien de conditions militaro-techniques pour empêcher une frappe nucléaire soudaine et massive – ne conserve que partiellement sa signification dans les conditions actuelles.

Le renforcement de la dissuasion nucléaire pourrait être la solution au véritable problème du rétablissement de la stabilité stratégique, qui a été gravement perturbée par le conflit en cours et qui s’intensifie. Pour commencer, il convient de repenser le concept de dissuasion et, ce faisant, de changer son nom.

Par exemple, au lieu d’une forme passive, il faudrait parler d’une forme active. L’adversaire ne doit pas rester dans un état de confort, croyant que la guerre qu’il mène avec l’aide d’un autre pays ne l’affectera en aucune façon. En d’autres termes, il est nécessaire de ramener la peur dans l’esprit et le cœur des dirigeants ennemis. Il convient de souligner le type de peur bénéfique.

Il faut également reconnaître qu’à ce stade du conflit ukrainien, les limites d’une intervention purement verbale ont été épuisées. Les canaux de communication jusqu'au sommet doivent rester ouverts 24 heures sur 24, mais les messages les plus importants à ce stade doivent être envoyés par des étapes concrètes : des changements doctrinaux ; des exercices militaires pour les tester ; patrouilles sous-marines et aériennes le long des côtes de l'ennemi potentiel ; des avertissements concernant les préparatifs des essais nucléaires et les essais eux-mêmes ; l'impression de zones d'exclusion aérienne sur une partie de la mer Noire, etc. Le but de ces actions n’est pas seulement de démontrer la détermination et la volonté d’utiliser les capacités disponibles pour protéger les intérêts vitaux de la Russie, mais – plus important encore – de mettre un terme à l’ennemi et de l’encourager à engager un dialogue sérieux.

L’échelle d’escalade ne s’arrête pas là. Les mesures militaro-techniques peuvent être suivies d'actes réels, pour lesquels des avertissements ont déjà été donnés : par exemple, des attaques contre des bases aériennes et des centres d'approvisionnement sur le territoire des pays de l'OTAN, etc. Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin. Il nous suffit simplement de comprendre, et d'aider l'ennemi à comprendre, que la stabilité stratégique, au sens réel et non étroit et technique du terme, n'est pas compatible avec un conflit armé entre puissances nucléaires, même si (pour le moment) il se déroule indirectement.

Il est peu probable que l’ennemi accepte facilement et immédiatement une telle situation. Ils devront au moins comprendre que telle est notre position et en tirer les conclusions qui s’imposent.

Il est temps pour nous de commencer à réviser l’appareil conceptuel que nous utilisons en matière de stratégie de sécurité. Nous parlons de sécurité internationale, de stabilité stratégique, de dissuasion, de contrôle des armements, de non-prolifération nucléaire, etc. Ces concepts sont apparus au cours du développement de la pensée politique occidentale – principalement américaine – et ont trouvé une application pratique immédiate dans la politique étrangère américaine. Ils sont basés sur des réalités existantes mais adaptés aux objectifs de la politique étrangère américaine. Nous avons essayé de les adapter à nos besoins, mais avec un succès mitigé.

Il est temps d’aller de l’avant et de développer nos propres concepts qui reflètent la position de la Russie dans le monde ainsi que ses besoins.

Dimitri Trenine

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