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Disney était antisémite : la preuve .

Article lié : L’antisémitisme en première ligne

Christian Feugnet

  20/02/2019

L'anti communautarisme est le fait des communautés elles mémes .

Article lié : L’antisémitisme en première ligne

Christian Feugnet

  20/02/2019

J'ai été trés long à comprendre çà, tellement celà parait absurde . à priori , je ne pouvais  méme pas y penser . L'idée s'est imposée à moi au sujet des Roms en Roumanie . Ils y sont généralement detestés quoique le mérite d'une minorité soit reconnu .
Dans un premier temps je me suis opposé à ce "racisme Roumain" , j'ai joué volontiers l'égalité ,le respect , la confiance . , à priori . Bien mal m'en a pris , j'ai été humilié , abusé par eux , ( la plupart) justement par la confiance , sans raisons .. L'idée m'est venue que dominait chez eux une culture du rejet , de se faire rejeter par les autres ; en effet parmi eux beaucoup vivent ,et généreusement, et au dépend de leurs communautaires , de ce rejet et des spécificités communautaires , en général ceux qui y font autorité . Chez les Roms et probablement les autres " incompris, malaimés  c'est dés la plus petite enfance . ". Dés celle ci aussi que les parents exploitent leurs enfants . Jusqu'à des méres qui entretiennent des plaies purulentes de leur bébés pour mendier , on ne me dit pas non , je l'ai vu faire !
Que peux t on penser par exemple d'un Elie Wiesel , toujours ,nomadisant , avec son mur des lamentations portable , la larme à l'oeil , victime inconsolable .  Y a que lui qui a eu des malheurs ? Il distribue des batons pour ce faire battre , Taies-toi le barde on les  supporte pas tes chansons !

L'idéologie du bien-être et le New Age

Article lié : Le bonheur entre tragédie et bien-être

jc

  19/02/2019

Pour moi le problème du Bien-Être (ou du bonheur, pour moi c'est pareil, simple question de vocabulaire) est un problème métaphysique. Je préfère Bien-Être parce que, justement, ça fait plus métaphysique¹. Être bien dans son être, c'est-à-dire être bien dans sa peau, c'est être au repos dans son lieu naturel au sens qu'Aristote donne à ces choses; c'est le seul cadre métaphysique dont j'ai entendu parler dans lequel je sens que le problème pourrait être traité.

Je ne connais rien de la théorie aristotélicienne des lieux que par le prisme thomien -peut-être déformant mais toujours passionnant (au moins pour moi)- de l'article "Aristote topologue", disponible sur la toile² (article que je suis loin d'avoir digéré). Mais ce n'est pas, de par mon inconnaissance quasi-totale du sujet, l'objet de mon commentaire présent. Malheureusement car "L'emprise du bien-être signe l’apologie d'un monde sans bord" de Heilbrunn, qui renvoie à la société ouverte de Soros, rencontre selon moi, au flair, frontalement la théorie aristotélicienne des lieux.

                                                 —————————————————


Ce qui m'intéresse ici c'est la partie de l'interview de B. Heilbrunn concernant le New Age et, précisément, la chute de cette partie: "C'est pourquoi les adeptes de cette religion ne peuvent croire à l'immortalité et se focalisent sur la longévité. Quel terreau idéologique serait plus fertile pour nous vanter les mérites de la santé connectée…?"

Après une courte transition (le yoga) l'entrevue monte brutalement à une hauteur vertigineuse (spiritualisation de l'existence, quête du sacré, Dieu tout puissant, immanence, transcendance, etc.) pour se terminer "en eau de boudin" par quelque chose (le "c'est pourquoi ..." ci-dessus) qui me fait penser à une montagne accouchant d'une souris (ou, plus prosaïquement, à un B. Heilbrunn qui nous rappelle qu'il est professeur dans une école de commerce).

Wikipédia me donne une idée de ce qu'est la mouvance New Age -dont je découvre l'existence- auquel il semble manquer un leader spirituel d'envergure pour métamorphoser cette mouvance-là en particulier et toutes les religions immanentes en général -comme les qualifie BH- en mouvement structuré. Au risque de choquer quelque éventuel lecteur je flaire que Thom pourrait être celui-là.

Les arguments de BH ("Mais à la différence du christianisme, il ne saurait y avoir de promesse et a fortiori de vie éternelle car c‘est une religion sans origine, sans récit et sans promesse.") ne me satisfont pas du tout (je retire de cette partie de l'entrevue l'impression que dans l'esprit de BH -et sans doute dans celui de nombreux autres- les religions immanentes sont des religions de second rang -alors que les religions transcendantes sont, elles, de premier rang-).

Une religion immanente est une religion qui contient en elle-même son propre principe alors que la qualification de transcendance indique une cause extérieure et supérieure. Je suis de plus en plus convaincu que la "religion thomienne" -Thom ne cache pas que tout se ramène, in fine, à une question de foi en la "vérité" des hypothèses fondant ladite "religion" (alias théorie)- est minimalement transcendante (et quasi-immanente). Pour moi l'intérêt considérable de la théorie des catastrophes -puisque c'est d'elle qu'il s'agit- est:
- d'une part qu'elle peut être acceptée -le saut à faire étant minimal- par celles et ceux qui sont allergiques à toute religion "classique" (et le formatage-Système-laïc fait qu'ils sont sans doute légion);
- d'autre part parce que la minimalité fait qu'elle -la théorie des catastrophes- apparaît comme étant comme l'incontournable tronc commun de toutes les religions transcendantes.

Ma foi en la "vérité" des positions thomiennes suivantes -plusieurs fois citées dans mes nombreux commentaires - est à la base de cette quasi-conviction.

- "Le monde de l'analogie est un monde qui porte son ontologie en quelque sorte en soi."
- "Je crois que l'acceptabilité sémantique (en dépit de son caractère apparemment relatif à la langue considérée) a une portée ontologique. "Toute analogie sémantiquement acceptable est vraie". c'est là, je crois, le principe de toute investigation métaphysique)."
- La théorie des catastrophes est, selon Thom lui-même, une théorie de l'analogie (nombreuses citations disponibles).

La quasi-immanence de la théorie apparaît dans la première citation ("qui porte son ontologie en quelque sorte en soi").

(Cette "religion" transgresse donc le diktat (seulement français?) -venu je ne sais ni quand ni d'où ni pourquoi- "Comparaison n'est pas raison".)


¹: "(...) par opposition au Bien, qui est la métaphysique même." ("La Grâce, tome II, p.337)

²: https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/BF03182078.pdf

³: "Benoît Heilbrunn : « L’emprise du bien-être nous confronte à un monde sans autre dans lequel compte la seule expérience sensorielle et solipsiste. L'emprise du bien-être signe l’apologie d'un monde sans bord, dans lequel tout est finalement indifférencié car tout se vaut. C’est un monde qui délite justement l'individu au sens où l'autonomie de jugement, la pensée critique et la résistance caractériseraient justement ce qu'est un individu. C'est finalement l'ultime tour de passe-passe de l'économie du bien-être que de faire passer ce qui est en définitive de l'égoïsme pour de l’individualisme… »
 

Le Bien, l'Être, le Bien-Être.1

Article lié : Le bonheur entre tragédie et bien-être

jc

  19/02/2019

PhG: "C'était un bonheur fou".

Je réagis car me sentant nommément mis en cause (par le lien vers le forum).

Je n'avais effectivement pas vu la chose sous cet angle, étant alors, dès lors et encore, fasciné par le côté "automatisme du langage" du texte. Je n'avais pas vu le côté: "Le “bonheur”, et même le “bonheur fou” dans ce cas, y est décrit comme cet instant où l’on réalise et mesure la réussite d’avoir composé avec la tragédie qu’est l’existence humaine, et ainsi d’avoir rempli sa tâche fondamentale d’être humain dans la communication de quelque conception essentielle."

On trouvera toutes les précisions sur la tâche fondamentale en question dans "La Grâce" (je fais de la pub!).

Extrait du tome II (p.322):

"On comprend bien ce qui doit prendre la prééminence et balayer tout le reste, notre écrasement comme nos souffrances. C'est un enjeu où l'on doit, par dignité, par honneur de soi, de mettre sa vie dans la balance de l'univers en feu et en crise, et cela posé comme un acte ontologique de soi, pour faire "énergiquement sa longue et lourde tâche", comme le loup sur le pont de mourir dit à Vigny, dans son dernier souffle, avant de lui conseiller de
"souffrir et de mourir sans parler".

Extrait de "Le Tome III à l'horizon":

"Soudain, ce qui n’avait été jusqu’alors qu’une sorte de vague-à-l’âme de guère d’intérêt, un spleen à peine baudelairien, une sorte d’attachement suspect et pathologique pour le passé, m’apparut resplendissant d’une éclatante lumière. L’âme devenue poétique ne permettait plus rien de cette estompement réducteur qu’est le vague-à-l’âme dans leur langage : la nostalgie m’était née comme un don du ciel, elle se déployait devant moi, elle chantait la persistance du monde et figurait ce qu’on nomme Éternité. J’avais trouvé mon destin."

Pour moi ce qui donne toute sa puissance¹ à "La Grâce" c'est l'engagement total, ontologique, de Philippe Grasset, son engagement corps et âme. Cela en fait une oeuvre revitalisante, et donc éventuellement thérapeutique. A conseiller pour cette raison même à ceux qui ne se sentent pas cons² (je fais de la pub!).

(A suivre)


¹: Rien à voir avec l'idéal de puissance!

²: Cf. mon précédent commentaire.

 

Le Bien, l'Être, le Bien-Être

Article lié : Le bonheur entre tragédie et bien-être

jc

  19/02/2019

Le Bien, l'Être, le Bien-Être; Grâce de l'Histoire; Idéal de perfection.
Le .Com, le fort, le comfort (version anglo-saxonne); le con, le fort, le confort (version française); communicationisme; technologisme; loi du plus fort; crasse de l'histoire; Idéal de puissance.

Note sur le con: l'idéologie anglo-saxonne du struggle for life darwinien (individuel -chacun pour soi et que le meilleur gagne-) imposée au reste du monde (et bien accueillie par une grande partie de la bourgeoisie française) a un puissant effet déstructurant que l'on constate tous les jours, allant jusqu'à déstructurer la pensée même, à rendre con. Effet Janus car déstructurant jusqu'à la formation et la sélection des élites -comme on le constate également tous les jours-.

D'un côté la spiritualité la plus haute; de l'autre la matérialité la plus abjecte.

La lecture de "La Grâce de l'Histoire" (tomes I et II) m'a grandement aidé à m'évader de la prison-Système, véritable mur du con. J'en rends grâce à Philippe Grasset (et je fais de la pub!).

(A suivre)


 

Correction (faite)

Article lié : Notes sur les vertus des filles du Congrès

Philippe Grasset

  18/02/2019

Tonnerre de Brest, je témoigne qu'il y avait bien Olivia-Cortez et suis bien en peine d'expliquer cette chose effectivement surprenante… Le grand âge et la berlue du capitaine peut-être ?

Corrections faittes et excuses présentées, je pense qu'il vaudra mieux s'en tenir à AOC à l'avenir.

PhG
 

Métaphysique-simulacre de la singularité technologique

Article lié : “Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

jc

  18/02/2019

Les titres des quatrième et cinquième parties du tome II de "La Grâce de l'Histoire" sont respectivement "Anatomie d'une "contre-civilisation" et "Invertir la "contre-civilisation". Ce commentaire incitera peut-être certains à se plonger (ou se replonger) dans ce tome II; c'est en tout cas mon intention (je fais de la pub!).

                                                   ———————————————-

Je crois que l'article Wikipédia "Singularité technologique" montre largement assez de quoi il retourne. Quant à la métaphysique-simulacre je renvoie aux pages 288 et suivantes du tome II de La Grâce (et, pour ceux qui n'auraient pas le bouquin, à la cinquantaine d'articles de Dedefensa la concernant -accessibles via le moteur de recherche du site).

A chacun -qui le souhaite- de se faire sa propre opinion, mon propre souhait étant que chacun fasse la comparaison avec mes précédents commentaires de "9/11", en particulier "Métaphysique de la singularité" et "Progressisme traditionnaliste".

Dans les poulaillers d'acajou et les belles basse-cours à bijoux -disons californiennes pour ne pas trop froisser- on se pâme pour l'instant devant la singularité technologique. Je sens confusément -tel Rantanplan- qu'on s'approche d'une véritable singularité -à l'exact opposé d'un simulacre de singularité comme l'est "leur" singularité technologique-, à savoir celle du changement de paradigme décrite par Kuhn dans "La structure des révolutions scientifiques" (Cf. Wikipédia). la véritable singularité qui nous attend et que nous attendons c'est le changement de civilisation.

Thom: "Lorsqu'on a compris -à la suite de T. S. Kuhn- le caractère "automatique" du progrès scientifique, on se rend compte que les seuls progrès qui vaillent sont ceux qui modifient notre vision du monde, et cela par l'élaboration de nouvelles formes d'intelligibilité. Et pour cela il faut revenir à une conception plus philosophique (voire mathématique) des formes premières d'intelligibilité. Nos expérimentateurs, sempiternels laudateurs du "hard fact", se sont-ils jamais demandé ce qu'est un fait? Faut-il croire -ce qu'insinue l'étymologie- que derrière tout fait il y a quelqu'un ou quelque chose qui fait? Et que ce quelqu'un n'est pas réduit à l'expérimentateur lui-même, mais qu'il y a un "sujet" résistant sur lequel le fat nous apprend quelque chose? Telles sont les questions que notre philosophe¹ devra constamment reposer, insufflant ainsi quelque inquiétude devant le discours volontiers triomphaliste de la communauté scientifique."


Remarque finale.

En parcourant l'article Wikipédia "Singularité technologique" je constate que "intelligence" apparaît plus d'une cinquantaine de fois sans qu'aucune (?, j'ai parcouru très vite) définition ne soit donnée de ladite intelligence (Thom donne celle qui suit: "L'intelligence est la faculté de s'identifier à autre chose, à autrui").

A propos de définition.

L'une des critiques les plus acérées -à mon avis- que Thom fait du darwinisme se trouve dans sa préface au livre de Jacques Costagliola "Faut-il brûler Darwin?": "... le darwinisme a prétendu expliquer l'évolution des formes alors qu'il ne s'est jamais préoccupé de les définir". (Bien entendu, Thom, lui, les définit -niveau maths +++. Voir ce qu'il en dit dans le film "René" que Godard a fait sur lui, à partir de 40'.)

 Que peuvent signifier des discours -à l'oral comme à l'écrit- dans lesquels les mots essentiels au dit discours ne sont pas définis? Notre distingué président, s'il avait conscience de la chose -mais je suis intimement convaincu qu'il ne l'a pas- conclurait par un "Tout ça, les enfants, c'est de la pipe". Les gens sérieux sont nécessairement des gens pour qui le langage est une chose sérieuse, voire sacrée. Ainsi PhG a constitué un glossaire des mots qu'il considère comme essentiels. Ainsi les matheux -plus logacrate qu'eux tu meurs- peuvent rester des siècles sur le même mot qu'ils jugent essentiel (par exemple le mot ensemble) dans l'espoir -souvent déçu- d'en traquer les moindres contradictions (je pense, par exemple, au mot ensemble).

Pour en revenir à la singularité technologique je cite Thom une fois encore (en dernière phrase de l'article "Darwin, cent ans après" (AL p.605): "Il ne fait aucun doute qu'une exigence de précision et de rigueur est indispensable pour clarifier les postulats de base du schéma darwinien. On peut légitimement se demander ce qu'il en restera le jour où cette clarification viendra à aboutir."

Et pour en revenir aux poulaillers d'acajou, je rêve d'y voir s'établir une nouvelle mode, pour commencer cette fois dans les basses-cours à bijoux parisiennes (cocorico), la mode de plisser le front ou les lèvres² et de froncer les sourcils "à la Thom" pour se donner l'air intelligent; pour moi le signe indéniable que le ver est dans le fruit, que le changement de paradigme commence son travail de sape.

La véritable singularité que j'attends c'est le changement de civilisation, c'est la vengeance d'Abel³ sur un Caïn qui a complètement dégénéré⁴.


¹: Thom s'adresse aux philosophes de la nature.

²: "... Un sourire lui plissa les lèvres, car subitement il se rappelait l'étrange comparaison du vieux Nicandre qui assimilait, au point de vue de la forme, le pistil des lys aux génitoires d'un âne." (J.K. Huysmans, A rebours (...))
(cité p.198 dans SSM 2ème ed.)

³: Pour moi Abelle (c'est à vous de jouer, mesdames ...).

⁴: Voir Guénon "Le règne de la quantité et les signes des temps", chapitre XXIII.
 

Métaphysique-simulacre de la sngularté technologique

Article lié : “Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

jc

  18/02/2019

Les titres des quatrième et cinquième parties du tome II de "La Grâce de l'Histoire" sont respectivement "Anatomie d'une "contre-civilisation" et "Invertir la "contre-civilisation". Ce commentaire incitera peut-être certains à se plonger (ou se replonger) dans ce tome II; c'est en tout cas mon intention (je fais de la pub!).

                                                   ———————————————-

Je crois que l'article Wikipédia "Singularité technologique" montre largement assez de quoi il retourne. Quant à la métaphysique-simulacre je renvoie aux pages 288 et suivantes du tome II de La Grâce (et, pour ceux qui n'auraient pas le bouquin, à la cinquantaine d'articles de Dedefensa la concernant -accessibles via le moteur de recherche du site).

A chacun -qui le souhaite- de se faire sa propre opinion, mon propre souhait étant que chacun fasse la comparaison avec mes précédents commentaires de "9/11", en particulier "Métaphysique de la singularité" et "Progressisme traditionnaliste".

Dans les poulaillers d'acajou et les belles basse-cours à bijoux -disons californiennes pour ne pas trop froisser- on se pâme pour l'instant devant la singularité technologique. Je sens confusément -tel Rantanplan- qu'on s'approche d'une véritable singularité -à l'exact opposé d'un simulacre de singularité comme l'est "leur" singularité technologique-, à savoir celle du changement de paradigme décrite par Kuhn dans "La structure des révolutions scientifiques" (Cf. Wikipédia). la véritable singularité qui nous attend et que nous attendons c'est le changement de civilisation.

Thom: "Lorsqu'on a compris -à la suite de T. S. Kuhn- le caractère "automatique" du progrès scientifique, on se rend compte que les seuls progrès qui vaillent sont ceux qui modifient notre vision du monde, et cela par l'élaboration de nouvelles formes d'intelligibilité. Et pour cela il faut revenir à une conception plus philosophique (voire mathématique) des formes premières d'intelligibilité. Nos expérimentateurs, sempiternels laudateurs du "hard fact", se sont-ils jamais demandé ce qu'est un fait? Faut-il croire -ce qu'insinue l'étymologie- que derrière tout fait il y a quelqu'un ou quelque chose qui fait? Et que ce quelqu'un n'est pas réduit à l'expérimentateur lui-même, mais qu'il y a un "sujet" résistant sur lequel le fat nous apprend quelque chose? Telles sont les questions que notre philosophe¹ devra constamment reposer, insufflant ainsi quelque inquiétude devant le discours volontiers triomphaliste de la communauté scientifique."


Remarque finale.

En parcourant l'article Wikipédia "Singularité technologique" je constate que "intelligence" apparaît plus d'une cinquantaine de fois sans qu'aucune (?, j'ai parcouru très vite) définition ne soit donnée de ladite intelligence (Thom donne celle qui suit: "L'intelligence est la faculté de s'identifier à autre chose, à autrui").

A propos de définition.

L'une des critiques les plus acérées -à mon avis- que Thom fait du darwinisme se trouve dans sa préface au livre de Jacques Costagliola "Faut-il brûler Darwin?": "... le darwinisme a prétendu expliquer l'évolution des formes alors qu'il ne s'est jamais préoccupé de les définir". (Bien entendu, Thom, lui, les définit -niveau maths +++. Voir ce qu'il en dit dans le film "René" que Godard a fait sur lui, à partir de 40'.)

 Que peuvent signifier des discours -à l'oral comme à l'écrit- dans lesquels les mots essentiels au dit discours ne sont pas définis? Notre distingué président, s'il avait conscience de la chose -mais je suis intimement convaincu qu'il ne l'a pas- conclurait par un "Tout ça, les enfants, c'est de la pipe". Les gens sérieux sont nécessairement des gens pour qui le langage est une chose sérieuse, voire sacrée. Ainsi PhG a constitué un glossaire des mots qu'il considère comme essentiels. Ainsi les matheux -plus logacrate qu'eux tu meurs- peuvent rester des siècles sur le même mot qu'ils jugent essentiel (par exemple le mot ensemble) dans l'espoir -souvent déçu- d'en traquer les moindres contradictions (je pense, par exemple, au mot ensemble).

Pour en revenir à la singularité technologique je cite Thom une fois encore (en dernière phrase de l'article "Darwin, cent ans après" (AL p.605): "Il ne fait aucun doute qu'une exigence de précision et de rigueur est indispensable pour clarifier les postulats de base du schéma darwinien. On peut légitimement se demander ce qu'il en restera le jour où cette clarification viendra à aboutir."

Et pour en revenir aux poulaillers d'acajou, je rêve d'y voir s'établir une nouvelle mode, pour commencer cette fois dans les basses-cours à bijoux parisiennes (cocorico), la mode de plisser le front ou les lèvres² et de froncer les sourcils "à la Thom" pour se donner l'air intelligent; pour moi le signe indéniable que le ver est dans le fruit, que le changement de paradigme commence son travail de sape.

La véritable singularité que j'attends c'est le changement de civilisation, c'est la vengeance d'Abel³ sur un Caïn qui a complètement dégénéré⁴.


¹: Thom s'adresse aux philosophes de la nature.

²: "... Un sourire lui plissa les lèvres, car subitement il se rappelait l'étrange comparaison du vieux Nicandre qui assimilait, au point de vue de la forme, le pistil des lys aux génitoires d'un âne." (J.K. Huysmans, A rebours (...))
(cité p.198 dans SSM 2ème ed.)

³: Pour moi Abelle (c'est à vous de jouer, mesdames ...).

⁴: Voir Guénon "Le règne de la quantité et les signes des temps", chapitre XXIII.
 

Correction

Article lié : Notes sur les vertus des filles du Congrès

ced

  18/02/2019

Il s'agit d'Ocasio-Cortez et non pas Olivia-Cortez… Cette approximation est assez surprenante.

Partie 2 : le paradis technico-scientifique n'est pas pour nous

Article lié : Le féminisme US par-delà le rien et le mâle

Alex Kara

  18/02/2019

Si l'on observe l'image médiatique de la “femme de pouvoir” celle-ci est invariablement un dragon, associé à un mari faiblichon (Thatcher ouvra jadis la voie) mais ce n'est jamais une personne crédible (dans son image) sur des questions d'ordre technique, ce qui est embêtant dans une civilisation technico-scientifique.

Je veux bien que les “femmes de pouvoir” soient indispensables pour susciter l'aquiescement des femmes à la situation actuelle , via le suffrage notamment, mais hommes et femmes connaissent la nature techno-scientifique de notre monde, et pendant qu'on parle des “valeurs” on ne parle pas de glyphosate ou de cybersurveillance. Toutes les questions d'ordre technico-scientifique, autrefois au centre du projet de société (la promesse de l'ère spatiale par exemple) sont aujourd'hui des questions reléguées au “conspirationnisme”.

La maman-dragon au pouvoir est donc une personne qui non seulement ne sait pas parler des choses importantes mais qui interdit que l'on en parle. Au lieu de cela, elle exige des choses stupides et on est sensé obéir, comme autant de papa faibles. Elle prend ainsi la place du contremaître, de l'adjudant ou du commissaire politique des sociétés d'antan, pour imposer une situation qui ne nous convient pas.

Or il doit bien “il y doit bien il y avoir quelqu'un qui s'occupe, quelque part”*, des questions technico-scientifiques . ( * Je reproduis une phrase que j'ai souvent entendu après la chute du Mur, lorsque des ex-Comecon nous expliquaient pourquoi leur modèle avait failli.)

Tous ceux qui travaillent dans l'économie réelle savent à quel point de faillite organisationnelle, technique et même intellectuelle nous sommes parvenus.

Nota : le problème n'est aucunement une question d'homme ou de femme. Par exemple, cette vidéo du making-of de “la menace fantôme” ( https://www.youtube.com/watch?v=da8s9m4zEpo ) il y a vingt ans seulement montre des hommes et des femmes recrutés sur la base de la compétence et de la spécialisation, par quelqu'un qui sait ce qu'il fait.

Le problème réside dans le fait que la société des primates supérieurs décrite plus haut remplace celle basée sur l'éducation et le mérite. C'est tout le sens des réformes scolaires qui se sont succédées depuis quarante ans. Tant que certains parents parvenaient à corriger ces réformes à la maison, par des prodiges d'organisation, d'effort et de persévérance, le système tenait encore.

Maintenant ce n'est plus possible. En raison d'une société qui n'a pas su gérer une technologie hors de contrôle, les parents travaillent trop tard ( le téléphone mobile les connecte en permanence au travail ), les enfants sont hypnotisés trop tôt par les écrans, et de surcroît des classes sociales entières ne se sont plus reproduites.

Les politiciennes-dragon ne supportent pas que l'on parle de ce qui ne va pas, dans l'illusion que le tout va se maintenir, mais la censure n'a jamais empêché l'effondrement, en le retardant elle le rend plus néfaste encore.

Partie 1/2 : Mamans toxiques et papas faibles

Article lié : Le féminisme US par-delà le rien et le mâle

Alex Kara

  18/02/2019

Cet article me semble être un bon avant-propos à un livre, il ouvre beaucoup de pistes différentes pour comprendre ce que le Premier Monde est devenu. L'hypothèse que je pose est celui d'une vision “familiariste-féminine” de la société pour accompagner une stagnation scientifico-technologique.

Pour l'essentiel des gens en âge d'agir politiquement et économiquement aujourd'hui, la famille n'est plus ce qu'elle était avant les Trente Glorieuses (ou la génération du Baby Boom, si on préfère) pour des raisons essentiellement technologiques. (c'est pour cela que la théorie centrale d'Emmanuel Todd commence à ne plus être aussi utile)

Les Trente Glorieuses, pour résumer grossièrement, c'est :
- la révolution domestique, avec les appareils ménagers. Là où autrefois la maison était en permanence habitée par une personne (la mère) et par une activité, il y a le vide des machines qui ronronnent dans leur coin. Je ne dis pas que c'est un mal, je dis qu'il y a un élément qui a disparu.
- la révolution spatiale avec l'automobile, puis internet. On vit maintenant loin des concentrations humaines fortes, qui sont aujourd'hui répulsives (cités HLM, centres-villes à l'immobilier prohibitif), ce qui fait que l'on se retrouve entre personnes du même profil (qui se sont connues dans des points de rencontre comme le système scolaire) au lieu de se retrouver entre voisins ou membres d'un même village (la Guerre des Boutons, c'est la nostalgie d'un monde révolu depuis l'automobile)
- la révolution sexuelle, où les critères d'attrayance sont devenus hors-sol (beauté impossible) au détriment des critères d'attractivité plus traditionnels (personnalité, classe sociale etc.)

Ce dernier aspect amène une question absolument déterminante pour qui se pose des questions sur son devenir : comment papa et maman se sont-ils trouvés ? Pour faire court et stéréotypé : parmi les gens qui suivent la culture dominante , maman a su être attrayante (premier point) et plus attrayante que d'autres (second point). Comme l'article le rappelle, tout ceci est très américain.

Premier point : maman était plus attrayante

Ce premier point implique deux faiblesses. D'une part, papa n'a pas su résister aux méthodes de manipulation pourtant explicitement exposées comme telles dans Cosmopolitan et il s'est laissé guider par sa bite (ressemblant ainsi étrangement à Zeus, qui a causé ainsi tellement de malheurs).

D'autre part, cela ne rend pas la femme qui l'a gagné meilleure ou plus forte, car tout miser sur son attrayance pour obtenir quelque chose est du registre de la prostitution, et cela ne fait ni de bonnes mères ni de bonnes épouses (Toxic Wife Syndrome : https://www.sott.net/article/129026-From-trophy-wife-to-toxic-wife )

Ce qui explique d'ailleurs “l'industrie du divorce” aux Etats-Unis, également de plus en plus à la mode chez nous. Pour les enfants, c'est un signe de dysfonctionnement encore plus grave que la réponse à la première question.

Tout ceci se déroule dans toutes les couches de la société ( https://medias.liberation.fr/photo/310404-arnaud-lagardere-et-jade-foret-assistent-a-un-match-de-tennis-a-roland-garros-le-25-mai-2011.jpg?modified_at=1318856800&width=960 )

D'ailleurs Clinton et Trump, tous deux cités dans cet article, sont justement des papas faibles, l'un à sauter la stagiaire pour fuir son dragon d'épouse, l'autre “pussy grabber” est un divorcé en série, à chaque fois victime de créatures issues toutes droit du neuvième cercle du Cosmopolitan (d'autres, diraient, de la société du spectacle), sa dernière légitime en date est du même monde, et il prend des conseils de sa fille qui à une époque s'habillait ainsi : https://i.pinimg.com/originals/ff/90/e8/ff90e8d99450c515de8aa6be26c2716e.jpg )

Le sceond point : la position de maman dans la tribu

Le second point explique pourquoi l'adolescente même pré-pubère est déjà engagée dans une course aux armements avec ses contemporaines, et qu'elle le restera aussi longtemps que possible, disons une décennie et demie. Si l'on regarde les magazines féminins sous cet angle militaire, c'est une doctrine d'emploi des moyens, un bulletin d'actualité technique mais aussi un processus d'endoctrinement.

Pour comprendre la place qui a été donnée à la femme dans notre société, il est à mon avis impératif de lire “Queen Bees And Wannabees”, un livre américain d'aide au parents de filles scolarisées au lycée, et qui se révèle être la véritable étude anthropologique de notre temps.

La femme moderne a été enrégimentée dès que possible dans une hiérarchie qui reflète celle des primates supérieurs, les dominantes mélangeant attrayance et violence pour instaurer un pouvoir auquel non seulement les autres femelles mais aussi tous les mâles se sont soumis.

Ceci ouvre à son tour de nombreuses perspectives, notamment si l'on considère la théorie que l'on cherche inconsciemment à ne pas répéter les erreurs de nos parents tout en partageant leurs inclinations. A mon avis ceci explique deux évolutions parallèles : le renoncement politique du projet de société et le renoncement personnel à chercher quelqu'un.

Vers la Vérité du monde?

Article lié : “Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

jc

  18/02/2019

Dans un précédent commentaire ("Progressisme traditionaliste") je citais un certain Daniel Vouga (citation pêchée dans le tome II de La Grâce): "Le progrès donc, le seul progrès possible, consiste à vouloir retrouver l'unité perdue…".
Progressisme-antiSystème qui s'oppose frontalement au progressisme-Système (qui, lui, au contraire, a pour effet -sinon pour objectif- de fuir cette unité, de diviser pour régner -et non de seulement différencier-, de couper tous les liens possibles, autrement dit d'entropiser -pour reprendre une expression chère à PhG-, puissamment aidé par la quincaille, qu se trouve être parfaitement adaptée à cet effet).

Comment faire? Dans "Progressisme traditionnaliste" j'indiquais une piste naturelle: renouer les liens qui ont été rompus par l'entropisation systématique menée par le Système; ce qui exige d'être un penseur du continu (puisque rétablir un lien est exactement rétablir une continuité). Pas si facile à faire puisque je ne connais que trois penseurs du continu: Aristote, Thom et Guénon¹.

Ce problème général (rétablir la continuité) PhG se le pose (et nous le pose) dans cet extrait du tome III. C'est ainsi en effet que j'interprète le passage suivant:

"(...) nous sommes conduits à élever notre âme jusqu’à la faire poétique, [à?] l’ouvrir à la spiritualité par cette voie de la recherche des vérités-de-situation qui recèlent toutes autant de parcelles de la Vérité qu’elles sont en nombre. Nous sommes poussés à une impérative réconciliation avec la spiritualité la plus haute."

Un scientifique de bonne foi peut légitimement s'interroger sur la nécessité d'une impérative réconciliation avec la spiritualité la plus haute pour résoudre ce problème; formaté par la contre-civilisation des Lumières il pensera sans doute qu'on peut accéder à la Vérité du monde à l'aide de ce que lui fournissent ses sens -éventuellement augmentés de l'habituelle quincaillerie- et de sa raison. En fait il est aussi loin d'avoir résolu le problème qu'un scientifique qui considère que l'ensemble des nombres réels constitue un continu (la droite réelle). Guénon a bien vu que cette façon de voir les choses ne permet pas de résoudre les paradoxes de Zénon; comment espérer cerner la Vérité du monde si on est incapable de penser le mouvement? Le "continuiste" Thom enfonce le clou:

"Où se trouve le monde réel, l'univers concret où nous vivons? La réponse est simple: le monde concret se trouve immergé dans l'abîme qui sépare le vrai continu, celui que nous procure l'intuition immédiate du temps, du faux continu pseudo-numérique que nous fabriquent les Logiciens et autres théoriciens des fondations de la Mathématique." (La transcendance démantelée², 1992)

Alexandre Grothendieck et Philippe Grasset nous disent, nous crient presque, l'un qu'il faut faire confiance à ses songes³, l'autre qu'il faut "une impérative réconciliation avec la spiritualité la plus haute". Mais comment résister alors aux sarcasmes prévisibles des scientistes-Système³: « Fais attention, c’est très casse-gueule… Tu vas te faire descendre par tous les spécialistes, les universitaires, bardés de diplômes et de citations. Contre eux, tu n’as aucune chance. » (Régis Debray à PhG, "Le désenchantement de Dieu").

Thom est sur la même longueur d'onde; il est conscient de l'importance du rêve au point d'écrire:
"Pour théoriser la biologie, il faut faire du rêve une fonction biologique". Le salut viendra peut-être de lui car la métaphysique qu'il propose pour redonner du sens au monde (préliminaire incontournable pour espérer accéder à sa Vérité) est selon lui réaliste et minimale (celle de PhG étant, à mon avis, plutôt idéaliste et maximale).

(Thom exclut la raison humaine pour accéder à cette Vérité mais ses modèles (théoriques) en biologie animale font apparaître un cerveau-proie qu'il localise le long de la moelle épinière, le cerveau-prédateur étant le cerveau usuel localisé près de l'organe prédateur qu'est la bouche. Si bien que la perception "exodermique" de la Vérité du monde par le biais du cerveau-prédateur et des sens qui y sont raccordés se trouve (théoriquement!) augmentée par une perception "endodermique" par le biais du cerveau-proie. Peut-être l'intuition haute souvent invoquée par PhG lui parviendrait-elle par le biais de ce cerveau-proie? Les principaux travaux de Thom sont publiés depuis maintenant trente ou quarante ans. Je n'ai aucune idée de l'impact qu'ils ont sur la relève scientifique actuelle. Peut-être faudra-t-il attendre l'effondrement du Système pour déverrouiller la situation?)


¹: Guénon a compris -au contraire de Leibniz, découvreur du calcul infinitésmal…- qu'on ne pouvait pas penser le mouvement -et donc en particulier pas résoudre les paradoxes de Zénon- sans être un penseur du continu. (Cf. "Les principes du calcul infinitésimal".)

²: Article que je n'ai malheureusement pas lu.

³: J'ai suivi avec attention une conférence de Laurent Lafforgue, mathématicien français médaillé Fields, catholique affiché -ce qui est rarissime dans ce milieu-, conférence portant sur "La clef des songes". Pas de sarcasmes, mais rien non plus sur l'aspect métaphysique du bouquin (disponible sur la toile).

³: Cf. "La clef des songes", sous-titré "Dialogue avec le bon Dieu".

Métaphysique de la singularité

Article lié : “Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

jc

  17/02/2019

Je considère ce forum comme un divan psychanalytique -Rantanplan en psychanalyse…-. Encouragé par Philippe Grasset lui-même ("La sagesse aujourd'hui, c'est l'audace de la pensée") et par René Thom ("La voie de crête entre les deux gouffres de l'imbécillité d'une part et le délire d'autre part n'est certes ni facile ni sans danger, mais c'est par elle que passe tout progrès futur de l'humanité"), j'essaye ici -en commentaire de cet article précisément- de mettre au propre des propos parfois un peu débridés tenus dans mes nombreux commentaires qui inondent ce forum. Dans cet article précisément car, après tout, c'est bien une mise au propre que PhG nous livre ici: question de respect.

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Est-ce qu'on parle parce qu'on pense, ou, à l'inverse, est-ce qu'on pense parce que l'on parle? Dans le chapeau de cet extrait du tome III PhG nous confirme ce qu'il écrivait dans "Le désenchantement de Dieu": "La plume, vous dis-je, guide la main et oriente l’esprit : au moment crucial il n’y a qu’à  suivre, c’est elle qui décide". Pour moi -et pour beaucoup, je crois-, on commence par penser, par ruminer consciencieusement et pesamment, et c'est seulement alors, une fois la rumination terminée, que l'on exprimer nos pensées par des mots, clairement si possible. Il semble donc que PhG rumine inconsciencieusement. Je crois que c'est ça, un véritable logocrate, c'est quelqu'un qui pense sans avoir conscience de penser, qui exprime cette pensée par des mots et qui réécoute ou relit ce qu'il a dit ou écrit pour comprendre ce qu'il a dit ou écrit. Extrait du "Désenchantement de Dieu": "Il suffit d’un mot, d’une phrase, d’une citation à placer en tête, la chose inspiratrice qui ouvre la voie et là-dessus se déroule le texte, à son rythme, entièrement structuré, avec sa signification déjà en forme et en place. Je n’ai rien vu venir et j’ignore où je vais, mais j’ai toujours écrit d’une main ferme et sans hésiter… et toujours, à l’arrivée, il y avait un sens, une forte signification, le texte était devenu être en soi… C’était un instant de bonheur fou.".

Cette façon d'opérer me fascine, comme me fascine le dernier chapitre de SSM 2ème ed. (1977), profondément remanié par rapport à la première édition, qui traite de la pensée, du langage et de ses automatismes. Je sens confusément -tel Rantanplan- qu'il y a là quelque chose d'une profondeur abyssale…

Dans mes commentaires débridés j'ai autrefois traité PhG de bien des noms (j'ai souvenir de "mystisque" et de "illuminati"). Mais s'il fallait, au propre, le qualifier en deux mots, je choisirais aujourd'hui "métaphysicien naturel" (oiseau rare face aux métaphysiciens culturels, professionnels, sorbonnards, salonards, éventuellement subventionnés par la CIA, etc., qui, eux, sont légion¹).

(En consultant l'article "Métaphysique" de Wikipédia, on trouve -page de discussion- le commentaire suivant:
"Mais où est René Guénon? Parler de métaphysique sans jamais citer le nom de Guénon, c'est comme parler de football et ignorer Zidane.". J'aurais rajouté: mais où sont les "grands" scientifiques, les Einstein, Newton, etc.? Pour moi Grothendieck est clairement un métaphysicien, peut-être même un métaphysicien naturel -cf. son "La clef des songes", sous-titré "Dialogue avec le bon Dieu"; ce sous-titre suggère qu'il est un logocrate plutôt qu'un topocrate -suggestion confortée par le fait que c'est pour résoudre des problèmes, disons, d'arithmétique, que Grothendieck -pour moi le Pythagore des temps modernes- a créé/inventé/découvert la notion de topos-)

Thom a écrit un article "Philosophie de la singularité" (AL) qui situe la problématique initiale de mon commentaire dans le cadre général de l'opposition discret/continu (qui, selon Thom -topocrate penseur du continu- domine toute la pensée):

"L'opposition entre la singularité créée comme défaut d'une structure propagative ambiante et la singularité qui est source de l'effet propagatif lui-même, pose un problème central que l'on retrouve dans presque toutes les disciplines scientifiques. La physique contemporaine admet plutôt le premier [le deuxième?] aspect: la particule est source d'un champ qu'elle génère. En relativité générale, la particule apparaît plutôt comme la singularité d'une métrique de l'espace-temps. On retrouve ici l'aporie fondamentale du continu et du discret qui est au coeur de la mathématique. On la retrouve jusqu'en psychologie: est-ce que nous parlons parce que nous pensons, ou, au contraire, est-ce que nous pensons parce que nous parlons?".

Pour Thom, penseur du continu, nous parlons parce que nous pensons (d'où le titre "Pensée et langage" du dernier chapitre de SSM, contrairement au bouquin "Le langage et la pensée" -que je n'ai pas lu- de Chomsky); plus précisément nos paroles et nos mots, sont pour lui les singularités d'une structure propagative particulière, une chréode (cf. SSM 2ème ed. p.115). De ce point de vue PhG aurait la faculté "innée" de pouvoir reconstituer la structure propagative, donc le sens, à partir de ses singularités, c'est-à-dire de ses mots².

Le 9/11 comme défaut d'une structure propagative ambiante ou comme source de l'effet propagatif lui-même? Le topocrate Thom verrait sans doute le 9/11 comme un défaut d'une structure propagative; et donc(?) le logocrate Grasset devrait le voir comme source de l'effet propagatif lui-même (ce qui a effectivement l'air d'être le cas, l'effet propagatif étant pour PhG un réveil de l'idéal de puissance de l'américanisme -effet Verdun "totalement inversé"³-).

Une structure propagative dans l'esprit de Rodin (la volonté de créer son "Balzac") qui entre en conflit avec une matière elle-même source d'un autre effet propagatif qui lui résiste? Thom écrit ce qui suit, je subodore à ce propos, dans SSM (2ème ed. p.204):

"L'optique où nous nous plaçons est donc résolument lamarckienne: on admettra, grosso modo, que la fonction crée l'organe ou plus exactement que la formation de l'organe résulte d'un conflit entre un champ primitif à vocation (ou signification) fonctionnelle et une matière organique qui lui résiste et lui impose des chemins de réalisation (chréodes) génétiquement déterminés."

"Dans cette lutte prodigieuse…"


¹: Régis Debray (s'adressant à PhG): "Fais attention, c’est très casse-gueule… Tu vas te faire descendre par tous les spécialistes, les universitaires, bardés de diplômes et de citations. Contre eux, tu n’as aucune chance." (Extrait du "Désenchantement de Dieu")

²: Un peu comme quelqu'un qui aurait la capacité de reconstituer un paysage à la seule évocation de ses singularités (sommets, cols, fonds de vallée) et de leurs positions relatives.

³: Cf. le tome II de "La Grâce", p.312.
 

Apologie du topos.1

Article lié : “Le Tome-III à l’horizon” : Suite en 9/11

jc

  16/02/2019


Dans mon précédent commentaire (Apologie du topos) j'ai introduit les néologismes de topos et de topocrate en notant que "Ce topos n'a rien à voir avec les topos de Grothendieck".

Bien avant Grothendieck Aristote a lui aussi, dans sa Physique¹, proposé une théorie des topos, à savoir sa fameuse théorie des lieux. Pour un certain commentateur² il y a chez Aristote deux systèmes incompatibles. Thom semble être de cet avis qui écrit:

"Il me semble qu'il y a au coeur de l'aristotélisme un conflit latent (et permanent) entre un Aristote logicien, rhéteur (voire même sophiste, quand il critique Platon et les Anciens) et un Aristote intuitif, phénoménologue et topologue malgré lui. C'est avec ce second Aristote que je travaille, et j'ai tendance à oublier le premier. Il a espéré faire la jonction à l'aide du concept de séparation, fondamental dans sa métaphysique." (ES p.245)

Dans un résumé de cette Physique d'Aristote³ je trouve la citation suivante:

"Le lieu est quelque part, non pas comme dans un lieu, mais comme la limite est dans le limité".

Or en topologie (étymologiquement l'étude des lieux), un lieu pour lequel "la limite est dans le limité" est ce qu'en topologie mathématique on appelle un fermé. On peut donc raisonnablement se poser la question de savoir s'il y a un rapport avec les topos de Grothendieck. Or il se trouve que la notion de topos de Grothendieck généralise la notion d'espace topologique en s'appuyant sur la notion d'ensemble ouvert (ensemble dont le complémentaire est fermé), oubliant la notion d'ensemble fermé. Je ne sais pas pourquoi Grothendieck n'a pas choisi de suivre -a choisi de ne pas suivre?- la voie suggérée par Aristote⁴.

Où situer PhG dans tout ça? PhG est -et se proclame- logocrate, mais je suis convaincu que la logique en général et les arguties logiques ci-dessus en particulier ne l'intéressent pas. Je crois ne pas beaucoup me tromper en disant que PhG s'intéresse à l'âme du lieu, c'est-à-dire à son centre organisateur, à son logos⁵: si les français ont gagné la bataille de Verdun c'est parce qu'ils avaient un supplément d'âme…

(Pour le fun. Dans le résumé de la Physique d'Aristote précité³, figure la citation suivante:

"si rien n'y fait obstacle, chacun se porte vers son lieu propre, l'un en haut, l'autre en bas."

Il me paraît clair que le lieu naturel de PhG est en haut (référence constante à l'intuition haute, citation d'Evola et de son "elle s'élève verticalement hors du temps en direction du noyau transcendant", etc.). Il me paraît non moins clair que le lieu naturel de Thom est en bas: "au fond insaisissable du logos héraclitéen de notre âme" de l'épilogue de SSM ainsi que la citation de Al-Kindi en épigraphe de l'envoi de AL par exemple,  en témoignent). "Et lux in tenebris lucet" pour PhG vs "Centre, bord obscur" pour Thom…)

Plus sérieusement. Dans les deux dernières parties de la conclusion du tome II de la Grâce PhG ne cesse de faire référence à l'éternité (c'est-à-dire pour moi "au temps qui passe, immobile" que Samuel Beckett a mis dans la bouche de l'un de ses personnages). J'ai mis longtemps à comprendre de quoi il retournait, mais maintenant ma conviction est faite: PhG parle du temps qui s'écoule pour un être au repos dans son lieu naturel. Or Thom écrit ceci dans son article "Structure et fonction en biologie aristotélicienne" (à propos duquel il écrit en chapeau "C'est probablement l'un des exposés les plus complets du programme de constitution d'une biologie théorique"):

"On peut métaphoriquement représenter le concept de fonction par une fronce d'hystérésis associée à l'opposition de deux temps: un temps "atemporel", une éternité vide d'événements, ce que les Anciens Grecs appelaient aïon; et un temps qualitativement spécifié, chronos, qui est porteur d'événements catastrophiques, et où se déroule l'exécution d'actes." (AL p.257)

Suit une figure similaire au cycle de Carnot (cher à François Roddier) où l'aïon joue le rôle de la source froide (le repos "en puissance") et le chronos la source chaude (l'action "en acte"), l'âme de la fonction, son logos, trônant au centre du cycle. (Âme de la fonction qui est aussi la fonction de l'âme si l'on suit la célèbre métaphore aristotélicienne: "L'âme est au corps ce que la vue est à l'oeil"...)

Thom poursuit l'article en décrivant la situation fonctionnellement la plus simple, à savoir la locomotion, ce qui a pour effet de nuire grandement au ton général -poétique et nostalgique- de la conclusion du tome II. Peut-être l'article pourrait-il néanmoins inspirer l'âme poétique du nostalgique PhG?

Aristote, Heidegger, Thom, Grothendieck: je trouve Philippe Grasset en fort bonne compagnie: j'ai vraiment hâte de lire le tome III.


¹: Considérée par Heidegger comme "le livre fondamental de la philosophie occidentale", et à propos de laquelle Thom écrit: "Les livres II et III de la Physique d'Aristote constituent à mes yeux l'un des sommets de l'esprit humain".

²: D.W. Graham: "Aristotle's two systems".

³: https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/2010-v37-n1-philoso3706/039718ar/

⁴: Voie qu'ont proposé de suivre (sans se référer à la théorie aristotélicienne des lieux) les philosophes(?) belges Lambert et Hespel dans leur article "De la topologie de la conciliation à la logique de la contradiction" (disponible en pdf sur la toile). Voie qui me semble tout-à-fait intéressante mais qui impose de faire le choix de l'abandon du principe aristotélicien de non contradiction -choix fait par Thom- alors que Grothendieck a fait le choix de l'abandon du principe du tiers exclu -c'est-à-dire le choix de l'intuitionnisme-.

⁵: Thom propose de désigner ainsi le centre organisateur en hommage à Héraclite.

⁶: Thom: "ils [nos modèles] dissolvent l'antinomie de l'âme et du corps en une entité géométrique unique." (SSM, Conclusion)

 

Les bons comptes...

Article lié : Les bons comptes font les bons “juges”

Franck du Faubourg

  16/02/2019

... font malgré tout les bons amis!
Certains- et pas des moindres -  parlent de plus de 8000 interpellations:
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/14/97001-20190214FILWWW00063-gilets-jaunes-8400-interpellations-depuis-l-acte-i-castaner.php
Il faut admettre que Castaner à quelques problèmes avec les chiffres, ce qui a le don d'énerver pas mal de gens, notamment les équipes de France Police qui relèvent que les images des manifestations ne cadrent pas avec les chiffres officiels.
Il y aurait 80 000 forces de l'ordre mobilisés sur le terrain chaque samedi, ce qui voudrait dire qu'il y aurait en moyenne 2 flics par manifestant listé!
Aujourd'hui, France Police a estimé à 230 000 personnes les manifestants GJ, contre 40 ou 41 000 selon l'Intérieur…
Pour info : https://france-police.org

Pour le reste, ca commence à sentir vraiment le rance!
https://www.upr.fr/actualite/la-france-devient-elle-fascisante-allocution-de-francois-asselineau-diffusee-ce-15-fevrier-2019-a-20h/