Laurent Caillette
08/06/2011
Un peu tardivement : merci d’écrire comme ça.
Patrick Barret
08/06/2011
(Reuters, mercredi 8 juin 2011 à 12h55)
L’idée que les Etats-Unis puissent faire défaut sur leur dette, même brièvement, fait frissonner les marchés internationaux, qui craignent les conséquences que cela aurait sur l’économie mondiale.
Les élus républicains du Congrès sont de plus en plus nombreux à penser qu’il pourrait être utile de pousser les Etats-Unis en défaut technique sur la dette afin de forcer la main au gouvernement démocrate pour qu’il accepte davantage d’austérité budgétaire.
Cette idée, autrefois limitée à une frange radicale du parti républicain, gagne du terrain dans les rangs de l’opposition au président Barack Obama.
“Comment pourrait-on autoriser les Etats-Unis à faire défaut? Nous ne considérons pas cela comme une possibilité : cela créerait une gigantesque panique dans le monde entier”, a déclaré un responsable de la banque centrale indienne.
Les autorités indiennes disent n’avoir pas d’autre choix que d’investir dans la dette publique américaine, celle-ci étant considérée comme l’une des plus sûres et des plus liquides au monde.
En mars, l’Inde détenait 39,8 milliards de dollars en Treasuries, selon les données américaines.
“IDÉE HORRIBLE”
Un conseiller de la banque centrale de Chine a de son côté estimé que les Etats-Unis “jouaient avec le feu” en envisageant un défaut ponctuel.
Un tel événement serait néfaste pour le dollar, a averti Li Daokui, selon qui Pékin doit en dissuader Washington.
Dans tous les cas, la Chine, premier détenteur de dette américaine, conservera ses investissements en Treasuries, a-t-il ajouté.
Le Congrès américain peine à s’entendre sur un relèvement du plafond de la dette, alors que le déficit devrait dépasser 1.400 milliards de dollars cette année fiscale.
Le département du Trésor estime que ses possibilités de dépenses seront épuisées d’ici au 2 août à défaut d’un relèvement du plafond, et l’administration Obama a mis en garde dans ce cas contre des conséquences “catastrophiques”.
“Avec les données macroéconomiques qui se tassent, les implications pour l’économie sont terribles. Cette idée est tout simplement horrible”, a estimé Ben Westmore, économiste de la National Australia Bank.
Le raisonnement républicain est que les créanciers des Etats-Unis seraient prêts à accepter quelques jours de défaut de paiement en échange de garanties d’une meilleure maîtrise des dépenses publiques américaines.
Mais les responsables publics et investisseurs interrogés, qui considèrent un défaut américain comme une hypothèse lointaine et cauchemardesque, ne sont pas de cet avis.
“Ce ne serait pas possible. Ils rembourseraient leurs bons du Trésor en priorité, avant les autres titres, c’est aussi simple que ça”, a avancé Barry Evans, gestionnaire de portefeuille obligataire chez Manulife Asset Management.
Francis Lambert
08/06/2011
AFP le 08/06/2011 à 14:42 Nouveau et inquiétant record absolu du déficit commercial en avril :
Le déficit commercial de la France a établi un record absolu en avril, franchissant pour la première fois la barre des sept milliards d’euros, une tendance jugée inquiétante par les économistes qui pointent l’asthénie des exportations françaises.
Cette “nouvelle aggravation”, selon l’expression du ministère du Budget, serait imputable à l’acquisition de deux gros porteurs américains Boeing ainsi qu’à une forte poussée des achats de produits pétroliers raffinés.
http://www.boursorama.com/pratique/actu/detail_actu_flash.phtml?num=ec101d3b2ed6bf6da902cf19562a1438
NB : Record de déficit “imputable à l’acquisition de deux gros porteurs américains Boeing” ! Chapeau air Vichy ... en pire crise comme pendant la guerre, le naturel donc.
De même il n’y a plus de raffinerie en France ? La CGT bloque les ports pétroliers aussi ?
Francis Lambert
08/06/2011
1- L’automobile : La Chine est devenue le plus grand fabricant d’automobiles au monde.
2- Art : la Chine dépasse les États-Unis également sur le marché de l’art.
3- Superordinateurs : le plus puissant au monde est opérationnel depuis l’année dernière
4- Énergies renouvelables : La Chine dégage plus de CO2 que tout le monde, mais ce pays en est conscient et mise sur les énergies renouvelables. En 2010, la Chine a dépassé les États-Unis comme plus grand producteur mondial d’éoliennes par exemple.
5- Les Malwares : 28 % des logiciels nuisibles ont pour origine la Chine (source : Symantec) ... suivi de près par la Roumanie (21 %)
http://www.sur-la-toile.com/article-11138-5-domaines-o%F9-la-Chine-domine.html
Pascal B.
08/06/2011
Je prends connaissance de ce texte rétrospectivement et j’y vois un hommage à la fragilité ; fragilité de la vie ; des équilibres ; et donc une façon de réhabiliter la sensibilité ; le sensible qui n’est pas perceptible dans l’approche matérialiste au coeur de notre civilisation ; le sensible, c’est-à-dire le domaine du coeur si bien mis en valeur par Xavier de Cazenave dans ses deux magnifiques textes sur le système.
Merci Philippe (ou M. Grasset) pour cet aparté magnifique. Et je dirai comme je le dis le jour de son inhumation à mes cinq cousines : “Vous avez rendu un très bel hommage à votre [ père ] si proche”. C’était en mai ou juin 2006. Et de me remémorer ces circonstances suscite toujours cette même émotion que j’éprouvai ce jour-là ! Mon oncle jean-Louis, c’était une tranche de ma vie qui allait de mes 6 ans à mes 20 ans ! Tous les été, à peine les vacances venues, j’allais faire les foins avec lui. Il était paysan, et toute sa vie il a refusé d’embrasser la modernité ! Il a gardé une exploitation à dimension raisonnable. N’a jamais cédé aux sirènes du progrès agronomique. Jusqu’à ce que cela ne lui soit plus permis, il a trait ses vaches avec ses trayeuses manuelles. De cela je lui rends hommage. Il aurait aimé avoir un garçon pour reprendre la ferme qu’il avait lui même exploité à la suite de ses parents. Le garçon ne vint pas; il eut cinq magnifiques filles qu’il aima. Mais quelque chose en lui se brisa en même temps que son intime désir. il tomba malade de dépression et ne fut plus que l’ombre de lui-même, s’accrochant comme il le put. La vie d’un homme simple, discret, intègre, fragile.
Margot, mon oncle, et nos êtres chers : ce sont des tranches de vie qui construisent notre existence sans qu’on s’en rende toujours bien compte. Quand elles se referment, on a l’impression de mourir un peu beaucoup (à) nous-même. Un deuil finalement, c’est survivre à une mort (d’une partie) de soi !
Quelque chose se clôt définitivement de notre existence avec l’être qui nous quitte. Quelque chose d’à tout jamais gravé dans la chaire de notre âme ! Quelque chose qui nous rappelle alors à notre bienheureuse fragilité ... qui nous évite de nous perdre corps et âme dans l’antre de la barbarie que le modernisme nous a légué en héritage !
Fabrice
08/06/2011
En france où les pouvoirs publiques ont compris qu’en ignorant ces mouvements on pouvait en désarmer la plupart ce serait probablement le cas.
Mais le systeme Americain, soutenu dans son arrogance par la “Manifest Destiny” ne peut pas admettre l’opposition et ne réagirait pas forcement par l’ignorance.
Jean-Claude HENRY
08/06/2011
Je crains fort que ce mouvement n’illustre une fois de plus les définitions respectives de la dictature et de la démocratie.
Dictature = ‘Ta gueule !”
Démocratie = “Cause toujours !”
Anonyme
07/06/2011
Je ne suis pas sûr que le “Pauvre” président Saleh aît été bléssé, ni même qu’il est dans un hopital, mais sans doute quelque part hors du Yemen. Cependant il me vient en tête quelques questions :
Qui a vu parmi vous des images du palais présidentiel supposé bombardé ? Quand on bombarde un palais présidentiel et on blesse un -à fortiori- président y a quand même vengeance, non ? Or où sont les represailles de l’armée yemenite ? Où est ce sois disant hopital où le président Saleh y séjourne ? N’es ce pas tout simplement un remake hollywoodien du cartoon Ben Laden ? J’ai du mal à voir -je me trompe peut être- le président Saleh revenir au Yemen, à mois que…
Ce que je suspecte c’est qu’il y a eu coup d’état de la dernière chance, pour faire passer le plan US via le FMI et de la banque mondiale, sous un pretexte falacieu de pseudo-réformettes.
Si la junte yemenite est d’accord elle l’appliquera, mais ça sera difficile compte tenu la réalité tribale du Yemen. Sinon…..... le grand malheur pour toute la région, et une bonne partie du monde musulman, à savoir les troubles et les affres de la guerre civile -ce qui n’est pas une nouveauté pour le Yemen-, cela favorisera le grand plan sioniste , et donc leur attente du Messie, ils en rêvent depuis trois milles ans.
Le projet du “Grand Moyen Orient” c’est de morceler le monde arabe en petite principautés qui se déchirent. Mais leurs réjouissances ne seront que de trés courte durée, déjà parce que l’Iran est bien là, plus fort que jamais pour endiguer le plan israèlien, et d’autre part ils ne gagneront pas forcément au change, parce que ce sera surtout les états pro-occidentaux qui seront destabilisés d’abord. Les USA et le Royaume Uni en déclin me fait penser qu’au final j’ai du mal à imaginer Israèl sur une carte dans dix ans, les forces de vents contraires seront beaucoup trop forts, et l’emporteront.
Soit dit en passant vous dire que les régimes syriens et iraniens sont parfaits, je vous répondrai que non, j’ai pas d’actions ni avec l’Iran, ni avec la Syrie, mais le coeur soutient la résistance à l’empire d’où qu’elle vienne. Je soutiens Nasrallah, comme Chavez, comme Poutine, comme Khamenei, comme Lepen, comme De Gaulle. Leur combat est mien. Maintenant vous dire qu’ils sont parfaits, ça jamais, mais sans doute mieux que l’empire.
Bien à vous.
dont acte
07/06/2011
Instead, the cables show that Chinese soldiers opened fire on protesters outside the centre of Beijing, as they fought their way towards the square from the west of the city
En sait-on plus sur ce point ? Nombre de tués, blessés, lieux des exactions ?
pierre
07/06/2011
extrait de “Putain de mort” (dispaches) de Michael Herr.
“On était là pour leur donner le choix, le leur apporter comme Sherman a porté la bonne parole dans toute la Géorgie, avec, dun bout à lautre, les indigènes pacifiés et la terre brûlée Notre machine dévastait tout. Et nimporte quoi. Elle pouvait tout, sauf sarrêter »
Schlachthof 5
07/06/2011
Excellent texte, merci.
A la lecture de certains écrits, je pense néanmoins que le Système (‘l’enfermement dans la matière’) existe depuis des temps immémoriaux (Sumer, Babylone, Rome, ...) - bien avant Newton et Darwin - et peut-être est-il lié à l’origine de l’espèce humaine sur cette Terre (voir par exemple les ouvrages d’Anton Parks), même s’il n’a que récemment phagocyté la planète entière.
Avant cela, pendant la période où il avait connu la surimpression de deux mondes - où il avait vu, non seulement la Californie, U.S.A., 1974, mais aussi la Rome antique - il avait discerné, dans cette surimpression, une Forme que partageaient les deux continuums spatiotemporels, leur élément commun : une prison de fer noir. C’était là ce que le rêve désignait sous le nom d’ “Empire”. Il le savait, car il avait reconnu la prison de fer noir au premier coup d’il. Tout le monde y séjournait sans s’en rendre compte. La prison de fer noir était le monde où les gens vivaient.
Siva - Philip K. Dick
Fabrice
07/06/2011
Mouais non…. Je préfère encore qu’on me prenne pour un crétin sur ce site. Je me sentirais moins con. Trop de pièces ne rentrent pas dans votre puzzle sans l’explication de “eux même ne savent pas trop ce qu’ils font et suivent surtout leurs instincts”.
Au final c’est quand même bien plus simple à comprendre et à croire.
Alain Vité
06/06/2011
Après une citation de Lewis Carroll ce jour, voilà que Tolkien aussi s’invite, il a envoyé un troll.
(A ma maman qui se pose des questions sur les complots, j’ai dit que les complots rassurent d’abord ceux qui les soupçonnent : au moins, quelqu’un est aux commandes, c’est un vilain et il faut le combattre, mais quelqu’un sait ce qui se passe. Si ce n’est pas un complot, alors qui comprend ce qui nous arrive ? personne ? vraiment personne ?
argh, nan, toumèpaça)
Avant, il y avait l’inexplicable, il y avait “plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio…”, etc.
Horatio, aujourd’hui, s’appelle Caine, il passe sur toutes les télés du monde, il a Google dans son smartphone et pas une seconde à consacrer à l’inconnu ou à l’immense.
On n’a plus besoin de Dieu, on a la science (enfin, ce qu’on appelle la science, qui n’est en fait que le machouillis sans conscience de notre ruine de l’âme)
On a la science, et grâce à elle on a les complots, c’est le nouveau Dieu. Voyez comme ceux on parle des comploteurs : tous puissants, omniscients, infaillibles et sur le point de nous imposer le Jugement Dernier.
Merde, j’aimais mieux Dieu, Lui, Il pardonnait.
Ou alors les fans de complots n’ont pas eu assez du tonnerre de papa en colère quand ils étaient petits, et ils s’inventent des monstres impalpables et tout puissants pour compenser. Victimes de la féminisation du monde ? quelqu’un pourrait poser la question à Zemmour, notre mignon petit troll à nous ?
(désolé, j’ai pas résisté)
Patrick Barret
06/06/2011
Voici quelques notes prises au vol pendant la lecture de votre article par un ami informaticien spécialiste de la “topologie des systèmes” :
« On ne peut s’opposer à un système sans le définir »
« comprendre la véritable nature de ce Système »
Observant que les maux du monde ont pour origine « le système », c’est à dire l’interaction des composants d’une mécanique qui rend inéluctable la production du mal, et dont aucun des composants en particulier ne peut être jugé responsable à moins qu’il ne se dote d’une conscience éthique et s’interdise de faire normalement son travail, je suis heureux de voir qu’il devienne apparent de devoir se poser des questions d’ordre systémique.
Mais il faut être prévenu, si ces questions sont fascinantes parce qu’elles touchent souvent aux lois de la topologie des systèmes, aux lois de la mécanique si on peut dire, qui sont des lois de la nature en quelque sorte et qu’il faille les découvrir, ces lois qui sont très instructrices et enrichissantes n’en sont pas moins complexes.
Dès le départ, on sait déjà au moins qu’il sera judicieux de se fier aux gens qui savent fabriquer des systèmes qui fonctionnent bien (dont JE !).
« savoir où il commence et où il finit »
Un système est toujours comparable aux couches qui forment le globe terrestre, à part qu’on considère la couche centrale, celle sur laquelle tout repose, le « core », comme le noyau dur, et autour, des sub-systèmes qui sont possibles à qualifier de « couches molles » qui se greffent les unes sur les autres.
En fait quand on arrive aux limites du système, on le voit parce qu’il faut développer des mécaniques de plus en plus complexes pour avoir des effets de plus en plus ponctuels, là où les couches dures affectent quasiment l’ensemble du système, et où la moindre défaillance peut le faire se terminer.
Au cours de son développement, le système se régénère graduellement des nouvelles fonctionnalités attendues en commun par de nombreuses fonctions distantes, générant des routines qui vont ensuite appartenir aux couches dures et qui vont le plus souvent possible servir de référence en terme de protocoles à connaître pour les développements ultérieurs. Ainsi ces routines communes doivent être pensées non seulement pour satisfaire de nombreuses fonctions distantes mais aussi des fonctions encore inexistantes. En soit, elles sont génériques.
« le Système décrit comme étant celui du “déchaînement de la matière” » et par extension : « identifier la matière à l’essence du mal »
L’oeil ne doit pas porter tant sur les objets mis en mouvements que sur la mécanique de cette mise en mouvement ; c’est simplement l’inculture qui pousse souvent à accuser les objets d’être responsables des mouvements dans lesquels le système les embarque. Ainsi des gens s’auto-qualifient de rationalistes parce qu’ils observent l’inéluctable mouvement donné à un objet comme étant la cause de l’objet lui-même, alors que dans un autre contexte évidement, par exemple la science, n’est pas sensée servir à fabriquer de nouvelles armes.
Les objets mis en mouvements le sont consécutivement aux informations mises en mouvement, et ces dernières le sont en raison de ce qu’on peut aussi nommer l’organisation, avec l’avantage de faire comprendre qu’une organisation peut être « bonne » ou « mauvaise », et qu’une mauvaise organisation se caractérise par une perte de rendement qui est observable impartialement.
« construire le meilleur des mondes par la grâce de la vertu du chef d’orchestre »
L’organisation ou le système ne serait pas tant ce chef d’orchestre que les buts fictifs qu’on se sera fixés. Il faut bien comprendre que d’une couche à l’autre du système, chaque couche en-dessous de l’autre est le chef d’orchestre de la suivante, et qu’en fin de compte, quand on parle du système social et de ce qui justifie les transactions, le plus haut degrés d’organisation ira plutôt se loger dans ce qu’on peut appeler les objectifs évolutifs communs.
Cela est donc parlant d’une conscience, elle-même rétro-informée par les capacités et l’efficacité de tous les composants du système.
« cette illusion qui était aussi la nôtre, avant de prendre conscience de l’existence du Système et de l’identifier comme source de tous nos maux »
Il y a eu un cheminement en effet, et c’est très sain de le faire observer ! Car en premier lieu ceux qui défendent le système actuel ne le considèrent pas comme un système particulier, ils le considèrent comme la base logique de leur propre mentalité, la seule et unique référence sur laquelle toute leur psychologie s’est construite, et remettre en cause le système, pour ceux dont la logique est syntaxique, revient à les agresser d’une façon qu’ils jugent déloyale.
Il a fallu prendre conscience de l’existence du système, et cela peut se faire en maintes occasions, comme regarder l’invraisemblable quantités d’étoiles dans le ciel, étudier la nature, les sciences, et toutes les évolutions, en remarquant que ces évolutions auraient largement pu être autres.
« la volonté perpétuelle d’accroitre cette domination est le moteur essentiel du Système »
Déficience ! « Moteur » c’est une fonction d’auto-propulsion, c’est le système lui-même qui est moteur : moteur = système. Ensuite, soit c’est un bon système, soit c’est un mauvais système, dans la mesure où il n’arrive pas à continuer d’exister.
La croissance du système dépend bien évidemment de son niveau d’organisation en terme de complexité, et cette complexité (faut-il ajouter immédiatement), n’est pas synonyme de multitude mais plutôt de potentialité à s’arranger avec la multitude.
On a vu que les limites du systèmes sont définies par les endroits où il faut développer des mécaniques plus complexes que le système tout entier pour répondre à des exigences très ponctuelles. S’il veut grandir le système a besoin alors d’intégrer les routines communes valables autant pour toutes les fonctions déjà existantes que pour les fonctions que le système a nouvellement besoin d’intégrer.
L’extension du système peut ainsi aller s’infiltrer au sein même de la psychologie, et on observe que la mentalité de « la loi du plus fort », qui est « l’essence du système », a besoin d’appartenir aux humains qui assurent les transactions si on veut que le système fonctionne bien. C’est à dire que l’esprit dans lequel le système est conçu n’a de cesse de se projeter dans la conscience des gens qui l’adoptent.
Le jour où on a pris conscience de l’existence du système, on s’est donc du coup aperçus que le système actuel était un système par défaut engendré naturellement par la nature, sans aucune conscience ni volonté ni liberté.
Comme tous les systèmes par défaut, il a l’avantage de répondre au plus grand nombre de problèmes possibles avec la plus grande simplicité possible, il est valable pour à peu près tout, mais si on le pousse un peu, dès qu’on a besoin de répondre aux exigences engendrées par ce même système, il apparaît soudainement qu’il faille le rénover, et donc surtout, en prendre conscience, la maîtriser, et qu’il soit l’objet de la conscience et de la liberté.
Dès lors il se produit qu’il faut créer des mécaniques artificielles qui vont se substituer aux mécaniques naturelles, et qui devront, avant même de répondre aux exigences nouvellement engendrées (comme la pollution, les guerres incessantes, la famine, etc…) devoir répondre avec une efficacité supérieure ou égale aux fonctions qui sont sont pourtant parfaitement déjà bien remplies par le système observé comme caduque.
Et il n’est pas question de mixer les systèmes, car ils entrent en rivalité immédiatement créant des zones de combat qui sont improductives pour les deux systèmes. Au contraire, une des lois de la nature montre que deux composants d’un même système ont tendance à s’entraider et s’enrichir mutuellement, tels les atomes qui mettent en commun le même électron pour qu’il aille entrer dans la comptabilité des deux atomes, formant ainsi une molécule nouvelle, dont les propriétés sont très largement supérieures à l’addition des propriétés des deux composants, comme l’oxygène et l’hydrogène forment l’eau (H2O).
Bref, la volonté du système n’est pas de s’étendre, c’est une propriété intrinsèque de la définition même de tout système. C’est la même chose mais ce n’est pas la même chose !
« La matière n’existe pas et par conséquent, vouloir dominer la matière revient à vouloir dominer le Néant »
(L’auteur revient sur le fait que la matière soit elle-même considérée comme « le système » et les pathologies que ça engendre, quand l’augmentation de la puissance militaire n’arrive décidément pas à « contrôler » les événements et l’Histoire).
Cela me rappelle ce qui se passe quand on rase une forêt pour son bois, bien que ne prenant pas le reste, le reste est également détruit. Bien qu’il n’ait pas été pris en compte dans le calcul, des dizaines de milliers d’espèces animales et végétales sont annihilés. C’est à dire que ce qu’on ne voit pas n’est pas forcément inexistant (et les conséquences ne tardent jamais à s’en faire ressentir), et dès lors : ce qu’on voit est-il suffisant pour définir l’existant ?
« logique de force » et « logique de la quantité »
Ces seuls termes même isolés de leur contexte suffisent à décrire les conséquences de l’absence de conscience de la relativité des dimensions.
Ce qui se passe quand un système organise la matière a bien plus d’importance et de portée au moment où s’échangent les informations qu’au moment où, par conséquence de ces résultats, s’échangent les matières.
L’informatique c’est bien la science de l’échange de l’information et ce terme est plus facile à comprendre quand on utilise celui d’algorithme. A cet endroit, immatériel et adimensionnel, se jouent les plus beaux phénomènes de l’univers, et tout le reste n’en n’est que la conséquence.
(Quand un commerçant établi un prix, il utilise un algorithme mentalement auquel il affecte des paramètres nombreux et variés).
Mine de rien quand on voit cela on n’est plus impressionné par l’ampleur d’une explosion, puisque au fond, cette opération mathématique est d’une très banale complexité.
« le Système ne répond pas à la force »
Ou les égarements d’une civilisation en train de découvrir l’existence des systèmes…
On l’a vu, la seule manière de remonter le fil des cause-conséquences, l’organisation étant en amont des mouvements, c’est quand on place comme « chef d’orchestre » de la mécanique une volonté nourrie par l’expérience des mouvements.
C’est à dire, tout simplement, que l’observation des résultats seuls a une influence réelle sur l’organisation et la façon dont le système est dans le devoir d’évoluer.
Souvent dans la psychologie sociale les gens cherchent à forcer ces observations en se définissant eux-mêmes tels qu’ils voudraient qu’on les voit, alors pourtant que ce faisant ils se placent à son exacte opposé (en disant « je suis le plus fort » au lieu d’attendre que cela soit constaté honnêtement et impartialement).
Les actes de guerres menés par les américains ne servent qu’à déclarer leur « force » afin de donner du poids à leurs paroles, ce qui n’a de cesse de les placer comme « s’attaquant aux faibles », ce qui les discrédite.
« Un centre double et une double périphérie »
(c’est intéressant !)
Les systèmes descriptifs sont toujours symboliques de la réalité et n’ont pour seule valeur que l’utilité de ce qu’ils permettent de mettre en lumière, à savoir en l’occurrence le fait qu’on puisse se « tromper de centre » en poursuivant une illusion qui n’est que l’étape-finale d’une chaîne cause-conséquence.
Une fois ce travail fait, le système descriptif peut être détruit (en étant contents de ses bons services).
Ainsi si on cherche une définition d’un système, on finira très vite par retomber sur des préceptes bouddhistes sur l’impermanence de la réalité, et l’illusion de sa description.
Avant tout un système, contrairement au système social mondial actuel, est dans le devoir d’être modulaire, capable d’évoluer et de s’adapter, car ce n’est que comme cela qu’il parvient à exister de façon pérenne.
Dès lors toutes les relations entre ses composants ne doivent plus être que le fruit de paramètres.
« nous ne cherchons pas ici à imposer nos vues, ce qui serait encore une fois faire le jeu du Système »
En faisant toutefois une petite prière pour que leur utilité soit reconnue !
Tous les maux du monde - http://philum.info/19352
La relativité du Droit - http://philum.info/53130
A propos de ce que l’auteur appelle « la pensée racine » : les anciennes croyances - http://philum.info/53839
Christian Merlinki
06/06/2011
Je me demande parfois si vous croyez réellement ce vous écrivez. Car avec cet article-ci (notamment), j’ai l’impression que vous prenez la majorité de vos lecteurs pour de fieffés crétins. La Matrix qui nous asservirait et régenterait notre conduite à tous est une belle oeuvre d’anticipation mais reste une distraction vespérale. Pensez-vous vraiment que le camp guerrier occidental puisse subir les aléas subséquents à l’avancée du front? Tout d’abord, y a-t-il front? Les méchants nazis libyens doivent avoir des moyens redoutables pour provoquer l’enlisement involontaire de la 1ère puissance mondiale. A ce point redoutables que l’on prévoit trois mois de prolongation. MDR. J’ai l’impression d’être en maternelle. Alors pourquoi Rogozine et (surtout) Lavrov feraient de telles déclarations? Pour justifier leur présence diplomatique et confirmer qu’ils participent au grand show mediatique occidental? Ne voulant ouvrir le tiroir-caisse pour l’aventure guerrière, ils offrent la voix de la fantomatique contestation aux événements, si nécessaire à une opération de ce genre afin de la justifier. Pourquoi les Russes restent donc inertes depuis tant d’années face aux avancées occidentales? Car ils sont acculés à cette posture d’inertie face aux dangers permanents qui les guettent à la périphérie de leur territoire. Vous véhiculez beaucoup l’idée que les USA soient en perte de vitesse et que le système menace de s’effriter. Mais si l’on observe leur présence et les conséquences de leurs actes, dans le monde, ils restent impressionnants d’efficacité. Un pied de nez coutumier aux règles internationales leur font obtenir des avantages qu’ils n’ont jamais pu obtenir jusqu’ici. Ils sont à deux doigts d’emporter la Russie dans leur escarcelle. Rien de moins. Si les Russes paraissent paralysés, c’est qu’ils jouent une partie d’échec dont les déplacements des pièces n’ont pas toujours la même résonnance en Occident qu’en Eurasie. Pour mieux saisir ma pensée, je vous propose de découvrir mon commentaire sur une interview de Jacques Borde posté sur le site http://www.geostrategie.com qui s’intitulait “Tel-Aviv et Moscou, aux abonnés (quasi) absents suite au virage à 180° des Russes dans la guerre de Libye :
L’attitude russe peut décontenancer la plupart des gens ayant l’il rivé sur le continent eurosibérien. Moi-même, je fus troublé par l’annonce, mais elle ne fut pas la seule qui déstabilisa, en l’occurrence la pièce de monnaie mondiale qu’a présentée Medvedev à la presse en juillet 2009 en surprît une grande part. Mon opinion est que Medvedev, n’étant pas favori pour la présidentielle de 2012, a joué le retour de Poutine aux commandes présidentielles en contrepartie de la fuite en avant sur la carte de l’ouverture à l’Occident en matière commerciale, économique et financière. Une sorte de suicide politique et populaire. La Russie a besoin du commerce extérieur pour relever son économie de manière durable. A cette fin, Medvedev sacrifie son nom, que les Russes oublieront vite, sur l’autel de l’adhésion de la Russie à l’OMC, étape primordiale pour les Russes qui pourront traiter sur pieds d’égalité avec les autres puissances et protéger ses fleurons commerciaux. Medvedev, juriste, représente le courant libéral patriotique qui, malgré son ouverture déclarée à l’Europe néolibérale, a peu de chances d’emporter les élections de par son soutien restant assez minoritaire dans la population. Tandis que Poutine, nationaliste et géopoliticien à la vision globale assez affûtée, conserve le paradoxe, et ce malgré l’usure du pouvoir, du soutien d’une grande partie des bases populaires des grandes agglomérations qui le remercie de son soutien à l’Eglise qui est devenue beaucoup plus proche du pouvoir depuis. Le règne de Medvedev ne peut être que de courte durée car les peuples ne comprennent pas le mobile de son rapprochement permanent avec l’Occident. A ce point que je présume qu’il ne soit même pas élu premier ministre aux législatives de cette fin d’année. Il retournera sans doute dans les coulisses du “pouvoir Poutine” faisant oublier son nom mais pas son uvre influente qui est subordonnée à une géopolitique visionnaire de rétablissement d’un empire russe fort. Ce dont les peuples russes ont pris conscience très tôt, dès le début du règne de Poutine. Alors que Medvedev n’est considéré par eux que comme l’agent de l’Occident. Et pourtant, tous deux partagent les mêmes espoirs : la grandeur future de la Nouvelle Russie qui émergera sur les terrains économiques, grâce à des échanges étendus avec l’Europe, à l’élargissement de l’économie nationale qu’ils refusent de voir axée exclusivement sur les ressources énergétiques en s’ouvrant sur les technologies du futur par des projets d’envergure tel “Skolkovo” et les nanotechnologies dont la Russie dépend des experts occidentaux; financiers grâce au nouveau Pôle Financier International que Medvedev aura soutenu de toute sa conviction avec l’aide des Européens; militaires grâce à Rosoboronexport qui étend son influence dans le monde, pour preuve l’achat d’hélicoptères par les USA à destination de l’Afghanistan, des chasseurs à l’Inde et le perfectionnement prometteur de l’armement en général à usage domestique et stratégique; énergétique avec Lukoïl, Rosneft et Gazprom qui associent volontiers des intérêts étrangers afin de rentabiliser les nouveaux territoires arctiques; sans omettre les matières premières dont dépendront de plus en plus les Etats occidentaux (la Russie sera le grenier alimentaire du 21ème siècle européen, ce qui est une des clefs muettes de Poutine); etc.
Qu’est-ce que ce tableau (idyllique?) représente dans la situation actuelle des relations extérieures russes, me demanderez-vous? Moscou laisse les Occidentaux prendre leur part, tant qu’ils le peuvent, par des moyens contestés par l’opinion mondiale, au grand dam de ceux qui soutenaient la Russie jusqu’ici. Car Moscou ne déclare pas urbi et orbi ses intentions, après avoir été admis à l’OMC et sans doute voir placer éventuellement un membre des puissances émergentes au FMI qui lui serait favorable; à savoir que l’on pourrait s’attendre, comme en 2008 sur l’indépendance autoproclamée du Kosovo lorsque Poutine déclara “ça vous reviendra dans la gueule”, à une réponse du berger à la bergère dans les Balkans (South Stream, Bulgarie et Serbie), Yougonostalgie (non plus fédérale mais confédérale voire Bloc slave), dans le Caucase avec la Géorgie en proie à une révolution qui pourrait bien placer une opposante plus ouverte à la Russie, l’Arménie dans son conflit du Nagorni Karabagh où Moscou pourrait jouer un rôle déterminant en cas de crise chaude contre l’extension de l’influence turque, en Asie centrale avec l’Afghanistan qui table sur un retour russe dans les affaires intérieures en tampon avec l’Iran et le Pakistan antioccidentaux et soutenus concomitamment par la Chine, le Kirgizistan et l’Ouzbékistan où les USA pourraient perdre davantage leurs positions, etc. La Russie voit la Chine s’affaiblir avec le temps par la contestation sociale interne, sa réserve de plus de 1125 mds $, son commerce extérieur trop centrée sur le marché étatsunien et européen, qui pourraient connaître une déconvenue magistrale à court ou moyen terme par les crises internes (monnaies, banques, nationalismes régionalistes indépendantistes). La Chine est son unique concurrent sérieux sur le long terme, et la Russie veut gagner la bataille grâce à l’Occident qu’elle compte bien utiliser pour l’émergence de sa future grandeur. On nimagine pas à quel point les Russes fantasment sur le rôle premier que pourrait tenir la Russie dans l’avenir. Et le laxisme actuel dans les relations extérieures russes peuvent en décevoir beaucoup pour sa mollesse, mais la Russie joue son avenir sur le long terme et ce n’est pas ce qui peut sembler être une défaite (temporaire?) au Moyen-Orient et en Afrique qui la fera dévier de sa trajectoire, car ce qu’elle a à gagner de cette faiblesse actuelle peut s’avérer être un investissement qui lui assurera le rôle de première grandeur de la planète dans 50 ans. L’occident gaspille beaucoup militairement, la Russie économise, thésaurise, investit, rentabilise, progresse à un rythme exponentiel. Si l’Occident devait être mis dos au mur du monde multipolaire(?), qui je me demande s’il ne serait pas un leurre pour les gusses dans mon genre pour combattre l’adversaire commun, c’est la Russie qui en tirerait tous profits pour sa croissance sans entraves et le renforcement de la Russie impériale à venir, qui est rêvée par des millions d’Européens et croient en une Eurosibérie unique de Porto à Vladivostok insufflée par une révolution conservatrice continentale qui serait leur salut eschatologique. L’aigle bicéphale slave, si elle venait à grandir, étendrait sûrement ses ailes sur l’UE mais aussi, conséquence inattendue, déplacerait le centre de gravité du “New World Order” vers l’Est. Désolé de chagriner ceux qui croient en la sincérité d’un monde multipolaire proclamé par les autorités russes qui, une fois la puissance sacrée recouvrée, reprendraient le flambeau étatsunien des visées mondialistes des financiers apatrides. Au moins, cela se situerait sur Notre continent et nous engloberait. Consolation? Après leur consécration au statut de 1ère puissance mondiale dirigeant la planète, il m’étonnerait que leur nationalisme sacré russe ne nous assujettisse pas, nous périphériques, à l’enseigne de ce que les USA nous auront fait chuter dans l’esclavage depuis un siècle.
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