Visions de Luongo-Smith

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Visions de Luongo-Smith

27 décembre 2020 – Peut-être cela apparaît-il dans le texte de notre site bien-aimé, dans tous les cas je suis frappé par l’effet sur moi-même des observations conjuguées et additionnés de Tom Luongo et Brandon Smith (Luongo-Smith). J’ignore (encore ?) pourquoi, mais elles me paraissent comme soulignées, éclairées d’une lumière exceptionnelle, et qui nous baigne de clarté moins par sa puissance que par l’harmonie qu’elle met en évidence. Leurs observations, c’est-à-dire le ton et la mesure qu’on y distingue, autant que la force de l’évidence, presque comme une sorte de sagesse, seraient peut-être assez fortes pour nous dégager de la prégnance fascinatoire, comme l’on est fasciné par une sorte de bêtise infernale, du binôme-bouffe Trump-Biden.

Disons d’abord qu’il y a dans l’ontologie de la crise une extraordinaire pertinacité, – mot nouveau pour moi, qui me surprend et me séduit, du latin pertinax pour persévérant. Le paradoxe, car nous y sommes déjà, est que cette crise, matrice et cœur hurlant de la Grande Crise, est due d’abord à cet homme si détestable. Le narcissisme et le furieux entêtement de Trump, refusant par vaniteuse bravade et de toutes les façons possibles, les us & coutumes du Système, et notamment le Dieu-Fraude du Système devant lequel chacun se doit de faire révérence et se prosterner, et notamment encore la façon qu’il a d’asticoter les sénateurs républicains, d’une couardise à ne pas croire, qui refusent de se battre vraiment pour le soutenir...

Autre forme du phénomène que nous signale mon nouveau mot, la pertinacité exceptionnelle aux USA où, plus qu’en aucun autre pays, la crise Covid19 est vécue comme complètement métahistorique, ce qu’elle est exactement, et observée, utilisée, manipulée, conduite et jugée par la politique, ce qui est rendre évidemment compte d’une situation incontestable, d’une vérité-de-situation comme si l’on ôtait le masque.

(Quelle bassesse en France, par comparaison avec la micro-gestion de la chose ; colossale arrogance de nos sentencieux toubibs s’écharpant comme commères en furie au chevet de la Science-laïque ; explications infantilisantes et vanité-scientogiste de charlatan de nos soignants et politiciens-soignants ; extrême propagandisme-narrativiste [pourquoi ne pas fabriquer une nouvelle expression dans l’avancée d’une chose déjà si catastrophique ?] de nos commentateur si épris des libertés de la déesse-Laïcité ; à la tête de tout ce souk-smala, l’étrange avorton [AVBI, pour Avorton-Volant Bien Identifié], qui ne sait que faire du sceptre et du globe, Jupiter des start-ups du Progrès en-marche sur l’autoroute de l’Olympe.)

D’ailleurs, quelle est précisément la situation dans ces mêmes USA ? Je vous propose quelques lignes de Robert Gore, de StraightLineLogic, transitant par l’inévitable ZeroHedge.com.


« Dispensez-vous de l'obscénité qui fait que les intentions exprimées excusent tous les crimes et les conséquences.
» Il s’agit d'une lutte serrée entre deux narrative officiellement approuvées pour déterminer laquelle est la plus faussaire : le coronavirus comme fléau de l’humanité ou l’élection libre et équitable en Amérique. La première a permis la seconde, et elles ont été propagées par les mêmes personnes à la suite d'une prise de pouvoir généralisée. Les deux sont truffés d’incohérences flagrantes et de fraudes, dont aucune n’est mentionnée dans la société policée du politiquement-correct.
» Il est étrange, pensait-elle, d’obtenir des nouvelles par le biais de rien dautre que des dénégations, comme si lexistence avait cessé, comme si les faits avaient disparu, comme si seules les dénégations frénétiques prononcées par les fonctionnaires et les chroniqueurs donnaient une idée de la réalité qu'ils nient. [‘Atlas Shrugged, Ayn Rand, 1957]
» Les propagateurs de ces histoires ne s’attaquent pas aux incohérences et à la fraude parce qu’ils ne le peuvent pas ; ils nient simplement leur existence. Ils suppriment les questions, les enquêtes et l'exploration de preuves et de faits réels, et promeuvent des slogans stupides. La censure classique des médias tourne à plein, mais pas aussi efficace qu’on l’espérait, en grande partie grâce aux médias alternatifs. La censure elle-même est une sonnerie stridente pour nous alarmer. Si les reportages approuvés sont d’une ‘vérité aveuglante’, pourquoi ne peuvent-ils pas être contestés ?
» Les propagandistes sont en charge de la suppression de la liberté d’enquêter et de débattre, et ils sont sur le point d’y parvenir complètement. Avec l’arrivée de Biden-Harris le mois prochain et la cabale de prédateurs et de parasites au pouvoir à laquelle ils rendent compte, la formidable importance de l’enjeu est en place. Ils ne voient pas la nécessité de continuer à feindre la fidélité à autre chose que la recherche de l’asservissement et du contrôle. »


C’est contre cela que Luongo-Smith bataillent puisqu’il le peuvent (« La censure classique des médias... [...] pas aussi efficace qu’on l'espérait, en grande partie grâce aux médias alternatifs. ») ... Cette pertinacité américaniste, à nulle autre pareille parce que la crise est d’une amplitude, d’une puissance et d’une profondeur à nulles autres pareilles comme on vient de la décrire, fait sortir chez certains des uns et des autres les états fondamentaux de l’âme.

Ainsi ai-je été frappé par Luongo-Smith, leur esprit d’indépendance et de dissidence, affirmé soudain avec clarté. Chez Luongo, pourtant le contraire de tout cela, personnage sérieux qui doit être parfois péremptoire, et qui écrit, presqu’avec de la poésie comme prémonition, avec les idées platoniciennes voletant comme papillons au printemps, pour se poser sur son épaule, lui chuchoter à l’oreille... « Ainsi, pour moi, l’idée que les États-Unis se séparent en plusieurs parties a été une constante compagne pendant la majeure partie de ma vie adulte. Et, en tant que libertarien, je pense toujours en termes de sécession d’abord, plutôt que de révolution. Cette idée est assise sur mon épaule et me chuchote à l’oreille la vérité de ce qui est devant nous. »

Dans la logique de la forme de son discours, Luongo poursuit avec une affirmation qui ne s’embarrassent nullement de la charge habituelle de ‘faits avérés’, d’‘arguments de raison’, de ‘raisonnements de logique’, de ‘mesure du propos’ qu’affectionnent de porter nos ‘sachants’ tout du Rien, tels autant d’Atlas postmodernes des salons et des plateaux ; Luongo plutôt prophétique, que certains jugeront hystérique du haut de leur Raison-subvertie : « Nous sommes arrivés à un moment très important de l'histoire du monde. »

Mais passons outre (je cite Jehanne) et laissons là Luongo-Smith, après qu’ils nous en aient instruits, pour en venir au cœur et à l’échappée finale de mon propos.

Je crois que les choses essentielles de cette phase extraordinairement critique de la Grande Crise ne se situent nullement là où l’on croit les débusquer. Dans cette quête, je laisse de côté le brouhaha extraordinaire du ‘Rien’ qui nous environne et nous presse, mensonges, anathèmes, simulacres épouvantables, cynisme furieux et hystérique, et l’hystérie, l’hystérie qui ne cesse d’agresser et d’accabler notre psychologie de ce tintamarre inimaginable du ‘Rien’ nous enjoignant de le  prendre pour le vrai ! Le vrai de ces temps de postvérité, quelle trouvaille !

Non, je crois plutôt à la puissance cachée, lumineuse et nécessairement obscure pour nos sens accablés chez ceux qui cèdent à cet accablement ; choses venues du tréfonds abyssal des plus grandes hauteurs du Ciel, pour nous inonder d’une sublime lumière obscure, transmutés en irréfragable suréminence dans l’oxymore des très-grandes choses, intuition haute & transcendance absolue... Le « Je crois aux forces de l’Esprit » d’un Mitterrand agonisant, et pour cette fois, quittant les oripeaux du Florentin de ses vaines manœuvres, pour une fois sincère et véridique.

(Croiriez-vous que je puisse écrire cela à propos d’un Macron, pauvre fétu de paille impuissant à toute combustion, soldé en bourse et emporté par la tempête qui nous importe, cette souterraine et insaisissable grandeur pour qui ne sait pas hausser son regard vers les fulgurances du Ciel ?)

Certes, les bouleversements sont en marche, dans un grondement inaudible et comme libéré pour les oreilles attentives, plutôt comme une petite musique soutenue par une basse continue qui parvient à maîtriser leurs grosses caisses et leur rythme de vaudou-zombisé, Rap et Hip-Hop transmutés en autant d’hymnes transnationaux hallucinés du transgenrisme enfin mesuré à l’aube du transhumanisme ; comme des Wagner enfin postmodernisés en une cacophonie fondatrice du monde-mondialisé et du genre-genrisé, et de l’identité réduite aux acquêts de cette bouillie pour les zombies émergés du recyclage de bazar réalisé au sons de ces bruits de foire démente... Comme l’on sait, Nietzsche, pour substantiver son combat transcendantal contre Wagner, lui opposait Bizet et sa musique méditerranéenne, rendue si aérienne par les legs grec et romain ; et cette petite musique et sa basse continue de notre temps, pour les oreilles attentives, nous disant : “Les choses arrivent, les choses arrivent”

Je crois que nous ne les voyons pas venir, pas encore, ces choses, car il est évident que nous écoutons souvent très mal ce que nous entendons. Tous nos sens sont mobilisés par leurs bruits infâmes, leurs hurlements comme autant de rôts et éructations venus des enfers souterrains, et du Diable ricanant devant l’incendie du monde... Sans doute certains, – et ils sont si nombreux ! – jugeront-ils préférables de s’en tenir là, et, discutant des gestes-barrière, de la laïcité et de l’insupportable entêtement de l’Autre à proclamer que les élections ont été fraudées comme jamais... Qu’importe, les choses viennent, elles avancent “à bas-bruit” comme ils disent, mais bruit si profond, bruit si complètement décisif, bruit qu’un Giono identifierait comme La chant du monde.

Mais laissons cela. Je vous parlais donc de Luongo et de Smith...