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Patrie ou Matrie: un choix de société?

Article lié : Extraits des Âmes

jc

  08/11/2018

Penser sexuellement la géopolitique (à la Emmanuel Todd ?).

Dans les premières pages* de "La clef des songes" Grothendieck fait remarquer qu'il est plus raisonnable que ce soit Adam qui soit sorti des entrailles d'Eve que l'inverse.

"Allons enfants de la Patrie, ... , qu'un sang impur abreuve nos sillons": du Yang à l'état quasi pur?
"Allons enfants de la Matrie, ..., qu'un sang nouveau irrigue nos sillons": du Yin à l'état quasi pur?

Droit du sol. Droit du sang. Droit d'aînesse. Caïn a-t-il tué Abel ou Abelle?

Des poilus attachés (au sens premier c-a-d enchaînés) à leur Mère Matrie? La véritable Âme de Verdun?

Thom: "Le pied est une excroissance de la terre dans l'animal."

Je vis en milieu rural. J'ai toujours été frappé par l'attachement des agriculteurs à "leur" terre. Ma famille (dont moi) n'a pas le même attachement bien qu'elle soit là depuis longtemps. La France de 1914 était, je crois, essentiellement rurale…

*: Je n'ai parcouru que les cent premières.

On a marché sur la lune et aujourd'hui on marche sur la tête

Article lié : Harvard et la théorie de la conspiration

Stephane Eybert

  08/11/2018

Cette proposition que l'arrivé de l'homme sur la lune serait une mise en scène, semble contenir l'idée qu'il n'y aurait eu qu'un seul alunissage. Or, il y en a eu plusieurs. Et aujourd'hui on peut même voir tous les restes de cette présence humaine, sous la forme de nombreux objets et déchets laissés sur place. Ajouter à cela que les soviétiques ont abandonné la partie au lieu de crier à l'imposture. Souscrire à cette proposition ne manque pas de m'étonner.
 

Grandiose ! OBSOLESCENCE DE LA MACHINE

Article lié : Le USS Gerald R. Ford et l’ascenseur

EricRobertMarcel Basillais

  08/11/2018

Avec cet article, et les références du glossaire citées par exemple par le commentateur précédent, je viens de découvrir un aspect grandiose des prédictions statistiques citées in :
https://ericbasillais.files.wordpress.com/2018/06/climax1.pdf
Le point d'accumulation Tc (temps critique) prévu pour 2020/2080 à 95 % de probabilité pourrait-il avoir un lien avec l'Obsolescence de la Machine ?
Il marque en effet une sorte de limite à ladite accélération… cette limite peut-elle être l'obsolescence technologique des machines les plus complexes ? Voilà qui n'était pas prévu jusqu'ici… Un grand merci.

Un exemple de sexuation de sa pensée: eur ou aire

Article lié : Conversation avec les “forces suprahumaines”

jc

  08/11/2018

(Pour Alexandre Grothendieck, un concept émetteur est yang, masculin, un concept récepteur est yin, féminin. Ainsi AG classe la foi yang (on donne foi) et la connaissance yin (on prend connaissance).)

Comme l'a dit Boileau: "Tout ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément."

Etant des humains nous sommes d'abord des animaux. Aussi les premières questions qui nous viennent à l'esprit sont: prédateur?, proie? partenaire sexuel? Et les réponses peuvent être fulgurantes dans les deux premiers cas (réflexes d'attaque ou de fuite): nous, animaux, sommes "câblés" pour justifier l'adage de Boileau. Et il apparaît raisonnable de décliner cet adage en:

"Tout ce qui se conçoit naturellement s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément."
"Tout ce qui se conçoit culturellement s'énonce moins clairement et les mots pour le dire viennent moins aisément."

Le dernier adage décliné renvoie bien entendu aux lapsus qui, on le sait, sont souvent connotés sexuellement*.

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Eur ou aire.

Quand on aborde le problème de la sexuation de sa pensée, la première idée qui vient sans doute à l'esprit (en tous cas au mien) est qu'un homme va préférer des concepts yang et une femme des concepts yin. Pour tester cette hypothèse on peut décliner des mots terminés en "eur" et leur correspondant en "aire" sur le mode donateur(yang)-donataire(yin). On voit tout de suite qu'un donateur à un instant donné peut "changer de sexe" en devenant un donataire à un autre. (Il me semble qu'il peut être fécond pour la clarté de ses idées de se constituer un dictionnaire yin-yang personnel**. On pourra lire avec profit "La clef des songes" de Grothendieck et comparer son propre dictionnaire avec le sien. Il me paraît intéressant de tester la capacité de compréhension mutuelle de deux individus en fonction de leurs dictionnaires respectifs.)

Partant de donateur/donataire et tablant sur une cohérence de la langue française, il est raisonnable de considérer qu'un mot terminé en "aire" est yin et en "eur" est yang. Ainsi un fonctionnaire est quelqu'un qui reçoit une fonction (et il serait logique qu'il reçoive cette fonction d'un fonctionneur). Ainsi un visionnaire est quelqu'un qui reçoit une vision, cad qui voit, et un dictionnaire est quelqu'un qui reçoit une diction, cad qui entend. J'ai ainsi qualifié le topocrate Thom de visionnaire et le logocrate PhG de dictionnaire(sic)***.

Je n'ai pas cherché d'exemple de couples "amoureux". Puisque chacun d'entre nous a un côté masculin et un côté féminin, il faut peut-être deux couples yin-yang pour espérer un "vrai mariage".

Je renvoie ceux qui trouveraient ces considérations farfelues -voire délirantes- au dernier chapitre "Pensée et langage" de SSM (et je rappelle que les trois catastrophes "ombilic" sont qualifiées par Thom de sexuelles).


*: Couilles pour coudes, sexe pour texte, fellation pour inflation (pour rester dans le cadre de nos politicien(ne)s français(es) contemporain(e)s, les femmes menant ici 2 à 1).

**: On pourra lire avec profit "La clef des songes" de Grothendieck et comparer son propre dictionnaire avec le sien.

***: Cf. ce que PhG dit de la façon dont il lui arrive d'avoir l'impression d'écrire "sous la dictée" et d'être obligé de se relire pour comprendre ce qu'il a écrit.
 

Découvrir ou inventer: un choix de société?

Article lié : Conversation avec les “forces suprahumaines”

jc

  07/11/2018

Je poste sur mon divan psychanalytique habituel  (sur mon blog en quelque sorte…).

Avant de devenir accro au site Dedefensa, j'ai été longtemps (cinq ans?) accro au blog de Paul Jorion. Ledit Paul Jorion a écrit plus d'une vingtaine de bouquins dont deux considérés par lui comme "princeps" (le premier publié chez Gallimard): "Comment la vérité et la réalité furent inventées" et "Principes des Systèmes Intelligents.".

Jorion a visiblement des idées communes avec Thom au sujet de l'intelligence (dynamique d'affect plus que dynamique de pertinence) et on retrouve chez les deux des techniques communes (dynamiques de gradient). Aussi je pensais qu'il était Thom-compatible, et c'est essentiellement pour cette raison que je suis resté tout ce temps sur son blog (et y y faire du prosélytisme thomien, sans aucun résultat apparent hormis quelques sarcasmes).

Puis j'ai lu attentivement "Comment la vérité...". Et il m'est apparu tout de suite que Jorion n'était pas du tout platonicien (une grande partie de son bouquin consiste à argumenter contre le platonisme) et qu'il était en fait nominaliste. J'ai compris là qu'il était Thom-incompatible (et j'ai compris -je crois- à cette occasion en quoi son PSI différait des positions thomiennes sur le sujet.

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Je suis convaincu que l'immense majorité des mathématiciens sont platoniciens. Et même parmi ceux qui ne le sont pas (il paraît qu'il y en a) je n'en imagine aucun dire que Pythagore a inventé le théorème qui porte son nom.

Découvrir ou inventer? Ce clivage recoupe assez (très?) fidèlement le clivage réalisme (philosophique)/nominalisme.

Le choix de l'invention colle parfaitement avec celui du nominalisme et aussi avec celui du darwinisme (dans les deux cas, biologique et langagier, l' "être" se "construit" ex-nihilo par récompenses-punitions): c'est, sans aucune hésitation pour moi, le camp du Système. Dans ce Système concurrentiel darwinien où l'argent est roi, il est parfaitement cohérent de récompenser et protéger l'invention en instituant le brevet et les redevances d'utilisation afférentes. Avec les inévitables tensions sociales qui vont avec.

L'avantage social que je vois au choix de la découverte est là: si l'on découvre, alors il n'y a plus aucune raison de breveter, la recherche devient désintéressée, la découverte d'une innovation devient un don à la société toute entière, les tensions sociales afférentes disparaissent. Bien entendu c'est le nerf principal du progrès-Système et un nerf important de la croissance-Système qui disparaissent. C'est en ce sens le choix découverte ou invention est un choix fondamental de société.

Comment persuader une société que c'est ce choix de la découverte qu'il faut faire? Ce choix a un avocat de poids en la personne d'Aristote: "La tèknè imite la nature". En traduisant tèknè par technique (et non art comme c'est l'usage contemporain), et en se rangeant à l'avis d'Aristote, il n'est plus défendable de breveter le soufflet, la pompe et l'ordinateur puisque ce sont des (pâles!) imitations du poumon, du coeur et du cerveau*. (Et une société qui accepte l'idée qu'on n'invente pas mais qu'on découvre ne pourra tolérer un seul instant de laisser breveter le vivant** (comme l'impose actuellement la loi du fric de DC-la-folle pour engraisser Monsanto & Cie). Un autre avocat de poids pourrait (devrait?) alors être la gérontocratie vaticane qui vient de renouveler son allégeance thomiste (donc aristotélicienne?) dans l'encyclique "Ratio et fidei". (Tous ceux qui sont "à droite" des aristotéliciens (platoniciens, plotiniens, etc.) feront bien entendu le choix de la découverte plutôt que de l'invention).


*: On remarque que dans le langage contemporain courant, on dit et écrit: le poumon est un soufflet, le coeur est une pompe, le cerveau est un ordinateur. Autrement dit on affirme par là que la culture domine la nature. Effet kantien? Quoiqu'il en soit, cette inversion permet de préparer le "bon peuple" à l'idée qu'il sera un jour dominé par l'IA et les robots. Un hasard?

**: Selon moi, la critique la plus profonde de Thom contre le darwinisme est que Darwin fait une théorie de l'évolution des espèces, donc des formes, sans se préoccuper de définir ce qu'est une forme.
Comment oser breveter le vivant sans savoir le définir? Pour moi ce n'est plus DC-la-folle, c'est DC-la- -démente. Une plongée dans l'inconnu qui peut s'avérer très dangereuse.Tout ça pour le fric et la caution de Kant (la maîtresse raison qui interroge l'élève nature et la juge (la nature) selon ses propres critères (la raison) ).


 

Forces structurantes vs forces déstructurantes

Article lié : La bataille des 3 cercles de l’enfer

jc

  07/11/2018

Forces structurantes, forces déstructurantes, processus structurants, processus déstructurants.

Commentaire de:

"L’affrontement entre les forces déstructurantes et les forces structurantes, où les secondes triomphèrent en un signe lumineux que la catastrophe n’est pas toujours inéluctable, s’il annonce notre époque, est aussi une application affreuse d’un affrontement qui précéda la guerre et qui est la cause fondamentale de la Grande Guerre."

(Auparavant PhG a opposé les stratégies utilisées par les deux camps: structurante pour la française, déstructurante pour l'allemande)

                                                  ——————————————-

En cours de physique moderne je n'ai pris connaissance, dans ma jeunesse, que de la force d'attraction universelle et la force électromagnétique, mais j'ai lu depuis que, paraît-il via la mécanique quantique, l'on avait découvert tout un zoo d'autres forces "fondamentales" (forces de Van der Waals, etc.). Je ne suis pas physicien, mais je suppose que certaines sont structurantes (il doit bien exister des modèles de formation de TC, par exemple de nébuleuses spirales). Je ne suis pas physicien, mais je n'en sens a priori aucune comme déstructurante.

Pour moi, LA force déstructurante par excellence est la force de la chaleur, c'est-à-dire, en termes physiquement plus corrects, LE processus déstructurant par excellence est le processus de diffusion (isotrope ou non). Bien que je n'ai pas compris grand chose à la notion d'entropie, je considère que déstructurant et entropisant sont à peu près synonymes, et connotent négativement le processus de diffusion. Mais le processus de diffusion peut également être regardé positivement, comme un processus régularisant.

Il apparaît donc naturel d'utiliser le processus de diffusion pour régulariser, lisser les rugosités. Mais trop de diffusion peut conduire à trop de déstructuration (fonte de flocon de neige, magnifiquement structuré, en eau (voire en vapeur d'eau): l'abus de diffusion peut conduire à la mort. Dans ce cas il est naturel de faire appel à des processus structurants. Un exemple éclairant est celui d'une casserole d'eau que l'on chauffe. A partir d'une certaine température il apparaît* une structuration en cellules hexagonales (cellules de Bénard). Mais si l'on chauffe trop, l'eau se met à bouillir: c'est le chaos. L'intelligible (la vie?) entre chaos et néant? Cf. "La carte du sens" selon Thom, à la fin de PNPE (également disponible sur la toile.

(Je crois que ça peut servir métaphoriquement bien entendu de modèle de base -très rudimentaire- en politique, le but du jeu politique étant de stabiliser la société en position "Bénard".)

(Nos sociétés européennes étaient auparavant sans doute trop et/ou mal structurées puisqu'elles ont éprouvé le besoin de se déstructurer. Deux siècles plus tard le job est quasi parfaitement accompli!)

Y-a-t-il des forces déstructurantes dans nos sociétés "modernes", et dans l'affirmative quelles sont-elles? Oui il y  a au moins une: c'est le libéralisme. Car l'essence du libéralisme (le libéralisme est un coucou qui s'est mis dans le nid de la liberté) est de déstructurer (déréguler, abolir les frontières, etc.). Libéralisme=déstructuralisme, libéral=déstructural, ultra-libéral=ultra-déstructural= déstructural en mode turbo**.

Y-a-t-il des processus déstructurants dans nos sociétés "modernes", et dans l'affirmative quels sont-ils?
Oui, au moins un et c'est le processus de moyennisation, c'est-à-dire le règne de la quantité profane*** par l'intermédiaire de la statistique (statistique qui règne en maîtresse dans un nombre incalculable de domaines dans nos sociétés "numériques"). La statistique repose en effet sur le processus de moyennisation qui est synonyme du processus de diffusion: faire une moyenne de données, c'est perdre l'information que contient chaque donnée pour la remplacer par leur moyenne, moyenner c'est entropiser. Sans rien y connaître ni vouloir y connaître je suis persuadé que ce processus est central en économie et en finance (surtout en finance).
Moyenner des données (les fameuses data collectées industriellement par les GAFA -qui les revendent-), c'est les déstructurer. On arrive ainsi très vite au "concept" de "homo moyennicus", étudié -au vitriol- par le mathématicien-philosophe Gilles Châtelet dans "Vivre et penser comme des porcs".

Ce sont le libéralisme(=déstructuralisme) et la moyennisation(=entropisation) qui mènent nos sociétés
"modernes". Il ne faut donc pas s'étonner de ce qui nous arrive. On remarquera que la géométrie a pratiquement disparu (vers 1968 en France) dans l'enseignement des mathématiques -ce qui montre, selon moi la (sur)puissance de l'idéologie libérale sur un domaine qui ne devrait la concerner en aucune façon).

(La société dans laquelle nous vivons est une société numérique, discrétisée, purement algébrique. En mathématiques c'est la géométrie qui évite le décollage sémantique de l'algèbre. Qu'est-ce qui évite la perte de sens, le décollage sémantique, que l'on constate de plus?)

Trouver (et/ou) retrouver des processus structurants est la tâche qui attend "nos" politiques. Pour moi la meilleure façon (et la seule?) de structurer une société est de se donner un but à atteindre et de s'organiser pour tenter de l'atteindre, car c'est la fonction qui crée l'organe. Il est clair pour moi que ce but à atteindre, ou cet idéal à viser, doit être désiré par la société elle-même, et non imposé: Vox populi, vox Dei. Une fois ce point réglé, la société doit sécrèter ses élites pour tendre vers "l'objet du désir collectif".

Je suis un aristo-populiste.

Nos sociétés sont en train d'entrer en surchauffe, le chaos approche. Que faire? L'analogie de la casserole d'eau nous suggère de baisser la température. Autrement dit ce n'est pas refroidir le climat qui importe. C'est refroidir la société. Et cela passe sans aucun doute pour moi par un retour à un état plus naturel, moins culturel. Claude Lévi-Strauss a écrit -je n'ai pas lu!- des choses à ce sujet.


*: Spontanément ou non, ça se discute.

**: Margaret Thatcher: "There is no such thing as society.". Félicitations, Maggie, vous avez atteint votre objectif.

***: En fait on arrive à des états fondamentaux où tous les parasites, les bruits blancs, ont été éliminés. C'est ainsi, ai-je cru comprendre, que Gregory Perelman a résolu les conjectures de Poincaré et de Thurston.

****: à opposer au règne de la quantité sacrée des Pythagoriciens (pour moi Galois, Grothendieck, Connes…)

Métahistoire, Fatima (Portugal), 1968 et WWIII

Article lié : La bataille des 3 cercles de l’enfer

EricRobertMarcel Basillais

  07/11/2018

Votre article implique que l'enseignement scolaire de l"Histoire est plus nocif qu'instructif. Et pourtant quel merveilleux instrument que l'Education Nationale, une armée là aussi. Mais elle n'a pas de bons généraux et encore moins de vision à servir. Ce qui me ramène à la Grnade Guerre, où, Traité de Versailles à la main, on peut dire avec certitude que la guerre fût perdue au profit des banquiers sionistes. Sorte d'holocauste inaugural d'un monstre en attente de Sacre.

Puisqu'on parle des cercles infernaux, un petit rappel digressif d'ordre religieux vaut son pesant de Métahistoire : en 1917 commencèrent les apparitions de la Vierge à Fatima (Portugal).

D'un simple point de vue terretre, le message  illustre une préoccupation géopolitique et métahistorique au fin fond d'un coin reculé d'un pays épargné par la guerre, le Portugal. C'est étonnant en soi.

Ce message relie les horreurs de la Grande Guerre en cours,  du Bolchévisme balbutiant et même de la deuxième guerre mondiale à une question de consécration de la Russie à réaliser par le Vatican : c'est un test; et il est négatif, à une époque où pourtant la Franc-Maçonnerie n'a pas encore clamé urbi et orbi la prise du Vatican - celle-ci n'étant effective qu'avec Jean XXIII, en 1957, année du Traité de Rome).

Si l'on considère sans aucune considération de foi chrétienne toute cette demande, on conviendra qu'elle pose les contours métaphysiques et historiques, métahistoriques, du XX° siècle.

Un siècle de faillite religieuse et de paroxysmes matérialistes. Or l'Enfer repose sur un principe appelé la Materia Prima, la Matière Première (sans rapport avec les intrants industriels qui sont de la matière seconde).

Autre remarque, on constate en 2018 que 100 ans nous séparent de la fin de la Grande Guerre. Mais que le milieu de ces deux dates corrspond à 1968... année d'extrême violence, militaire et civile, aux USA, en France et ailleurs…

Je me demande pourquoi un tel niveau d'oubli en 1968, d'une guerre si proche, d'autant plus proche que la deuxième n'était que le ricochet de la première…

Je me demande enfin, pourquoi, à l'aube de WWIII, on ne prend pas conscience d'un dessein liant ensemble toutes ces guerres mondiales sous les auspices des puissances infernales.

 

Unions sacrées.3 au complet

Article lié : Notre 11-novembre & Ferrero

jc

  06/11/2018

(Complément de Unions sacrées.2.

Dans sa métaphysique Aristote donne l'exemple d'une conjecture mathématique comme étant "en puissance" et une preuve de cette conjecture comme étant "en acte". Grothendieck, maître es-conjectures s'il en est, disait qu'il était le seul à avoir le souffle, que ses élèves n'étaient que des tâcherons. D'où les associations Connes/conjectureur/souffle/puissance et Villani/problem solver/tâcheron/acte.

Mon expérience vieille de 40 ans dans le milieu mathématique me permet d'affirmer que les matheux puissants sont perles très rares. De mon observation de très loin -c'est-à-dire à la TV- vieille de 50 ans il ressort que les politiciens (surtout mâles) mettent en avant leur pragmatisme** et leurs qualités d'hommes d'action (Sarkozy…). Cela donne à réfléchir sur le problème de savoir ce qu'est véritablement l'élite politique.)

                                              ———————————————


Comment libérer sa pensée pour tenter d'avoir accès aux Idées? Thom et Grothendieck répondent en choeur: par le rêve. (Cf. "La clef des songes" et la dernière phrase de la conclusion de SSM)

Mais encore?

Thom indique à de nombreux endroits de son oeuvre comment faire: en géométrisant sa pensée. Par exemple:

1. Dans ES p.16: "On ne cherchera pas à fonder la Géométrie dans la Logique, mais bien au contraire on regardera la logique comme une activité dérivée (et somme toute secondaire dans l'histoire de l'esprit humain), une rhétorique. Ici, on ne cherchera pas à convaincre mais à étendre l'intelligibilité du monde. au lieu de fonder logiquement la Géométrie, on cherchera à fonder le logique dans la géométrie."

2. Dans AL p.33: "Ce n'est pas un hasard si, finalement, l'une des meilleures applications de la théorie des catastrophes est encore le modèle de Christopher Zeeman. Malgré son caractère non quantitatif, qui a suscité la dérision des scientifiques professionnels, il a l'avantage inestimable de montrer ce qui fait la supériorité d'un modèle géométrique sur une construction conceptuelle. Expliquer linguistiquement son contenu oblige à des paraphrases compliquées dont la cohérence sémantique n'est pas évidente."

3. Dans AL p.561: "Car le monde des Idées excède infiniment nos possibilités opératoires. Et c'est dans l'intuition que réside l'ultima ratio de notre foi en la vérité d'un théorème -un théorème étant avant tout, selon une étymologie aujourd'hui bien oubliée, l'objet d'une vision."

Ainsi, pour avoir accès aux Idées, il est préférable, selon Thom, d'être visionnaire plutôt que dictionnaire (ce qui, sur le mode donateur/donataire laisse entier le problème des éventuels visionneur et du dictionneur).

A l'appui de ces citations Thom écrit dans un article "princeps" "Toplogie et signification" (MMM p.227):

"Il est tentant de penser qu'à cette époque [présocratique] l'esprit était encore en contact quasi direct avec la réalité, les structures verbales et grammaticales ne s'étaient pas encore interposées comme un écran déformant entre la pensée et le monde. avec l'arrivée des sophistes, de la Géométrie euclidienne, de la Logique aristotélicienne, la pensée intuitive fait place à la pensée instrumentale, la vision directe à la technique de la preuve."


Mais encore?

Je pense qu'il faut opérer une libération sexuelle de la pensée (ce que fait quasi explicitement Grothendieck). Thom: "Il faut regarder tout concept comme un être amiboïde qui réagit aux stimuli extérieurs émettant des pseudopodes et phagocyte ses ennemis." Ceci exigera -pour qui veut atteindre cette libération- à resacraliser la sexualité (comme le suggère la dénomination de l'os sacrum).

*: Cf. "Unions sacrées.2"

**: Thom: "Le pragmatisme n'est que la forme conceptualisée d'un certain retour à l'animalité" (qui me semble assez bien coller au "dealer-hyperactif-camelot-qui-fait-des-démonstrations" Trump)

Poupées russes

Article lié : Le USS Gerald R. Ford et l’ascenseur

jc

  06/11/2018

I.

Ceux qui me lisent savent que je commente ce genre d'article de PhG par:
1. En maths c'est la géométrie qui évite le décollage sémantique de l'algèbre.
2. Qu'est-ce qui empêche le décollage sémantique des 25 millions de lignes de code (c'est de la pure algèbre) du F35?

Ce qui suit est technologiquement et quantitativement presque sûrement complètement faux. Il y a sans doute aussi des imperfections qualitatives, conceptuelles, ce qui est plus grave encore. Mais je suis convaincu qu'il y a un fond de vérité dans ce qui suit.

Un immeuble est une structure fibro-stratifié*: il y a les strates, les étages, et les fibres qui permettent de faire communiquer les espaces entre eux (en général des escaliers et:ou des ascenceurs). (ça c'est pour le lien "de surface" avec le papier de PhG.)

Un programme informatique peut également vu, je crois, comme une structure fibro-stratifiée. Il y a des programmes et des sous-programmes, etc., en poupées russes, qui sont les strates, et des liens, les fibres qui relient tout ça. (Un rapport assez direct, j'espère, avec le "Block-1, Block-1A, Block-2, Block-3, etc." du le texte de PhG.)

Dans la théorie thomienne du langage, théorie qui s'intéresse principalement à la signification, le postulat fondamental est qu'il y a une taille maximale pour l'intelligibilité humaine d'un discours fibro-stratifié, disons en poupées russes. Cette taille est liée au nombre 4** parce que c'est la dimension de l'espace-temps. Voici la fin de l'article "Topologie et linguistique" (MMM p.175):

"D'après la "règle des phases de Gibbs", il peut y avoir ainsi au plus quatre systèmes indépendants en équilibre (susceptibles d'être construits génétiquement, dans l'embryologie, par un système de "gradients" en compétition.): toute structure génétiquement héréditaire, reconnue comme globale, comprend ainsi au plus quatre éléments. On observera qu'ainsi -en Français tout au moins- une syllabe comporte rarement plus de quatre phonèmes, un mot plus de quatre syllabes, et une phrase plus de quatre actants. je n'aurai pas l'audace d'élever cette spéculation en universel du langage, mais je n'en crois pas moins vrai que la "double articulation" du langage tire son origine de cette contrainte spatiale."

Ce "théorème" s'interprète heuristiquement en disant qu'un discours ainsi structuré n'est compréhensible par un être humain "normal" que si une cetaine borne n'est pas dépassée. Sans s'appesantir sur les calculs, admettons que cela donne une fibro-structure de 4 étages, chaque étage contenant 4 sous-étage, etc., le tout en emboîtements "russes" de profondeur 4. Cela fait, sauf erreur, 4⁴=256 programmes élémentaires qu'il s'agit de connecter pour obtenir que le programme exécute correctement ce que prescrit le GA (Grand Architecte) du projet.

Dans le cas du F35, dont j'ai lu que l'électronique nécessitait 25 millions de lignes de codes, un calcul analogue conduit à une fibro-structure en poupées russes de 10 étages. Interprété dans la théorie thomienne, cela signifie que le GA (de Looked) doit être capable de voir en dimension 10, ce qui dépasse, sans doute de très loin, les possibilités humaines**.

Une façon plus simple de voir le problème est la suivante: les gens du bâtiment sont sélectionnés et formés pour savoir lire les plans, projections 2D d'une structure 3D. Ici le GA de Looked a les projections 2D d'une structure 10D qu'il faut reconstituer.

Il est intéressant de noter à ce propos que le problème philosophique de la caverne de Platon est pour Thom un problème de géométrie****: les plans 2D sont affichés sur le fond de la caverne, et il faut les interpréter, c'est-à-dire deviner un "immeuble (le plus simple possible s'il yen a plusieurs) dont les plans affichés dans la caverne sont des projections. Ce qui peut faire voir pour certains le platonicien "Dieu, toujours, fait de la géométrie" sous un jour nouveau.


II

Je note que PhG a l'intuition de cette faillite du technologisme depuis au moins l'époque de l'article du glossaire "Technologisme versus communication":

"… Or, l’on peut se demander aujourd’hui si ce système du technologisme n’a pas atteint et dépassé le point maximum de sa rentabilité opérationnelle et de son efficacité pour entrer dans sa phase descendante de l’impasse de lui-même, nécessairement catastrophique quand on mesure combien toute la puissance de cette contre-civilisation dépend de lui. Ce serait alors la manifestation parfaite du passage du Système général de sa phase de surpuissance à sa phase d’autodestruction, avec une marche général vers une entropisation selon un processus correspondant à la troisième loi de la thermodynamique, dite “loi de l’entropie”. (Cela s'accorderait parfaitement avec le fait que le système du technologisme est un système fermé, par conséquent promis à l'entropie.)"

Il me semble que les considérations ci-dessus pourraient être une explication (thomienne) du fait que le système du technologisme, que PhG intuite fermé, ait dépassé sa frontière naturelle qui est de 4 en profondeur "poupée russe", une explication donc de l'obsolescence de la machine.
 
Guerre Intelligence Artificielle/Intelligence Naturelle (IA/IN). L'IN commencerait-elle à marquer ses premiers points?


*: terminologie maison

**: via un théorème de type Gibbs généralisé par Thom à la stabilité structurelle (notion purement mathématique liée à la stabilité structurelle de tout édifice fibro-stratifié, un immeuble par exemple)

***: Thom a dit voir en dimension 4 dès l'âge de 11 ans. Peut-être s'est-il hissé plus haut plus tard? Mais il dit, de mémoire quelque part dans MMM, qu'il ne "voit" pas l'ombilic parabolique dans sa totalité.

****: Cf. la fin de la conclusion de ES.

Union sacrée pour les européennes de 2019?

Article lié : T.C.-63 : Au carrefour des tragédies

jc

  06/11/2018

(S'il fallait symboliser un tourbillon par un nombre, je choisirais 69 sans hésiter, ça me fait penser à la marque de position essorage des lave-linge.

La série des TC a débuté il y a peu, vers TC-56, de mémoire. Et, à chaque nouvelle parution, on ne peut que constater que le tourbillon crisique monte dans les tours. Nous en sommes à TC-63, TC-69 se rapproche donc. Et rien ne semble vraiment bouger; personne, parmi les élites politico-médiatiques françaises n'a l'air de véritablement montrer au "peuple" qu'il pense à l'après. J'espère qu'elles y pensent, bien sûr, mais je n'en suis pas sûr.
)

Les européennes sont la prochaine échéance électorale. La macronie fait tout ce qu'elle peut pour imposer la bipolarisation du scrutin: le camp du bien, libéral-progressiste-européiste-globaliste, contre le camp du mal, souverainiste, que les médias aux ordres qualifient de populiste puis, amalgamant frontière et mur*, d'anti-libéral, et donc de liberticide, et enfin d'anti-européen.

Je propose l'UEPS pour briser la rhétorique de "nos" sophistes:

UEPS: Union Européenne de Peuples Souverains.

(L'idée m'en est venue hier soir alors que Fabrice Luchini était l'invité du journal de la cinq. Il a fait pour le téléspectateur la nette distinction entre peuple et populace (il a utilisé le mot foule) en déclamant du Hugo et Péguy. Et il s'est déclaré ni-ni-ni (ni libéral, ni communiste, ni "de droite", mais chevènementiste***), refusant ainsi la dichotomie macronienne.)

Je pense qu'une "union sacrée" contre la macronie -et ses affidés- peut se faire sous la bannière de l'UEPS, en mettant en avant l'article 2 du titre I ("De la souvraineté") de la constitution, que tous les "gouvernements" successifs violent allègrement depuis longtemps dans l'esprit, sinon dans la lettre (le seul à respecter vraiment l'esprit de constitution de la Vème, a, selon moi, sans doute été De Gaulle): "Le principe de la République est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple."

Pour moi l'expression "Vox populi, vox Dei", utilisée sous l'empire romain, a un sens profond. Et si l'on veut creuser la chose, il suffit de lire "La Grâce de l'Histoire": on y apprendra que le P de UEPS mérite bien sa majuscule.


                      Lancer symboliquement l'UEPS le 11 novembre?



*: Cf. "L'éloge des frontières" de Régis Debray, qui traite de la distinction.

**: Distinction que n'aurait sûrement pas fait Margaret Thatcher ("There is no such thing as society").

***: La vraie gauche (celle à gauche de la gôche macronienne) réalisera-t-elle enfin qu'une internationale (socialiste ou autre) suppose l'existence de nations? (Mélenchon, tu dors; ton moulin, ton moulin va pas fort.)

Unions sacrées.4

Article lié : Notre 11-novembre & Ferrero

jc

  06/11/2018

I. Complément de réflexion sur l'élite politique.

Après décantation nocturne il m'apparaît clairement que le clivage concepteur/problem solver en mathématiques recoupe les clivages législatif/expérimentalisme en physique et législatif/exécutif en politique, et donc que légiférer est réservé à une élite dans l'élite. En physique comme en politique (je ne pense pas que ce ne sont pas les physiciens qui me contrediront).

Dans un article récent PhG faisait remarquer que les deux actuels parlements américains seraient incapables d'écrire une constitution comme l'ont fait leurs ancêtres.

Si ce qui précède a un sens alors:

1. Il me semble clair que là-bas comme ici (et ailleurs) le mode de recrutement d'une élite politique capable de légiférer est à repenser.

2. Il me semble également clair que, hiérarchiquement, c'est le législatif (conseil constitutionnel) qui est l'être premier -de loin- et que l'exécutif n'a pas à interférer sur son recrutement*.


II. Compléments sur la sexuation de la pensée.

Thom m'a convaincu que l'on pense et on agit comme on est (ce qui diffère du "Je pense donc je suis" de Descartes). Autrement dit connaître son corps (et en particulier son cerveau-proie) permet de connaître son âme et réciproquement, ainsi que l'univers: "La vieille image de l'Homme microcosme reflet du macrocosme garde toute sa valeur: qui connaît l'Homme connaîtra l'univers." (SSM conclusion). Penser l'accouplement réussi de deux concepts (par ex. puissance et acte**) comme une remontée vers l'unité primordiale provoquant un "orgasme intellectuel". (A ce sujet la catastrophe double fronce est un couplage très synergétique de deux fronces. Je ne peux me sortir de la tête qu'il y a un rapport avec l'accouplement mâle-femelle: je suis frustré de n'être que troisième couteau -émoussé-.)


III. Complément sur la guerre IA/IN.

Alain Connes: "L'important ce sont les concepts", "je mets au défi l'intelligence artificielle de créer des concepts."
("Le quantique, les mathématiques et le temps" à 1h03':
https://www.youtube.com/watch?v=tLdQqsWPAKI )

Citation qui me conforte dans l'idée qu'en politique c'est le législatif qui doit dominer l'exécutif.


*: Mais, bien entendu, le législatif doit avoir connaissance des retours d'expérience de l'exécutif. Comme en physique.

**: cf. le paragraphe "Coincidentia oppositorum" dans l'article Wikipédia sur Mircea Eliade.

Folies en Fâts Dièses Majeurs

Article lié : T.C.-63 : Au carrefour des tragédies

EricRobertMarcel Basillais

  06/11/2018

1/ La maison de fous semble être le fruit des cerveaux les plus déliés ....autre paradoxe.
2/ La guerre commerciale qui bat son plein est la moins pire des solutions concevables et réalistes à l'intégrale des problèmes mondiaux : or, aussi bien Trump que Xi et Poutine la promeuvent : par des sanctions (y compris désormais des sanctions russes contre l'Ukraine). Par des barrières douanières, qui n'auraient jamais dû disparaître. Jouer l'option séparatiste est aussi dans l'idée de tous : Ouighours et Tibétains ici, Sibériens là... UExit plus loin… en se disant que le chaos a un effet de friction, de perte, de frein à toute ces folies d'Etats et d'ONU.

La folie de ces méga- acteurs tient précisément à leur grandeur… leur démesure impériales…leur hubris....rien de nouveau.
 

Les Vainqueurs

Article lié : Les Américains & 14-18

Coli

  05/11/2018

On peut signaler la sortie ces jours-ci du livre du colonel Michel Goya : Les Vainqueurs, sur le rôle de la France dans la Grande Guerre.

L'ouvrage est présenté sur son excellent blog, La Voie de l'Epée, à l'adresse suivante :

https://lavoiedelepee.blogspot.com/2018/08/les-vainqueurs-itineraire-dun-livre.html

Unions sacrées.3

Article lié : Notre 11-novembre & Ferrero

jc

  05/11/2018

(Complément de Unions sacrées.3.

Dans sa métaphysique Aristote donne l'exemple d'une conjecture mathématique comme étant "en puissance" et une preuve de cette conjecture comme étant "%3

Unions sacrées.2

Article lié : Notre 11-novembre & Ferrero

jc

  05/11/2018

Guerres de corps à corps, puis guerres de projectiles, puis maintenant guerres virtuelles, guerres des
mots. Dans tous les cas guerres des idées. Ou guerres des Idées.

Je sens très confusément, tel Rantanplan, que la guerre nature/culture (alias intelligence naturelle/intelligence artificielle) pourrait être une guerre des Idées contre les idées.

Quesaco? Je vois les choses -un peu métaphoriquement- ainsi:

En mathématiques Thom distingue les matheux de la maîtrise, en gros les résolveurs de problèmes, et les matheux de l'intelligibilité (en gros les découvreurs de problèmes)*. Il y a ceux qui tracent de nouvelles voies et lancent de vastes conjectures, en totale liberté; ceux-ci manient des Idées, tels Thom et Grothendieck**. Et il y a ceux-là qui les résolvent, dans le cadre imposé (et immuable?) aux démonstrations mathématiques; et je pressens que, pour cette raison, ils sont bridés dans leurs Idées, et que ces Idées perdent leur majusculité pour devenir de "simples" idées. Je verrais bien retrouver là la distinction entre raison humaine et raison divine faite par PhG***.

Parmi les matheux français vivants, je classerais volontiers Alain Connes en concepteur (c'est-à-dire en découvreur d'Idées?****) et Cédric Villani (Monsieur Intelligence Artificielle en Macronie) en résolveur.


*: "Les réels et le calcul différentiel" (AL p.331)

**: Le sous-titre de "La clef des songes", à savoir "Dialogues avec le bon Dieu" le suggère. (Grothendieck a qualifié dans "Récoltes et semailles" ses élèves (dont Pierre Deligne, futur médaille Fields) de tâcherons.)

***: Cf. "La crise de la raison (humaine)"

****: Alain Connes est considéré par ses pairs (et par lui-même?) comme étant hyper-platonicien.