Civil War Is Marching On

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Civil War Is Marching On

2 octobre 2019 – James Howard Kunstler titre son dernier commentaire Civil War On, que je préférerais écrire, – comme si j’étais capable de styliser de l’anglo-américain, moi ! – Civil War Is Marching On. Cela, parce qu’on a à l’esprit l’hymne fameux, The Battle Hymn of The Republic des armées nordistes de la première Guerre Civile, plus justement dite “Guerre de Sécession”, et le titre se traduirait alors, à mon sens, par “La Guerre Civile est en marche”.

Kunstler termine son propos, qui se rapporte bien entendu à la procédure de destitution promise à devenir Ukraingate, comme il y eu Russiagate à partir de la racine universelle du Watergate, – par ces mots (Fort Sumter étant le premier accrochage de la Guerre Civile) : 

« UkrainGate est l'équivalent de Fort Sumter dans la guerre civile 2.0. Les accusations volent et se gonflent de potentialité explosive depuis trois ans maintenant, comme elles l’ont fait entre 1858 et 1861. Une fois de plus, ce qui semble être en jeu c’est l’intégrité de l'Union. Comme dans l’édition précédente, l’une des parties s’est dangereusement illusionnée, ce qui risque d'entraîner sa destruction. »

(La dernière phrase est assez énigmatique : Kunstler assimile-t-il les démocrates aux Sudistes ? D’une façon générale, et bien qu’adversaire déterminé de Trump, Kunstler ne cesse de dénoncer la folie qui se développe chez les démocrates [type-LGTBQ, socialisme New Age, haine antitrumpiste devenant obsessionnelle, etc.] … Est-ce une bonne classification d’en faire les Sudistes de la séquence ? Qu’en pensent BLM [Black Lives Matter] et George Soros ? Bref, je dirais pour m’en sortir sans trop de dégâts que tout cela montre plutôt qu’au contraire de 1861 où l’on savait ce qu’être dans chacun des camps signifiait [nullement l’affaire des esclaves pour mon compte], c’est la folie qui marque cette possible Civil War 2.0, comme chez nous au fond, comme ici et ailleurs, comme tout dans cette époque et dans toute cette époque…)

Il n’empêche … Ces quelques brèves remarques faites à propos d’un commentaire (celui de Kunstler) dont on avouera qu’il est bien dans l’air frénétique du temps, pour illustrer la folie du monde, et combien cette folie du monde frappe surtout et d’abord les USA. Et nous, nous restons de marbre, même si l’incendie de Rouen et la colère des policiers, après l’hommage abracadabrantesque fait à Chirac sont des sujets qui ont leur importance, sans nul doute.

Mais non, cette ignorance complète et cosmique dans laquelle la communication générale (toute la presseSystème et une partie non négligeable du reste) se trouve vis-à-vis de la situation à “D.C.-la-folle” continue à me fasciner par son insondable enfermement dans la bulle des élites franco-parisiennes. Jamais le simulacre n’a été aussi hermétique, à l’heure où les bataillons progressistes-sociétaux français luttent avec quelle vigueur, quel vertueux abattage, contre “le repli sur soi”, et ignorant totalement ce qui se passe dans ce temple de la modernité qui éclaire le monde depuis près de deux siècles et demi, ignorant absolument tout ce qui n’est pas de leur monde enfermé dont les limites sont visibles de la plupart des balcons des salons parisiens comme-il-faut. Si, par hasard et inadvertance, on leur parle de destitution et de Trump, ils répondent avec un ensemble aussi rapide que pavlovien : Watergate et Nixon, comme on dirait le Bien et le Mal ; puisque tout s’est magnifiquement passé à cette époque, – même si l’on confond tout par rapport à la vérité-de-situation de la référence, – tout à nouveau se passera magnifiquement bien.

D’ailleurs, je suis bien plus que fasciné par cette époque, par “notre” époque où je ne me sens nullement chez moi comme l’on se dit “de son temps”, – en vérité je suis envoûté par elle, – mais sans crainte de l’envoûtement. Je ne parviens pas à détacher mon regard de cette inculture, de cette ignorance gargantuesque, la façon dont la communication répercute comme un tonnerre les plus banales sottises que nous débitent nos scribouillards des petites lanternes magiques de nos écrans TV Made In Chinaoù nous sommes censés regarder le monde, et où nous regardons notre nombril, notre nombril-élite, notre nombril-PC…

Civil War Is Marching On, – “La guerre civile est en marche”, – mais ce type (PhG) a la même vision crépusculaire qu’un Zemmour s’exclamera quelque chambre d’écho et de torture. Il faut l’embastiller se dit le présentateur hystérique après avoir écrasé Zemmour de son mépris, ce sera fait une fois Trump liquidé et le parti de gauche LGTBQ-CIA installé au pouvoir. La France-postmoderne, celle qui a enfin liquidé le Cher-Pays-De-Mon-Enfance, est une terra incognita pour moi, qui s’éloigne chaque jour davantage. J’oublie comme définitivement, comme l’on range en-Nostalgie un précieux souvenir, la mythique Ville-Lumière qui fut un des objets de vénération de ma jeunesse. (Je parle de ce temps où j’allais voir, en version française, en 1955, ce filmqui me faisait pleurer, à mon âge d’alors, The Last Time I Saw Paris). Je ne connais plus rien de ce pays qui ne connaît plus rien du monde : la France était infiniment plus courageuse et valeureuse en 1955, du temps de la IVème République.

Pour en être quitte, – voici donc ce qu’écrivait il y a peu dedefensa.org :

« Un autre sujet de stupéfaction pour notre compte est la complète ignorance dans laquelle se trouvent les autorités et la “grande presse” [presseSystème] des diverses puissances, – essentiellement européennes, avec la Russie (et sans doute la Chine) mises à part, – de cette vérité-de-situation. Pour elles, d’une façon générale, il y a un “accident” affreusement “deplorable” à Washington, et c’est Donald Trump ; le reste, et notamment l’opposition démocrate considérée comme vertueuse selon les canons postmodernes (progressiste-sociétale, LGTBQ), montre un comportement normal et certes très-moral et fait ce qu’il est possible constitutionnellement de faire avec l’“accident”-Trump. Essentiellement, il y a une ignorance complète du phénomène que constituent la présence, l’activisme et même la prépondérance d’influence d’une aile d’extrême-gauche (symbolisée par les jeunes femmes du ‘Squad’) au sein du parti démocrate. »