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regarder la réalité en face

Article lié : La drôle de guerre…

Paolo

  09/07/2005

The Ugly American - [ Traduci questa pagina ]
... Saudis in Iraq ‘preparing for a holy war’; BLIX: NO EVIDENCE OF WMD;
Depleted uranium will affect Iraq for generations to come; Revealed ...
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... Contamination 1995; Depleted uranium will affect Iraq for generations to
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Depleted uranium will afect Iraq for generations to come - [ Traduci questa pagina ]
... Depleted uranium will affect Iraq for generations to come The Presenter (Ahmed Mansour):
Despite research by a large number of scientists and experts on the ...
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sample - [ Traduci questa pagina ]
... “Depleted uranium will affect Iraq for generations to come”, interview with Professor
Major Douglas Rokke, former chief of Depleted Uranium Project at the ...
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Tuesday 15, April, 2003

Le Présentateur (Ahmed Mansour) : En dépit des recherche par un grand nombre de scientifiques et d’experts sur les énormes dommages infligés par l’uranium appauvri lors de son utilisation par les USA dans la guerre du Golfe en 1991 et des guerres dans les Balkan, l’Afghanistan en 1994, 1995, 1999 et 2000, l’usage américain de l’uranium appauvri n’est pas confiné à la destruction totale des cibles mais se prolonge par la destruction de l’environnement et de la vie humaine en général dans les régions affectées. De tels secteurs seront inaptes à l’habitation pour des millions d’années.

Notre invité est le Professeur Major Doug Rockke, ancien chef du projet de l’uranium appauvri du Pentagone.

Né dans l’Illinois En 1949 né, le Professeur Doug Rockke a rejoint l’Armée de l’Air des USA en 1967, a participé à la guerre de Vietnam de 1969 à 1971 comme un pilote de B 52. Il a obtenu son PhD <

> en physique nucléaire. Il a travaillé jusqu’à 1996 en tant que médecin et spécialiste de terrain de la physique nucléaire dans l’armée des USA. Il a participé à la guerre du Golfe 1991, affecté au nettoyage de l’uranium appauvri en Arabie Saoudite et au Koweït

De mars à juin 1991, le prof. Rockke a rassemblé l’équipement contaminé sur le champ de bataille et a en embarqué une partie aux USA et a dirigé l’enterrement d’encore plus d’équipement dans les déserts de l’Arabie Saoudite. Il a été nommé à la tête du projet de l’uranium appauvri au Pentagone entre le 1er août 1994 et novembre 1995. Il a également travaillé en tant que professeur à l’Université de physique
nucléaire à Jackson Alabama jusqu’en 2000.

Le Prof. Rockke dit qu’il a souffert des effets de l’uranium appauvri dès la première semaine de la guerre du Golfe en 1991 mais ne l’a pas réalisé jusqu’en mars 1995. Les tests ont prouvé qu’il a subi 5.000 fois le niveau normal du rayonnement dans son corps assez, dit-il ironiquement, pour éclairer un petit village. Il souffre également de problèmes respiratoires, du système immunitaire et d’un œil. Il a eu 15 opérations chirurgicales à son foie en raison de son infection par ce syndrome de l’uranium.

Q : En ces temps très contestataires, un bon nombre de gens essayent de comprendre et d’en savoir plus au sujet des armes contenant de l’uranium appauvri dont les États-Unis s’organisent pour utiliser… En dépit de toutes les études et recherches qui sont survenues pendant la récente période et qui ont confirmé les risques d’utiliser l’uranium appauvri, les fonctionnaires du Pentagone ont annoncé qu’ils vont employer des bombes à uranium appauvri contre l’Irak.. Quelle est votre compréhension de cette annonce ?

Professeur Rockke : L’annonce est très simple. Les munitions à uranium tuent et détruisent tout ce qu’elles frappent. En revenant de la (1991) guerre du Golfe et même avant, le Pentagone avait décidé d’utiliser des armes qui sont absolument efficaces dans le combat. À l’achèvement de la guerre du Golfe 1991 quand j’ai été spécifiquement affecté pour nettoyer la contamination par l’uranium, j’ai reçu un mémorandum. C’est un mémorandum de Los Alamos écrit par un colonel au Laboratoire national de Los Alamos (New Mexique ). Dans ce mémorandum, il a dit “ Bien que nous sachions qu’il y a des effets sur la santé et sur l’environnement, vous devrez vous assurer que nous pouvons toujours
utiliser les munitions à uranium dans le combat parce qu’elles sont si efficaces. Et donc mentez au sujet des effets sur la santé et sur l’environnement par utilisation de munitions à uranium dans le combat. ”

Le Présentateur : Étant l’ancien chef du projet sur l’uranium appauvri au Pentagone, quels sont les risques d’utilisation de l’uranium sur la vie et les gens en général ?

Professeur Rockke : La première chose que nous devons comprendre est que chacun des obus à uranium individuel tirés par un tank Abrams c’est dix livres d’uranium métallique contaminé avec du plutonium, du neptunium et de l’américium. Sur l’impact, vous avez à l’extérieur une fine poussière d’uranium qui est produite. Ceci représente environ une moitié de la masse initiale. Ainsi si vous avez 4.500 grammes, vous avez environ 2.300 grammes ou 2.200 grammes qui se transforment en poussière à l’extérieur, elles peuvent être inhalées et puis entrer dans le corps. Quand ceci se produit, vous avez toutes sortes de sérieux problèmes et d’empoisonnement par le métal et d’effets radiologiques sur le corps.

Le Présentateur : Étant l’une des victimes de l’uranium appauvri, pouvez-vous décrire les symptômes que vous avez ressentis quand vous avez été affecté ?

Professeur Rockke : L’effet le plus significatif que nous avons noté était les problèmes respiratoires. Et les problèmes respiratoires ont agi comme si vous aviez eu un cas de bronchite vraiment mauvaise. Votre système respiratoire a été affecté, vous ne pouviez plus respirer aussi bien et vous avez commencé à noter toutes sortes d’effets sérieux sur votre système respiratoire… L’autre effet sur la santé que nous avons détecté immédiatement en nous-mêmes et chez tout le monde était une éruption cutanée terrible. Et la cause de l’éruption que nous suspectons et que nous avons toujours à ce jour est l’empoisonnement par métal lourd qui se produit juste comme si vous aviez mangé un litre de n’importe quel autre métal toxique lourd.

Le Présentateur : Dr Rockke, Quels sont les symptômes les plus importants de l’uranium appauvri inhalé ?

Professeur Rockke : Le plus grand problème que nous avons eu, en plus des problèmes respiratoires, est un cancer qui s’est développé dans les membres de notre équipe dans les huit à neuf mois. Dans un délai de deux ans, des formations cancéreuses complémentaires se sont développées et les gens ont commencé à mourir. Les individus que nous avions confirmés avoir des éclats d’uranium délibérément conservés dans leurs corps en raison du refus d’opération par le Département de la Défense des États-Unis ont développé des tumeurs dans et autour des éclats contenus par leur corps. La recherche publiée confirme que les éclats incorporés dans le tissu causeront le cancer. Ce que nous voyons dans tout endroit ou l’uranium a été employé, fabriqué et traité… dans diverses régions des États-Unis.

Le Présentateur : Mais Michael Kilpatrick, qui était responsable au Pentagone pour fournir le soin médical aux vétérans, a indiqué dans une conférence de presse qu’une étude couvrant 90 des vétérans infectés de la guerre du Golfe 1991 a montré qu’ils ne souffraient d’aucune maladie, que ce soit le cancer ou toute autre. chose. Que dites-vous à ce propos ?

Professeur Rockke : Le Dr Kilpatrick a menti au monde. C’est très simple. D’abord il a déclaré que 90 individus ont été affectés… J’ai eu bien plus de 100 individus qui ont été affectés. J’ai eu encore 250 individus qui ont été absolument exposés tandis que nous décontaminions.

Le Présentateur : Pourquoi vos collègues au Pentagone mentent-ils et au profit de qui ?

Professeur Rockke : La raison pour laquelle ils mentent doit être pour éviter d’assumer n’importe quelle responsabilité pour l’usage délibéré de munitions à uranium non seulement en Irak, en Arabie Saoudite, au Koweït, dans l’ensemble des Balkans et dans tous les emplacements aux États-Unis. Encore le but de la guerre est de tuer et de détruire. Les munitions à uranium sont absolument destructives.

Le Présentateur : Le 03 février 2003, un officiel de l’association Vétérans de Grande-Bretagne a dit que 560 soldats britanniques sont morts depuis 1991 du syndrome de la guerre du Golfe et que 5.000 sont
sous traitement. Avez-vous des statistiques sur le nombre de soldats américains blessés ?

Professeur Rockke : Oui, j’en ai. Le Département aux Affaires des Vétérans des USA a publié un rapport en septembre 2002. Dans ce rapport il a formellement reconnu qu’il y a plus de 160.000 vétérans de la guerre du Golfe handicapés de manière permanente et plus de 8.000 morts
des effets du syndrome de la guerre du Golfe. Des statistiques complémentaires prouvent de manière absolue que c’est (Irak) une terre en friche toxique .

Le Présentateur : Quelles sont les principales maladies qui peuvent être provoquées par l’uranium ?

Professeur Rockke : Les problèmes que nous avons sont très significatifs. Nous avons des problèmes respiratoires, tous les problèmes de la vue, des problèmes neurologiques, et des cancers. Ce
que nous savons aujourd’hui c’est que les vétérans américains qui ont participé à la guerre du Golfe 1991 meurent à plus de 140 par mois ici rien qu’aux États-Unis.

Le Présentateur : Vous avez dit que ce 36% des vétérans qui ont participé à la guerre du Golfe 1991 mourront en raison du cancer et que 160.000 sont handicapés et 8.000 sont déjà morts mais les USA insistent toujours pour employer l’uranium. Estimez-vous qu’il y aura plus de cas de l’infection par l’uranium ?

Professeur Rockke : Absolument. Nous avons déjà vu des accidents supplémentaires revenir. Bien que la guerre soit finie depuis l’automne de 1991, Les USA ont continué à envoyer des troupes à cette région. Aujourd’hui nous savons, réellement vérifié par le Département aux Affaires des Vétérans des USA qu’il y a maintenant plus d’un quart d’un million de soldats américain qui ont servi pendant la guerre du Golfe et sont restés dans la région jusqu’en mai 2002. Ils sont maintenant de manière permanente invalidés en raison d’expositions complexes. Et nous savons également maintenant que plus de 10.000 sont mort et que le taux de mortalité actuel est supérieur à 140 par mois.

Le Présentateur : Qu’est ce qui arrivé à aux habitants du Koweït, de l’Irak et de l’Arabie Saoudite du nord avec la diffusion de 400 tonnes de la poussière d’uranium ?

Professeur Rockke : Il n’y a aucun doute dans mon esprit que quels que soient les effets de santé que nous avons vus parmi les femmes, les enfants et d’autres résidants de cette région sont absolument dus en partie à la contamination par l’uranium qui a été déversé là. Des Représentants <

>, les Sénateurs, des scientifiques et des individus indépendants de partout dans le monde sont allés sur place et ont vérifié le niveau de la contamination. Cette contamination n’a pas été enlevée selon les exigences des directives du Département de la Défense des USA.

Le Présentateur : Le Professeur Harry Shalimer a dit qu’au moins 100.000 habitants de Bassora ont été atteints par le cancer depuis 1991. Avez-vous des statistiques sur le nombre d’affections dans ces régions ?

Professeur Rockke : Je ne suis pas retourné en Irak depuis la guerre du Golfe 1991, mais j’ai parlé au Dr Shalimer, à d’autres scientifiques et médecins impliqués dans cela. Je n’ai aucun doute dans mon esprit : Le Dr Shalimer a probablement raison. Je sais en fait qu’il a vérifié l’uranium dans ces individus résidants dans cette région et donc vous pouvez établir une corrélation directe entre ces expositions et les effets de santé qui ont été documentés. Le Dr Shalimer est de plus l’un des experts du monde en cette matière, aussi nous devons l’écouter.

Le Présentateur : Avez-vous des informations sur les munitions à uranium que vont utiliser les USA dans la guerre contre l’Irak ?

Professeur Rockke : Absolument. Les munitions à uranium qui seront encore utilisées une fois de plus sont des obus tirés par les tanks Abrams. Chacun obus a plus de 4.500 grammes d’uranium métallique
contaminés par le plutonium, le neptunium et l’américium. L’avion Warthog A-10 tirera de plus des obus de 30 ml, c.-à-d., que chacun des obus a 300 grammes d’uranium métallique. Nous savons également que le véhicule de combat de Bradley tirera des obus de 25 ml, et chacun des
obus a plus de 200 grammes d’uranium métallique. En outre, les missiles de croisière contiennent des composants à uranium, et les bombes géantes de bunker contiennent des composants à uranium.

Le Présentateur : Un expert en matière d’armes dans l’un de nos programmes, Dai Williams, a dit que les munitions employées par les USA dans la guerre du Golfe 1991 ont pesé environ 5 kilogrammes et contre l’Afghanistan, il a été utilisé des bombes et des munitions pesant plus de 10.000 livres. Et si on s’attend à ce qu’ils utilisent les mêmes munitions en Irak. Ils ont même annoncé que la mère des bombes pèse 10.000 tonnes. Si la précédente guerre du Golfe a laissé environ 400 tonnes de la poussière d’uranium, qu’attendez-vous à ce qui arrivera à la région cette fois ?

Professeur Rockke : Ce que j’attends est que nous reverrons des effets sérieux de santé pour les soldats américains qui iront là et l’utiliseront. Nous verrons des effets de santé dans tous les résidants de cette région. Nous verrons des effets de santé dans les soldats irakiens qui seront les cibles directes de l’uranium utilisé par les forces américaines. Je dois le répéter et je le faire très clairement, comme tête du projet de décontamination des munitions à uranium pendant la guerre du Golfe 1991, et comme Directeur du projet de l’uranium appauvri pour le Département de la Défense qui a fait la recherche, et
en tant que victime de l’UA, l’utilisation des munitions à uranium pendant la guerre est un crime contre Dieu, est un crime contre l’humanité, et devrait être considéré un crime de guerre. Vous ne pouvez pas prendre des déchets radioactifs d’uranium métallique, les jeter dans quelque terrain ce soit et refuser de fournir le soin médical, d’accomplir la décontamination environnementale exigés pour soutenir la salubrité et la sûreté des citoyens de la terre.

Le Présentateur : Pensez-vous que l’uranium appauvri est considéré comme une arme de destruction de masse ou une arme nucléaire ?

Professeur Rockke : Les Nations unies le 10 septembre 2001 ont décidé que les munitions à l’uranium doivent être considérées comme une arme de destruction massive. Le Parlement européen a publié une proclamation que les munitions d’uranium doivent être interdites d’utilisation dans le monde.

Le Présentateur : Pensez-vous qu’employer l’uranium appauvri contre les êtres humains en général tombe dans la catégorie des crimes de la guerre ?

Professeur Rockke : Absolument, parce qu’aux États-Unis vous ne pouvez pas même prendre 500 grammes d’uranium métallique et les jeter dans un quelconque terrain sans aller à la prison. Par conséquent, quel droit ont les États-Unis, la Grande Bretagne et n’importe quelle autre nation de prendre des centaines et des centaines de tonnes d’uranium et de les jeter dans le terrain de quelqu’un d’autre, de leur refuser le soin médical comme ils l’ont fait maintenant depuis des décennies et
refusent également de décontaminer l’environnement.

Le Présentateur : Le Professeur Dracovic a dit que la décontamination de la région exige200 milliards $. Est-il possible de décontaminer la région (si ces fonds sont levés) ?

Professeur Rockke : Le problème que nous avons, quand j’ai fait réellement la recherche, était de déterminer comment décontaminer. Pour chaque véhicule qui est frappé par une seule munition à uranium vous devez prendre ce véhicule entier et l’enlever physiquement. Alors vous devez décontaminer tout le dépôt d’uranium qui est déposé autour de ce véhicule. Alors vous devez prendre un bulldozer, creusez au moins sur 100 mètres et à au moins de 10 centimètres de profondeurs et enlevez toute cette souillure afin de rendre à nouveau sain ce secteur, cela pour chacun et tous les véhicules.

Le Présentateur : Si Bagdad était frappée par de telles munitions, que seront les effets d’un tel impact à uranium dans les secteurs environnants Bagdad ?

Professeur Rockke : Les études aux États-Unis par l’un des anciens scientifiques dans ce secteur mesurant la contamination en uranium à partir d’une usine aux États-Unis a montré que la contamination par l’uranium a causé des effets de santé défavorables dans un rayon de 50 kilomètres.

Le Présentateur : C’est autour de l’usine elle-même, que dire à propos de la poussière et le vent ?

Professeur Rockke : Le vent a porté la poussière d’uranium à 50 kilomètres au loin de l’usine et il y avait des quantités suffisantes pour causer des effets de santé défavorables. Nous savons aujourd’hui que dans et autour de toutes les installations de production où sont fabriquées les munitions à uranium, il y a des cancers, des problèmes de rein, des problèmes respiratoires, des rations, des problèmes neurologiques parmi les résidants de ce secteur.

Le Présentateur : Quelques études indiquent que dans les secteurs affectés dans les Balkans, la poussière d’uranium a voyagé à plus de 1.000 kilomètres et ont atteint beaucoup de capitales européennes. Pensez-vous que les Koweïtiens, les Saoudiens, les Irakiens et les Jordaniens sont protégés des poussières d’uranium qui pourraient frapper l’Irak ?

Professeur Rockke : Vous avez l’entière combinaison des sous-produits de la guerre. Quand nous détruisons l’infrastructure de l’Irak, quand nous utilisons délibérément les munitions à uranium et contaminons l’air, l’eau et le sol, la région entière devient une terre de friche toxique. Et encore en raison par laquelle nous savons que c’est une terre de friche toxique aujourd’hui depuis 1991, les États-Unis ont continué d’envoyer les soldats américains dans la région. Depuis 1991, 60.000 vétérans américains supplémentaires ont été déclarés comme handicapés de manière permanente par cette exposition et encore 3.000 l’ont été confirmés totalement.

Le Présentateur : Combien de temps ces secteurs peuvent-ils demeurer contaminés ?

Professeur Rockke : La contamination demeurera dans le secteur à moins qu’elle soit physiquement et totalement enlevée, pendant 4.5 milliards d’années et au delà.

Le Présentateur : Ces secteurs demeureront-ils contaminés pendant 4.5 milliards d’années ?

Professeur Rockke : À moins qu’elle soit physiquement enlevée selon les procédures et les processus que j’ai développé pour le Département de la Défense des USA.

Le Présentateur : Ces secteurs contaminés, sont-ils aptes pour la vie humaine maintenant ?

Professeur Rockke : Ils ne le sont pas. Le Département de la Défense des USA, lors d’essais d’entraînement standard pour l’usage des munition à uranium, déclare spécifiquement que tous les soldats américains doivent revêtir la combinaison de protection l’appareil respiratoire à moins de 25 à 50 mètres de chaque véhicule qui a été frappé par des munitions à uranium.

Le Présentateur : Ayant assuré le contrôle de l’enfouissement d’une partie des pertes en 1991, est-il vrai que des zones du Nord de l’Arabie Saoudite et du Koweït plus adapté à la vie humaine pour longtemps et que les gens devraient être empêchés de pénétrer dans ces secteurs ?

Professeur Rockke : Absolument. Dans l’entière zone proche de Bassora, la contamination est là, absolument vérifié. Le membre du Congrès des USA, James McDermott et son personnel sont allés en Irak à la fin de l’année dernière. Ils ont mesuré la contamination et ont vérifié qu’elle était si importante que les gens devraient être empêchés de pénétrer dans ce secteur de manière permanente jusqu’à ce que tout soit décontaminé.

Le Présentateur : Ainsi, les régions qui pourraient être frappée par les munitions à uranium, que ce soit Bagdad ou d’autres villes irakiennes, seraient-elle également contaminées avec une contamination qui serait encore présente là pendant encore 4.5 milliards d’années ?

Professeur Rokke : Absolument…

Le Présentateur : Est-il possible que Bagdad, Bassora et d’autres villes seront inaptes à la vie humaine après cette guerre ?

Professeur Rockke : Si vous détruisez l’entière infrastructure….. et si l’Irak possède n’importe quels matériels chimiques, biologiques ou radioactifs et que vous les détruisiez, ce serait juste comme frapper un cube de glace avec un marteau. Tout que vous faites, c’est de tout briser. Si vous utilisez les munitions à uranium et vous ne le décontaminez pas, le secteur entier sera une terre de friche toxique qui, à moins que toute la décontamination environnementale soit accomplie sera inhabitable.

Le Présentateur : Ceci signifie qu’en Irak, il y a plus de 20 millions d’êtres humains susceptibles d’être frappés par l’uranium, et si l’Irak était frappé par les munitions à uranium il serait inapte à la vie humaine. Cela signifie-t-il que les USA vont éliminer un pays entier de la surface de la terre ?

Professeur Rockke : C’est une possibilité absolue. Quand vous détruisez l’infrastructure, vous employez tous les types de munitions et vous contaminez l’air, l’eau et le sol. C’est une possibilité absolue…
Le Présentateur : Les simples gens qui vivent en Irak et qui n’ont rien à faire et sont impuissants, peuvent-ils faire quelque chose contre les États-Unis, qui n’hésiteront pas à employer l’uranium contre eux ?

Professeur Rockke : Pendant des années, en tant qu’individu qui a décontaminé les munitions à uranium lors de la guerre du Golfe 1991, et en tant que directeur du projet de l’uranium appauvri, j’ai demandé et j’ai insisté pour que les États-Unis et les ‘autres pays s’abstiennent d’utiliser les munitions à uranium dans le combat. L’utilisation de munitions à uranium doit être bannie sur terre et dans l’univers pour l’éternité. En même temps, j’ai demandé de nombreuses fois que le soin médical soit donné non seulement aux victimes de mon personnel, mais pour des milliers et des milliers d’individus qui ont été exposés. Et j’ai également demandé de nombreuses fois que toute la contamination par uranium soit décontaminée. Cependant, ces demandes ont été niées, niées, et niées..

Le Présentateur : Depuis que vous avez séjourné dans la région jusqu’en 1996 et dirigé beaucoup d’activités et que vous connaissez les secteurs contaminés, est-il possible de nous donner une liste des secteurs contaminés en Arabie Saoudite, en Irak et au Koweït… ?

Professeur Rockke : L’un de nos problèmes est que le Département de la Défense des États-Unis n’a pas identifié tous les secteurs où des munitions à uranium ont été utilisées. Aussi les individus qui résident dans ces secteurs doivent-ils rechercher… la signature de l’usage de munitions à uranium.

Sur un véhicule détruit vous verrez un trou rond et propre autour de l’impact. Vous verrez également la poussière noire entourer le secteur. Vous ne devriez pas vous approcher, à moins de porter la combinaison de protection et l’appareil respiratoire, à moins de 100 mètres de n’importe quel véhicule ou structure ou vous voyez cette signature.

Le Présentateur : Quels sont les sortes de symptômes, s’ils apparaissent sur les habitants de ces secteurs, qui peuvent indiquer s’ils ont été exposés ?

Professeur Rockke : Le premier symptôme qui apparaîtra….. seront des problèmes respiratoires. Il agit comme une bronchite chronique. La deuxième chose que vous verrez probablement sont les éruptions cutanées.

Le Présentateur : Les infections qui ont révélé dans le Sud de l’Irak et les malformations à la naissance, vous estimez qu’elles seront présentes pendant 4.5 milliards d’années ? Y a-t-il une possibilité que dans les générations futures plus de complications surgissent ?

Professeur Rockke : Absolument… encore aussi longtemps que des individus sont exposés à l’uranium, nous savons que l’ARN change en ADN, les changements qui se produisent génétiquement causent tous ces effets de naissance. Nous avons vu ces effets de naissance pour les enfants des soldats américains qui ont été exposés. Nous voyons ces effets de naissance partout dans le monde où les expositions à l’ uranium se sont produites.

Le Présentateur : L’insistance des USA à employer de nouveau ces munitions contre des gens et de nouveau contre l’Irak peut-elle être considérée comme un nouveau crime de guerre ?

Professeur Rockke : Quiconque utilise des munitions à uranium dans la guerre doit comprendre que c’est un crime contre Dieu et c’est un crime contre l’humanité… oui, c’est cela. Quand vous diffusez délibérément et obstinément des déchets radioactifs, ignorez les effets de santé et refusez de décontaminer, c’est sont un crime contre Dieu et un crime contre l’humanité.

Le Présentateur : Que pensez-vous de l’importance du désastre qui résultera de l’usage des centaines de tonnes d’uranium dans la guerre contre l’Irak ? Si c’est à l’image donnée par les 10 dernières années, que sera le résultat sur la région pour utiliser encore l’uranium ?

Professeur Rockke : Si nous avons les mêmes expositions et à grande échelle nous pouvons estimer que le nombre d’accidents et le pourcentage de personnes dans le secteur… sera encore de 30%. C’est le nombre, nous ne pouvons pas changer les statistiques. Nous ne pouvons pas changer les effets épidémiologiques de toutes les contaminations qui résultent de la guerre.

Depleted uranium will affect Iraq for generations to come

The Presenter (Ahmed Mansour): Despite research by a large number of scientists and experts on the enormous damage inflicted by depleted uranium . and the use by the US in the Gulf War in 1991, and wars in the Balkans and Afghanistan in 1994, 1995, 1999 and 2000.The US use of depleted uranium is not confined to the total destruction of targets but extends to the destruction of the environment and human life in general in the affected regions. Such areas will be unfit for habitation for millions of years.

Our guest is professor Major Doug Rocke, former chief of Depleted Uranium Project at the Pentagon.

Born in Illinois 1949, professor Doug Rocke joined the US Air Force in 1967, took part in the Vietnam War from 1969 to 1971 as a B52 pilot. He obtained his PhD in nuclear physics. He worked until 1996 as a field doctor and specialist in nuclear physics in the US Army. He took part in the 1991 Gulf War, tasked with depleted uranium clean up in Saudi Arabia and Kuwait.

From March to June 1991, Prof Rocke compiled contaminated equipment from the battlefield and shipped part of it back to the US and supervised the burial of more equipment in Saudi Arabian deserts. He was appointed head of the Depleted Uranium Project in the Pentagon between 1 August 1994 and November 1995. He also worked as a professor of nuclear physics at Jackson University - Alabama until 2000.

Prof Rocke says he suffered the effects of depleted uranium from the first week of the Gulf War in 1991 but did not realise it until March 1995. Tests showed that he had 5000 times the normal level of radiation in his body, enough he says sarcastically, to light up a small village. He is also suffering from problems with breathing, immune system and one eye. He has had 15 surgical operations to his liver as a result of his infection by this uranium syndrome.

Q: At this very critical time, a lot of people are trying to understand and know more about the weapons containing depleted uranium which the United States plans to use… Despite all the studies and research that came up during the last period and confirmed the risks of using the depleted uranium, officials at the Pentagon announced that they are going to use depleted uranium bombs in Iraq again. What is your understanding of this announcement?

Professor Rocke: The announcement is very simple. Uranium munitions kill and destroy everything that they contact. Going back to the (1991) Gulf War and even before, the Pentagon had decided to use weapons that are absolutely efficient in combat. At the completion of the 1991 Gulf War when I was specifically assigned to clean up the uranium mess I received a memorandum, this is a Los Alamos memorandum written by a colonel at Los Alamos national laboratories in Mexico. In that memorandum, he said “Even though we know there are health and environmental effects, you should make sure that we can always use uranium munitions in combat because they are so effective. And therefore lie about the health and environmental effects of the use of uranium munitions in combat.”

The Presenter: Being the former chief of the depleted uranium project in the Pentagon, what are the risks of using depleted uranium on life and human beings in general?

Professor Rocke: The first thing that we have to understand is that each individual uranium round fired by an Abrams tank is ten pounds of solid uranium contaminated with plutonium, neptunium and americium. On impact, you have a fine uranium outside dust that is generated. This represents about one half of the original mass. So if you have 4500 grams, you have about 2300 grams or 2200 grams that turn into a dust on the outside, they can be inhaled .. and then get into the body. When this happens, you have all kinds of serious problems both metal poisoning and radiological effects on the body.

The Presenter: Being one of the victims of depleted uranium, can you describe the symptoms you felt when you were infected?

Professor Rocke: The most significant effect that we noticed was respiratory problems. And the respiratory problems acted like you had a really bad case of bronchitis. Your respiratory system was affected, you couldn’t breathe as well and you started noticing all kinds of serious apparatus effects with your breathing system..The other health effect we saw immediately in ourselves and everybody else was the terrible rash. And the rash that we suspect and which we still have to this day is from the heavy metal poisoning that occurs just as if you would have eaten a litre of any other heavy toxic metal.

The Presenter: Dr. Rocke, What are the most important symptoms of inhaling depleted uranium?

Professor Rocke: The biggest problem that we had, in addition to the respiratory problems, is cancer which developed in members of our team within eight to nine months. Within two years, additional cancers developed and people started to die. Individuals that we had confirmed had embedded uranium shrapnel deliberately locked in their bodies by the United States Department of Defence did develop tumours in and around that embedded shrapnel. Published research verifies that uranium shrapnel or uranium embedded in the tissue will cause cancer. That we see in any place that uranium has been used, manufactured and processed .. in various areas of the United States.

The Presenter: But Michael Kilpatrick, who was responsible for providing medical care to the veterans at the Pentagon, said in a press conference that a study covering 90 infected veterans from the 1991 Gulf War proved that they were not suffering from any disease, whether it be cancer or otherwise. What do you say about this?

Professor Rocke: Dr. Kilpatrick lied to the world. It is very simple. First he stated that 90 individuals were affected ... I had well over 100 individuals who were affected. I had another 250 individuals who were absolutely exposed while we were cleaning it up.

The Presenter: Why did your colleagues in the Pentagon lie and for the benefit of whom?

Professor Rocke: The reason that they lie is to avoid any liability for the deliberate use of uranium munitions not only in Iraq, Saudi Arabia, Kuwait, throughout the Balkans and throughout all the sites in the United States. Again the purpose of the war is to kill and to destroy. Uranium munitions are absolutely destructive.

The Presenter: On 3 February 2003 an official from the Veteran’s Association in Britain said that 560 British soldiers have died since 1991 from Gulf War Syndrome and that 5000 are under treatment. Do you have any statistics on the number of wounded American soldiers?

Professor Rocke: Yes, I do. The US Department of Veterans’ Affairs released a report in September 2002. In that report they formally acknowledged that there are over 160,000 Gulf War veterans permanently disabled and over 8000 dead from the effects of Gulf War syndrome.It (Iraq) is a toxic wasteland that is absolutely proven to exist today by additional statistics.

The Presenter: What are the main diseases that can be caused by uranium?

Professor Rocke: The problems that we have are very significant. We have the respiratory problems, all the eye problems, neurological problems, and cancers. What we know today is that the American veterans who participated in the 1991 Gulf War are dying at a rate of over 140 a month here in the United States alone.

The Presenter: You said that 36% of the veterans who took part in the 1991 Gulf War will die because of cancer and that 160,000 are handicapped and 8000 have already died but still the US insists on using uranium. Do you expect more cases of infection from uranium?

Professor Rocke: Absolutely. We have already seen additional casualties coming back. Although the war ended in the fall of 1991, the US continued to send troops to that region. Today we know, actually verified by the United States Department of Veteran Affairs that there are now over a quarter of a million American soldiers who served during the Gulf War and stayed in the region until May 2002 are now permanently disabled due to complex exposures. And we also now know that over 10,000 are dead and that the current death rate is over a 140 a month.

The Presenter: What happened to the inhabitants of Kuwait, Iraq and north of Saudi Arabia as a result of the spread of 400 tonnes of uranium dust?

Professor Rocke: There is no doubt in my mind whatsoever that the health effects that we have seen in the women, the children and other residents of that region is absolutely due in part to the uranium contamination that has been left there. Congressional representatives and scientists, and independent individuals from all over the world have gone over there and verified the level of contamination and that contamination has not been removed as required by US Department of Defence directives.

The Presenter: Professor Harry Shalimer has said that at least 100,000 of the inhabitants of Basra have been infected with cancer since 1991. Do you have any statistics on the number of infections in these regions?

Professor Rocke: I have not been back to Iraq since the 1991 Gulf War, but I have talked to Dr. Shalimer and other scientists and physicians involved in this. I have no doubt in my mind that Dr. Shalimer is probably correct. I know for a fact that he has verified uranium in those individuals residing in that region and therefore you can make a direct correlation between those exposures and the health effects that have been documented. Dr. Shalimer again is one of the world’s experts on this, so we must listen to him.

The Presenter: Do you have any information about the uranium ammunition that the US is going to use in its war against Iraq?

Professor Rocke: Absolutely.The uranium munitions that will be used are again and once more the rounds that will be fired by the Abrams tank. Each round is over 4500 grams of solid uranium contaminated with plutonium, neptunium and americium. The A-10 Warthog aircraft will additionally fire the 30 ml round, that is, each individual round is 300 grams of solid uranium. We also know that the Bradley fighting vehicle will fire the 25 ml round, and each individual round is over 200 grams of solid uranium. In addition, cruise missiles contain uranium components, and the giant bunker busters contain uranium components.

The Presenter: A weapons expert, Dai Williams, in one of our programs said that the ammunition used by the US in the 1991 Gulf War weighed around 5 kilograms, and against Afghanistan they used bombs and ammunition of up 10,000 pounds, and it is expected that they are going to use the same ammunition in Iraq. They even announced that the mother of bombs weighs 10,000 tonnes. If the previous Gulf War left around 400 tonnes of uranium dust, what do you expect will happen to the region this time?

Professor Rocke: What I expect is that we will again see serious health effects in the American soldiers who go there and use it. We will see health effects in all the residents of that region. We will see health effects in the Iraqi soldiers who will be the targets of direct uranium used by US forces. I must repeat and make this very clear, as the head of the project to clean up uranium munitions during the 1991 Gulf War, and as the director of the Depleted Uranium Project for the Department of Defence who did the research, and as a DU casualty, the use of uranium munitions during warfare is a crime against God, is a crime against humanity, and should be considered a war crime. You cannot take solid uranium radioactive waste, throw it in anybody’s backyard and refuse to provide medical care and complete the environmental clean-up that is required to sustain the health and safety of the citizens of the earth.

The Presenter: Do you think depleted uranium is considered a weapon of mass destruction or a nuclear weapon?

Professor Rocke: The United Nations on 10 September 2001 did rule that uranium munitions were considered a weapon of mass destruction. The European Parliament has issued a proclamation that uranium munitions should be banned from use in the world.

The Presenter: Do you think that using depleted uranium against human beings in general falls under the category of crimes of war?

Professor Rocke: Absolutely, because in the United States you cannot even take 500 grams of solid uranium and throw it in anybody’s backyard without going to jail. Therefore, what right has the United States, England or any other nation has to take hundreds and hundreds of tons of uranium and throw them in somebody else’s backyard, refuse them medical care as they have done now for decades and also refuse to clean up the environment.

The Presenter: Professor Dracovic said that the cleaning of the region needs $200 billion. Is it possible to clean up the region (if this fund is raised)?

Professor Rocke: The problem that we have, when I actually did the research, was to determine how to clean up. For each and every vehicle that is struck by a single uranium munition you have to take that entire vehicle, and physically remove it. Then you have to clean up all the uranium penetration that is left around that vehicle. Then you have to take a bulldozer, and go out to at least 100 metres and scrape down at least 10 centimetres and remove all of that dirt in order to make that area safe again, that is for each and every vehicle.

The Presenter: If Baghdad is being struck by such ammunition, how far will the effects of such uranium impact the surrounding areas of Baghdad?

Professor Rocke: Studies in the United States by one of the former scientists in this area measuring the uranium contamination from a production plant in the United States showed that the uranium contamination has caused adverse health effects within 50 kilometres.

The Presenter: This is around the plant itself, what about the dust and the wind?

Professor Rocke: The wind carried the uranium dust 50 kilometres away from the plant and there were sufficient quantities to cause adverse health effects. We know today that in and around all the production facilities where they are making uranium munitions there are cancers, kidney problems, respiratory problems, rations, neurological problems in the residents of that area.

The Presenter: Some studies say that in the areas affected in the Balkans, uranium dust travelled more than 1000 kilometres and reached a lot of European capitals. Do you think that Kuwaitis, Saudis, Iraqis and Jordanians are safe from the uranium dust that Iraq might be hit with?

Professor Rocke: You have the whole combination of by-products of the war. When we destroy the infrastructure of Iraq.when we deliberately use uranium munitions and contaminate the air, water and soil, the entire region becomes a toxic wasteland. And again the reason that we know that it is a toxic wasteland today is that since 1991, the United States has continued to send American soldiers into the region. Since 1991, an additional 60,000 American veterans have been labelled as permanently disabled from this exposure and another 3000 have been confirmed dead.

The Presenter: How long can these areas remain contaminated?

Professor Rocke: The contamination will remain in the area unless it is physically and totally removed, for 4.5 billion years and beyond.

The Presenter: Will these areas remain contaminated for 4.5 billion years?

Professor Rocke: Unless it is physically removed according to the procedures and processes that I have developed for the US Department of Defence.

The Presenter: Those contaminated areas, are they fit for human life now?

Professor Rocke: They are not. The US Department of Defence, in the common test training for use of uranium munitions, specifically states that all American soldiers must wear full respirator and skin protection within 25 to 50 metres of each and every vehicle that is struck by uranium munitions.

The Presenter: Having supervised the burial of some of the waste in 1991, how true is that some of the areas north of Saudi Arabia and Kuwait are no longer fit for human habitation, and that people should be prevented from going into these areas?

Professor Rocke: Absolutely. The entire.area near Basra, the contamination there is absolutely verified. US Congressmen, James McDermott and his staff went over to Iraq in the fall of last year. They measured the contamination and verified that it was so great that people should be prevented from entering that area permanently until all of it is cleaned up.

The Presenter: Also, the region that could be hit by uranium ammunition, whether Baghdad or other Iraqi cities, would they be contaminated also, and the contamination there will be for 4.5 billion years again?

Professor Rokke: Absolutely…

The Presenter: Is it possible that Baghdad, Basra and other cities will be unfit for human life after this war?

Professor Rocke: If you destroy the entire infrastructure ….. and if Iraq does possess any chemical, biological or radioactive materials and you destroy them, that would be just like hitting an ice cube with a hammer. All you do is split it. If you use uranium munitions and you do not clean it up, the entire area will be a toxic wasteland, that unless all environmental clean-up is completed will be uninhabitable. 



The Presenter: This means that there are more than 20 million human beings in Iraq who are subject to being hit by uranium, and if Iraq will be hit by uranium munitions it will be unfit for human habitation. Does this mean that the United states will eliminate a total country from the surface of the earth?

Professor Rocke: That is an absolute possibility. When you destroy the infrastructure, you use all the types of munitions and you contaminate air, water and soil. That is an absolute possibility…

The Presenter: Can simple human beings who are living in Iraq, and who have nothing to do and are helpless, can they do anything against the United States, which will not hesitate to use uranium against them?

Professor Rocke: For years, as the individual that cleaned up uranium munitions in the 1991 Gulf War, and as the director of the Depleted Uranium Project, I have requested and I have insisted that the United States and other countries refrain from using uranium munitions in combat. Uranium munitions must be banned from use on earth and in the universe for eternity. At the same time, I have requested numerous times that medical care be provided not only for the fired casualties on my staff, but for thousands and thousands of individuals who have been exposed. And I have also requested numerous times that all uranium contamination be cleaned up. However, those requests have been denied, denied, and denied…..

The Presenter: Since you stayed in the region until 1996 and supervised a lot of activities and you know the contaminated areas, is it possible to give us a list of contaminated areas in Saudi Arabia, Iraq and Kuwait…?

Professor Rocke: One of the problems we have is that the United States Department of Defence has not identified all the areas where uranium munitions have been used. So therefore, individuals who reside in that area must look for the … signature of uranium munitions use.

On a destroyed vehicle you will see a clean round hole around the area. You will also see black dust surrounding the area. Any vehicle or structure that you see that has this signature you should not approach within 100 metres unless you are wearing full skin and respiratory protection.

The Presenter: What are the symptoms so that if they appear on the inhabitants of those areas they can tell they have been exposed? 

Professor Rocke: The first symptom that will show up ….. will be the respiratory problems. It acts like a chronic bronchitis. The second thing that you will probably see is the rashes.

The Presenter: The infections that showed up in the south of Iraq and the deformities in the newborn, do you expect these to last for 4.5 billion years? Is there a possibility that in the future generations more complications will come up?

Professor Rocke: Absolutely… Again as along as individuals are being exposed to uranium, we know that the changes in the RNA in DNA, the changes that occur genetically are causing all of these birth effects. We have seen those birth effects in American soldiers who were exposed. We are seeing those birth effects all over the world where uranium exposures have occurred.

The Presenter: Can the insistence of the United States to use this ammunition again against human beings and against Iraq be considered a new war crime?

Professor Rocke: Anybody who uses uranium munitions in war must understand that it is a crime against God and it is a crime against humanity… Yes, it is. When you deliberately and wilfully spread radioactive waste, ignore the health effects and refuse to clean it up, that is a crime against God and a crime against humanity.

The Presenter: What do you think the size of the disaster that will result from using hundreds of tonnes of uranium in the war against Iraq? If this is the picture given for the past 10 years, what will be from the result on the region of using uranium again?

Professor Rocke: If we have the same exposures and we have extensive use we can estimate that the number of casualties and the percentage of people in the area…that is going to be 30% again. That is the numbers, we cannot change the statistics. We cannot change the epidemiological effects of all of the contaminations that results from war.

La coopération et le Royaume-Uni

Article lié :

Seb24

  09/07/2005

Dans le Air & cosmos N°1991 du 8 juillet 2005 qui vient de sortir il y a un article au sujet du programme d’UCAV britannique (“Premier pas britannique vers les UCAV”, Page 25).

Ont y apprend que le programme de recherche FOAS (sur les systèmes de combat futur) a été abandonné officiellement et remplacé par une evolution des Tornado et des missiles de croisières Storm Shadow. A cela s’ajoute la mise en place du projet Suave qui va permettre d’effectuer des recherches dans le domaine des drones de combat.  En mars dernier le MoD britannique avait d’ailleur signé un contrat avec la DARPA Us pour ce programme.

Jusqu’ici rien de bien surprennant (les britanniques se retrouvent avec les USA). Mais la fin de l’article est très interressante:

A & C : “...Mais recemment, Mike Turner, le pdg de BAE systems, déclarait que depuis six mois le MoD commençait a reviser son attitude sur les cooperations bilatérales en matière de recherche et qu’il y avait désormais un lobbying intense au MoD pour choisir une voie européenne, notamment parce que de nombreux industriels britanniques seraient déçus des barrières mises par les Etats-Unis aux transferts de technologie sur le JSF.”

Londres

Article lié : A stratégie inepte, guerre perdue

Paolo

  08/07/2005

Un peu de prudence avant d’attribuer des culpabilités, serait certainement indispensable. Quoi de mieux qu’un horrible massacre pour tenter de recomposer le front occidental ? (Ce qui n’est qu’une question et non une assertion.)

extrait du politologue

Article lié : A l’Est, du nouveau

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  07/07/2005

C’est Alexei Makarin qui travaille au centre des technologies politiques a Moscou:

In response, Russia is expecting Uzbekistan to take real reciprocal steps in various fields, including defense. Uzbekistan’s Army, for one, is expected to convert from NATO to Russian standards in training and equipment. “Our bilateral relations in military and military-technical fields have been visibly gaining speed over recent years,” Defense Minister Sergei Ivanov said last week. According to some sources, Uzbekistan may allow Russia to use its infrastructure, including air force airfields, for possible Russian special operations in crisis situations. A more remote possibility is for Uzbekistan to rejoin the Collective Security Treaty Organization (CSTO), a bloc uniting Russia and its military and political allies in the post-Soviet space. Ironically, the CSTO founding treaty was signed in 1992 in Tashkent, the Uzbek capital.
http://en.rian.ru/analysis/20050705/40848112.html

ca sent le brule

Article lié : A l’Est, du nouveau

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  07/07/2005

Il s’est passe quelque-chose il y a 7 semaines de cela suite aux evenements en Uzbekistan (Karimov etait en contact avec la Chine) qui a pousse Rumsfeld en visite en Chine, mais je n’ai pas eu plus de precisions.
A noter qu’en Asie centrale il y a 2 projets de pipelines, le contrat entre Kazahkstan et la Chine (5800 km de tubes) dont l’Iran est un observateur international au meme titre que le Pakistan, et un autre projet soutenu par l’Union Europeenne qui consiste a eriger une pipeline de l’Iran jusqu’en Inde, en transitant par le Pakistan (500 millions de dollars par an pour les dedommager). De ce fait les relations entre Inde et Pakistan devraient revenir au calme concernant la region du Kashmir. En somme c’est toute la region qui est en train de changer diplomatiquement. Du cote des Russes il y a d’enormes pression diplomatiques sur l’Uzbekistan pour convertir toute leur armee dans la region aux normes sino-russe (Putin a fait paraitre un transcript par voix diplomatique). Bolton etant encore absent, il devrait theoriquement y avoir aux nations-unies un debat sur les droits humains dans l’Asie centrale et evidemment la question nucleaire de l’Iran (veto des Russes ou des Chinois la-dessus).
Bref on va encore avoir des lecons de moral des USA sur les droits humains alors que c’est toute une affaire d’argent et de control de la region.
Ca sent le brule, d’autant plus que la consommation petroliere mondiale a retrouve son plus haut volume depuis 2004, volume qui n’avait pas ete atteind depuis 1976. Les Chinois sont de plus en plus dependant du petrole et des interets strategiques sont en train de se produire dans la region de l’Europe jusqu’en Chine. C’est toute la region qui en est affectee. Personnellement je pense que l’on y verra un peu plus clair apres les elections en Allemagne et en France pour savoir comment l’Europe va se depatouiller et trouver sa voix, tout dependra du leadership diplomatique americain qui a mon avis a pris une sale raclee depuis la guerre en Irak (these hegemonie americaine est a sa fin?).

CIA

Article lié : Le “modèle italien”, champ de manœuvre favori de la CIA

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  05/07/2005

Unocal

Article lié :

thierry

  02/07/2005

En parlant de protectionisme, la guerre du pétrole ne fait que commencer entre Chinois et Américains

Offre de rachat chinoise d’Unocal: une épine dans le pied de l’Amérique
L’offre du groupe chinois CNOOC de

racheter le groupe d’exploration pétrolière américain Unocal enfonce depuis une semaine une épine dans le pied des Américains, partagés entre la défense d’un marché ouvert et celle de leurs intérêts énergétiques.

Depuis la contre-offre lancée le 23 juin par la China National Offshore Oil Corporation, offrant 18,5 milliards de dollars en numéraire soit 1,5 milliard de plus que ChevronTexaco, les deux plus gros consommateurs d’or noir au monde se livrent une bataille acharnée.

Les élus américains en tête s’insurgent contre l’intrusion des Chinois dans leur secteur hautement sensible de la prospection et production pétrolière.

Une résolution votée jeudi soir à une majorité écrasante (368 contre 15) de la Chambre des représentants affirme que la transaction, si elle était confirmée, menace sérieusement la sécurité nationale. Une enquête américaine approfondie sur ce risque a été réclamée.

Pourtant en parallèle, les sénateurs, soucieux d’éviter un conflit commercial douloureux avec l’un de leurs principaux partenaires commerciaux, ont reporté à octobre un ultimatum initialement fixé à fin juillet pour taxer à 27,5% toutes les importations “made in China” si Pékin ne réévaluait pas sa monnaie d’ici là.

Selon Washington, le lien étroit entre le yuan et le billet vertyuans pour 1 USD) depuis la crise financière asiatique de 1997, maintient la devise chinoise à un niveau artificiellement bas et offre un avantage compétitif indu pour les produits chinois.

Le secrétaire au Trésor John Snow et le patron de la Fed Alan Greenspan venaient d’assurer que la Chine allait bouger prochainement sur ses taux de changes. Mais Pékin a démenti avoir un calendrier à ce propos.

Enfin, loin de toutes ces agitations politiques, des représentants du groupe CNOOC ont poursuivi toute la semaine une formidable opération de lobbying aux Etats-Unis.

Quatre jours à peine après sa contre-offre, le troisième groupe pétrolier chinois, détenu à 70% par l’Etat, a dépêché mardi des représentants à New York pour discuter avec Unocal. Vendredi ces pourparlers se poursuivaient, selon une porte-parole du groupe aux Etats-Unis.

Pendant ce temps Unocal a multiplié les communiqués affirmant que l’accord des administrateurs à l’offre de Chevron en avril “restait valable”. Les actionnaires se prononceront le 10 août sur cette offre qui a déjà obtenu le feu vert des autorités américaines de régulation.

Chevron, de son côté, a réaffirmé qu’il ne surenchérirait pas. Son vice-président Peter Robertson a douté de la conformité de l’offre rivale avec les règles commerciales. Selon lui, CNOOC tente de s’approprier “une ressource importante” américaine avec de “l’argent offert” par Pékin.

Bloquer cette transaction “serait grave”, a estimé Daniel Griswold, analyste du Cato Institute à Washington, car “ce serait plutôt hypocrite de la part des Etats-Unis de demander à la Chine d’ouvrir ses marchés alors que nous lui claquerions la porte au nez pour cet investissement tout à fait légitime”.

A l’inverse la sénatrice démocrate Nancy Pelosi a fustigé la démarche chinoise qui “cherche à trouver une réponse à ses besoins énergétiques en obtenant le contrôle de ressources dans le monde entier”. “Cette offre chinoise est la preuve évidente de la vulnérabilité stratégique du secteur énergétique américain”, a-t-elle affirmé.

De plus, a averti Mme Pelosi, l’acquisition d’Unocal offrirait aux Chinois des technologies particulières de forage susceptibles de les aider à procéder à l’avenir à des tests nucléaires indétectables.

Face à toutes ces craintes, le groupe CNOOC a choisi la carte de la transparence et a pris les devants en allant volontairement déposer un dossier auprès de la commission chargée d’examiner les investissements étrangers aux Etats-Unis au regard des risques pour la sécurité nationale.

La Chine

Article lié : Les surprises chinoises

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  02/07/2005

Les Americains s’inquietent et proposait meme de mettre une taxe de 27.5% sur les produits chinois, cette meme taxe pourrait supprimer des emplois aux USA.

Dans le port de Tacoma (a cote de Seattle dans l’Etat de Washington) ils ont predit un regain des imports chinois sur les 5 prochaines annees (+50%).
Je ne sais pas si vous etes venus aux USA dernierement mais on trouve des produits chinois de partout (dans une maison il doit bien y avoir + de 70% de produits chinois). Tous ces produits-la sont consommes sans moderation puisque la plupart d’entre eux coutent moins de 99 cents (on va les chercher dans les “dollar stores”).

Dernierement il y a une nouveaute: les Chinois exportent meme leur bouffe dans les rayons de Walmart par cargo surgele. Ne parlons pas des jobs americains qui sont passes en Inde ou en Russie, creusant l’ecart entre la “lower class” et “l’upper class”. La classe moyenne aux USA est en train de disparaitre.

  Tout cela confirme que tot ou tard on va se trouver dans un monde multipolaire a nouveau. Il faudra bien passer la flamme olympique a une autre nation.

L'indépendance de la magistrature italienne

Article lié : Comme le KGB au temps de Brejnev…

annalor

  01/07/2005

Chapeau pour la magistrature italienne qui ne se laisse pas intimider par Berlusconi,qui en suivant Bush dans sa guerre,a violé l’article 11 de la Constitution italienne.
Maintenant la magistrature italienne est menacée dans son autonomie justement par Berlusconi,qui a fait approuver au Parlement une contrereforme contre l’indépendance de lamagistrature.Celle-ci sera dans sa 5ème grève contre le gouvernement le 14 juillet,pour défendre la légalité et son autonomie.
C’est évident que la notion de terrorisme de la magistrature italienne est différente de celle de Berlusconi qui certainement savait et a approuvé l’enlèvement de l’imam,meme s’il le nie

Précédents

Article lié : USA et Iran: “Je t’aime, moi non plus”, — enfin, façon de parler

Bruno Hanzen

  30/06/2005

“La seconde est que les durs iraniens qui sont au pouvoir ont besoin d’une Amérique qu’ils désignent comme “le Grand Satan” et qu’ils accusent de fomenter une attaque contre l’Iran pour tenir malgré tout la population contre un ennemi extérieur, comme GW Bush a besoin d’un régime ultra-dur en Iran pour continuer à menacer d’attaquer et à mobiliser les Américains. “

Je vous renvoie à “QRN sur Bretzelburg” (aventure de Spirou, par Franquin). J’en tire 2 conclusions:

1) Le niveau du public visé par Christian Science Monitor n’est peut-être pas très différent de celui du public de Spirou.
2) Ah, les Bretzels!!!
3) Franquin était vraiment un tout grand.

Porte-avions

Article lié : Trafalgar, morne plaine

Bruno HANZEN

  29/06/2005

Vu chez “Jane’s”:
France and UK prepare for co-operation over aircraft carriers

By Guy Anderson, Editor, Jane’s Defence Industry

A source at the centre of negotiations between France and the UK regarding co-operation on the development of future aircraft carriers for both navies has said he is “convinced” that the governments are poised to enter into a “collaborative programme”.

It is three years since the possibility of using designs for the UK’s Future Aircraft Carrier (CVF) programme as the basis for France’s PA2 aircraft carrier was first raised, with a view to shared procurement of equipment to reduce costs.

“I am convinced that this will happen,” a source involved in the negotiations told Jane’s Defence Industry.

He added: “The negotiations have been long, but they have been very positive and I expect a decision to be reached soon.”

His comments came as defence companies, including BAE Systems and Thales, lead contractors in the CVF programme, were reported to be preparing to present a report to the governments on the proposed collaboration. The analysis is expected to look at the risks and benefits of either shared procurement of equipment or joint construction of the ships.

Earlier studies by prime contract office designate MOPA2 (Maìtrise d’Oeuvre Porte Avions No 2) - set up by Thales and DCN in 2004 to manage the PA2 programme at industry level - envisaged a carrier of approximately 60,000 tonnes; comparable in size to the CVF.

The source at the centre of the negotiations said: “It [collaboration] presents a cost-effective solution for France” that “appears to meet our requirements” and “has the added benefit of a positive step in Anglo-French relations.”

referendum

Article lié : Journal de bord de dedefensa.org — 050623, notre “référendum” (fin)

sam

  29/06/2005

bonjour

Je suis un lecteur assidu de vote site - inutile de vous dire quej’apprécie la force et la justessse de vos analyses… qui nous changent grandement de la médiocrité et la stupidité de celles auxquelles les commentateurs TV nous ont habitués !

Continuez ce merveilleux travail - votre acuité est rare dans ce monde bercé de virtualisme. L’exercice est difficile et tout l’honneur vous en revient : on ne lit pas tous les jours des analyses historiques en temps réel ! DEdefensa réalise cet exploit et mériterai d’être connu du plus grand nombre.

Concernant le référendum sur De Defensa, je ne l’avais pas vu tout simplement. Peut être qu’il n’était pas assez voyant. Si vous avez besoin d’une nouvelle charte graphique ou d’un nouveau système php pour publier ce site, je m’y connais un peu et je serais heureux de vous aider

Sincèrement
Sam

La BBC s'occupe de Blair ...

Article lié :

Sisko

  27/06/2005

Un reportage précis, dramatique et lucide sur la personnalité de Blair - et sa politique - durant les préparatifs de la guerre en Irak.

http://www.indybay.org/uploads/iraq_tony_truth.ram

Home-Page : http://www.downingstreetmemo.com/index.html

Gunfight At EU Corral : Junker And Blair Launching Challenges In Front Of EU Parliament

Article lié :

Stassen

  23/06/2005

Tony Blair succède à Jean-Claude Juncker dans un climat tendu


19 juin 2005 (Reuters - 20:56)
par Yves Clarisse
BRUXELLES - Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s’apprête à céder dans l’acrimonie la présidence de l’Union à son homologue britannique, qui peut se préparer à un semestre “pourri”.

Tony Blair aura fort à faire à partir du 1er juillet pour égaler la réputation du doyen du Conseil européen qui, malgré son relatif jeune âge (50 ans), joue les “fixeurs” de l’UE depuis plus de dix ans grâce à son art du compromis.

Malgré le fiasco du sommet de Bruxelles sur le financement de l’Europe élargie, le Luxembourgeois a été vigoureusement applaudi par les centaines de journalistes présents dans la nuit de vendredi à samedi, une scène inédite digne de la Roumanie de Ceaucescu.

C’est peu de dire que l’homme s’est taillé une réputation à faire pâlir d’envie tous ses homologues européens.

“Découragé, un peu triste” devant la “crise profonde” provoquée par cet échec ainsi que par le rejet de la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas, il est devenu l’“homme à tout faire” vers qui tous les regards se tournent dès qu’il y a un problème à régler dans une Union toujours divisée.

Quand on cherche un président de la Commission exécutive, c’est tout naturellement à Juncker que l’on propose la fonction en 2004.

Il déclinera l’invitation unanime de ses homologues, qui ne voulaient pas le croire lorsqu’il leur disait avoir promis aux électeurs luxembourgeois qu’il resterait à son poste en cas de réélection en juin 2004, ce qui fut le cas.

ACCORD SUR LE PACTE DE STABILITE

C’est évidemment à lui que l’on pense pour présider pendant deux ans l’Eurogroupe, le forum de coordination des politiques économiques de la zone euro, un mandat qu’il acceptera.

Depuis, comme par miracle, ce cénacle s’est mis à fonctionner de manière plus efficace et est parvenu en mars à un accord sur la réforme du pacte de stabilité de l’euro que l’on disait impossible quelques mois auparavant.

L’un des autres succès de sa présidence a été l’orchestration réussie du sommet de la “réconciliation” euro-américaine avec George Bush, le 22 février.

A Bruxelles, il a tenté jusqu’à la dernière seconde de boucler un compromis sur le budget de l’Union européenne de 2007 à 2013 et, de l’avis général, on était proche de l’accord.

Mais l’Espagne, la Finlande, les Pays-Bas, la Suède et, surtout, le Royaume-Uni, l’ont empêché de couronner sa présidence par un accord qui aurait quelque peu dissipé le double “non” à une Constitution à laquelle il tient beaucoup.

Les pays qui se sont retrouvés dans la minorité s’en sont pris à la stratégie du Premier ministre luxembourgeois, qui a cherché à isoler le Royaume-Uni pour le faire “craquer”.

“S’il y a eu une telle tentative, ça a raté”, a estimé Tony Blair, qui a dénoncé les “tactiques et manoeuvres” de Juncker.

Ce dernier n’a pas caché qu’il ne passerait pas, selon une formule célèbre, ses vacances avec son successeur à la tête de l’Union européenne.

Que fera-t-il le 23 juin, quand Tony Blair présentera ses priorités ? Malheureusement, ce sera la fête nationale luxembourgeoise: “Par conséquent, je ne serai pas à l’écoute.”

CONTEXTE TENDU
Quel conseil lui donnera-t-il ? Aucun, “puisque visiblement on n’écoute pas mes conseils”, a-t-il expliqué.

Que lui inspire la date du 18 juin, 190e anniversaire de la victoire britannique sur les troupes napoléoniennes à Waterloo? Il préfère se souvenir d’un autre 18 juin, celui de l’appel du général de Gaulle en 1940 appelant les Français à résister à l’occupant nazi.

C’est donc dans un contexte pour le moins tendu que Blair prendra les rênes de l’Union européenne dans deux semaines.

Il trouvera face à lui les pays qui, comme l’Allemagne, la France, le Luxembourg, la Belgique, et même les dix nouveaux entrants, qui le rendent responsables de l’échec.

Or, il lui sera impossible de redresser la barre.
On voit mal le Royaume-Uni, dont la “ristourne” de cinq milliards d’euros annuels - et bientôt huit milliards - sur sa contribution au budget européen est au centre de la querelle, proposer une réduction de ce généreux “chèque”.

Londres, qui veut lier toute réduction de ce mécanisme à une remise en cause fondamentale de la Politique agricole commune (PAC), n’est pas non plus considéré comme un “honnête courtier” sur ce point, comme doit l’être une présidence de l’UE.

L’accord est donc reporté à 2006, avec tous les dangers que cela suppose: on sera alors plus proche des échéances électorales en France et aux Pays-Bas, deux des pays les plus durs.

Tony Blair, qui veut se faire le champion de la modernisation de l’Europe, risque aussi d’être confronté sur un dossier-clé de sa présidence à l’intransigeance française.
C’est en effet pendant le prochain semestre que les Vingt-Cinq sont censés parvenir à un accord sur la libéralisation des services, la fameuse “directive Bolkestein” honnie en France, où elle a joué un rôle dans le “non”.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=305126#
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Discours
Texte intégral de l’intervention de Jean-Claude Juncker, président en exercice du Conseil européen, devant le Parlement européen, sur les résultats de la Présidence luxembourgeoise et le Conseil européen des 16 et 17 juin - Bruxelles, 22 juin 2005
Date du discours : 22-06-2005
Lieu : Parlement européen, Bruxelles
Orateur : Jean-Claude Juncker
Domaine politique : Affaires générales et Relations extérieures
Réunion : Mini-plénière du Parlement européen

Monsieur le Président,

Monsieur le Président de la Commission,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

la présidence luxembourgeoise touche à sa fin. Certains diront heureusement, moi je le regrette beaucoup. J’aurais aimé continuer.

(Applaudissements)
L’heure du bilan est donc arrivée. Nous pouvons faire plusieurs constats que j’espère incontestables. Premièrement, en effet, nous avons été capables d’amener le Conseil européen ou des ministres à prendre quelques décisions dans des secteurs où les controverses étaient particulièrement vives en début d’année. Nous avons réformé le pacte de stabilité et de croissance, mettant ainsi fin à une longue période d’incertitude qui contenait en germe un lourd contentieux entre les États membres de la zone euro. Nous n’avons pas chassé la stabilité mais nous en avons ajouté au volet préventif du pacte. Nous n’avons pas flexibilisé à outrance son volet correctif, mais nous avons donné à celui ci une tournure et une lecture plus économiques qu’automatiques. Président de l’Eurogroupe, je veillerai à la bonne application et à l’interprétation judicieuse du pacte qui, désormais, tiendra mieux compte de ses deux dimensions qui se valent: stabilité mais aussi croissance, croissance mais aussi stabilité.

Deuxièmement, le Parlement, la Commission et le Conseil ont réussi à donner une nouvelle force à la stratégie de Lisbonne. Une compétitivité renforcée, une modernisation accrue de nos comportements et de nos politiques économiques, une volonté retrouvée d’innover et d’avancer sur le plan de la recherche: voilà les grands axes de la nouvelle stratégie qui ne fait pas l’impasse et qui n’a pas voulu faire l’impasse, comme certains avaient pu le souhaiter initialement, ni sur la cohésion sociale - laquelle est restaurée comme un grand objectif, une grande finalité de l’Union européenne - ni sur une politique environnementale appropriée - laquelle n’est pas, loin s’en faut, l’ennemie de l’emploi et de la compétitivité.

(Une sonnerie de portable ayant retenti, M. Juncker s’interrompt)
Allô.
(Rires)
J’étais habitué à ce que mes discours appellent des réactions. Je ne les savais pas aussi immédiates.

Pour en revenir à la stratégie de Lisbonne, nous changeons sa méthode d’application. Les États membres, par le biais de programmes nationaux de réforme, s’approprieront mieux la stratégie et deviendront ainsi redevables devant les parlements nationaux de la bonne tradition nationale des textes européens et de volonté européenne.

Le Conseil européen du mois de juin, celui de jeudi et de vendredi derniers, a arrêté pour la première fois de son histoire des lignes directrices intégrées, événement somme toute important dont, malheureusement, on n’a guère parlé ces jours ci. À ceux qui veulent moderniser l’Union européenne en donnant l’impression que les autres ne le voudraient pas, à ceux qui veulent mieux répondre aux défis nouveaux auxquels l’Union européenne doit faire face en donnant l’impression que les autres seraient aveugles à ces défis, je dis: “Lisez vos propres décisions et appliquez les au lieu d’en demander de nouvelles”.

Troisièmement, nous avons, Monsieur le Président, réussi à fixer, au niveau de l’Union européenne, les nouveaux objectifs en matière d’aide publique au développement. Après avoir rappelé que, d’ici à 2015, l’effort européen de coopération doit être porté à 0,70 % de nos richesses nationales, nous avons fixé à l’Union européenne un objectif intermédiaire qui est de 0,56 % de nos richesses nationales d’ici à 2010. Je ne suis pas peu fier de cette décision parce que je la savais contestée et controversée en début d’année. Cette décision, cette avancée augmentera le niveau de l’aide, qui passera de 46 milliards d’euros en 2006 à 66 milliards d’euros en 2010. Plus d’argent, donc, chaque année et, à partir de 2010, 20 milliards d’euros de plus par an. Ce n’est pas tout mais c’est déjà quelque chose. D’autres parties du monde aussi riches que l’Union européenne pourraient s’en inspirer utilement pour contribuer à l’éradication de la pauvreté, véritable fléau des temps modernes. Nous avons été capables d’éliminer l’esclavage au XIXe siècle, nous devons être capables d’éliminer la pauvreté pendant la première moitié du siècle en cours.

(Applaudissements)
Quatrièmement, enfin, Monsieur le Président, nous avons, conformément aux engagements que j’avais pris le 12 janvier, lorsque j’avais présenté le programme de la Présidence luxembourgeoise, amélioré nos relations avec notre partenaire américain. Cela fut le cas lors de la rencontre du 22 février dernier, dans cette ville de Bruxelles, avec le président Bush qui avait souhaité se rendre en Europe. Cela fut encore le cas lors du sommet de lundi avec le président Barroso et le président Bush.

Je signalerai que le dimanche, nous avions eu un autre sommet, avec le Canada. On parle trop peu souvent du Canada qui est un important allié pour l’Union européenne. L’Amérique du Nord, c’est aussi le Canada.

(Applaudissements)
Pour en revenir au sommet de lundi, nous avons pu constater l’ardente obligation qu’il y a, et pour l’Europe et pour les États Unis, de marcher ensemble sur la base de convictions communes. Aujourd’hui, se déroule à Bruxelles une conférence sur l’Irak que nous avions suggérée au président Bush lors de la rencontre du 22 février. L’Union européenne et les États Unis co-organisant et coprésidant aujourd’hui une conférence sur l’Irak: qui aurait pensé, il y a un an, il y a six mois, que sur un sujet aussi litigieux que l’Irak, l’Union européenne et les États Unis d’Amérique seraient un jour capables de se donner la main pour faire en sorte que la démocratie et la liberté s’instaurent de façon définitive en Irak? Je ne suis pas peu fier d’avoir pu amener Américains et Européens à retrouver une même ligne d’analyse et d’action concernant l’Irak. Par conséquent, il faut nous en féliciter.

(Quelques applaudissements)
Je ferai observer que vos applaudissements sont bien faibles sur ce point. Si j’étais revenu devant votre Parlement pour vous dire que les relations entre les Américains et les Européens se sont davantage détériorées, une bonne moitié d’entre vous se serait levée immédiatement pour dire que la Présidence doit reconnaître un lourd échec sur un volet important des relations extérieures.

De même, Monsieur le Président, nous avons pu trouver un accord avec la Russie voisine sur ce qu’il est convenu d’appeler les quatre espaces. Nos relations avec la Russie, si importantes depuis le sommet du 10 mai, se sont considérablement apaisées. Il convient de s’en féliciter. Des divergences de vue persistent cependant, il faut le savoir.

Monsieur le Président, en décembre 2004, sous Présidence néerlandaise donc - il est peut-être bon de le rappeler, - la future Présidence luxembourgeoise avait été chargée de parvenir, avant la fin juin 2005, à un accord politique sur les perspectives financières. Le 12 janvier 2005, à peine trois semaines plus tard, j’analysais devant vous, à Strasbourg, les chances d’un accord. Je vous disais, à l’époque, et je me permets de me citer, vous savez que j’adore me citer:

(Rires)
“Nous allons tout faire pour trouver un accord, mais je ne me fais pas d’illusion. Les États membres se sont enfermés dans des positions à ce point strictes et figées qu’ils auront du mal à les quitter en temps utile”. J’avais vu juste et j’ajoutais, me citant à nouveau: “L’absence d’un accord en juin ne sera pas l’échec de la Présidence,...

(Applaudissements)
... ce sera l’échec de l’Europe”. Là, je n’avais pas vu juste, ou plutôt je n’avais pas entièrement vu juste. Certains accusent la Présidence d’être à l’origine de l’échec parce qu’elle a voulu aller jusqu’au bout du mandat qui lui avait été fixé à la fois par la Présidence précédente et par tous les États membres. D’autres prétendent que le désaccord n’est pas un échec de l’Europe parce que les accords sur les perspectives financières se feraient toujours au dernier moment. Je vous dis, moi, que c’est un échec pour l’Europe et aussi pour la Présidence parce que le désaccord sur les perspectives financières, accident de parcours en temps normal, nous a entraînés, après les incertitudes suscitées par les référendums français et néerlandais, dans une crise qui est profonde. Il est clair que ceux qui en portent la responsabilité vous diront qu’il n’y a pas crise. Moi, je vous dis que la crise est profonde parce qu’elle n’est pas exclusivement financière ou budgétaire.

Mais prenons les choses dans l’ordre. D’abord, entre la position de ceux des États membres qui voulaient limiter le budget européen à 1 % et la position initiale plus généreuse de la Commission, la Présidence a proposé, pour la période 2007-2013, un budget en crédits d’engagements qui portait sur 1,056 % de la richesse nationale et un budget en crédits de paiements qui portait sur 1 % de la richesse nationale. J’ai l’impression que ce volume est désormais globalement accepté par tous les États membres. C’est déjà ça et vous verrez: tout compromis futur ne divergera que millimétriquement de ce niveau de dépenses. Si c’est pour avancer de quelques millimètres plus tard, j’aurais préféré que nous décidions la semaine dernière.

J’ai reçu tous mes collègues membres du Conseil européen à Luxembourg, entre le 30 mai et le 12 juin, de 8 h 30 du matin à 22 h 30 le soir. J’ai négocié sur les perspectives financières avec mes collègues pendant cinquante heures et si vous y ajoutez les quinze heures de débats, de négociations, de consultations que nous avons eus au Conseil européen lui même, vous arriverez à un total de soixante cinq heures de consultations, de débats et de négociations. Très honnêtement, on ne peut pas faire plus et, très honnêtement, tous ceux qui viendront après moi feront moins.

(Rires et applaudissements)
J’ai écouté, pendant les cinquante heures de débats, je dois le dire, amicaux, et bilatéraux, attentivement mes collègues. Personne - et quand je dis personne, ce n’est personne - n’a exigé le maintien du chèque britannique tel qu’il existe, personne. Dans sa dernière proposition de compromis final, la Présidence luxembourgeoise a maintenu le chèque britannique dans son principe: nous ne l’avons pas gelé dans notre dernière proposition. L’économie générale du compromis était la suivante: le chèque aurait subsisté comme avant vis à vis des quinze anciens pays membres, comme avant, exactement comme avant, mais le Royaume Uni aurait normalement cofinancé la politique de cohésion dans les seuls nouveaux États membres tout en ne participant pas au coût de la politique agricole commune pour ce qui concerne ces mêmes États. Cet ajustement aurait eu comme équivalent un chèque qui aurait porté annuellement sur cinq milliards et demi d’euros, soit un niveau plus élevé que sur l’ensemble de la période 1984 2005. Initialement, la Présidence avait proposé un gel du chèque britannique à quatre milliards sept cents millions, ce qui nous aurait permis de corriger d’environ un milliard d’euros la contribution nette des Pays Bas et d’alléger le fardeau, de l’Allemagne et de la Suède notamment, jugé excessif.

Puisque vous demandez toujours de la transparence, vous allez en avoir. Les Pays Bas, leur premier ministre, leur ministre des affaires étrangères, leur ministre des finances savaient que l’intention de la Présidence était d’alléger d’un milliard d’euros par an le fardeau du pays. Nous n’avons pas pu le faire parce que le Royaume Uni n’était pas prêt à ajuster suffisamment le chèque britannique de façon à ce que nous disposions des marges de manoeuvre budgétaire nécessaires pour permettre aux Pays Bas de payer un milliard d’euros en moins et pour alléger le fardeau de la Suède et de l’Allemagne. Si ce milliard d’euros avait été accordé aux Pays-Bas, c’est l’Allemagne qui aurait dû le leur payer parce que le Royaume Uni n’aurait pas suffisamment revu son chèque à la baisse. Je voulais que vous le sachiez et je n’ai pas demandé à l’Allemagne de le faire parce que, déjà, l’Allemagne, par rapport à ses propositions initiales, avait fait un pas énorme en avant vers la position des autres pays membres. Donc si la proposition initiale de la Présidence avait été retenue, le problème des Pays Bas, de l’Allemagne et de la Suède aurait pu trouver une réponse facile. La proposition finale de la Présidence portant sur un niveau de cinq milliards et demi ne permettait plus de faire tout cela mais aurait au moins permis à la Grande Bretagne de cofinancer, comme il serait normal, les politiques de cohésion dans les nouveaux États membres, sauf la politique agricole commune sur laquelle, nous le savons, le Royaume Uni porte un regard particulier. C’est aussi simple que cela et, en même temps, aussi compliqué. Ah, si seulement ceux qui, un jour de forte inspiration, ont écrit une lettre à six, s’étaient mis d’accord sur le détail de leurs propositions!

(Applaudissements)
De plus, la Présidence proposait une déclaration du Conseil européen où celui-ci aurait estimé que, je cite, “il est nécessaire de réfléchir d’une manière plus appropriée sur la façon dont le budget européen répond aux défis futurs auxquels doit faire face l’Union européenne ainsi qu’aux priorités de nos citoyens. Une telle réflexion globale devrait conduire à une réforme de tous les aspects du budget”. Tous les aspects du budget, cela veut dire également la politique agricole commune. Vouloir nous amener à dire que cette réflexion devait porter sur la seule politique agricole commune était une proposition dont on savait pertinemment qu’elle serait rejetée et refusée par d’autres États membres, mais inclure dans la grille de lecture critique de nos comportements budgétaires tous les secteurs, toutes les catégories, toutes les branches concernés, voilà ce qui aurait donné à la Commission la possibilité d’avoir une bonne décision. Nous avions demandé à la Commission de faire un rapport sur tous ces aspects et la Commission était d’accord pour faire ce rapport, puisque le président de la Commission ne m’a pas quitté une seconde lorsque j’ai procédé à des entretiens bilatéraux pendant les réunions du Conseil européen. Il est d’ailleurs normal que la présidence de la Commission assiste à ce genre de conciliabule. Nous proposions donc de dire que, sur la base du rapport de la Commission, le Conseil européen prendrait les décisions appropriées et je cite le texte que j’avais proposé: “y compris des ajustements possibles des perspectives financières de la période 2007 2013”.

Voilà la décision qui a été suggérée par la Présidence: chèque britannique maintenu pour les Quinze; contribution britannique devant tenir compte des politiques de cohésion dans les nouveaux États membres, la politique agricole commune dans ces États mise à part;  proposition de la Commission jusqu’à la fin 2008 sur une réarticulation du budget; examen de sa proposition par le Conseil et possible modification des perspectives financières pour la dernière partie de celles ci, à partir de 2009. Je voulais vous le dire parce que personne ne vous l’a dit et parce que vous risquez d’entendre une autre explication sous peu.

(Applaudissements)
Il n’est pas vrai de dire que la Présidence a voulu tuer le chèque britannique. Nous avons voulu le maintenir pour l’Europe des Quinze, mais nous avons voulu lui donner une tournure plus solidaire pour les nouveaux États membres. Tel est le paquet qui a été rejeté. On a eu tort de rejeter ce paquet.

On a rejeté ce paquet bien que nous ayons introduit, sous le plafond de la décision d’octobre 2002, six milliards de coûts supplémentaires de la PAC pour la Bulgarie et la Roumanie. Alors que la lettre des Six pouvait donner l’impression que les Six étaient tombés d’accord sur le fait qu’il ne faudrait pas toucher à l’accord d’octobre 2002, j’ai pris sur moi ce risque pour les Quinze - risque d’ailleurs largement partagé par les autres qui étaient heureux d’avoir trouvé un initiateur sagement inspiré pour les Quinze. Alors qu’en 2006, quarante deux milliards d’euros seront dépensés en faveur des aides directes et des mesures de marché, la proposition de la Présidence aurait signifié, pour l’Europe des Quinze, une baisse de ce montant à trente cinq milliards d’euros en 2013. Nous serions passés, avec la proposition présidentielle, de quarante deux milliards d’aides directes et de mesures de marché à trente cinq milliards en 2013. Ce qui, en fait, pour l’Europe des Quinze, aurait signifié une baisse de près de 17 % pour la seule politique agricole commune. Et même dans l’Europe à vingt sept, c’est-à-dire avec nos amis roumains et bulgares, la PAC aurait connu une baisse de plus de 5 % sur la période considérée. Dire que rien n’a été fait pour alléger le fardeau du coût de la politique agricole commune ne correspond tout simplement pas à la réalité. Nous avons tout fait pour y arriver. Lorsque j’ai présenté, en octobre 1985, devant ce Parlement, le premier budget que j’avais à présenter ici, celui de 1986, l’agriculture absorbait 68 % du budget européen. J’avais proposé qu’elle n’en absorbe plus que 37 %, soit trente cinq milliards d’euros, en 2013. Quel chemin parcouru! Quelle obstination à ne pas le voir!

Selon la proposition de la Présidence, la PAC aurait en fait été le seul de tous les secteurs à voir ses dépenses baisser considérablement, alors que, par exemple,  les dépenses orientées vers le futur auraient toutes augmenté. Augmentation de 7,5 % pour les dépenses liées aux objectifs de Lisbonne:  7,5 %  par an sur toute la période 2007 2013, cela représente une augmentation des crédits alloués aux objectifs de Lisbonne de 65 % par rapport à 2006. Augmentation de 15 % pour les politiques relevant de la justice et des affaires intérieures, donc notamment celles dédiées à une lutte plus efficace contre la criminalité transfrontalière. Augmentation enfin de 2 % pour les politiques de cohésion à vingt sept, avec une plus forte concentration sur les nouveaux États membres. En effet, nous avions apporté quelques changements aux clés de répartition entre anciens et nouveaux États membres en ce qui concerne les politiques de cohésion, portant à 53 % la somme des crédits alloués aux nouveaux États membres alors que, dans la proposition de référence, celle de la Commission, ce chiffre se situait à 47 %. Dire que l’essentiel de l’effort aurait porté, dans notre proposition, sur les anciens États membres ne correspond tout simplement pas à la réalité des choses.

On compare ensuite, Monsieur le Président, le budget de la recherche à celui de la politique agricole commune et vice versa. On ne peut pas comparer l’incomparable. Pourquoi veut-on comparer ce qui est incomparable? La politique agricole commune est la seule politique vraiment communautaire financée entièrement par le budget européen. La recherche est une politique d’abord nationale appuyée par le budget communautaire. On ne peut pas comparer les deux. La PAC aurait coûté, suivant la proposition de la Présidence, 305 milliards d’euros pour l’ensemble de la période considérée. Les politiques publiques de recherche des États membres de l’Union européenne et de l’Union européenne auraient représenté, si les politiques nationales étaient restées au niveau où elles se trouvent aujourd’hui, 524,5 milliards d’euros sur la période 2007 2013, donc plus, bien plus que la politique agricole commune. Si les États membres, l’Union européenne ayant pu faire un effort suite aux propositions de la présidence, respectaient les engagements qu’ils ont pris au niveau de la reformulation de la stratégie de Lisbonne, ils porteraient de 1,9 % à 3 % la part publique dans les budgets de recherche par rapport au PIB. Les politiques nationales et celles de l’Union européenne portant sur la recherche devront, en 2013, avoir atteint un niveau de 785 milliards. Si toutes les décisions étaient respectées et si les propositions de la Présidence avaient été acceptées, les budgets de la recherche seraient de 785 milliards, je parle de la part publique des budgets de recherche, contre 305 milliards pour la politique agricole commune. Qu’on cesse donc de nous raconter n’importe quoi sur cette affaire. Les dépenses pour la politique agricole commune auraient été corrigées vers le bas et, comparées avec ce qui est comparable, elles restent très nettement plus de deux fois inférieures aux dépenses de la recherche. Cessons donc de comparer ce qui n’est pas comparable.

Voilà, Monsieur le Président, pour les faits succinctement résumés.  Aujourd’hui, nous avons un désaccord. Il faudra que nous trouvions un accord permettant d’entamer dans de bonnes conditions les nouvelles politiques à partir de 2007 dans les nouveaux États membres. Nous n’avons pas le droit de décevoir les nouveaux États membres qui, dans tous les entretiens bilatéraux que j’ai pu avoir et dans la discussion finale et globale, avaient un comportement des plus remarquables et des plus nobles. Il faut à présent aller de l’avant pour trouver une meilleure formule, si elle existe, sans toutefois casser les instruments de cohésion, sans toutefois réduire nos politiques communes, sans toutefois lancer un attentat sur les politiques de cohésion. C’est une exigence, c’est une exigence ardente. Pour le reste, le Luxembourg, que j’aurai plaisir à retrouver bientôt pour me consacrer exclusivement à ses affaires qui sont nombreuses, et sur le court terme d’ailleurs très importantes, est prêt à concourir de toutes ses forces à la recherche de cette solution, sans amertume et sans esprit de revanche.

Monsieur le Président, restait finalement à l’ordre du jour de la réunion du Conseil européen le processus de ratification de la Constitution. Je serai plus bref sur cet aspect des choses puisque les décisions que le Conseil européen, sur cette partie de son ordre du jour, a prises ont été plus objectivement commentées par les participants et par les observateurs. Nous devons constater que dix pays ont ratifié le traité constitutionnel, tandis que deux autres, la France et les Pays Bas, l’ont rejeté. Nous avons pensé, non pas parce que nous serions des obstinés et des acharnés ou des aveugles, que le traité constitutionnel n’était pas la question, mais que le traité constitutionnel était la réponse aux problèmes que de très nombreux Européens peuvent nourrir à l’égard de l’Union européenne. Par conséquent, nous avons décidé de poursuivre le processus de ratification. Certains États membres, sentant sans doute le besoin, avant de passer aux urnes via leur parlement ou le processus référendaire, d’intercaler une période de réflexion, d’explication, de débat, et donc de démocratie, ont décidé, suite à cette décision, de reporter les référendums ou les ratifications parlementaires qu’ils avaient programmés. Dans ces pays, des débats auront lieu.

Je voudrais, pour ma part, que cet appel, qui fut celui du Conseil européen, soit entendu et avoir maintenant une période plus étendue de réflexion, d’explication, de débat et, s’il le faut, de controverses, partout dans les États membres qui vont ratifier, dans les États membres qui ont déjà ratifié et dans les deux États membres qui ont rejeté le traité constitutionnel. Il faudra que des débats européens richement nourris et alimentés par les idées des uns et des autres aient lieu dans tous les pays membres de l’Union européenne. Il nous faut débattre de l’Europe et je voudrais que participent à ce vaste débat les institutions de l’Union européenne, le Parlement européen, le Conseil, la Commission, les États membres, la société civile, les syndicats et les partis politiques, les parlements nationaux. Je voudrais également que la Commission, dans ce débat, qui sera européen et vingt sept fois national, trouve toute la place qui est la sienne. Je voudrais que la Commission, qui est l’autorité gardienne non seulement du traité mais surtout de l’esprit du traité, gardienne aussi de l’ambition européenne, se trouve au centre de ce débat. Non pas pour donner l’impression que tout serait inspiré et dominé, laminé à partir de Bruxelles, mais pour que, dans ce débat vingt sept fois national et donc européen, nous ayons un fil conducteur qui soit celui de la sagesse et qui soit un fil conducteur d’ambition.

Monsieur le Président, je vous invite, je vous pousse, je vous presse pour faire de ce débat l’affaire de la Commission et votre affaire personnelle, je sais que vous voulez le faire, vous devez le faire, c’est urgent.

(Applaudissements)
On nous dit et je l’ai dit, que lors de ce débat budgétaire, nous avons vu s’affronter deux conceptions de l’Europe: celle qui mise plutôt sur les seules vertus du marché, marché qui est incapable de produire la solidarité, et celle qui mise non pas plutôt mais entièrement sur une intégration politique plus poussée. La zone de libre échange d’un côté et l’union politique de l’autre côté. C’est le débat que nous allons avoir, puisque déjà, à l’heure où nous sommes, nous avons en Europe deux camps qui s’affrontent. Ceux qui pensent que l’Europe telle qu’elle est va déjà trop loin et ceux qui pensent, comme moi, qu’elle doit encore aller beaucoup plus loin. Il faudra que ce débat d’explication soit mis à profit pour réconcilier ces deux parties de notre opinion publique qui, aujourd’hui, ne se parlent pas, qui se regardent en chiens de faïence, qui n’arrivent pas à dialoguer. Nous devons, nous, institutions européennes, jeter le pont entre ces deux camps de nos opinions publiques. Mais j’ai lu, et cela m’a beaucoup rassuré, que ceux qui avaient pensé, après le dernier Conseil européen, qu’il y avait eu choc, affrontement, entre deux conceptions de l’Europe, se trompaient lourdement. Que personne ne voulait en fait une zone de libre échange, cela m’a beaucoup rassuré.

(Applaudissements)
Vous savez, les zones de libre échange ne s’installent pas du jour au lendemain. Moins on investit dans l’union politique, plus on fait, sans le savoir, sans le remarquer, sans que l’on s’en aperçoive, avancer, avec une logique implacable, le concept de la zone de libre échange. Lorsque ce concept aura été consommé, il apparaîtra comme une évolution naturelle des choses ne nous permettant plus de revenir – ce que les tenants de la zone de libre échange concevraient comme un recul – à l’union politique. Il y a ceux qui disent qu’ils n’ont pas l’intention de conduire l’Europe vers une zone de libre échange, concept trop simpliste pour un continent ultra compliqué.

L’affaire est simple, ceux qui avaient pensé pointer du doigt le danger de la zone de libre échange se sont trompés. Ceux qui disent qu’ils se sont trompés, mettront à profit les prochains mois et les prochaines années pour montrer que eux aussi ils veulent une union politique telle qu’elle est décrite dans la Constitution et rien d’autre. C’est aussi simple que cela, il s’agit de dire oui ou non à la question que je viens de poser.

(Applaudissements)
Arrivé en fin de Présidence, Monsieur le Président, je voulais, cette fois ci, sans me citer, vous rappeler, qu’en début de Présidence, j’avais insisté sur la nécessité qu’il y avait de respecter les règles institutionnelles, de respecter ce qu’il est convenu d’appeler le triangle institutionnel auquel je continue à accorder un certain nombre de vertus. Nous l’avons fait pendant cette Présidence dans un esprit systématique. Il y a eu, entre la Présidence de l’Union européenne et la Commission, un échange de vues, un débat vertueux qui n’a jamais cessé. Rien de ce qui a été fait par la Présidence n’a été fait sans que la Commission ne le sache avant. Aucune initiative n’a été prise par la Commission sans que la Présidence n’en soit informée préalablement. Sur les initiatives de la Présidence, celle ci consultait la Commission. Sur les initiatives de la Commission, celle ci consultait la Présidence. J’ai éprouvé un énorme plaisir à travailler avec cette Commission et notamment avec son président, et je voudrais remercier la Commission et son président pour un grand nombre de bons conseils qu’elle a donnés à la Présidence luxembourgeoise. Merci Monsieur le Président de la Commission.

(Applaudissements)
Concernant votre Parlement, nous avons travaillé comme des jumeaux. Nous étions très souvent en désaccord, soit parce que vos propositions n’étaient pas sages, soit parce que les propositions sages de la Présidence ne furent pas acceptées par tous les États membres et donc n’ont pas pu trouver votre accord qui, pourtant, fut spontané à chaque fois que la Présidence vous présentait ses propres initiatives avant de les avoir présentées aux autres États membres. Le Parlement européen, aujourd’hui, a atteint sa maturité. Je ne le dis pas d’une façon paternelle, condescendante, mais je peux la mesurer au niveau des explications, à l’intensité et à la qualité des débats d’aujourd’hui comparés à ceux que j’ai connus depuis 1982. C’est un grand Parlement, qui n’a aucune raison de se cacher, qui porte la légitimité, qui porte les espoirs des peuples d’Europe. Très souvent, en réunion plénière, les parlementaires, sauf aujourd’hui – ce qui me fait grand plaisir –, ne sont pas suffisamment nombreux.

(Applaudissements)
Il faudrait peut être y travailler un peu. Je discute avec le Parlement et lorsque je quitte le Parlement, avec les groupes de visiteurs.

(Rires et applaudissements)
Ceux qui viennent au Parlement ne viennent pas seulement pour voir l’hémicycle, ils voudraient le voir rempli, c’est comme ça. Donc, il faudrait y travailler un peu. À part ça, nous connaissons les raisons qui font que les parlementaires ne peuvent pas toujours être présents dans l’hémicycle. Je dois dire que c’est un très grand plaisir de travailler avec le Parlement, en réunion publique, oui, mais surtout dans les commissions. Quel niveau de connaissances, quel engagement pour la chose européenne dans les réunions des groupes parlementaires et dans les réunions des commissions parlementaires, dans les nombreux entretiens avec les parlementaires individuels. Je vais beaucoup regretter de ne plus pouvoir me rendre aussi souvent au Parlement européen pour participer à ce grand débat européen qui a cours dans cet hémicycle et ailleurs.

Monsieur le Président, le 18 juin, tôt le matin après le Conseil européen, j’étais très triste, triste de ne pas avoir réussi à éviter à l’Europe une entrée, non pas définitive, mais déterminée dans la crise. J’étais triste et je l’ai montré. Je lis parfois que je n’ai pas été vraiment diplomatique, mais je n’ai aucune envie d’être diplomatique lorsque l’Europe est en crise, aucune envie d’être diplomatique, aucune.

(Applaudissements)
Ni aucune envie de jouer un rôle, d’être un figurant de théâtre. Je ne suis pas sur une scène, je veux travailler pour les intérêts de l’Europe et pour les intérêts de ses citoyens. Je n’ai pas le temps de jouer au théâtre. Parce que nous ne disons jamais les choses comme nous les pensons, parce que nous jouons toujours un rôle, parce que nous voulons toujours être diplomatiques pour ne pas heurter, les gens ne le comprennent pas et croient que nous sommes des machines. Nous ne sommes pas des machines, nous sommes des être humains, avec des déceptions et des désespoirs.

(Applaudissements)
J’étais déçu parce que j’avais cru l’Europe dans une situation permettant de dire qu’elle est parvenue à l’âge adulte et qu’elle est parvenue à sa maturité. J’ai constaté que la période post pubertaire de l’Union européenne dure. Moi qui l’avais crue adulte, je constate que nous sommes toujours dans les dernières étapes d’une longue période post puberté. C’est la raison de ma déception, mais j’avais aussi des raisons d’être satisfait. Satisfait, par exemple, d’avoir pu faire ce que nous avons fait, la plupart du temps d’ailleurs ensemble, d’avoir pu amener au moins vingt pays à un accord sur les perspectives financières. Cela fait déjà un beau troupeau, vingt pays sur vingt cinq. Et j’ai été heureux, fier d’entendre, et d’écouter et de voir les nouveaux États membres nous donner une leçon d’ambition européenne à la fin de la réunion du Conseil européen. Quelle honte pour ceux qui n’ont pas su développer le même discours!

(Applaudissements)
J’avais cru mes convictions quelque peu ébranlées aux premières heures du 18 juin, et je n’avais pas la force, ni d’ailleurs la grandeur, nécessaire pour lancer un autre appel qui aurait porté la même date. N’est pas De Gaulle qui veut! Je me découvre une modestie qui me surprend.

(Rires)
J’avais senti mes convictions un moment ébranlées tout de même, mais après quelques jours, après avoir reçu des milliers de lettres de toute l’Europe, après avoir reçu des encouragements de la Commission, du Parlement, de beaucoup d’observateurs qui sont aussi acteurs, je me sens, le moment de la première déception passé, plus déterminé que jamais. Notre génération n’a pas le droit de défaire ce que les générations précédentes ont fait.

(Vifs applaudissements)
Nous n’avons pas le droit de défaire ce que nos prédécesseurs ont fait parce que les générations qui vont suivre auront besoin d’une Europe politique. Si elle n’est pas politique, elle ira à la dérive. Elles ont besoin et veulent avoir une Europe solidaire, une Europe sociale, une Europe compétitive, une Europe forte chez elle, une Europe forte dans le monde. Alors, vieux Européens et Européens convaincus, allons y! Courage!

(L’Assemblée, debout, ovationne longuement le Président en exercice du Conseil)
http://www.eu2005.lu/fr/actualites/discours/2005/06/22jclj-pe/index.html

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23 June 2005
Prime Minister Tony Blair has delivered his address to the EU Parliament. Below is a translation of his speech into French.
Read the french version
Discours du Premier ministre Tony Blair au Parlement européen
23 Juin 2005

C’est un honneur pour moi d’être reçu au Parlement européen aujourd’hui. Avec votre permission, je viendrai vous rendre compte de l’action de la présidence britannique après chaque Conseil européen. Je consulterai en outre le Parlement avant le Conseil afin de pouvoir recueillir ses vues.

Ce discours tombe à point nommé. Quelles que soient les divergences par ailleurs, tout le monde est d’accord au moins sur un point : l’Union européenne est en plein cour d’une crise profonde. Aujourd’hui, je voudrais vous parler sans détour de l’analyse que j’en fais, de ses causes et des moyens d’en sortir. Les crises ont toujours du bon. Celle-ci peut être bénéfique pour l’Europe si nous avons le courage de nous en saisir.

Le débat ne doit pas être un mélange d’insultes et de questions de personnes. Ce doit être un échange d’idées ouvert et franc, et je commencerai par vous dire clairement comment je le définis et ce que je pense du désaccord qui le provoque.

Il ne s’agit pas de trancher entre l’Europe du « libre marché » et l’Europe sociale, entre ceux qui veulent en revenir à un marché commun et ceux qui croient en un projet politique. Ce n’est pas seulement une présentation déformée. C’est une façon d’intimider ceux qui veulent le changement en baptisant trahison de l’idéal européen leur désir de réforme, et d’essayer d’étouffer tout débat sérieux sur l’avenir en prétendant qu’insister pour en débattre, c’est souscrire à l’anti-Europe.

C’est un état d’esprit contre lequel je me suis battu toute ma vie politique. Les idéaux ne survivent que s’ils changent. Il meurent de l’inertie face aux difficultés.

Je suis passionnément pro-européen. Je l’ai toujours été. La première fois que j’ai voté, c’était en 1975, pour le référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Europe, et j’ai voté « oui ». En 1983, j’étais le dernier candidat sélectionné aux primaires, peu de temps avant les élections législatives. Lorsque mon parti s’est prononcé pour le retrait de la Grande-Bretagne de l’Europe, j’ai exprimé mon désaccord avec cette ligne de conduite. Certains ont cru que j’allais perdre les primaires. D’autres aujourd’hui voudraient bien que je les ai perdues. Finalement, j’ai travaillé à changer cette orientation politique dans les années 1980, et je suis fier de l’avoir fait.

Depuis que je suis Premier ministre, j’ai signé le chapitre social ; j’ai mis en place, avec la France, une politique de défense moderne pour l’Europe ; j’ai pris ma part à l’élaboration des traités d’Amsterdam et de Nice, puis aux travaux de Rome.

Nous avons affaire à une union de valeurs et de solidarité entre les nations et les peuples. Ce n’est pas seulement un marché commun dans lequel nous faisons des échanges, mais un espace politique dans lequel nous vivons en citoyens.
Cela ne changera pas.

Je crois en l’Europe comme projet politique. Je crois en sa dimension sociale, forte et humaine. Jamais je n’accepterais qu’elle ne soit qu’une économie de marché.

Dire que c’est là qu’est la question, c’est fuir le vrai débat et se réfugier dans la zone rassurante de ce que nous nous sommes toujours dit dans les moments difficiles.

Il n’y a pas de division entre l’Europe économique et l’Europe sociale. L’Europe politique et l’Europe économique ne vivent pas dans des mondes séparés.

La finalité de l’Europe sociale et de l’Europe économique, c’est de se soutenir l’une l’autre.
La finalité de l’Europe politique, c’est de faire fonctionner des institutions démocratiques efficaces, qui conduisent des politiques dans ces deux sphères et dans tous les domaines où nous voulons coopérer dans notre intérêt mutuel. Mais c’est aussi de savoir définir les politiques qui conviennent au monde d’aujourd’hui.

Les dirigeants européens l’ont fait pendant 50 ans. Nous parlons de crise, mais parlons plutôt de réussite. Quand la guerre a pris fin, l’Europe était en ruines. Aujourd’hui, l’Union est un monument de réussite politique. Près de 50 ans de paix, de prospérité et de progrès ! Pensez-y et soyez reconnaissants !

L’histoire va dans le sens de l’Union européenne. Partout dans le monde, les pays se regroupent parce que l’union fait la force. Jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle, les nations européennes avaient dominé le monde, en avaient colonisé de vastes parties, et s’étaient battues pour y affirmer leur suprématie.

Après le carnage de la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants politiques ont eu la clairvoyance de comprendre que ces temps étaient révolus. Le monde tel qu’il est aujourd’hui n’enlève rien à leur vision de l’avenir. Il prouve leur sens de l’anticipation. Les États-Unis sont la seule superpuissance du monde. Mais dans quelques dizaines d’années, ce sont les économies de la Chine et de l’Inde qui seront au premier rang, et leur population sera le triple de celle de l’Union européenne. Le dessein d’une Europe unie dans la collaboration est essentiel pour que nos nations soient assez fortes pour tenir leur place dans le monde.

Près de 50 ans ont passé et il faut nous renouveler. Il n’y pas à en avoir honte. Toutes les institutions le doivent et nous avons les moyens de le faire. Mais seulement si nous remarions les idéaux européens auxquels nous croyons au monde moderne dans lequel nous vivons.

Face à cette vaste remise en question, si elles tombent dans l’euro-scepticisme et décident de se replier sur elles-mêmes dans l’espoir d’échapper à la mondialisation, de ne pas avoir à faire face au changement qui les cerne, et de se réfugier dans les politiques déjà en vigueur - comme si le simple fait de les répéter les rendait plus pertinentes - alors elles vont droit à l’échec. Un échec de grande envergure, d’ampleur stratégique. Ce n’est pas le moment d’accuser de trahison ceux qui veulent que l’Europe change. C’est celui de reconnaître qu’elle ne recouvrera sa force, son utilité, son idéalisme et donc l’adhésion de ses citoyens que si elle change.

Comme toujours, les hommes politiques ont du retard sur les peuples. Eux pensent toujours que leurs concitoyens, loin de l’obsession quotidienne de la politique, peuvent ne pas en comprendre, ne pas en voir toutes les subtilités et les complexités. Mais en fin de compte, ils voient toujours les choses plus clairement que nous. Justement parce qu’ils n’en sont pas obsédés au quotidien.

La question n’est pas le principe de l’Union européenne. C’est sa modernisation, ses orientations. Le débat n’est pas de savoir comment l’abandonner, mais comment lui faire faire ce pour quoi elle a été fondée : rendre la vie meilleure aux citoyens. Aujourd’hui ils ne sont pas convaincus. Réfléchissez !

Pendant quatre ans, dont deux au sein de la Convention, l’Europe a mené des débats sur son projet de Constitution. Ce texte détaillé et minutieux fixait les règles destinées à régir une Europe de 25, et à terme de 27, 28 États membres et davantage. Il a été approuvé par tous les gouvernements, soutenu par tous leurs dirigeants, avant d’être massivement rejeté par référendum dans deux pays fondateurs - dans le cas des Pays-Bas, par plus de 60 % des votants. La réalité, c’est que si l’on organisait aujourd’hui des référendums dans la plupart des États membres, le « oui » aurait du mal à l’emporter.

Il y a deux explications possibles. La première, c’est que les électeurs ont étudié précisément les articles du traité constitutionnel et qu’ils les ont désapprouvés. Je doute que ce soit là la raison du « non ». Ce n’était pas un problème de mauvaise rédaction ou de désaccord sur des points précis du texte.

L’autre explication, c’est que la Constitution a été le moyen d’expression d’un mécontentement plus général et plus profond de l’opinion vis-à-vis de la conduite des affaires de l’Europe. Je crois que là est la bonne analyse.
Si c’est le cas, il ne s’agit pas d’une crise des institutions, mais d’une crise politique. Les citoyens de l’Europe nous posent des questions difficiles. Ils s’inquiètent de la mondialisation, de la sécurité de l’emploi, des retraites et du niveau de vie. Ils ne voient pas seulement l’économie changer autour d’eux, mais aussi la société. Les communautés traditionnelles sont éclatées, les milieux issus de l’immigration changent, et la vie familiale est mise à rude épreuve dans la quête acharnée d’un équilibre entre vie privée et vie professionnelle.

Nous vivons à une époque de réformes et de mutations profondes. Regardez nos enfants, les technologies qu’ils utilisent et le marché du travail qui les attend. Le monde est devenu méconnaissable, comparé au temps de nos études, il y a 20 ou 30 ans. Quand de tels changements se produisent, c’est aux hommes politiques modérés de montrer la voie. Sinon, ce sont les extrêmes qui influenceront le processus de décision. Cela se passe ainsi dans une nation. C’est ce qui est en train de se produire en Europe aujourd’hui.

Réfléchissons un peu. La Déclaration de Laeken, qui a ouvert la voie à l’élaboration d’une Constitution, était destinée à « rapprocher l’Europe du peuple ». L’a-t-elle fait ? Le plan d’action de Lisbonne a été lancé en l’an 2000 avec l’ambition de faire de l’Europe « l’économie la plus compétitive au monde à l’horizon 2010 ». Nous sommes à mi-chemin de cette échéance. Y sommes-nous arrivés ?

Conseil européen après Conseil européen, nous nous sommes prononcés sur les moyens à mettre en ouvre pour « remettre l’Europe en phase avec le peuple ». Qu’avons-nous fait ?

Il est temps de revenir sur terre, de se réveiller. Le peuple fait du tapage sous nos fenêtres. Y prêtons-nous l’oreille ? Avons-nous la volonté politique de sortir et d’aller à sa rencontre, afin qu’il voie dans notre autorité une partie de la solution, et non le problème ?

Voilà le contexte dans lequel il faut situer le débat sur le budget. On entend dire que nous avons besoin du budget pour restaurer la crédibilité de l’Europe. Certes. A condition qu’il soit bon. Il ne faut pas l’isoler du débat sur la crise. Au contraire, il doit faire partie de notre réaction à la crise.

Je voudrais dire un mot du sommet de vendredi dernier. On a laissé entendre que je n’étais pas disposé à accepter un compromis sur le rabais consenti à la Grande-Bretagne ; que je n’avais soulevé la question de la réforme de la PAC qu’à la dernière minute ; que je comptais la renégocier le vendredi soir. Or je suis le seul dirigeant britannique à avoir jamais dit que je remettrais le rabais sur le tapis. Je n’ai jamais dit qu’il fallait mettre fin à la PAC maintenant, ni qu’il fallait la renégocier toutes affaires cessantes. Ce serait absurde. Toute réforme doit tenir compte des besoins des communautés rurales et prendre son temps. J’ai simplement dit deux choses : que nous ne pouvions pas convenir d’une perspective financière qui ne prévoie pas au minimum un processus débouchant sur un budget plus rationnel ; et que ce processus devait permettre au budget d’influer sur la deuxième moitié de cette perspective, à l’horizon de 2013. Sinon nous nous retrouverons en 2014 sans qu’aucun changement de fond n’ait été décidé, et encore moins appliqué. D’ici là, bien entendu, la Grande-Bretagne assumera sa juste part de l’élargissement. Je signale que, quel que soit le mode de calcul, nous resterons le deuxième contributeur net de l’Union, et que nous aurons payé à ce titre des milliards d’euros de plus que d’autres pays de taille similaire.

Voilà donc le contexte. Alors, quelles pourraient être ces nouvelles lignes d’action pour l’Europe ?
Premièrement, moderniser son modèle social. Certains ont prétendu que je voulais abandonner le modèle européen. Mais dites-moi : que vaut ce modèle social qui a 20 millions de chômeurs et des taux de productivité inférieurs à ceux des États-Unis, qui forme moins de diplômés dans les matières scientifiques que l’Inde, et où - quel que soit l’indice retenu pour une économie moderne - les qualifications, la recherche et le développement, les brevets, les technologies de l’information, loin de progresser, reculent. L’Inde va multiplier par cinq son secteur des biotechnologies dans les cinq ans qui viennent. La Chine vient de tripler en cinq ans son budget recherche et développement.

Aujourd’hui, l’Europe ne compte que deux des 20 premières universités du monde.

La raison d’être de notre modèle social devrait être d’optimiser notre aptitude à soutenir la concurrence, et d’aider nos concitoyens à se faire à la mondialisation, à en saisir les chances et à en éviter les dangers. Nous avons besoin d’une Europe sociale, c’est certain. A condition qu’elle donne les résultats escomptés.

On nous a dit comment faire. Le rapport Kok, en 2004, nous a montré la voie : investir dans le savoir, la qualification professionnelle, les politiques actives en matière de marché du travail, les pôles scientifiques et l’innovation, l’enseignement supérieur, la revitalisation des quartiers et l’aide aux petites entreprises. C’est une politique sociale moderne, ce que ne sont ni la réglementation ni la protection de l’emploi, qui sauveront peut-être quelques postes aujourd’hui, au détriment de beaucoup d’autres demain.

Puisque j’en suis à démolir les caricatures, en voici une autre : l’idée que la Grande-Bretagne serait le porte-drapeau d’une conception anglo-saxonne extrémiste de l’économie de marché, où l’on écraserait les pauvres et les défavorisés. Le gouvernement actuel a adopté son « New Deal » en faveur des chômeurs, le plus grand programme européen de création d’emplois grâce auquel le chômage de longue durée des jeunes a pratiquement disparu. En cinq ans, il a augmenté les investissements dans les services publics plus que tout autre pays européen. Il le fallait, certes, mais nous l’avons fait. Nous avons mis en place, pour la première fois en Grande-Bretagne, le salaire minimum. Nous avons régénéré nos villes. Nous avons sorti près d’un million d’enfants de la pauvreté et amélioré les conditions de vie de deux millions de retraités. Nous avons engagé une réforme profonde, sans précédent dans notre histoire, de l’aide à l’enfance, de la maternité et de la paternité. C’est grâce à la bonne santé de notre économie, non à son détriment, que nous l’avons fait.

Deuxièmement, concevoir un budget qui reflète ces réalités.

Là c’est le rapport Sapir qui nous montre la voie. Publié par la Commission européenne en 2003, il définit clairement ce qu’un budget moderne doit intégrer. Mettons-le en pratique. Mais un budget moderne n’est pas un budget qui, pour les dix ans à venir, va continuer à consacrer 40 % de ses dépenses à la PAC.

Troisièmement, respecter l’agenda de Lisbonne. Sur l’emploi, la participation au marché du travail, les jeunes en fin de scolarité ou l’acquisition de connaissances tout au long de la vie, nos progrès sont sans commune mesure avec les objectifs précis que nous nous sommes fixé à Lisbonne. Ce plan d’action nous disait ce qu’il fallait faire. Faisons-le.
Quatrièmement - et ici j’avance prudemment - donner à l’Europe un cadre macro-économique à la fois soumis à une discipliné et flexible. Ce n’est pas à moi de faire des commentaires sur l’eurozone. Je dis seulement ceci : si nous faisons de vrais progrès sur la réforme économique, si nous nous montrons vraiment sérieux sur le changement structurel, alors la réforme macro-économique passera dans l’opinion pour être rationnelle et raisonnable, et le produit non pas du laisser-aller budgétaire mais du bon sens. Il est urgent de la mettre en ouvre si nous voulons faire avancer l’Europe.
Après les enjeux économiques et sociaux, il nous faut affronter d’autres sujets de société - le crime, la sécurité, l’immigration.

La criminalité organisée, qui se joue plus que jamais des frontières, coûte au Royaume-Uni 20 milliards de livres par an, au bas mot.

Les mouvements migratoires ont été multipliés par deux ces vingt dernières années. Ils sont dans l’ensemble sains et bienvenus, mais demandent à être gérés. L’immigration clandestine est un problème auquel se heurtent toutes nos nations et une tragédie pour des milliers de personnes. On estime que 70 % des clandestins passent par la filière de bandes criminelles organisées. Ces personnes font l’objet de trafics répugnants, passant d’une région à l’autre pour être seulement plus exploitées à leur arrivée. De 600 000 à 800 000 personnes par an sont victimes de cette traite. 100 000 femmes en font l’objet chaque année dans l’Union européenne.

Encore une fois, les politiques européennes en matière de justice et d’affaires intérieures - notamment le plan de lutte contre le terrorisme de l’Union européenne - ont un potentiel énorme d’amélioration de la répression, de lutte contre la radicalisation de certains groupuscules et contre le recrutement de futurs terroristes, et de mise en commun de l’information, du renseignement et de l’action contre le crime organisé. Il s’agit de frapper fort les trafiquants de drogue, en s’en prenant à leurs comptes en banque, en les harcelant dans leurs activités, en arrêtant les caïds, et en les traduisant en justice. Il convient aussi d’obtenir de pays voisins et de pays tiers des accords de réadmission des déboutés du droit d’asile et des immigrés clandestins. Il faut enfin développer les technologies biométriques pour rendre plus sûres les frontières extérieures de l’Europe.

Venons-en maintenant au vaste domaine de la politique étrangère et de sécurité commune. Nous devons nous entendre sur des mesures concrètes de nature à faire monter en puissance la capacité de défense de l’Europe. Nous devons accepter de nous investir davantage dans les missions de maintien et de rétablissement de la paix, et nous doter des capacités militaires nécessaires pour pouvoir intervenir rapidement et de manière efficace pour résoudre un conflit, dans le cadre de l’Otan ou indépendamment, quand l’Alliance n’entend pas s’engager. Regardons les effectifs des armées européennes et les dépenses que nous consacrons au budget militaire : sont-ils vraiment à la mesure des enjeux d’aujourd’hui ?

Jamais nous ne mènerons de politique étrangère digne de ce nom sans véritable politique de défense. Mais même en l’absence d’un effort sur ce front, nous pouvons donner plus de poids à l’Europe sur les affaires du monde. Quand l’Union européenne s’est entendue récemment pour multiplier par deux son aide à l’Afrique, ce fut non seulement un pas en avant pour l’aide à ce continent tourmenté, mais aussi le gage d’un resserrement de la coopération européenne. Nous sommes les champions de l’aide au développement et nous en sommes fiers. Nous devons tout faire pour parvenir à un accord commercial multilatéral qui favorisera les échanges de tous les pays, en particulier les plus pauvres. Nous devons monter au créneau du changement climatique et élaborer des politiques européennes propres à venir à bout du problème. Grâce à Xavier Solana, l’Europe a commencé à faire entendre sa voix dans le processus de paix au Proche-Orient. J’ai un mot à dire, facile à comprendre : le jour où l’Europe sera forte, elle sera un acteur majeur sur la scène internationale, naturellement en partenariat avec les États-Unis, mais elle sera aussi apte à démontrer qu’elle peut faire avancer les choses et peser sur les affaires du monde.

Une Europe de cette nature, une fois son économie modernisée et sa sécurité renforcée, par des actions mises en ouvre tant dans le cadre de ses frontières qu’à l’extérieur, aura regagné confiance en elle. Cette confiance nouvelle lui permettra d’aborder l’élargissement non pas comme une menace - comme si entre les États membres d’origine et les nouveaux venus c’était les vases communicants - mais comme une chance historique extraordinaire de bâtir une union plus puissante et plus étendue. Ne nous faisons pas d’illusions : ce n’est pas en nous refusant à l’élargissement, ni en en éludant les conséquences naturelles, que nous sauverons nos emplois, maintiendrons notre activité ou éviterons les délocalisations. Cela marchera peut-être un temps, mais pas longtemps. Dans l’intervalle, l’Europe se sera recroquevillée, repliée sur elle-même dans un nombrilisme introspectif, qui fera que les acteurs politiques qui obtiendront l’adhésion de l’opinion ne seront pas ceux qui auront porté le rêve européen, mais les nationalistes d’un autre âge et les xénophobes. Je vous le dis en toute franchise : on ne peut être à la fois pour l’ouverture de l’Europe à de nouveaux États membres et contre l’ouverture de son économie.

Si nous faisons prendre à l’Europe ce nouveau tournant et si, avec l’aide d’une Commission prête à renoncer à des réglementations superflues, à se défaire de la paperasserie, et à se faire le champion d’une Europe ouverte sur le monde et résolue à soutenir la concurrence - comme en est parfaitement capable la Commission de José Manuel Barroso - alors nous n’aurons pas de mal à faire de nouveau de l’Europe, aux yeux de nos concitoyens, un rêve et un idéal.
Lors de notre présidence, nous nous attacherons à parvenir à un accord sur le budget ; à résoudre les dossiers les plus épineux, comme la directive sur les services et la directive sur le temps de travail ; à honorer les obligations de l’Union vis-à-vis de pays comme la Turquie et la Croatie qui aspirent à en faire partie ; et à conduire un débat sur l’avenir dans un souci d’ouverture et d’intégration, en faisant valoir nos vues fermement mais en nous montrant attentifs aussi à celles des autres.

Je n’ai maintenant qu’une chose à dire : n’allons pas nous imaginer que ce débat n’a pas lieu d’être et que si nous nous contentons d’expédier les affaires courantes, nos concitoyens reviendront un jour ou l’autre à l’Europe, telle qu’elle est et non pas telle qu’ils la souhaiteraient. J’ai constaté, depuis que je suis Premier ministre, que le problème n’est pas de décider, mais de s’aviser du moment où une décision s’impose. Entre gérer les défis courants que nous rencontrons en chemin et nous colleter aux vrais problèmes, il y a un monde. Pour l’Europe, l’heure a sonné.

Les Européens nous parlent. Ils posent des questions. Ils veulent que nous leur montrions la route. Il est temps que nous le fassions.

http://www.number-10.gov.uk/output/Page7442.asp

Accords ....a terme ∫

Article lié : Passons aux choses sérieuses

MHB

  21/06/2005

Pour autant que votre analyse soit excellente comme d habitude elle n est valable a mon sens que pour le moyen terme ou la cooperation transatlantique en matiere d armement est soumise a deux monolithes d achoppement:
- les autorisations d exportations,
- les accords secrets.

Dans ce contexte les effets de jambes des britanniques se concoivent parfaitement.
Il ne faut cependant pas oublier - et Kissinger en etait le grand argentier - la gestion gouvernementale se concoit a trois niveaux:
- le court terme,
- le moyen terme,
- le long terme.

Il est evident qu une strategie du long terme est a l etude depuis pas mal de temps en ce qui concerne les developpements aeronautiques et spaciaux - ou meme extra-terrestres (puisque certains veulent faire intervenir dans la discussion les coucoupes ...).

Dans l optique du long terme il est inevitable qu une entente - entre la France, la Grande Bretagne et le Royaume Uni ( si on y ajoute les Conservateurs !!), l Allemagne, l Italie, L Espagne et quelques autres dont les Etats-Unis et - pourquoi pas la Russie et l Ukraine - sur ces programmes est a l etude et ce n est meme pas son principe qui est en cause mais sa realisation au regard des deux “monolithes d achoppement”:
- les autorisations d exportation de technologies et les accords secrets.