PhG fait son pro domo

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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PhG fait son pro domo

24 septembre 2020 – Avez-vous vu et lu ce qu’est devenu ce qu’on nommait ‘la grande presse’, selon une expression involontairement admirative, et que je désigne comme d’autres dans l’esprit désormais depuis deux décennies, de l’expression de “presseSystème” ? J’y pensais avant-hier, rédigeant cette pagesur Le Figaro et le bouffe-Navalny, cuvée 2020. Cette sorte de pensée, au moment où les ai, m’attriste profondément, même si par ailleurs et à d’autres moments, j’en fais mon miel dans le plein de la satire et de l’ironie.

Ce qui m’apparaît comme toujours comme le plus étonnant, on dirait objectivement comme incroyable et surréaliste, vous savez un des caractères extraordinaires de cette étrange époque, c’est la différence radicale presque comme deux mondes étrangers, et différence d’une complète opposition, entre l’esprit des gens de la presseSystème et nous autres, ceux de la presse disons indépendante, pour ne pas dire “alternative”, antiSystème, etc., même avec toutes nos différences et désaccords parfois féroces. Chez nous, une farce du type-Navalny, déclenche aussitôt la réaction de l’hypothèse centrale qui est comme l’anticorps d’une pandémie omniprésente : très-très forte possibilité probable, comme à l’habitude, d’un nouveau coup foireux et honteux du Système, voyons voir dans ce sens et préparons notre plume.

(Le Système ? Les Services surtout UK, – renseignements et relations-bobards publics, simulacres et sales coups, – les Soros divers, les ONG bien rentées comme on dit bien membrées, les ‘experts’ européens et européistes, ceux des grandes capitales du continent à la dérive, des salons parisiens et des talk-shows persifleurs, les bureaucraties washingtoniennes, les neocons et les progressistes-interventionnistes du monde bloc-BAO qui veulent bien se donner la main pour faire leur chaîne et psalmodier leur catéchisme, et tout cela qui tient le haut du pavé et débite ses salades.)

Enfin...Le Figaro, le bouffe-Navalny, – vous savez bien que ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres, que le déterminisme-narrativiste et leur fascination conformiste pour le simulacre règlent tout, que cette lèpre qui emprisonne l’esprit et met l’intelligence au service du mensonge et de la sottise, est aussi répandue qu’un Covid19 passé de la 5G à la 6G. Depuis deux décennies au moins (pour moi, bascule en 1999 avec le Kosovo), ce sentiment de l’effondrement de la mission de l’information dans le grand projet de la communication, dans le chef des ‘élites’ qui en sont chargées, ce sentiment ne me quitte plus. Loin d’être accidentelle ou exceptionnelle la situation n’a plus cessé d’empirer en se renforçant, si bien que la situation de 1999 telle que je me la rappelle a aujourd’hui des allures d’une liberté conditionnelle, – mais liberté tout de même.

Lorsque j’ai commencé à développer ce site (justement, à partir de 1999), j’ignorais tout de son destin, ni bien entendu que j’embarquais dans une aventure hors du commun, hors des sentiers battus, quasiment ‘hors-la-loi’ selon ce qu’ils (eux, ces ‘autres’-là qu’on devine bien) considèrent comme la ‘loi’. J’ignorais tout cela mais j’étais prêt, j’aurais dit alors ‘d’instinct’ mais je pense aujourd’hui d’‘intuition haute’, dans tous les cas sans le réaliser ni le concevoir moi-même, aux plus ambitieuses des entreprises. Au reste, je m’engageais dans cette voie sans ambition particulière, simplement à cause de l’évidence et de la destinée qui sont deux choses entremêlées, sans songer à imaginer une seconde que j’aurais pu faire quelque chose d’autre.

Bien entendu, ce que j’avais fait auparavant, depuis 1985 qu’existait la Lettre d’Analyse Stratégique dedefensa & eurostratégie, que je continuais en même temps que le site démarrait, m’avait armé et bardé d’expérience pour l’aventure du site. Mais cela n’y conduisait pas nécessairement ; il a fallu autre chose, c’est-à-dire la folie des temps... Je ne suis pas ‘enfant du siècle’, je suis enfant d’une époque de déchaînement, d’une certaine façon un enfant un peu fou, ou qu’on doit juger comme tel.

Ce qui ne cesse de m’étonner, c’est que jamais ne s’est posée la question des moyens. D’une façon ou l’autre, lorsque vous poursuivez un projet qui a un aspect de continuité, de structure, d’une profession qui a ses obligations même s’il s’agit d’une mission, se pose la question des moyens. Pour moi, elle ne s’est jamais posée, ce qui a parfois stupéfié l’un ou l’autre autour de moi, de loin en loin.

Ainsi n’ai-je jamais pensé que je pouvais conduire cette aventure avec l’appui de ceux auxquels elle était destinée. Je parle de vous, lecteurs. Jamais je n’y ai pensé, et pourtant cela s’est fait, je dirais comme naturellement ; évidence et destinée...

Vous voyez où moi, fine mouche, je veux en venir ? Je trouve mon approche tellement grossière que je me demande bien quoi écrire encore, maintenant, arrivé à ce bout de ligne, à cette fin de paragraphe.

Si, tout de même : je peux écrire que j’ai bien ri en écrivant ce que j’ai écrit sur Le Figaro, – celui-là ou un autre, bref la presseSystème, – j’ai bien ri que je puisse ainsi me permettre de les moquer, de les chapitrer comme je le fais, sans autre moyen que ceux que vous me donnez, moi face à ces zombie-géants. Cela, c’est grâce à vous lecteurs, grâce vous en soit rendue.

Cela revient à faire passer le contenu de ce message de la vue d’ensemble sur toute une époque aux préoccupations immédiates d’un mois en fin de vie, passé le « 19 courant... », et qui court derrière l’ambition assez banale du bouclage de sa donation mensuelle comme d'habitude bien en retard. Cela revient à vous demander de poursuivre, de nous aider, de songer à cette fin de mois où les comptes ne sont pas encore ronds, ce jour-là d'aujourd'hui, à six jours de boucler le mois de septembre 2020.

Merci encore, merci toujours.

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