Censure-Système et histoire d’une guerre UK-USA

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Censure-Système et histoire d’une guerre UK-USA

21 avril 2016 – D’abord, les circonstances qui me conduisent à cette page assez longue (qu’on me pardonne) du Journal dde.crisis : d’une part, je suis en train de lire Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine, du professeur Carroll Quigley, publié en 1981 après la mort de Quigley, traduit en français et publié en 2015 par les éditions Retour aux Sources. Cette source est citée dans le texte du 18 avril 2016, à propos des excentricités de la famille Saoud, dans le passage suivant qui, en quelque sorte, non seulement amorce le fond de la réflexion qui va suivre après quelques précisions d’ordre historique, mais en donne déjà la conclusion :

« On peut observer également que la puissance anglo-saxonne, – justement au travers de ces liens incestueux qui concernent les USA et le Royaume-Uni d’une part, l’Arabie d’autre part, par le biais des affaires 9/11 et Yamamah, – est ainsi soumise, d’une façon bien différente jusqu'à l'inversion des autorités de la puissance de l’ombre et de l’influence civilisationnelle directrice qu’on lui prête, à de bien étranges liens qui exerce sur elle des contraintes d’une puissance considérable. L’Arabie est, à cet égard, comme une sorte de caricature monstrueuse du Système, sortie des sables pour se couvrir elle-même de pétrole, de $milliards et de terrorismes sans fin, quelque chose qui nous donne une parfaite indication de la répartition des forces qui soutiennent le Système et auxquelles le Système délègue sa puissance. Les USA, comme le Royaume-Uni, sont ligotés dans ces rets, et l’empire de l’anglosaxonisme que détaillait superbement, par exemple, le professeur Quigley, apparaît comme une sorte d’énorme foire d’empoigne de la corruption où le soi-disant indiscutable suprémacisme de l'anglosaxonisme se trouve réduite à des décomptes d’épicier en $milliards où ses dirigeants sont généralement perdants, avec une politique influencée à mesure de ce rapport de forces comptabilisé en comptes en banque et en activités subversives. »

Une autre circonstance conduit à ce même texte du Journal dde.crisis, une courte nouvelle extraite récemment du blog de LewRockwell.com, qui est un site de tendance libertarienne considéré comme une référence de cette tendance. (Le site LewRockwell.com est une excellente source pour les voies et interprétations historiques en général bannies sinon censurées par le Système, dont fait partie le thème développé ici ; comme référence et exemple à cet égard, on observera que Peter Dale Scott est un des historiens favoris du site. Lew Rockwell lui-même est un ami de Ron Paul.) Le blog fonctionne donc pour les différents auteurs et collaborateurs, dont, ici, Charles Burris le 30 mars 2016. Ce jour-là, Burris publie une petite nouvelle concernant un DVD en référence, The War Red Plan, qui détaille un plan de guerre des USA contre le Royaume-Uni et certains pays du Commonwealth, dont le Canada ; cela se passe à la fin des années 1920 et la référence écrite principale de Burris est le journaliste-auteur-historien Ludwell Denny. Le titre du texte est « America’s Planned War on Great Britain »

« Here is an interesting documentary on War Plan Red — the US contingency war plans against the British Empire in the early 1930s. However, the researchers poorly researched the political-economic background for this possible war.  Although little known to the general public today, this is a topic of which I have been familiar with since the 1970s through the fascinating works of journalist Ludwell Denny. Denny wrote two excellent books during this period, We Fight For Oil (1928), and America Conquers Britain: A Record of Economic War (1930). Here is a link to both books online. This possible war between the British Empire and the United States was not as farfetched as many would believe today with the on-going mainstream media propaganda of “the special relationship.”

» Murray Rothbard touched slightly on these matters in his seminal Wall Street, Banks, and American Foreign Policy. Especially beware of the documentary making the requisite establishment court historian slur of noninterventionist Charles Lindbergh and the American First Committee as pro-Nazi.

» The conflict was essentially based on economic warfare between Britain’s Royal Dutch-Shell (headed by Sir Henri Deterding) versus Rockefeller’s Standard Oil empire (headed by Walter Teagle). Deterding later threw in with the Nazis, as did Standard Oil with I. G. Farben. Four good follow-up books are F. William Engdahl, A Century of War: Anglo-American Oil Politics and the New World Order; Glyn Roberts, The Most Powerful Man in the World: The Life of Sir Henri Deterding; Charles Higham, Trading with the Enemy: An Exposé of The Nazi American Money Plot 1933–1949; and James Pool, Who Financed Hitler: The Secret Funding of Hitler’s Rise to Power 1919–1933. »

Maintenant, Ludwell Denny. D’abord, il n’est pas du tout inconnu sur ce site, notamment pour un texte qui comporte des extraits significatif de son livre de 1933 en traduction française, L’Amérique conquiert l’Angleterre (1930 aux USA : America Conquers Britain: A Record of Economic War), dont on peut lire qu’une guerre entre les USA et le Royaume-Unis était, dans les années 1927-1930, la plus grande probabilité de conflit majeur dans le monde, bien plus qu’un conflit avec l’Allemagne, avec le Japon ou avec l’URSS. La Grande Dépression des années 1930 interrompit cette dynamique, notamment aux USA où le choc économique fut terrible et aboutit à un isolationnisme “de défense”, puis à un renversement complet de la politique extérieure US à partir de 1937-1938. On peut aller lire ces extraits sur ce site, au 5 avril 2003.

D’autre part, je signale ou rappelle c’est selon, que Ludwell Denny est présent dans les pages de La Grâce de l’Histoire, Tome I, p. 270-276, où son travail est présenté comme une illustration de volonté d’américanisation et de conquête du monde, dans lequel le Royaume-Uni est inclus non pas comme complice et compère, mais comme victime, et je dirais victime de premier choix, “with a vengeance”. Ainsi Denny écrit-il ceci, dans une envolée impériale et expansionniste, et économico-darwiniste qui coupe le souffle et fait un peu moins s’étonner de ce que les âmes naïves et innocentes croient découvrir de l’Amérique depuis quelques années (concernant UK, j’ajoute en gras quelques passages) :

« ...Le ‘Nelson’, gloire de la marine anglaise, a une ‘soda-fountain’ américaine, les boxeurs anglais se sont fait naturaliser Américains.

» Dans son dernier discours au Reichstag, M. Stresemann déclara que “l'Europe est en danger de devenir une colonie des États-Unis, que la chance a plus que nous favorisés”. Il pensait aux emprunts allemands en Amérique, dont le montant est presque égal aux paiements allemands de réparations. Il pensait à la pénétration des industries allemandes par le capital américain. Mais la vraie servitude n'est pas là. Une nation ne devient esclave que si elle le veut. L'Allemagne d'aujourd'hui est à beaucoup d'égards plus américaine que l'Amérique. C'est parce qu'elle accepte sans critique tout ce qui vient d'Amérique qu'elle est notre colonie, ou notre alliée, comme l'espèrent certains. Et l'Angleterre devrait méditer cette évolution.

» Nous avons été une colonie de l'Angleterre. Elle sera bientôt notre colonie. Non pas en nom, mais en fait. Les machines ont fait de l'Angleterre la maîtresse du monde. Nos machines sont meilleures, et nous héritons de cette hégémonie. Il ne nous suffit pas d'être la nation la plus riche du monde. Mais malgré notre génie mécanique, nous sommes incapables de répartir équitablement nos richesses. Au contraire, nous exploitons ceux qui sont moins riches que nous

Cette référence à un éventuel conflit USA-UK, ou à une soumission complète de UK (et du reste) à la loi des USA à la fin des années1920, a complètement disparu des manuels d’histoire-Système, ou histoire-tout-court, constamment revus selon les nécessités de l’instant... A propos de cette histoire-là, et du mépris qu’il faut lui accorder en fait de crédit, je cite ceci pour qu’on me comprenne précisément :

« On croirait qu’on nous a privés de l’histoire, celle que je désigne comme “histoire-tout-court” ou “histoire-Système” c’est selon, au vu de la bouillie pour les chats que nous en faisons, avec cette façon de la torturer pour qu’elle justifie ce que nous sommes en train de faire et ce que nous devenons. C’est peu de dire qu’il n’y a pas de passé, ou plutôt c’est mal vu : chaque jour, nous nous inventons un passé de convenance, en déformant comme il faut ce qu’il nous en reste, pour que notre présent soit ainsi justifié par ce qui a soi-disant précédé. Mon hypothèse très-raisonnable est que les “grandes forces extrahumaines & surhumaines” en ont eu assez et ont décidé qu’elles interviendraient directement. »

Ainsi, tout ce qui été exposé ci-dessus, l’Amérique des années 1920, Ludwell Denny, l’américanisation du monde, etc., n’a rien à voir avec la tendance qu’avait développée Wilson, balayé en 1920 par une majorité républicaine et isolationniste, tendance wilsonienne inexistante aux USA pendant quinze ans, puis qu’on retrouve chez le Roosevelt-sortant-de-la-Dépression (1937) mais plutôt d’une façon accidentelle et même selon une doctrine que je dirais, moi, du “sauve-qui-peut”. On peut lire le récit de cette volteface/sauve-qui-peut de FDR de 1937 dans ce passage du texte du 5 septembre 2007, Le soleil noir de la Beat Generation.

« ...On ignore le plus souvent en Europe, et l’on ne s’embarrasse pas trop à le rappeler en Amérique dans les milieux du savoir officiel, la mésaventure du Président au début de son deuxième mandat. A cette lumière, on est justifié de proposer l’interprétation qu’il y a deux présidences FDR dans l’histoire de la Grande République. La première est celle de son premier terme et elle résume ce qu’il y a d’aventurier et d’héroïque dans sa carrière: l’ascension tragique, le génie du saltimbanque, l’ambition du Réformateur et la chute du projet. En 1936, lorsqu’il est réélu par une marée humaine qui fait de cette élection un plébiscite populaire comme l’histoire de l’Amérique n’en a jamais vu de semblable, le Président est en train de fomenter contre lui un rassemblement des forces du système. Au printemps 1937, il succombe. Il a tenté de transmuter cette poussée populaire en pouvoir présidentiel, en proposant une réforme qui eût fait passer des pouvoirs de la Cour Suprême à la présidence. (Certains voient dans cette tentative une sorte de proposition d’un “fascisme démocratique”. Le fascisme était à la mode, en ce temps-là. L’interprétation n’est pas si bête.) Pour réussir, il fallait l’aval du Congrès. FDR ne l’eut pas bien que le Congrès fût à majorité démocrate, de son parti. Le système avait été le plus fort. Le système, qui était aux abois en un sens, avait déjoué le “coup d’État” institutionnel de l’homme. Du point de vue de la politique washingtonienne et dans le cadre de l’affrontement décisif qui se traduit par un “tout ou rien”, FDR est un homme fini. Il choisit la seule voie restante pour un Président mis dans cette position désespérée. Il s’intéresse à la politique extérieure. Il commence à manifester l’activisme idéologique extérieur qu’on lui connaîtra désormais. Le tournant est marqué par un grand discours de politique étrangère à Chicago, en septembre 1937. Son ambition politique s’incurve, il abandonne le domaine intérieur pour se tourner vers un grand projet extérieur fagoté en toute hâte, un New Deal universaliste. Du point de vue du fondamental des valeurs et des nécessités qui l’animaient, c’est une “fuite en avant” qui est en réalité un décisif recul stratégique prenant en compte sa nouvelle position de faiblesse et sa défaite face au système. Le reste n’est que de la tactique pour donner du corps à ce changement de priorité, avec précisément une hostilité désormais affirmée et grandissante aux régimes autoritaires européens. »

La différence entre d’une part la “globalisation” wilsonienne reprise par FDR et dont nous connaissons aujourd’hui la poursuite jusqu’à la crise ultime, et d’autre part l’“américanisation du monde” du type économico-darwinienne, à-la-Ludwell-Denny, n’est pas dans les effets sur le Rest Of the World, mais aux USA même, dans la structure du gouvernement que l’une et l’autre impliquent. La globalisation wilsonienne puis rooseveltienne implique un gouvernement central fort lié à des organisations internationales et engagé dans des alliances tandis que l’“américanisation du monde” à-la-Ludwell-Denny s’appuie sur une structure étatique très faible, l’essentiel du pouvoir étant laissé aux forces économiques, Corporate Power, centres technologiques, etc., tandis que la politique suivie est d’un non-engagement politique  baptisé “isolationnisme”. La première tendance est dite “internationaliste” mais elle ne l’est que dans les moyens et, finalement, elle s’entendra à partir des années 1970 avec une partie des américanistes-isolationnistes, en leur faisant la part belle au niveau de la libéralisation économique, jusqu’à constituer une sorte de “capitalisme socialisée” déjà appliqué de facto (les banques dépensent, les Corporate s’effondrent comme l’industrie aéronautique en 1947, l’État renfloue tout ça et l'on continue à chanter les joies et la loi du marché).

Les vrais isolationnistes se sépareront du Big Business et de Wall Street ralliés à l’internationalisme de FDR (*) ; ce furent le mouvement America First qui eut un gros succès jusqu’en 1941, jusqu’aux paléo-conservateurs et aux libertariens de ces dernières années, jusqu’à ce qui pourrait apparaître comme une résurgence de la puissance de la tendance isolationniste par la droite et par la gauche et par le moyen du populisme, de Trump à Sanders, au milieu d’un incroyable désastre chaotique qui a montré les limites abyssales de l’internationalisme-globalisme, avec sa chute dans la corruption, le gaspillage, la perte de sens, le nihilisme hallucinéedes guerressans fin, etc., tout cela parfaitement symbolisé par les visages absolument diaboliques, – et pas pour rien, diaboliques, – de Soros et d’Hillary. (La situation est si chaotique que les différences des conceptions “étatiques” entre Sanders et Trump sont à peine évoquées, le jeu se faisant au niveau de la communication et de la démonisation, – l’essentiel, quoi.)

Cette longue explication n’a pour but, outre la documentation, que de m’expliquer de mon hostilité aux thèses d’un mouvement, ou “complot” mondial qui serait essentiellement le fait de l’anglosaxonisme. Ce n’est pas à proprement parler la thèse de Quigley, d’où je suis parti au début de ce texte, qui ne fait que documenter d’une façon extraordinairement précise l’évolution moderne de ce qu’on nomme un “État profond” (britannique, dans ce cas) dont on sait que je ne lui donne pas un sens négatif systématique mais que je le considère comme une structure d’autorité plus ou moins légitime, plus ou moins imposture c’est selon. Par contre, le préfacier de la traduction française Pierre Hillard, considère cette structure anglaise qu’il étend au domaine anglo-américain comme la manifestation moderne d’un projet remontant aux origines du christianisme, et notamment dans certains de ses schismes originaux, et qui fut scellé en 1656 par Olivier Cromwell levant la mesure d’expulsion des Juifs d’Angleterre de 1290, entre les protestants anglicans et le judaïsme talmudique.

Cette description, hors de toute polémique dont on comprend de quoi elle pourrait être faite, est d’un très grand intérêt dans son développement érudit mais pour ce cas de la faire aboutir en un establishment (une oligarchie) anglo-américaine exemplairement uni et parti à la conquête du monde et qui subsisterait aujourd’hui, ne cessant de conquérir un monde qu’il aurait d’ailleurs déjà conquis à plusieurs reprises à mon avis, voilà où je ne me retrouve plus. J’y vois plutôt du désordre, encore du désordre, toujours du désordre, jusqu’au chaos d’aujourd’hui (certes, bien sûr interprété par certains comme le dernier mot et l’estocade finale de l’“ordre globalisé”, mais là il m’en faudra un peu plus dans le sens du paradoxe pour me faire goûter la thèse comme succulente). J’y vois d’une part le récit des relations entre UK et USA jusqu’à la limite de la guerre à la fin des années 1920, comme on en a vu le détail en général censuré, et puis la soumission totale de Churchill et de l’empire britannique au diktat US dès 1941, etc. ; d’autre part, les vérités-de-situation de la diversité américaniste comme on l’a détaillée, qui remontent d’ailleurs aux origines de la Grande république (affrontement fondamental entre les jeffersoniens et les hamiltoniens) et qui éclate aujourd’hui d’une façon curieusement modifiée dans la crise formidable qui touche le pouvoir washingtonien (Sanders, Trump & Cie), la querelle des structures étatiques étant remplacée par celle de l’antiSystème versus le Système.

Il y a évidemment des forces organisées sur la durée, des conceptions, etc., mais il y en a plusieurs et même beaucoup, y compris dans le monde anglo-américaniste, avec des oppositions entre elles d’une force incroyable. La conquête du monde supposerait que les conquérants fussent unis entre eux, et quand l’on considère le destin actuel, et des USA et de UK pour s’en tenir aux acteurs de référence, on peut en douter pour le moins. L’on dirait également, l’air entendu, que la finance domine ; certes, mais laquelle ? Par exemple, que fait-on de la finance chinoise dans cette galère, ou bien de la finance saoudienne puisque nous y sommes en plein ? Oui, que fait-on de la puissance anglo-américaniste quand on voit la soumission des dirigeants-Système anglo-américaniste aux $milliards saoudiens (« On peut observer également que la puissance anglo-saxonne [...] est ainsi soumise, d’une façon bien différente jusqu'à l'inversion des autorités de la puissance de l’ombre et de l’influence civilisationnelle directrice qu’on lui prête, à de bien étranges liens qui exerce sur elle des contraintes d’une puissance considérable ») ? Etc.

A moins de croire, comme l’on croit lorsqu’on cède à un sentiment religieux, à cette domination malgré les avatars extraordinaires qu’elle subit, selon une foi qui vous dit qu’au bout du compte la Promesse sera accomplie, à moins d’avoir là-dessus une foi religieuse, je pense pour mon compte avec une force sans cesse renouvelée qu’on ne s’y retrouve pas. Pour mon compte toujours, et comme il m'arriva de dire, je suis habité d’une foi qui ne s’accorde pas nécessairement et même certainement pas à une religion mais qui est surtout intéressée à trouver au-delà des avatars extraordinaires de l’humanité, des signes de notre destin et l’explication de ces avatars. Je crois le sapiens, fut-il fort riche et plein de desseins considérables, et même parce qu’il est fort riche et plein de desseins considérables selon la définition classique du sapiens faussement métahistorique, – bref, je le crois beaucoup trop vulnérable à la démesure qui le fascine, c’est-à-dire vulnérable à sa propre démesure, son propre hybris, pour pouvoir organiser à lui seul un ordre qui régente le monde. Quand on se fascine soi-même, on rate les autres... Ce sapiens-là est faussement organisateur ; au fond de lui et puisqu’il n’est que démesure, il est désordre sans même parvenir au chaos, il est déstructuration, dissolution et entropisation. Bref, il est prisonnier du Système.

Bon cœur, j’irai lui apporter des oranges.

 

Note

(*) “Big Business et Wall Street ralliés à l’internationalisme de FDR” ? ... Sauf quelques têtes brulées, immédiatement démonisées comme l’on comprend bien, dont Henry Ford, adversaire furieux de la finance aussitôt qualifié d’antisémite, ce qu’il fut certainement pendant une période des années vingt, et ensuite accusé d’être pro-hitlérien par anticipation. Au reste, ce ralliement du Big Business à la politique de FDR fut très progressif et douloureux. Les années 1930 sont pleines de bruits d’affrontements, jusqu’à des projets de putsch, entre le Big Business et FDR (Wall Street restant plutôt neutre, sinon pro-FDR). Par exemple, la création du complexe militaro-industriel (CMI), alors sans le “militaro”, eut lieu en 1935-1936, sur des structures technologiques en Californie et hors de tout rapport avec l'administration FDR, et aussi selon une idéologie raciale, certes revoyant au suprémacisme anglo-saxon mais aussi au suprémacisme aryen et par conséquent un brin antisémite, – malgré la présence de bon nombre de savants juifs dans ces structures technologiques comme l'institut CalTech. (Voir le texte du 5 septembre 2007, Le soleil noir de la Beat Generation ; également, on peut parler des proximités conceptuelles sinon plus du Pentagone naissant et des conceptions scientifiques nazies à la fin de la guerre et dans les années d’après-guerre [Voir le 21 juillet 2005].) Tout cela s’accorde moins bien avec la thèse signalée plus loin dans le texte d’une alliance conclue par Cromwell entre l’anglicanisme étendu de facto à l’américanisme dans notre temps, et le judaïsme talmudique.

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