C&M rabroue durement Poutine

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C&M rabroue durement Poutine

• On n’entend pas souvent le duo fameux Christoforou-Mercouris  (C&M) de’TheDuran’ développer une critique importante contre la stratégie des Russes et de Poutine.• |Le duo C&M reproche à Poutine de mener une guerre de l »information pitoyable, laissant dire sans trop les contrer les déformations et les simulacres zelenkisto-occidentalistes sur la situation en Ukraine. • C&M n’ont pas tort. • D’autre part, peut-être les Russes ont-ils un peu raison, avec l’une ou l’autre idées derrière la tête. • C’est à voir et il est possibleque nous verrons bien..

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On les connaît depuis longtemps, ainsi que l’estime que je porte au tandem Christoforou-Mercouris (mettons C&M, ce label très diplomatie classique, c’est plus vite compris, — et écrit). Nous, à ‘dde.org’, nous en parlons un peu moins ces derniers temps parce que leur terrain de prédilection reste l’Ukraine et l’affrontement potentiel avec la Russie plutôt que le théâtre iranien (sans qu’ils aient le moindre doute sur les capacités exceptionnelles de l’Iran). Quoi qu’il en soit, , C&M restent complètement inégalés pour le mélange de la compréhension de ce qui se passe sur le terrain d’une part, l’importance et la valeur des enjeux politiques russes et occidentalistes-compulsifs d’autre part ;  à la fois stratèges-tacticiens improvisés et diplomates de premier rang, avec une impressionnante batterie de sources dont nombre d’entre elles anonymes et du plus haut niveau, avec une grande connaissance du droit et une aussi bonne connaissance des psychologies qui s’affrontent.

Jusqu’ici, C&M ont tenu, contre vents et marées et sans jamais être démentis, une ligne prenant en compte comme origine de la séquence l’imposture faite à une Russie trompée et trahie, bafouée et spoliée, manipulée par l’Occident-compulsif dans ce que cette entité a de plus ignoble : le capitalisme sauvage, la corruption immonde et sans masque, le chantage et les pressions psychologiques, le mépris, bref tous les attributs du satanisme. Ainsi étaient les USA et leurs troupes occidentalisto--compulsives, l’Occident-compulsif, au bout de l’ère Gorbatchev.

Donc, C&M ont eu sur Poutine un regard objectif et admiratif (parce que l’homme politique Poutine est admirablement mesuré malgré la litanie des mensonges puants des hystériques occidentalistes). Alors, se dit-on, lorsque C&M se montrent soudain sévère pour Poutine, il est temps de tendre l’oreille. On dit aujourd’hui : “Il y a du lourd”.

Cela se trouve dans leur chronique à deux d’hier, portant sur la situation du conflit — alors que les troupes russes enregistrent des avancées importantes vers des objectifs scellant  bientôt la fin du conflit d’une part ; — alors que les Ukrainiens ont lancé des tirs de drones très spectaculaires, très “hollywoodiens”, près de Saint-Pétersbourg alors que s’ouvrait le grand Forum Économique annuel, et sur le pont reliant la Crimée au reste de la Russie... Deux actions sans aucun effet stratégique mais gros effet publicitaire.

Début du dialogue C&M :

Christoforou : « Les dirigeants de l'Occident collectif se concentrent beaucoup sur la campagne de drones, sur le fait de frapper la Russie avec des drones. Les Ukrainiens ont frappé Saint-Pétersbourg le jour de l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Les frappes de drones sur le pont terrestre de Crean ont entraîné la mort de civils dans un bus à Donets. Le vrai problème de l’Ukraine, alors qu’on ne parle que de toutes ces frappes de drones, c'est que les Russes avancent à Konstantinovka. Ils percent les lignes ennemies en direction de Kramatorsk. Et ils progressent vers Slaviansk. La situation à Konstantinovka est critique. »

Mercouris : « Oui. Pour l'Ukraine. Oui. C'est absolument vrai et je dois dire que nous avons par contre la célébration comme un succès extraordinaire de la part des médias occidentaux pro- ukrainien qui, par exemple, ont conduit aux attaques de drones à Saint-Pétersbourg qui n’ont décidé aucun délégué de ne pas venir. La raffinerie touchée par ces attaques, dont nous savons qu'elle sera réparée très rapidement et qui, apparemment, n'a pas dissuadé un seul délégué d'assister au discours, a pourtant bénéficié d'une couverture médiatique bien plus importante que les événements réels sur les champs de bataille. »

Jusque-là, rien à dire. Les Russes font au combat et brillamment un travail très sérieux, ils développent leur plan avec efficacité et une remarquable coordination, accentuant leur menace sur Kiev au Nord et sir Odessa au Sud.

Alors, d’où vient la mauvaise humeur de C&M, voire une attitude réellement critique contre les Russes, et Poutine précisément ? Cela porte un nom : la guerre de l’information, qui est, aujourd’hui plus que jamais, une part très importante de la bataille. Et là, vraiment, les Russes ne sont nulle part !

Mercouris : « Puis-je dire quelque chose ? Euh, nous pouvons exposer les faits de la bataille sur le terrain mais un point essentiel est de savoir qui gagne la guerre de l'information. Or, dans les guerres réelles, les guerres de l'information ont une réelle importance. Elles comptent tellement qu’il faut s’inquiéter de savoir pourquoi les Russes font preuve d'une telle indifférence. Quand je parle des Russes, je parle du Kremlin.

» Une telle indifférence à cette question est extraordinaire et euh, elle a pour effet de prolonger la guerre. Il n'y a aucun doute là-dessus. Cela signifie que beaucoup de gens en Occident croient que la situation est différente de ce qu'elle est réellement, et cela explique pourquoi le soutien au financement de l'Ukraine reste fort. C'est donc un point qu'il faut souligner. On devrait entendre un porte-parole russe déclarer chaque jour que ces attaques n'ont pas d'effet significatif. Il ne faudrait pas laisser aux médias comme ‘Medusa’, qui est en réalité hostiles à la Russie et au Kremlin, le soin d'aller sur le terrain, et d'analyser et d'étudier ce qui se passe réellement avec les attaques contre les raffineries. Il ne faudrait pas laisser à des gens comme eux le soin de l’analyse.

» La simple vérité est que ces attaques contre les raffineries sont une nuisance, mais rien de plus. Franchement, c'est sidérant que le Kremlin ne le comprenne pas. »

Christoforou : « Puis-je intervenir rapidement et donner un exemple précis de ce que vous soulignez ? Euh, les frappes de drones sont une nuisance. Ils ciblent aussi des civils. On l'a vu dans le dortoir de Lougansk et avec le bus civil, on a la vidéo. Le bus circulait sur une route quand un drone l'a touché. Oui. Un bon exemple de ce que vous dites, à savoir que la guerre de l'information influence les décisions des dirigeants occidentaux.
» Cela s'est produit hier avec Rutt à Kiev. Oui. Il est venu à Kiev pour cette réunion de l'OTAN, que même Zelenski qualifiait de purement symbolique. Oui. Bref, il arrive et que dit Rutte ? Eh bien… “que le fait que Poutine a eu besoin de l'autorisation de Zelenski pour organiser le défilé du 9 mai… C’est la preuve que l'Ukraine est en train de gagner cette guerre’, dit-il. Oui. Voilà. Et toute cette histoire du 9 mai était, à mon avis, un fiasco de la guerre de l'information orchestrée par le Kremlin, car les Russes ont attribué tout le mérite… à Trump et à son cessez-le-feu. Ils ont dit qu'ils avaient servi Trump sur un plateau d'argent pour tout le récit du cessez-le-feu du 9 mai. Oui. Et Trump en a profité. Et maintenant, Rutt déclare : “Eh bien, c'est parce que Zelenski a donné son accord à Poutine que le défilé du 9 mai a eu lieu.” Et c'est la preuve que la Russie est en train de perdre.

» Je voulais juste le dire parce que je pense que c'est un excellent exemple de la façon dont la Russie a tout simplement non seulement renoncé à la guerre de l'information, mais elle offre la victoire aux États-Unis, à l'OTAN et à l'Ukraine. »

Mercouris : « Absolument. Absolument. Je veux dire, puis-je juste dire quelque chose ? Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Russie (l'Union soviétique) était dirigé par un certain Joseph Staline, dont on ne s'attendrait pas à ce qu'il se préoccupe particulièrement de gagner la guerre de l'information, eh bien ils y excellaient. Ils avaient mis en place toute une agence, dont le rôle était de réfuter et de contrer chaque affirmation allemande. Et ils disposaient de stations de radio... j'ai parlé à de nombreuses personnes qui écoutaient ces stations pendant la guerre et qui écoutaient subrepticement et clandestinement, à travers l'Europe, et qui étaient encouragés par ce que disaient ces radios soviétiques à l'époque Il est donc incroyable pour moi que Poutine ne comprenne pas cela ! »

Le Russe et la guerre de l’information

La critique est impeccable, absolument imparable, venue d’un C&M  que nul ne peut soupçonner d’antirussisme. Cela pose la question du comportement des Russes et de Poutine, cette fois largement au-dessus de toutes les vulgaires polémiques que l’on a entendues, y compris celle de Poutine “agent de la CIA” (et donc plus grosse fortune du monde, nous disent les comptables du bobard en ligne). On laisse tout cela de côté pendant qu’un peu de sable efface ces rigolos.

Il fait est alors qu’il reste le mystère que le duo C&M tente d’éclaircir en  nous décrivant pourquoi les Russes agissent de cette façon, — Ou plutôt, plus simplement : pourquoi n’agissent-ils pas du tout ?

On a déjà développé les arguments des Russes voulant préserver leurs liens avec les pays du sud global en faisant montre de trop d’activisme guerrier en communication. Cet argument a passé de mode, les Russes  n’ont plus rien à craindre de ce côté face au déchaînement de violence et de mensonges jusqu’à l’abrutissement du côté de nos pacifiques démocraties.

• Nous dirions alors qu’il y a chez les Russes une certaine volonté de rompre tous les ponts avec l’URSS dans ses aspects les plus détestables, notamment au niveau de la propagande. Mercouris a beau nous rappeler Staline, il oublie de dire que son action de communication était celle de la subversion massive assaisonnée de divers assassinats et guérillas de type-israélien. Malgré tous les montages-bidon du MI6 et des campagnes type-‘Russiagate’, les Russes limitent au maximum leurs campagnes subversives extérieures, et parallèlement la publicité excessive de leurs guerres, jusqu’à une sorte d’inertie que dénonce justement, dans ce cas, C&M.

• Poutine est un ancien officier du renseignement. On vous épargne toutes les contines sur le KGB de gens qui ont la CIA et le MI6 dans leurs titres de gloire. Officier de renseignement classique, Poutine a un goût extrême pour la recherche du compromis d’une part, pour le secret sur les questions de sécurité nationale d’autre part. D’où sa discrétion.

• Nous soupçonnons également qu’il y a chez Poutine quelque chose de Gorbatchev, là aussi en réaction négative temps de l’IURSS. On parlerait presque d’une sorte de naïveté dans la croyance aux engagements de parole (venus de l’Ouest), avec le rejet d’une communication qui verserait nécessairement dans le mensonge, la narrative et le simulacre.

• Peut-être même, — ruse suprême ? — l’espoir, voire l’attente que la super-communication mensongère d’en face trompe tant les dirigeants et les cadres de ces pays qu’elle les conduit à des décisions catastrophiques. Somme toute, nous croirions bien qu’il y a eu jusqu’ici beaucoup de réussites indirectes.

Dans ce cas dernier cas qui nous paraît assez probable chez des Russes qui conservent le goût et la pratique de la ‘Maskirovka’ qui diffère complètement de nos simulacres, la “guerre de l’information” menée avec tant d’excès par le camp d’en face recèle alors la possibilité d’une action du type boomerang, revenant en pleine face du lanceur. Du super-effet-Janus, si l’on veut.

L’AI donne la définition suivante de la ‘Maskirovka’ : « une doctrine militaire et géopolitique russe signifiant littéralement « camouflage » ou « masquage ». Il s’agit d’une stratégie globale de duperie, de désinformation et de dissimulation visant à tromper l’ennemi sur ses intentions, ses forces ou ses positions. »

C’est ce point essentiellement qu’il faut garder à l’esprit pour notre conclusion.

Pas de “paix d’Austerlitz”

Pour poursuivre sur le dernier point de ce qui précède, disons qu’ils (les Russes) fassent exprès ou non (conscience ou pas) nous importe peu — bien que cela soit une possibilité (l’inconscience) à considérer avec le sérieux le plus extrême, et comme la  possibilité la plus grade. Nous partons d’une certaine conviction de la conservation chez les Russes du goût et de la pratique de la ‘Maskirovka’, renforcés d’un profond mépris pour l’Occident-convulsif (sans pour autant sous-estimer leur puissance de nuisance) avec sa conduite du mensonge pratiquée non comme une doctrine mais comme une auto-croyance qui serait autosuffisante et auto-intoxiquante,  pour les rassurer sur leur propre force civilisatrice et déconstructurante sans égale dans l’histoire, — surtout pas chez les barbares de l’Est. Autrement dit , évoquer cette situation serait jouer un jeu permettant à l’ennemi de croire qu’il est partout victorieux...

Prenons maintenant, pour la conclusion, un point de vue plus général. Notre hypothèse sera bien entendu sous-tendue par le désir ardent que les forces du Système (avec des acteurs différents selon les circonstances, changeant de place, etc.) essuient autant de revers qu’il soit possible jusqu’à sa complète autodestruction en jurant leurs grands diables qu’ils sont jusqu’à l’ivresse en état surpuissant

Dans ce cas hypothétique, que peut-on dire des deux acteurs principaux de la critique exposée plus haut ?

• C&M n’ont pas tort, parce qu’ils veulent, en même temps qu’une situation qui rétablisse un état de justice pour la Russie, une sorte de paix rapide et équilibrée qui établisse un climat d’apaisement permettant de rétablir des relations équilibrée jusqu’à une éventuelle harmonie sur cette partie de l’Europe. A ce moment, la brutalité de la guerre qui accentue la catastrophe laisse la place à la sagesse du diplomate. Napoléon aurait entendu et approuvé avec une sagesse surprenante le conseil de  Talleyrand. Il réunit tous les empereurs et souverains impliqués pour les aviser qu’il abandonne tous ses projets de conquête pour faire rentrer la France dans ses limites naturelles et sortir l’Europe du cauchemar installé par la révolution de 1789. C’est “la paix d’Austerlitz” après la bataille d’Austerlitz.

• Les Russes, eux, se sont instruits et convaincus durant les vingt années précédentes de l’état sans remède d’un climat de fureur et de folie destructrice de leurs adversaires (Ukraine, OTAN, USA) qui ne veulent que la destruction de la Russie jusqu’à son inexistence, son “annulation” en termes Woke.

«  [C’est] rejoindre ce jugement de Leonid Chebarchine, ancien chef du service de renseignement extérieur russe : “L’Ouest ne veut qu’une seule chose de la Russie : que la Russie n’existe plus” (et l’on ajouterait : “qu’elle n’ait jamais existé”). C’est bien entendu cet aspect psychologique qui nous intéresse. » [Voir notamment dans ‘Glossaire.dde’, « De l’antirussisme »]

L’idée (l’hypothèse) deviendrait alors, comme l’un des aspects de l’explication de la stratégie russe, cet aspect psychologique d’une action direct sur l’adversaire, qui n’est pas l’Ukraine seule, mais l’Europe, l’OTAN, les relations transatlantiques, la situation interne des USA, — bref, tout ce qui fait cet Occident-compulsif dont l’acte de compulsion involontaire et sans doute dicté par les dieux comme le comprenait Lincoln, est de mener à son terme cette civilisation aux abois, le Système diabolique qui la conduit, cette ère parvenue au Rien entropique et diabolique de l’histoire de l’humanité qui demande désespérément à être liquidée. Le Diable pris à son propre piège.

Si la “guerre de l’information” conduit à cela, alors oui ! Faisons-là durer jusqu’à son terme catastrophique. Et la défaite des Russes dans ce domaine précédera de peu l’effondrement de notre château de cartes fabriqué sur du sable par temps de violent simoun.


05 juin 2026 à 18H50