Notes sur « Nous voulons cette guerre »

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Notes sur « Nous voulons cette guerre »

• Ces phrases sont de Tom Luongo : « Nous voulons cette guerre. Nous avons besoin de cette guerre et peu importe ce que le peuple veut. Nous aurons cette guerre. ». • Luongo parlait des conséquences de l’incursion de deux drones ukrainiens vers des bases stratégiques russes, à 500-700 kilomètres à l’intérieur des terres russes. • C’est une ligne rouge vif, rouge comme le feu et rouge comme le sang, qui a été franchie, d’ailleurs dans un environnement de défense aérienne russe étonnamment sommeillant. • Ou bien est-ce que les Russes ont-ils encore une fois cru aux assurances de Washington (chuchotement : “Nous ne permettrons pas à Zelenski de faire ça”), comme ils avaient cru au cirque incroyable des signatures franco-allemande des accords de Minsk (comme Merkel vient de nous le dire). • Il nous semble effectivement assez justifié de penser que cette guerre que “nous voulons” est inévitable, surtout si l’on mesure la température de folie des têtes pesantes et pensantes telles celle de Victoria Nuland. • Bref, comme une sorte d'attente de l'imprévisible : ‘Something Gotta Give’.

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8 décembre 2022 (15H40) – Bien que l’action des ‘drones’ transformés en ‘cruise missiles’ des années 1970, ou l’inverse, contre les deux bases stratégiques de Riazan et de Saratov ait été diversement et assez peu commentée en tant qu’événement politico-stratégique majeur, il s’avère qu’il pourrait s’agir effectivement d’un événement de cette sorte. Cette réalisation a été perçue par les auteurs et les acteurs les plus proches et les effets vont se faire sentir sur le long terme, éventuellement comme une inflexion majeure du conflit.

Cette inflexion porte naturellement sur la question essentielle de l’élargissement de la guerre, c’est-à-dire en-dehors de la seule Ukraine. Les commentaires les plus alarmistes voient cette action comme une tentative de l’Ukraine de provoquer une riposte russe qui impliquerait d’une façon ou l’autre l’OTAN, essentiellement les USA bien sûr. Les “officiels” US concernés, dans le cas les Secrétaire d’État Blinken et le secrétaire à la défense Austin, ont répondu à des questions sur cette question de l’action ukrainienne, – simplement en élidant la question, c’est-à-dire en noyant le poisson :

« Le secrétaire d'État Antony Blinken a nié que les États-Unis aient quelque chose à voir avec l'attaque de drones ukrainiens sur deux aérodromes situés au cœur de la Russie, mais a promis de continuer à fournir à Kiev tout ce dont il a besoin. Le secrétaire à la défense, Lloyd Austin, a quant à lui esquivé les rapports des médias selon lesquels les États-Unis entraveraient les lanceurs HIMARS en déclarant que le Pentagone n'empêcherait pas l'Ukraine de développer des capacités à longue portée.

» Austin et Blinken ont répondu aux questions de la presse mardi, aux côtés de leurs homologues australiens en visite à Washington. L'attaque de lundi contre deux aérodromes russes et le rapport du Wall Street Journal sur les modifications apportées aux lance-roquettes HIMARS ont été évoqués.

» “Nous n'avons ni encouragé ni permis aux Ukrainiens de frapper à l'intérieur de la Russie”, a déclaré Blinken aux journalistes, ajoutant que ce qui importe vraiment, c'est la manière dont l’Ukraine fait face à “l'agression russe en cours”. Les États-Unis sont déterminés à donner aux Ukrainiens “les équipements dont ils ont besoin pour se défendre, pour défendre leur territoire, pour défendre leur liberté”, a ajouté Blinken.

» Interrogé sur le rapport selon lequel les États-Unis auraient modifié les lanceurs HIMARS envoyés à l'Ukraine pour les rendre incompatibles avec des missiles de plus longue portée, Austin a nié que les États-Unis tentent d’entraver Kiev. “Nous ne travaillons pas pour empêcher l’Ukraine de développer ses propres capacités”, a déclaré Austin aux journalistes. “Ce n’est absolument pas ce que nous faisons”. »

Sous les yeux de Nuland

Il faut bien comprendre que l’attaque contre les deux bases russes, respectivement à 500 et 700 kilomètres de la frontière ukrainienne, a soulevé bien des questions sur la capacité russe de défense aérienne, ou de surveillance de l’espace aérien, et également sur les capacités ukrainiennes par rapport à la surveillance de leurs manipulateurs washingtoniens.

Mercouris-Christoforou en disent beaucoup là-dessus, le 7 décembre 2022, absolument déchaînés devant la faiblesse révélée de la défense aérienne russe sur le mode : “Mais quand donc les militaires et les dirigeants russes vont-ils réaliser sérieusement qu’ils sont en guerre ?!”. On les comprend, mais on doit aussi amender certains jugements, et même mettre l’accent sur un point particulier.

• Une première remarque est que l’histoire (de la Guerre Froide notamment) est pleine de ces surprises où des défense aériennes des superpuissances sont prises la main dans le sac de l’inattention, face à une incursion par surprise, d’un nombre limité d’aéronefs volant dans des conditions difficiles à détecter. Les Soviétiques ont connu pas mal de ces aventures, mais les autres aussi, comme lorsqu’un MiG-17 d’un militaire cubain dissident a volé de Cuba jusqu’à une base de l’USAF dans le centre de la Floride en 1969 sans être détecté, – puis aimablement autorisé à se poser (un exemple parmi d’autres) ; lorsqu’un pilote soviétique amena sas être repéré son MiG-25 ultrasecret sur une base japonaise (une autre défection) sur laquelle il se posa en 1976, – premier exemplaire du MiG-25, prédécesseur du MG-31, à tomber dans les mains des occidentaux.

• La seconde remarque concerne une quelques mots au milieu d’une tirade de Mercouris, s’indignant de l’inattention de la défense russe, et qui glisse soudain au milieu des causes supposées et possibles de cette inattention :

« ... on voit que personne ne prêtait vraiment attention à la situation, probablement parce qu’ils pensaient que les Ukrainiens ne pouvaient faire ce genre de choses, probablement parce qu’ils avaient reçu des assurances de quelqu’un à Washington que ce genre de choses ne pouvaient pas arriver, et ils avaient accepté cette sorte d’assurance...»

Et là, nous touchons peut-être à un point sensible, sans que nécessairement Mercouris l’ait réalisé, les uns et les autres ayant l’habitude de cette sorte de tractations, essentiellement entre militaires (des assurances selon lesquelles on ne dépassera pas certaines limites, – lesquelles ont été évidemment dépassées). Il ne faut en effet pas oublier qu’à ce moment, alors que peut-être l’un ou l’autre interlocuteur officieux des Russes garantissait Moscou que Zelenski n’irait pas trop loin, Victoria Nuland se trouvait à Kiev, on ne sait pas exactement pour quelles raisons, – c’est-à-dire, comme nous l’écrivions avant-hier :

« Il est à notre sens très probable que ces groupes extrémistes, qui ont des connexions au Pentagone et surtout dans l’industrie d’armement, interviennent de plus en plus directement auprès des Ukrainiens pour leur fournir des moyens, sinon des systèmes camouflés, ayant des capacités d’intervention à des distances stratégiques, contre des objectifs stratégiques. Ce n’est sans doute pas un hasard, comme le remarque Alex Christoforou, si Victoria Nuland se trouvait à Kiev au moment de l’attaque. Des groupes privés d’“investissseurs” sont également en piste pour les aider, selon un intérêt général correspondant à celui du complexe militaro-industriel. »

L’aspect stupéfiant étant alors, dans cette sorte d’hypothèse, que les Russes puissent envisager d’accepter certaines “garanties” alors qu’ils savent, – mais le savent-ils vraiment ? Osent-ils l’imaginer ? – dans quel état de fragmentation, sans véritable chef, sans hiérarchie organisée, avec des interférences mafieuses, illégales, etc., se trouve le pouvoir américaniste...

... Alors qu’ils savent, comme on le voit immédiatement ci-dessous, la confiance que l’on peut donner à la parole et à la signature de n’importe quel dirigeant du bloc-BAO, outre les USA eux-mêmes... Et puisqu’il s’agit de Merkel ci-après, on observera que les Allemands, au contraire des américanistes qui continuent à jouer le jeu de l’innocent spectateur, affirment franchement et fraîchement qu’il est légal et normal que les Ukrainiens tapent loin chez les Russes, que cela répond à la Charte des Nations-unies que eux, Allemands, ont si joliment respecté en faisant approuver des accords de Minsk dont ils étaient cosignataires et garants... La loi et l’esprit de la loi, très cher...

« Alors que les États-Unis ont pris leurs distances par rapport à la frappe de drones ukrainiens sur deux bases aériennes situées à des centaines de kilomètres à l'intérieur de la Russie, le porte-parole du gouvernement allemand a déclaré mercredi que Kiev n'était pas obligé de limiter son effort de guerre au territoire ukrainien.

» “L'Ukraine a le droit à l'autodéfense en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies”, a déclaré Steffen Hebestreit aux journalistes, lorsqu'on lui a demandé de commenter les informations faisant état d'explosions sur les aérodromes russes. “L'Ukraine n'est pas obligée de limiter les efforts de défense à son propre territoire”. »

L’intense satisfaction de Merkel

Au cas où nous n’aurions pas compris, l’ancienne chancelière Merkel a confirmé dans une interview à ‘Zeit’ tout ce qu’elle avait dit au ‘Spiegel’, confirmant en tous points l’analyse de Scott Ritter sur la démarche des pays du bloc-BAO pour renforcer l’Ukraine jusqu’à ce qu’elle puisse faire la guerre à la Russie. On a du mal à croire à la délibération d’une telle intention, d’un tel calcul, et pourtant les indices nous sont fournis de plus en plus gracieusement... Qui a dit que nos dirigeants manquaient de décision et de tripes tout ensemble ? Leur duplicité sans doute pleine de simulacres rassurants concernant les droits de l’homme et des LGTBQ+ force la considération... Mazette, le Diable sera satisfait de leurs services !

Évidemment l’interview de Merkel est présentée ici par Zakharova, qui a de bien mauvaises et soupçonneuses manières vis-à-vis des dirigeants occidentaux (désinformation pure puisque via RT.com). Ainsi assistons-nous paisiblement à la reconstitution du, – comment dit-on ? “complot” ? “conspiration” ? – pour mener la Russie à la guerre via l’empressement du “roi du chocolat” à servir des gâteries, poursuivi par le jeu du clown de la série TV ukrainienne « Au service du peuple ». Rien ne manque à cette pièce, même pas celles des trente deniers de Judas que chacun ne manqua pas d’empocher, encore moins les éditoriaux de la civilisation occidentale dénonçant le non-respect des “règles” qui régissent notre satisfaction de nous-mêmes par nous-mêmes. Tout cela laisse coi.

« L'ancienne chancelière allemande Angela Merkel a confirmé la duplicité de son gouvernement concernant le conflit en Ukraine en confirmant que l'accord de cessez-le-feu de 2014 avait pour but de donner à Kiev le temps de renforcer son armée, a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

» Dans une interview au magazine Zeit publiée mercredi, Angela Merkel a déclaré que le protocole de Minsk négocié par l'Allemagne et la France était “une tentative de donner du temps à l'Ukraine”, qu'elle a utilisé pour “devenir plus forte”, comme en témoigne le champ de bataille actuellement. Elle faisait référence au premier des deux documents connus collectivement sous le nom d’“accords de Minsk” qui ont été conçus pour aider Kiev à se réconcilier avec les rebelles de l'est, qui avaient rejeté le résultat d'un coup d'État armé dans la capitale en 2014.

» Berlin et “par extension, l'Occident” n'ont jamais eu l'intention de mettre en œuvre les accords de Minsk, a conclu Zakharova sur la base des remarques de Merkel. Les États-Unis et leurs alliés ont “simulé le soutien à la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU” qui approuvait la feuille de route vers la paix tout en pompant des armes en Ukraine et “ont ignoré tous les crimes commis par le régime de Kiev [...] au nom d'une frappe décisive contre la Russie“, a-t-elle expliqué dans un message sur les médias sociaux jeudi.

» Dans l’interview accordée à Zeit, Angela Merkel a déclaré que la Russie “aurait facilement pu déborder” les troupes ukrainiennes en 2015, ajoutant qu'elle doutait que “les pays de l'OTAN aient pu faire autant à l'époque qu'aujourd'hui”. La deuxième partie des accords de Minsk a été signée en février 2015 sur fond de défaite militaire subie par les troupes ukrainiennes, qui ont tenté d'écraser les milices du Donbass. »

« Nous aurons cette guerre. »

On terminera à ce point qui nous fait constater, à la fois la tragique mécanique des événements, à la fois la duplicité générale dans le bloc-BAO, à la fois d’étranges faiblesses de naïveté chez les Russes, – que cette addition de circonstances troublantes et explosives conduisent d’une façon presque automatique vers une déflagration beaucoup plus grave. Vous savez quoi ? nous dit Tom Luongo, et nous ne pouvons qu’être d’accord avec lui...

« Nous voulons cette guerre. Nous avons besoin de cette guerre et peu importe ce que le peuple veut.

« Nous aurons cette guerre. »

Ces quelques mots sont extraits de la première partie de l’article (du 6 décembre) de ce spécialiste libertarien du maniement de la puissance financière, ce Tom Luongo qui est un farouche adversaire de la folle politique que le “déchaînement de la Matière” nous impose, via le Système et son affreux monstre nommé globalisation.

« Il n'y a pas de plus grande hérésie à ce stade de l'histoire que de suggérer que les États-Unis ne sont pas la principale source du mal dans le monde. Il fut un temps où c'était exactement le contraire.

» Aujourd'hui, cependant, alors que la guerre fait rage en Ukraine et que tous les dirigeants occidentaux disent vouloir la paix mais continuent à injecter de l'argent et des armes dans le conflit, le message est clair.

» Nous voulons cette guerre. Nous avons besoin de cette guerre et peu importe ce que le peuple veut.

» Nous aurons cette guerre.

» Mais, voici la grande hérésie, ce ne sont pas seulement les États-Unis qui veulent cette guerre. En voici une autre : les Etats-Unis, en tant qu'acteur mondial, existent-ils encore ?

» Nous sommes en train de digérer l'escalade la plus irresponsable à ce jour de la part de l’“Ukraine”, une frappe de drone sur une base aérienne stratégique au cœur de la Russie, attaquant un élément de sa triade nucléaire, – endommageant les bombardiers stratégiques capables de délivrer des ogives nucléaires.

» Il s'agit d'une ligne rouge explicite pour la Russie.

» Quel que soit le côté de la ligne où vous vous situez dans cette guerre, celui de l'Ukraine ou celui de la Russie (ou que vous refusiez même de définir où se trouve la ligne), c'est un moment qui devrait cristalliser pour vous le fait qu'il s'agit d'un tournant dans la guerre... et pas pour le mieux.

» Les escalades comme celle-ci sont un signe de faiblesse. Elles reviennent à supplier la Russie de réagir de manière excessive, de forcer la main de Poutine et de frapper l'Ukraine sans pitié, ce qu'elle semble avoir fait en réponse.

» L'Ukraine a franchi la ligne où la Russie serait libre d'utiliser des armes nucléaires, conformément à sa doctrine d'utilisation, pour attaquer sa capacité de dissuasion nucléaire. »

Ce grand danger est perçu aujourd’hui par de nombreux commentateurs indépendants et antiSystème, qui s’interrogent sur le degré d’implication des dirigeants militaro-politiques US dans ce tir des deux drones. C’est le cas de l’ancien officier de la CIA Philip Giraldi (“l’armée US et la Maison Blanche étaient-elles au courant de l'attaque à l'avance, ‘et si oui, l'ont-elles approuvée ?’”), de l’activiste Mike Whitney (“Les élites US estiment que la seule façon d’arrêter le déclin US ‘est de recourir à la force militaire’”).

A partir de ces diverses observations, nous ferons les nôtres, qui embrassent effectivement les mêmes questions et les mêmes débats.

• ‘Ukrisis’, c’est bien plus que la guerre en Ukraine, et cette guerre devra se terminer par la défaite nécessairement catastrophique de l’un des deux camps, où l’on trouve la Russie et les USA. Il est d’ailleurs étonnant, selon notre point de vue d’entendre certains avis très tranchés de commentateurs hors- et antiSystème, pronostiquant une catastrophe aux USA même. C’est le cas de Daniel Lazare, commentateur de la gauche antiguerre, journaliste à ‘The Nation’, répondant à une interview de Finian Cunningham le 3 décembre 2022, et laissant le choix aux USA : 1789 ou 1917, et cela en préparation dès 2024...

« Clairement, les USA évoluent vers cette sorte de situation [1789 ou 1917]... Je veux dire que plus rien ne peut être récupéré [de ce qui existe aux USA] et il faut une seconde révolution [aux USA...] ... Quand vous avez un système de gouvernement complètement vidé de toute substance et complètement irréformable, – et laissez-moi insister sur le mot “complètement”, – le processus de transformation révolutionnaire est précipité par les énormes contradictions internes... Et cela peut paraître fou, mais je suis convaincu qu’en Amérique, ce système le plus conservateur peut devenir le plus révolutionnaire ! »

• Nous sommes donc convaincus qu’un conflit au plus haut niveau (Russie et OTAN/USA) est au moins probable, mais qu’il ne serait pas nécessairement nucléaire à cause de l’existence désormais, dans le chef des armes russes hypersoniques, d’un échelon intermédiaire dans la dissuasion « entre la guerre conventionnelle de haut niveau et la guerre nucléaire avec son enchaînement quasiment inéluctable du tactique au stratégique (guerre totale d’anéantissement). » Cette probabilité conditionnelle empêche d’évoquer plus précisément ce que pourrait être le déroulement de ce conflit

• ... D’autant plus que nous pensons que cette “Grande Guerre” qui peut éviter l’anéantissement réciproque, rencontrera avant même de s’exercer pleinement un écueil majeur : la nécessité de la mobilisation pour disposer de forces suffisantes. C’est un exercice que connaissent déjà les Russes et où ils savent faire. Par contre, une mobilisation dans les pays du bloc-BAO, c’est une autre affaire, si l’on inclut les troubles sociétaux, les troubles du mécontentement populaire, les troubles de l’immigration (imaginez-vous la population française d’origine algérienne mobilisée pour une guerre contre la Russie alors que la Russie n’a pas en Afrique de meilleur ami que l’Algérie ?)