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Il était temps..

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Balajo

  19/03/2006

Un soldat britannique membre des SAS quitte l’armée, dégoûté par les tactiques états-uniennes illégales en Irak

Un soldat des SAS a refusé de combattre en Irak et a quitté l’armée à cause des tactiques qu’il juge illégales des troupes des États-Unis, et de la politique des forces de la coalition.

Après 3 mois à Bagdad, Ben Griffin a déclaré à ses supérieurs qu’il n’était plus prêt à se battre au côté des forces États-uniennes.

Il dit qu’il a été témoin de douzaines d’actes illégaux commis par les troupes US, qui voient les Irakiens comme des “untermenschen” - le terme nazi pour les races considérées comme sous humaines.

C’est la première fois qu’un soldat des SAS refuse d’aller au combat et quitte l’armée pour des raisons de conscience.

Cela a immédiatement mis un terme aux 8 ans de la carrière exemplaire de Mr Griffin.

Mais cela embarrasse également le gouvernement et a potentiellement un profond impact dans les dossiers d’autres soldats qui ont refusé de se battre.

Mercredi, des audiences préliminaires commenceront devant la cour martiale dans le cas du lieutenant Malcolm Kendall-Smith, un docteur de la Royal Air Force qui a refusé de retourner en Irak pour une 3e fois, parce que dit-il, cette guerre est illégale. Les déclarations de Mr Griffin tombent au moment où le ministre des affaires étrangère Kim Howell, en visite à Bassora hier (samedi 11 mars) a admis que l’Irak était devenu un bourbier. (‘a mess”)

Mr Griffin, 28 ans, qui a servi pendant 2 ans dans les SAS, a déclaré que la mentalité belliqueuse et à la gâchette facile des soldats états-uniens et leurs façons de faire avaient définitivement miné toute chance de gagner les coeurs et les esprits de la population irakienne. Il a ajouté que de nombreux innocents avaient été arrêtés dans des raids nocturnes, interrogés, emprisonnés ou remis aux autorité irakiennes, et “plus que probablement” torturés.

Mr Griffin a finalement déclaré à ses supérieurs du SAS qu’il ne pouvait pas participer à une guerre qu’il considère comme illégale.

Il a ajouté qu’il pensait maintenant que le Premier ministre et le gouvernement avaient menti à plusieurs reprises dans la conduite de la guerre

“Je n’ai pas rejoint l’armée britannique pour faire la politique étrangère US”, a-t-il dit. Il s’attend à être étiqueté de ‘lâche”, et à faire face à une cour martiale et à une peine d’emprisonnement, après avoir pris ce qu’il appelle “la plus difficile décision de ma vie”.

Au lieu de cela, est venu à sa décharge un témoignage le décrivant comme “un individu équilibré, honnête, loyal, et déterminé, qui possède la force de caractère pour avoir le courage de ses convictions”

Hier soir, le député conservateur Patrick Mercer, a déclaré que “le soldat Griffin était un soldat hautement expérimenté. Cela rend sa décision particulièrement dérangeante et son point de vue et ses opinions devaient entendues par notre gouvernement”

POINT DE VUE VIRTUALISTE INATTENDU SUR GW BUSH.

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lebayorre

  19/03/2006

Extraits “fair use” d’ un quotidien britannique de l’ ultra-gauche :
[...]
“He {GW, nldr} is famously loyal; and expects the same. And so he has created a bubble of people who love him, who rarely challenge him, who defend him, and who represent a circle of ideology out of which the president makes sure he rarely treads.”[...]

“And then you remember you’ ve been saying the same thing to yourself for three years. And you wake up and smell the coffee the administration now needs just to keep itself from slipping into a coma.”

Ce point de vue nous vient d’ Andrew SULLIVAN dans le Times de Londres du 19 Mars 2006.

http://www.timesonline.co.uk/article/0,,2092-2092151,00.html

Pour l’ équivalent conservateur britannique des Izvestias soviétiques, il fallait quand même le faire, plus exactement l’ écrire.

Les “special relationships” vont connaître des développements intéressants, cf le JSF / F-35.

Réaction à l'article de Chomsky 15 mars 06

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C.D.

  19/03/2006

Dans les analyses géopolitiques contemporaines, un fait ne cesse de m’étonner : la passage sous silence de la SCO : Organisation de Coopération de Shanghaï.
Il est très curieux de constater que Chomsky, dans l’article du Guardian du 15 mars,  ne mentionne même pas l’existence de la SCO.
Cette puissante alliance asiatique a pris naissance en 1996, sans tambours ni trompettes.
Ce fut d’abord un traité entre Moscou et Pékin, suivi de l’adhésion de de 3 anciennes républiques de l’URSS, le Kazakhstan, le Kyrgystan et le Tajikistan. Il prit le nom de
“Shanghai Five”. A cette époque, on croyait à une mésentente profonde entre la Chine et la Russie. Lorsque Moscou livra à Pékin, en 1999, les premiers Sukhoi et des destroyers atomiques, personne n’en parla, dans les grands médias occidentaux. Le but avoué de cette alliance était la lutte contre le terrorisme. Les Russes connaissaient ce fléau bien avant qu’il ne frappe l’Amérique : d’abord la subversion en Afghanistan, soutenue par Washington, puis les affaires tchétchènes. Les Chinois commençaient à connaître des problèmes semblables dans les région du sud ouest de leur territoire.
En 2001, l’ Uzbekistan vint rejoindre le noyau initial et l’alliance pris le nom définitif de SCO.
Mais les 6 Etats membres décidèrent, toujours au nom de la lutte contre le terrorisme, qui
avait pris une dimension mondiale en septembre 2001, de donner une compétence militaire
à la SCO.
C’est le Times de Londres qui annonça le premier la nouvelle, le 3 août 2005 : de grandes manoeuvres étaient annoncées pour le 18 août, en mer de Chine, auxquelles participeraient
des troupes de la SCO, ainsi qu’une flotte aérienne et des navires de guerre.
Les médias chinois confirmèrent la nouvelle dès le 7 août.
Le 18 août, l’exercice “Peace Mission 2005” commençait. Partant de la région de Vladivostock, 10.000 soldats soutenus par air et par mer en,treprirent une opération de débarquement dans la;province de Shandong (Nor-est de la Chine). Le 25, les opérations prirent fin.
David R. Sands avait, dès le 4 août 2005, considéré avec appréhension ces manoeuvres,  dans un article du Washington Times. ” The exercises, seen as hard evidence of a warming alliance between the two powers against U.S. influence in Asia, have sparked concern across the region, particularly in Taiwan, which China claims is a breakaway province.”
Les journaux chinois ont montré avec orgueil les avions achetés aux Russes : des chasseurs du modèle SU-27SM, des bombardiers Tu-22MZ et des bombardiers stratégiques TO-95 et TU-160.
Cette lacune, dans le texte de Chomsky, est accompagnée de prévisions très discutables, quant à une alliance Chine-Indes. Là, les carottes sont loin d’être cuites.

Félicitations...

Article lié :

EL BAKI Mohamed

  18/03/2006

Oui, toutes mes félicitations,et mes encouragements.Continuez dans cette voie de l’indépendance…

jsf

Article lié :

isabella

  18/03/2006

URL Guardian∫

Article lié : La crise en France: un regard (anglo-saxon) subtil et nuancé

Fred

  17/03/2006

Pourrais-je avoir l’URL vers l’édito du Guardian du 17 mars? Merci.

John Wayne a la rescousse ....

Article lié : L’extrémisme de la paralysie

MHB

  17/03/2006

Allons-nous vers un “clash” de la civilisation - (c est a dire de la democratie comme nous avons cru l entendre ?).
En tous cas cette semaine une profusion de signes annonciateurs:

- d abord l introduction par le senateur Feinstein d une proposition de mise en examen de GWB II;

- ensuite un discours (dont tout le monde cherche une copie depuis trois ou quatre jours) a Washington de l ex-juge de la cour supreme Sandra O/ Connor sur la naissance d un regime fasciste aux Etats-unis;

- et aujopurd hui Francis Fukuyame - l epitome des neo-cons de la litterature - qui dans son dernier livre annonce .... qu il n est plus neo-con et que l Irak est une grande, grande erreur : une longue explication au cours d une longue interview avec Diana Reahm - que l on pourrait comparer a notre Genevieve Tabouis et qui n a pas lache ledit Fukuyame jusqu a ce qu il explique en long et en ;large pourquoi il n etait plus neo-con et quelles etaient les erreurs d analyse qu il avait faites lorsqu il supportait la guerre en Irak.

Oui, il se passe quelque chose .... qui justifie amplement l offensive lancee ces jours ci en Irak: l administration espere peut etre raviver le syndrome John Wayne chez le public americain.

The first Great Engine War

Article lié : La “guerre des moteurs” (du JSF) a commencé au Congrès

Eric Lauiriac

  17/03/2006

Mon père m’a souvent compté cette histoire. Le gouvernement Us a obligé GE a sous-traiter à P&W la construction de moteur pour éviter la disparition d’un acteur et la constitution d’un monopole.

De même en France si je me souviens bien. L’AIA de Bordeaux (mon père, ingénieur militaire, en fut le directeur), chargée de réparer les moteurs militaire, est obligée de sous-traiter une partie de sa charge à  des contractants privés.
Ce qui m’amène a rire des propos de Lieberman: “and count on close management by the Pentagon to keep costs from rising, he said.” En France on ne fait même pas confiance en une entreprise publique dirigée par des militaires !

La morale, c’est que le Pentagone, avec un peu d’intelligence, pourrait avoir un seul moteur mais plusieurs contractants pour l’entretient.

LE DÉCLINOPHILE COMME AVATAR DU "DERNIER HOMME".

Article lié : “Déclinologue” ou “décliniste”, — ou l’hypocrisie par la sémantique

LeBayorre

  17/03/2006

J’ irais encore plus loin pour dénoncer derrière les declinistes les déclinophiles.

À tout seigneur, tout honneur, j’ entends par là qu’ il convient de rendre à Jean-François REVEL l’ insigne privilège de l’ anteriorité vis-à-vis de la jeune garde déclinophile représentée par Nicolas BAVEREZ et consorts.

Des noms, me direz-vous. Mais certes, voici ceux qui me viennent à l’ esprit.

Version dandy byronien, beau tenébreux, aède et chantre de l’ inéluctable, j’ ai nommé Bernard-Henry LÉVY. (l’ homme qui accompagne Arielle DOMBASLE)

Version paroxystique de toutes les douleurs de l’ histoire, du monde, de l’ univers pour faire bonne mesure, et pourquoi pas de l’ Être au sens ontologique ; et voici que se lève devant nous le masque pathétique d’ André GLUCKSMANN. Tel Jacques de MOLAY, il nous cite tous à comparaître devant le Tribunal de la Conscience Morale, étant entendus que nous y sommes condamnés par avance, si ce n’ est par essence.

Version chic-branchée-libérale-humanitaire : le toujours sémillant Bernard KOUCHNER (l’ homme qui accompagne Christine OCKRENT).

Mais, me direz-vous, quel lien faites-vous entre des maoïstes repentis, un ancien combattant de la guerre froide, et un néo-libéral sarkozoïdal ?

Eh bien, vous avez eu le mot juste : la repentance. Repentance d’ avoir été soi-même, de s’ être trompé ; alors qu’ il eût été si facile, si évident, si juste en somme de se ranger sous la bannière étoilée. (Dont je rappelle, par manière de clin d’ oeil, qu’ elle est surnommée par les américains “Old Glory”. Effectivement, la gloire estadunienne a mal vieilli ; mais, comme tout le monde devrait le savoir, la vieillesse est un naufrage).

Le problème commence quand on essaye de se défausser de ses erreurs sur les autres, et c’ est la raison du ton volontairement polémique de mon message.

Ah, mais, me direz-vous, vous êtes coupables de sexisme et de politically incorrectness en citant les compagnes des intellectuels que vous dénoncez. De plus, celà se range dans la catégorie déloyale des attaques “ad hominem”.

Je rappellerais le trait d’ esprit de John Fitzgerald KENNEDY en visite d’ État à Paris, se présentant comme celui qui accompagnait Jacqueline KENNEDY (née BOUVIER). Depuis, la presse people, avatar mineur, mais réel car lucratif du virtualisme a fait le reste.

Pouvez-vous vous résumer ? Certes, mais souffrez que je laisse la conclusion à quelqu’ un d’immensément plus talentueux que l’ humble scribouillard que vous avez eu la patience de lire jusqu’ ici :

« Malheur ! Voici le temps où l’homme ne peut plus donner le jour à une étoile qui danse. Malheur ! Voici le temps du plus méprisable des hommes, qui ne peut même plus se mépriser lui-même.Voyez ! Je vous montre le dernier homme. »

F. NIETZSCHE, Ainsi parlait Zarathoustra (prologue).

JSF open source∫

Article lié :

bigroot

  16/03/2006

The UK has warned America that it will cancel its £12bn order for the Joint Strike Fighter if the US does not hand over full access to the computer software code that controls the jets.

http://www.vnunet.com/vnunet/news/2152035/joint-strike-fighter

Déclin de l'Empire et révolutions...

Article lié : Le diagnostic du docteur Brzezinski

Yodalf

  16/03/2006

l’article est excellent, et ça fait vraiment plaisir d’avoir trouvé l’existence de ce
site…
Maintenant, je crois retrouver mes propres commentaires dans cet article. J’ajouterai deux constatations et un doute, et mon commentaire.

La première constatation, c’est que les Etats Unis prétendent exporter la démocratie, et comme chacun le voit, ne parviennent qu’à réorganiser des sortes de féodalismes claniques ou religieux, des maffias, tout en important les symboles de leur culture, entre Disney, Madonna, qui ne font certainement pas le poids dans des régions où, sous le fondamentalisme, persistent les subtilités de millénaires de civilisation.

La seconde, que les Etats Unis ne vivent pas qu’une crise financière ou de leur dette, mais aussi une profonde crise culturelle ou spirituelle. La situation du rural profond, qui
affronte une véritable intoxication à la méthamphétamine (“cristal”), après les autres
secteurs de la société, qui sont les premiers consommateurs de drogue du monde (Demandez aux
Colombiens…)montre bien que les bases traditionnelles du XIX ème siècle sont
définitivement perdues.

Pour conclure ici que le déclin du capitalisme défini par Brzezinski est sans doute réel,
mais ne couvre pas l’ensemble du drame: il y a un déclin politique et moral manifeste (et
les Musulmans l’exploitent assez…).
Le doute, c’est sur la “nature” de cette “révolution mondiale”. Qu’il y ait un essor des populismes, c’est certain. Qu’il y ait politisation - au sens que, par exemple, où les
Indigènes de l’Equateur ou de Bolivie se mobilisent et parviennent à faire tomber des
gouvernements, ou à contrecarrer des multinationales ou le TLC, c’est aussi certain. Par contre, qu’il s’agisse d’une tendance qui pourrait se qualifier de révolution, je n’en suis pas certain, parce qu’une révolution doit avoir un projet alternatif de société, et les
“révolutionnaires” être capables non seulement de proposer des initiatives, mais aussi de
les prendre au moment opportun. Les événements dont nous sommes témoins en Amérique du Sud
ne donnent pas cette impression.
Il en va bien sûr autrement si le mot de révolution se réfère à des transformations
sociétales comme la révolution industrielle, l’imposition du néolibéralisme etc.
Les observations de Brzezinski me semblent montrer que la mondialisation a pour effet aussi
de mondialiser les populations, de les confronter, dans les quartiers de La Paz même, aux débats et aux décision politiques des grandes puissances - et donc de les “élever” à un niveau de débat politique qui est celui de la “Triade”. C’est incontestablement nouveau,
mais une conséquence de la mondialisation.
Mais, dans ces pays du “Nord”, une opposition efficace au néolibéralisme ne s’est pas fait
jour (voir les non-conséquences du NON français sur l’Europe) - et il est peu probable que
Evo Morales ou Hugo Chavez fassent mieux . Ce n’est pas, non plus,  en additionnant les
mécontentements souvent contradictoires, des mouvements sociaux, sociétaux ou écologistes ou
indigènes, ou altermondialistes, que l’on forme une perspective politique alternative, même
après que le néolibéralisme ait commencé à montrer ses vrais effets - notamment dans
l’apauvrissement des classes moyennes, et l’augmentation de la pauvreté.

Le déclin de l’Empire américain pose donc un défi à l’humanité, c’est celui de trouver par
quoi on pourra le remplacer. Or le déclin n’amène pas une amélioration de la qualité du
débat ou de la théorie politique, bien au contraire,il y a plus de risques d’une
dégradation. De même les écrivains de la fin de l’Empire romain n’ont pas apporté autant que
ceux qui débattaient (et mouraient, parfois) lors de son installation.
Le déclin américain, alors, serait le signe manifeste d’une double impasse qui existe au
niveau planétaire et qui est à la fois capitaliste et spirituelle.

Batailles euro-américaines dans l’espace

Article lié :

Balajo

  15/03/2006

Un article à mettre en perspective avec la déclaration de Jacques Chirac du 9 mars dernier (peu commentée d’ailleurs bien que très importante compte tenu du rôle moteur de la France dans le domaine spacial européen) qui traitait de la nécessité impérieuse pour l’Europe de combler le retard pris sur les américains dans le contrôle militaire de l’espace :

Batailles euro-américaines dans l’espace
Par Hajnalka VINCZE

Ce n’est pas dans « une galaxie lointaine, très lointaine », mais néanmoins au-delà de l’atmosphère terrestre que se déroule l’une des manches les plus passionnantes du match transatlantique. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une véritable compétition. Car si pour les Etats-Unis l’enjeu est de s’arroger un contrôle absolu des activités spatiales, l’Europe, elle, ne peut aspirer qu’à essayer d’éviter la dépendance totale.

La politique spatiale américaine ambitionne officiellement ce qu’ils appellent « space control » ou « space dominance » (à savoir contrôle et domination du tout le secteur spatial par les Etats-Unis). C’est un prolongement pour ainsi dire naturel de la politique étrangère et de défense washingtonienne obsédée et guidée par le concept de « la suprématie écrasante ».

Déjà en 1996, la directive du président Clinton avait précisé que « les Etats-Unis développent, opèrent et maintiennent les capacités de contrôle spatial, lesquels lui permettent de disposer d’une liberté d’action dans l’espace et de priver ses adversaires de cette même liberté d’action ». Une autre directive, venant du Département de la Défense et datée de 1999, considère que « l’espace est un milieu au même titre que la terre, les mers et l’air où des activités militaires seront conduites pour atteindre les objectifs américains de sécurité nationale ». La Commission « Espace » du Congrès comptait en début 2001 avec le scénario d’un « Pearl Harbor spatial ». Présidée par l’actuel secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld, elle estimait que tôt ou tard la guerre s’étendrait inévitablement à l’espace : par conséquent, il faut faire tout ce qui est possible, et ceci dès aujourd’hui, pour que les Etats-Unis préserve là (aussi) son hégémonie.

Aux yeux de l’Amérique, le fait qu’elle dépense 90% des sommes consacrées aux programmes spatiaux militaires dans le monde n’est pas suffisamment rassurant. Washington revendique toujours plus et mieux. Dans ce cas précis, cela se comprend dans une certaine mesure. En effet, depuis le début des années 1990, une série de décisions enferment les Etats-Unis dans le piège de la nécessité du contrôle de plus en plus absolu de l’espace. Au fur et à mesure que ses forces armées se mettent à dépendre de manière exponentielle des technologies spatiales, et la sécurité nationale est confiée à ce qu’ils appellent « le système des systèmes », ils ne peuvent pas ne pas prendre conscience de leur vulnérabilité croissante. D’où leur hostilité par rapport à ce qu’ils perçoivent comme la « prolifération » des technologies spatiales et leur obsession à préserver un monopole de fait dans ce domaine.

La réponse du Pentagone va essentiellement dans deux directions. La protection maximale - sous forme de « frappes préventives » s’il le faut - de leur propre dispositif spatial d’une part, et la capacité d’empêcher l’accès à l’espace de tout autre acteur si Washington en décide ainsi, de l’autre. Bien entendu, dans la poursuite de cette noble ambition, les Etats-Unis ne se laissent pas gêner outre mesure par d’éventuelles contraintes internationales. Tout comme ils ne font pas grand cas du fait que les simulations d’affrontements spatiaux se terminent en règle générale par une apocalypse nucléaire. Etant donné qu’un adversaire privé « de ses yeux et de ses oreilles » est tenté d’appuyer, ne sait-on jamais, sur le bouton rouge.

Sur notre continent, pendant longtemps seuls les Français avaient pris conscience et ont tiré les conclusions de l’importance de la politique spatiale du point de vue de la préservation d’une certaine marge de manœuvre. Mais les abus du comportement washingtonien des années 1990, leur refus du partage d’information pendant la crise du Kosovo, ou encore le souvenir de la prestation audio-visuelle de Colin Powell devant le Conseil de sécurité contribuent à ouvrir les yeux des amis et alliés européens, toujours frileux à l’idée d’indépendance.

L’un des obstacles majeurs concerne la nature même de la coopération européenne en matière spatiale, laquelle se borne - de par la charte de l’Agence spatiale européenne créée en 1975 - aux aspects « pacifiques ». Il est vrai que cette approche eut des résultats indéniables (encore une fois grâce à la force d’entraînement de la France), qu’il s’agisse de l’accès indépendant à l’espace (lanceurs Ariane), de cosmodrome (le centre spatial de Kourou, en position quasi équatoriale, est considéré comme le mieux situé au monde), ou de la base technologique et industrielle toujours compétitive à l’échelle globale. Mais tout cela ne suffit plus. L’absence de la dimension militaire au niveau européen signifie un handicap de plus en plus insurmontable dans un secteur où la plupart des investissements et commandes « sûrs » proviennent des institutions étatiques militaires. Néanmoins, des infléchissements sont à noter même sur ce plan. Malgré les pressions et chantages américains, les pays de l’UE ont approuvé en 2002 le programme Galileo (système de navigation par satellite) qui entrerait en service dès 2008. La position officielle selon laquelle toute application militaire serait exclue n’est ni crédible, ni tenable. Aussi, le Livre blanc sur la politique spatiale, publié en 2003 par la Commission de Bruxelles, faisait mention du renforcement de la politique étrangère, de sécurité et de défense commune parmi ses arguments en faveur d’une coopération accrue dans le domaine spatial.

Cette prise de conscience s’explique par plusieurs facteurs. Les efforts américains pour étouffer toute velléité d’alternative à leur monopole y figurent au même titre que la reconnaissance du rôle clé des technologies spatiales dans bon nombre de politiques européennes (de la protection de l’environnement à l’assistance humanitaire, en passant par les impératifs de la compétitivité économique). Il ne faut pas oublier non plus la mise en route de la PESD (politique européenne de sécurité et de défense) au point de départ de laquelle se trouve le besoin d’autonomie de décision et d’action. Ce qui serait difficile à concevoir sans « yeux et oreilles ».

Pour ce qui est des progrès futurs, l’une des clés réside dans l’exploration systématique du chevauchement entre domaines civil et militaire. Le champ d’intersection est, en effet, considérable, comme en témoigne non seulement le système Galileo mentionné plus haut, mais aussi le fait que dans beaucoup de projets dits civils le volet « sécurité » occupe une place de plus en plus centrale. En même temps, la recherche de solutions à moindre coût pousse les Etats-membres vers des coopérations bi ou multilatérales.

Bien évidemment, et comme dans d’autres domaines, la question fondamentale concerne l’existence ou l’absence de la volonté politique. Dans la majorité des Etats-membres, on tarde à reconnaître que ce n’est pas une sorte d’anti-américanisme mythique qui guide les revendications visant à éviter la dépendance et l’impuissance totales. Que la prise en compte de cette nécessité devrait être, au contraire, un préalable stratégique pour toute politique digne de ce nom. Au lieu de quoi les dirigeants européens se contentent trop souvent de débats de comptables autour d’un enjeu pourtant crucial.

(Hajnalka Vincze, Batailles euro-américaines dans l’espace)
 
   
L’auteur, Hajnalka VINCZE
Hajnalka VINCZE est analyste en politique de sécurité, spécialisée dans les affaires européennes et transatlantiques. Ses recherches portent sur les rapports de force intra-européens et euro-américains, avec un accent sur les perspectives stratégiques et leur base technologique et industrielle. Elle se prononce pour une Europe autonome et politique. Son engagement pour la défense du modèle européen fait d’elle une partisane de longue date du concept d’avant-garde.

Transferts de fonds des banques centrales arabes vers l'Euro

Article lié :

Francis gazel

  15/03/2006

  l’ébranlement du systeme monétaire international s’accélère, le coup du refus des investisseurs emiratis candidats au rachat des ports appartenant à  P&O risque d’avoir des conséquences incalculables ...

Amicalement F Gazel

Arab central banks move assets out of dollar
By Philip Thornton, Economics Correspondent
Published: 14 March 2006
Middle Eastern anger over the decision by the US to block a Dubai company
from buying five of its ports hit the dollar yesterday as a number of central
banks said they were considering switching reserves into euros.
The United Arab Emirates, which includes Dubai, said it was looking to move
one-tenth of its dollar reserves into euros, while the governor of the Saudi
Arabian central bank condemned the US move as “discrimination”.
Separately, Syria responded to US sanctions against two of its banks by
confirming plans to use euros instead of dollars for its external transactions.

The remarks combined to knock the dollar, which fell against the euro, pound
and yen yesterday as analysts warned other central banks might follow suit.
Last week the US caused dismay after political opposition to the takeover
of P&O by Dubai Ports World forced DPW to agree to transfer P&O’s US port
management business to a “US entity” .
The governor of the UAE central bank, Sultan Nasser al-Suweidi, said the
bank was looking to convert 10 per cent of its reserves, which stand at
$23bn (£13.5bn), from dollars to euros. “They are contravening their own
principles,” he said. “Investors are going to take this into consideration
[and] will look at investment opportunities through new binoculars.”
Hamad Saud al-Sayyari, the governor of the Saudi Arabian monetary authority,
said: “Is it protection or discrimination? Is it okay for US companies to buy
everywhere but it is not okay for other companies to buy the US?”

Syria has switched the state’s foreign currency transactions to euros
from dollars, the head of the state-owned Commercial Bank of Syria, Duraid
Durgham, said.
Last week the White House told US financial institutions to terminate all
correspondent accounts involving the Commercial Bank of Syria because of
money-laundering concerns. Mohammad al-Hussein, Syria’s finance minister,
said: “Syria affirms that this decision and its timing are fundamentally
political.”

The euro rose a quarter of one percentage point against the dollar to a
one-week high of $1.1945, although it retreated in later trading.
Monica Fan, at RBC Capital Markets, said: “The issue is whether we will
see similar attitudes taken by other Middle Eastern banks. It is a question
of momentum.”

Incompétence Britannique dans la construction militaire

Article lié :

Thierry Delbosc

  15/03/2006

Nul doute que si nos amis Britanniques choisissaient le rafale pour équiper leurs PA, nous profiterions de la qualité de leur technologie (c’est beau la communication & le marketing politique!).

Le processus achevé  de sujetion militaire envers les USA n’est-il pas un élèment d’alignement désormais structurel de leur politique étrangère ? en Irak comme ailleurs, en matière nucléaire ou conventionnelle ?
En un mot, sont-ils des alliés réels et effectifs de la France ?

““A 2 doigts du désastre

http://www.corlobe.tk/article2298.html#forum420

Publié le 15 mars 2006 par Rédacteur en chef
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Dernière mise à jour le 15 mars 2006
A la fin décembre 2005, une équipe de soudeurs des chantiers navals de la division sous-marins de BAE Systems à Barrow-in-Furness a terminé le jonctionnement des éléments de la coque de l’Astute, le premier sous-marin nucléaire d’attaque de sa classe destiné à la Royal Navy.

Cela marquait la réalisation physique de la structure de l’Astute, permettant ainsi aux équipes travaillant dans la mécanique et les systèmes de combat de commencer leur travail à bord plus tôt que prévu auparavant.

Il est loin le temps où le programme Astute se trouvait en pleine confusion, au début 2002. C’est à ce moment, 5 ans après l’attribution du premier contrat, que BAE Systems et le ministère de la Défense se sont finallement réveillés devant l’énormité des dépassements de budgets et la montée des retards causés par une mauvaise gestion du projet, un outil de conception assisté par ordinateur immature et une hémoragie de compétence et d’expérience dans l’industrie sous-marine.

Le projet Astute avait déraillé. Après de longues négociations, le ministère de la Défense et BAE Systems se sont mis d’accord en février 2003 sur des changements à la structure du contrat de l’Astute, mis en place de nouvelles échéances financières et recadré le programme. Par conséquent, la compagnie a perdu 250 millions de £ sur ses comptes de 2002.

Beaucoup est survenu depuis cette époque. BAE Systems a reconnu les faiblesses de son modèle de gestion de projets, qui séparait les fonctions du Prime Contract Office [1] à Farnborough des activités d’ingéniérie et de fabrication du chantier de Barrow. Il a donc rassemblé les 2 organisations dans une seule équipe responsable du projet, centrée sur Barrow.

Une autre dimension vitale dans le programme de reprise en main a été la participation du constructeur américain de sous-marins, General Dynamics Electric Boat, au travail de développement. Un accord de Foreign Military Sales [2] a été conclu avec l’US Naval Sea Systems Command [3] afin de permettre à Electric Boat d’assister BAE Systems pour le travail de conception. De plus, une liaison de données classifiées à haute-vitesse a été établie entre les 2 rives de l’Atlantique pour permettre à une équipe de dessinateurs américains de travailler sur le modèle informatique de l’Astute.

Par Richard Scott, consultant naval de Jane’s.

[1] Bureau des contrats principaux.

[2] Ventes militaires à l’étranger.

[3] Commandement américain des systèmes navals.
Article original : Jane’s (http://www.janes.com/defence/news/jdw/jdw060315_1_n.shtml”
(le lien s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre).”“

IED/VBIED

Article lié : Pourquoi ne pas transporter l’Irak en Californie ?

JeFF

  15/03/2006

je voudrais par me répéter mais ...

IED : improvised explosive device, le vieux piège à con du booby trap, autrement dit

VBIED : vehicle-borne IED : la voiture suicide !!!! hourra ...

aimons la précision du vocabulaire comme l’on s’aime soit même, et bonne journée.