Et soudain, Hillary devient pathétique

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Et soudain, Hillary devient pathétique

3 septembre 2016 – La campagne USA-2016 va-t-elle devenir véritable tragédie en plus d’être tragédie-bouffe ? Le FBI a asséné à Hillary Clinton un de ces coups dont il a le secret, lorsque, sous prétexte de légalisme et de volonté d’afficher et d’affirmer à la fois sa vertu de pseudo-indépendance (ou sa pseudo-vertu d’indépendance, faites votre choix), il vous tend une main secourable pour vous retenir de tomber dans le vide puis vous lâche brusquement, juste pour un instant, disons pour aller consulter ses archives, juste le temps de votre chute. Cela se trouve dans ce compte-rendu, avec le mot terrible “However” (“Quoi qu’il en soit”) qui efface d’un trait, d’un souffle toutes les explications de l’intéressée, où le FBI prétend expliquer (comme s’il voulait l’excuser, incommensurable hypocrisie bureaucratique !) comment il se fait que Clinton ne se souvient pas (aujourd’hui) de ce qui se passa fin 2012-début 2013 ; rapport selon quoi elle dit ne pas se souvenir qu’il y eut alors des réunions où on l’avertit des procédures à suivre pour restituer au département d’État tous ses e-mails pour les archives secrètes du département... Comme s’il voulait l’excuser (suite), le FBI observe que, médicalement parlant voyez-vous, après tout il est effectivement normal qu’elle ne se souvienne de rien et qu’on ne peut rien lui reprocher, diminuée comme elle était...

« CLINTON stated she received no instructions or direction regarding the preservation or production of records from State during the transition out of her role as Secretary of State in early 2013. However, in December of 2012, CLINTON suffered a concussion and then around the New Year had a blood clot. Based on her doctor's advice, she could only work at State for a few hours a day and could not recall every briefing she received. CLINTON did not have any discussions with aides about turning over her email records, nor did anyone from State request them. She believed her work-related emails were captured by her practice of sending email to the state.gov email address of her staff. CLINTON was unaware of the requirement to turn over printed records at that time. Her physical records were boxed up and handled by aides. » (Souligné de gras de ZeroHedge.com.)

L’autre mot terrible, ou phrase plutôt, est la dernière le la citation (« Her physical records were boxed up and handled by aides »), parce qu’elle renvoie à elle-même et à sa clique toute la responsabilité du comportement de la “serial lier” qui a fait mensonge-universel son mode de vie, sa façon de penser, l’exercice de ses ambitions, ses humeurs affichées, ses engagements farcis d’humanitarisme coulant comme du sirop à bon marché, ses attitudes de fausse humilité exprimées avec une telle arrogance. Cette femme risque de connaître, au terme de sa vie, l’affreuse solitude des illusions restées tenaces et découvertes aux yeux du monde qu’elle croyait pouvoir conquérir... Mais je parle comme si l’on y était.

Symboliquement, certes, nous y sommes, bien que je ne puisse évidemment rien dire, et que je m’en garderais complètement, de l’effet de cette intervention du FBI, qui pourrait être aussi bien étouffée comme le reste, et donc rien à dire pour mon compte des événements à venir. Je parle du vrai, d’une vérité-de-situation fondamentale, qui s’est installée depuis hier, indéboulonnable. A cet instant, symboliquement, je sais que nous savons, – nous savons de science sûre, celle du FBI, de ses archives et de ses coups bas de vipère bureaucratique... Nous savons qu’Hillary Clinton est désormais prisonnière de son entrelacs, de son engrenage, de sa toile d’araignée de mensonges, – “web of lies” selon le langage postmoderne, écrit TheDoran.com, qui consacre un article à cette affaire qui vient de la diffusion publique, hier, d’un compte-rendu du FBI sur l’interrogatoire de Clinton effectué il y a quelques semaines concernant son emailgate (voir aussi Reuters) :

« Under questioning by federal investigators over whether she had been briefed on how to preserve government records as she was about to leave the US State Department, Hillary Clinton said she suffered a concussion, was working part-time and could not recall every briefing. With each passing day, and each email leak, and every document revelation, Hillary Clinton’s web of lies is falling apart in fantastic fashion. »

Rien ne nous est dit ici que nous ne sachions, nous qui nous abreuvons aux sources acceptables et même parfois fort bonnes et rafraîchissantes de l’antiSystème. Mais ici, c’est le FBI qui parle, avec sa rigueur de légalisme-simulacre et sa tatillonerie vicieuse, et il établit, chose terrible, le lien entre les illégalités et les légèretés incroyables d’Hillary, et son état de santé, entre le vice courant de l’incompétence et les faiblesses intimes... La thèse du “complot”, agitée par les fanas d’Hillary (“sa maladie est un délire de complotiste”) s’en trouve brusquement toute racornie et avec de tristes couleurs de faiseurs et de maquilleurs ; cela va les rendre encore plus furieux, les fanas d’Hillary, et les faire verser plus loin encore dans l’hallucination paroxystique, car la campagne n’est pas finie, oh loin, si loin de là.

Mais pour Hillary, pauvre Hillary ... Vous comprenez, le Système c’est un régime qui accepte les présidents-corrompus et les président qui violent la loi, rien à redire, au contraire ça crée des liens et des solidarités avec les copains et les coquins, respectivement membres du Sénat et de la Chambre… Et il accepte, le Système, les présidents-malades, du moment que les précautions sont prises, qu’on peut l’empailler dans un coin et que son équipe se charge du boulot. Mais en voilà une qui prétend être tout ça à la fois : à la fois corrompue et illégale, et malade, et ceci interférant sur cela alors que la prétention de l’intéressée est bien d’affirmer sa présidence et de prendre de vastes décisions ... On le savait mais maintenant tout le monde le sait, même si le New York Times, par devoir de transparence, ne nous le dit pas en ces termes un peu lestes, ou bien s’il comprend tout cela en découvrant et en nous exposant expressément que le FBI est un “pion de Poutine” (après tout, hein, on peut tenter le coup).

Ce que le FBI nous rapporte concerne la situation de 2012-2013 mais l’on sent bien, l’on comprend bien après tous les signes, les rumeurs, les impressions et les intuitions, qu’il s’agit d’un signe d’une très grande force, du destin si vous voulez, pour nous suggérer que la situation présente ne vaut guère mieux ; non, je ne veux pas dire que le FBI, par son rapport qui reste strictement chronologique, veut nous indiquer cela, et qu’il le fasse consciemment, mais je veux dire que tout se passe comme s’il le voulait et qu’il le faisait, – et que m’importe ce que veut et fait le FBI, et même s’il pense à ce propos, – le “tout se passe comme si...“ fait bien l'affaire..

Il se pourrait bien que nous assistions à ce un processus terrible, la déconstruction d’Hillary Clinton, comme si certaines forces avaient décidé que cela suffit, qu’il est temps de mettre en pleine lumière l’imposture que le Système a laborieusement érigée... A vrai dire, j’ignore si ce n’est qu’un moment, un instant de ressenti, ou si ce que je dis est durable et, éclairé par l’intuition, désigne une évolution politique qui, à cause de l’importance des choses dans le contexte où tout cela se passe, dans ce laps de temps où cela se passe, dans l’intensité d’une bataille où des forces immenses sont en jeu, relève de ce que j’ai coutume de désigner métahistoire. Quoi qu’il en soit, – “However”, hein, où que vous vous tourniez, vous trouvez de plus en plus d’indications dans ce sens... Tiens, lisez ce « Hillary Clinton had a very, very bad week », du gentil Washington Examiner qui n’a jamais été du parti de Trump et reste dans le rang, qui vous dit  que même au sein de la presse-Système, qui laisse pourtant loin derrière elle les presses les plus totalitaires de l’Histoire en fait de mépris total de la réalité pulvérisée, même là on commence à en avoir plutôt marre de la Clinton et de ses cachotteries...

« Clinton's strategy of lying low will likely backfire and tank her election bid altogether, ABC News contributor and political analyst Matthew Dowd claimed Friday. “She has disappeared basically off the campaign trail,” he said on ABC’s ‘Good Morning America.’ “She hasn't held a press conference in nine months. Almost as if you put her face on a milk carton to find her these days, in the course of this race,” Dowd said. He added, “I think she needs to go out and start confronting the press.” »

... Et l’article se permet de nous offrir sur un plateau d’argent cet affreux jeu de mots, – “Kissinger’s Death”, pour le fameux “Baiser de la Mort” de la Mafia, parce que la vieille crapule de Kissinger, conjointement avec une autre vieille crapule George Shultz, deux secrétaires d’État fameux-et-crapules, vient d’annoncer qu’il refuse de la soutenir sous le plus vertueux prétexte du monde (« We are not making any endorsement in current presidential election. We are dedicated to fostering a bipartisan foreign policy, and we will devote ourselves to this effort now and after the election »). Si la vieille crapule a pris cette position, croyez-le et croyez-moi, ce n’est pas pour rien ; la vieille crapule sait nager et elle ne s’est jamais embarquée à bord d’une barcasse qui prend l’eau et qui n’a même pas de cabine de première classe, comme ce fucking USS Hillary Clinton que l'US Navy enverrait immédiatement à la casse si on le lui offrait pour compléter sa flotte de super-carriers frétillant de JSF qui bondissent si bien et retombent aussi vite...  

Quoi qu’il en soit, – “However” comme dit toujours le cher FBI, je crois que le coup le plus rude pour Hillary lui est venu du plus cher du fond de son cœur, puisque l’on sait bien qu’elle a un cœur... Je parle ici du terrible sort de celle qui lui est la plus chère, celle qui est comme sa “propre fille” et qui lui sert de bras droit, de cœur et d'âme d’appoint dans toutes les circonstances. L’annonce de son divorce par Huma Abedin, en plus pour un mari absolument irresponsable, qui fait dans le porno adolescent-sénile de notre postmodernité, laisse “la fille spirituelle” d’Hillary dans un état de choc très dommageable au moment où Hillary a le plus besoin d’elle, à un point que j’en éprouverais secrètement une très grande compassion pour elle, – et d’ailleurs pour elles deux, pour l’une et l’autre.

Voyez-vous, nous autres qui nous enflammons pour le burkini essentiel de nos idées, – voyez-vous, même au plus profond et au plus secret des êtres, cela commence à prendre l’allure d’une tragédie, comme si les dieux avaient décidé de prendre les choses en mains. Ne croyez pas, en aucune façon, que cela se passera bien ; chacun est acculé, chacun se bat le dos au mur, chacun se bat jusqu’au bout : The Donald parce qu’il aime ça, qu’il sent qu’il a la pêche, que les choses lui vont bien et que lui alors il n’a foutrement rien à perdre dans le genre “retour sur investissement”, au point que même le Roi du Mexique lui a fait des courbettes ; Hillary, parce que tout va mal et qu’elle n’a plus rien à perdre, parce que sans cette victoire qui semblerait soudain lui échapper elle est promise à mourir par ternitude mortelle du goût de vivre encore plus que par quelque caillot baladeur ; le Système parce qu’il ne peut que soutenir ce bâton merdeux, cette branche pourrie d’Hillary, parce que d’autre part il hait littéralement Trump et que jamais, jamais, jamais, entendez-vous ! Et que si Trump est élu, lui, le Système, il menacerait de faire hara-kiri tandis que Soros se trouverait interdit, cloué sur place, imaginant une révolution de couleur pour le mettre à bas lui-même de son trône de diable-soudain-chômeur...  Avez-vous imaginé possible telle si sublime tragédie ? Entendez-vous cette voix lointaine, venue d’autres temps, qui nous disait, comme les dieux parlent aux humains, au temps où certains pouvaient croire encore que les dieux parlent aux humains : « Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d’hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant » ? (*)

 

Note

(*) Enquête faite dans les archives de ce site, le FBI a découvert, comme chacun sait d’ailleurs, que l’auteur de cette citation presque usée à force d’être employée n’est autre qu’un nommé Abraham Lincoln, en 1838. Le FBI surveille l’oiseau pour s’assurer qu’il n’ait pas la prétention de devenir président avec des idées pareilles.

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