Ruée vers l’or postmoderne

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Ruée vers l’or postmoderne

10 août 2020 – Voilà au moins une entame qui a le mérite de la netteté, du tranchant, qui ne s’attarde pas dans les détails ni dans les fioritures, qui vous trace droitement votre avenir à nous tous. Ce n’est pas décevant. Voici donc ce qui nous attend, disons d’ici 2022, pour le centenaire du début du dégommage de la République de Weimar, et pour la raclée historique reçue “en temps réel” par le président sortant-sorti :

« Le lingot cote déjà 55.630 euros, à Paris, soit +27,01 % depuis le début de l’année. À Londres, l’once d’or est passée, en un an, de 1.500 à 2.030 dollars. Ces 30 derniers jours, son prix a grimpé de 1.800 à 2.030 dollars. Jusqu’où l’or et l’argent vont-ils monter ? Réponse : augmentation continue du cours de l’or jusqu’au déclenchement de l’hyperinflation au printemps 2021, puis augmentation accélérée et à la verticale du cours de l’or, avec explosion probable, entre-temps, de la zone euro, jusqu’à l’effondrement du Système en 2022. Bref, le schéma exact de la République de Weimar en 1923. Le seul élément réjouissant de la folle saga qui nous attend : Macron, le beau parleur, ne sera pas réélu... »

Je n’ai pas l’habitude, le lecteur fidèle a pu s’en apercevoir, des analyses économiques, ni le goût ni le brio d’ailleurs. Aussi ai-je choisi d’emprunter humblement le texte d’un économiste qui me paraît assez réjouissant dans son aspect d’effondrement qui va à ravir avec ma Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) que je chéris tant. Il suffit, pour me comprendre, de lire l’entame ci-dessus, et également le titre original bien entendu (avec la majuscule du dernier mot qui n’a pu que me conforter dans mes aventures dialectiques : « Augmentation du cours de l’or jusqu’à l’effondrement du Système »).

Bref, pour la situation économique jusqu’en 2022 je laisse la plume à monsieur Marc Rousset, qui nous explique ce qui nous attend, pour notre destin commun (voir ci-dessous, reprise du texte en ligne sur BoulevardVoltaire, le 10 août 2020).

Mon intervention se situe dans un autre domaine, où l’on trouve bien entendu l’inconnaissance, la psychologie, le système de la communication avec son sympathique effet-Janus, et tout cela ficelé je l’espère par l’intuition. La remarque essentielle du non-connaisseur que je suis, qui parcourt rapuidement les textes sur l’économie, sans y comprendre les mécanismes mais en observant la tendance qui s’inscrit dans le courant général, – politique, géopolitique, et au-dessus de tout cela, métahistorique bien entendu, – c’est justement de rendre compte de cette tendance.

Je serais moi aussi net et tranchant, sans m’attarder aux détails ni aux fioritures : depuis septembre 2008 où la Grande Crise (dite Grande Récession) commencée l’été précédent s’est abattue sur notre tête, le fond de cette tendance de l’observation des économistes est sans aucun doute l’annonce de la catastrophe. C’est comme une rengaine, une basse continue si vous voulez, avec les erreurs habituelles chez à peu près tous (“l’effondrement est pour demain”, dix fois redit) mais qui ne décourage en aucune façon de continuer à prédire le même destin. Tout juste l’humeur change-t-elle, je l’ai remarqué me semble-t-il, passant de l’atterrement, de la stupéfaction tragique, à l’allure plus vagabonde, une sorte de cynisme méprisant, presque une satisfaction sardonique, avec le tragique de plus en plus tragique et de plus en plus bouffe. (Il est vrai que le chaos que nous offre le Système invite à un certain recul dans le jugement.)

Il y a de ce point de vue, plus psychologique qu’économiste (qu’économique) une extraordinaire résilience de la prévision. Peu importent les détails, les modalités, les délais, les causes et les conséquences, même si tous s’acharnent à les décrire, le résultat final est toujours le même. Nous sommes en attente de la catastrophe depuis des années, depuis une grosse décennie, peut-être depuis deux décennies au fond de nous-mêmes, qu’importent ces explorations de spéléologies de l’âme, – surtout pour mon compte, moi qui ait l’“âme poétique” bien plus que financière.

Je ne veux surtout pas une seconde palabrer et argumenter sur les attendus de ce verdict, mais mettre en évidence l’extraordfinaire durabilité de ce verdict. Ces gens, comme des gens d’autres domaines, comme votre serviteur après tout, ont, inscrite dans leur psychologie, la certitude de la catastrophe.

... J’oserais même ajouter qu’ils ont tous la “certitude intuitive” de la catastrophe (le bien-nommé “effondrement du Système”), comme si les dieux et le Principe qui institue la Tradition Primordiale avaient décidé la manufacture d’une “intuition collective”, – qu’elle soit ou non réalisée comme telle par tous ceux qui sont touchés par elle, peu importe. Il y a l’inéluctabilité de la chose qui nous emporte comme dans une chevauchée fantastique, ruée vers l’or dans le cas qui nous occupe, parce que l’or est toujours le refuge des effets de toutes les innovations et sottises financières de Sapiens-Sapiens, en attendant de revenir au troc pur et simple. Ainsi ces commentateurs inlassables de la catastrophe qui nous délivera du Système instituent-ils une sorte de Nécessité Primordiale pour un tel développement.

Notre temps de la Fin des Temps est gros de la catastrophe, comme un être du genre qu’il faut l’est de son enfant. Notre temps va accoucher de la Fin des Temps au bruit des lingots d’or sonnants et trébuchants. Qui a jamais pu en douter vraiment ?

... Voici donc le texte de monsieur Marc Rousset, sur BoulevardVoltaire, le 10 août 2020, avec un titre que je me suis permis d’un peu raccourcir, histoire de le faire plus “chevauchée fantastique”...

 

« L’or jusqu’à l’effondrement du Système

» Le lingot cote déjà 55.630 euros, à Paris, soit +27,01 % depuis le début de l’année. À Londres, l’once d’or est passée, en un an, de 1.500 à 2.030 dollars. Ces 30 derniers jours, son prix a grimpé de 1.800 à 2.030 dollars. Jusqu’où l’or et l’argent vont-ils monter ? Réponse : augmentation continue du cours de l’or jusqu’au déclenchement de l’hyperinflation au printemps 2021, puis augmentation accélérée et à la verticale du cours de l’or, avec explosion probable, entre-temps, de la zone euro, jusqu’à l’effondrement du Système en 2022. Bref, le schéma exact de la République de Weimar en 1923. Le seul élément réjouissant de la folle saga qui nous attend : Macron, le beau parleur, ne sera pas réélu.

» L’once d’or a dépassé, pour la première fois, la barre symbolique des 2.000 dollars, le mardi 4 août, à 16 h 15 GMT. L’or n’est pas le reflet d’une angoisse injustifiée mais le reflet de la politique irresponsable du n’importe quoi des autorités politiques et monétaires des démocraties occidentales, et tout particulièrement en France depuis quarante ans.

» L’or augmente techniquement pour trois raisons : baisse des rendements obligataires avec des taux réels de -1,5 %, bientôt -2 % aux États-Unis, baisse du dollar par rapport aux autres devises, hyper-endettement irremboursable des gouvernements, hyper-endettement des entreprises et des particuliers, création monétaire illimitée par les banques centrales pour repousser le violent krach qui aurait dû, déjà, avoir lieu en 2008. Un graphique de 2009 à 2019 montre d’une façon stupéfiante comment les cours de l’or et les taux réels négatifs d’intérêt à 10 ans aux États-Unis sont corrélés d’une façon si étroite qu’ils sont pratiquement identiques.

» Deux marchés haussiers majeurs de l’or ont déjà eu lieu : en 1976-1980, sa valeur fut multipliée par 8,5, avec une inflation galopante et le retour à la croissance qui succédait à une longue récession ; en 2001-2011, sa valeur fut multipliée par 7,5, suite à l’explosion de la bulle Internet du NASDAQ, à l’attaque terroriste du 11 septembre, à la crise immobilière du subprime aux États-Unis et au début des politiques monétaires laxistes après la crise financière de 2008. Si, donc, l’on applique le coefficient 8, soit la moyenne des deux multiplicateurs évoqués ci-dessus, en prenant le cours minimal de l’or de 1.046 dollars en 2015, le cours de l’or devrait s’établir à 8.000 dollars l’once, d’ici deux ou trois ans. À plus court terme, si l’on s’inspire également des graphiques de 1980 et 2011, on devrait se diriger, dans les mois qui viennent, vers les 2.400 dollars l’once.

» L’once d’argent, elle, est déjà proche des 29 dollars et pourrait retrouver ses précédents records à 50 dollars. En cas d’envolée de l’or à 8.000 dollars l’once, l’argent pourrait même atteindre les 100 dollars l’once, le ratio de 80 étant encore alors même supérieur à la moyenne à long terme de 60.

» Ce qui paraît certain, c’est que, quelles que soient les erreurs d’analyse ou de prévision, l’or se dirige, dans les 18 mois, vers un minimum de 3.000 dollars l’once et l’argent vers un minimum de 50 dollars l’once.

» Le monde court à la catastrophe car, en fait, les banques centrales et les gouvernements pratiquent la théorie monétaire moderne irresponsable qui conduit tout droit à l’hyperinflation et à l’explosion. La masse monétaire augmente non seulement à cause des politiques d’assouplissement quantitatif des banques centrales par prises en pension de titres obligataires les plus divers, mais aussi suite aux garanties des crédits données par les gouvernements aux banques commerciales pour des crédits aux entreprises, ce qui a pour effet d’augmenter automatiquement la masse monétaire scripturale M2 créée par les banques commerciales (loans make deposits). Et le bouquet, c’est que la Fed s’apprête à verser directement de l’argent aux Américains, c’est-à-dire aux consommateurs, durant la prochaine crise (hélicoptère monétaire). Dans un tel environnement, l’hyperinflation débutera probablement au printemps 2021.

» Il n’est pas impossible que Vladimir Poutine, avec une Russie forte et déjà aujourd’hui sans dette publique, vienne faire la leçon à une France effondrée, en août 2022, comme Macron s’est permis de le faire au Liban en août 2020. »

Marc Rousset

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