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• L’extraordinaire événement que constitue ce que nous nommons épisodiquement l’hyper-Epsteingate doit être examiné avec minutie en même temps qu’il continue à se développer et à produire de nombreux effets inattendus. • Pour nous, les membres de ce groupe des élitesSystème se sont pris à leur propre jeu du simulacre de l’hyper-puissance et de l’impunité, en même temps que grandissaient leur stupidité et leur aveuglement. • Ayant acquis privilèges et puissance grâce au système de la communication, ils ont chu à cause de lui.
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C’est un truisme écrasant d’observer que ce “dossier du siècle”, l’hyper-Epsteingate, est une fantastique démonstration de la distance existante entre les élites, – c’est-à-dire les élitesSystème, – et le bon peuple dont ces élites sont chargées d’assurer et de surveiller le bon fonctionnement selon les consignes de l’heure. C’est un truisme pour cet aspect des choses ; mais c’est un truisme aussi que cet acte de l’étrange indifférence de ces élitesSystème pour les risques qu’elles couraient en se renforçant, en se favorisant, en s’applaudissant, – et en se montrant, finalement, en toute impunité croyaient-elles, au cœur des activités du Système.
A vrai dire, nous ne croyons pas que la thèse du chantage ou celle du complot globaliuste explique ces comportements, bien loin de là, même si cela vaut pour l’un ou l’autre cas. A la lecture de la franchise, voire de l’admiration ou de l’enthousiasme enfantins de certains courriels, alors que tout le monde sait plus ou moins vaguement depuis longtemps que ce flux de communication est complètement ouvert à qui sait un peu manier cette technique archi-dévoilée par tant de galopins à peine dissimulés, on est saisi par la stupéfaction ! Mais à quoi pensent tous ces gens puissants, qui savent l’importance de l’“image” et de la réputation puisque ce sont eux-mêmes qui en ont fait leur bouclier de protection, à ainsi risquer le pire ?
Ce que démontre l’hyper-Epsteingate, ce n’est pas tant la tromperie des masses écrasées par la drogue nommée “démocratie”, absolument abruties par les contines qu’on leur en fait, – on savait et l’on sait tout cela ; ce qui est démontré, c’est que les élitesSystème, non seulement ne valent pas mieux, et même qu’elles sont encore plus écrasées et abruties que les troupeaux qu’elles ne sont même pas capables de conduire.
Vivent-elles dans un autre monde ? Sur une autre planète ? Peu nous chaut en vérité car ce fut toujours le cas par simple attraction sociale, car il y eut toujours de ces élites-là. Mais les nôtres ont quelque chose de différent. Ce qui les distingue, ce ne sont pas les forfaits qui sont à l’image de ce qu’elles sont et de ce qu’elles ont produit de catastrophique, mais bien leur espèce de croyance qu’elles sont vraiment différentes et que ce qu’elles font est à la fois inviolable et finalement naturel, – et que la nature, leur nature, est finalement la vertu même. Cette situation est le résultat d’une sorte de transformation profonde de ce qui faisait l’être chez eux, et qu’ils ne sont plus, à la suite d’une addiction complète à la drogue puissante et implacable que le Système qu’ils n’ont cessé de renforcer a fini par produire sous forme d’une substance massive qui transforme les êtres en ce qu’ils sont devenus : diaboliquement puants, absolument aveugles et stupides, d’une hypocrisie et d’une naïveté insensées, jusqu’à prendre le noir pour du blanc et leur jugement pour une sorte de distillation de la vérité vertueuse.
Plus encore, – ou pire encore, quoique..., – cette création-Système s’est faite grâce à l’empire d’un système de la communication d’une fantastique puissance. On sait ce que nous pensons de ce système, qui est un Janus prêt à joyeusement trahir son créateur dès que le vent lui promet une autre allure, meilleure et bien plus divertissante. Ce système de la communication, qui a donc construit les élitesSystème comme si elles étaient inatteignables, a donné à ceux qui rêvent de trouver une cause centrale au malheur qui nous accable tous, la cible évidente des élitesSystème en train de copuler, de voler-violer, de corrompre, de mentir, de les haïr, de parader en se rengorgeant, de jouer au donneur de leçons...
Il y a longtemps que nous observons l’activité de ce Janus, installé à l’intérieur du Système comme s’il était son ami, prêt à le trahir, à le piquer comme fait un scorpion, à la première sollicitation, et de plus en plus actif dans ce jeu :
« Le grand perturbateur de ce destin épouvantable, le joker qui peut faire basculer la partie qui semblait impossible à faire basculer, qui ménage ainsi une si grande part d’inconnu, c’est le système de la communication et la multiplicité extraordinaire de son effet-Janus...
» “Aujourd’hui, le système de la communication est entré dans des convulsions révolutionnaires et dans une formidable phase d’inversion vertueuse. C’est ce que nous nommons le “modèle-Janus” avec son opérationnalisation qui est l'“effet-Janus”, auquel nous nous sommes déjà souvent référé sur ce site, à l’occasion de tel ou tel événement... »
Cette citation vient d’un texte sur « le dernier des hommes » du ‘Zarathoustra’ de Nietzsche, et l’on comprend combien la définition qu’il en donne, dans une phrase splendide, va comme un gant à toute cette foule des élitesSystème regroupées à l’heure de la diabolique et triomphante stupidité :
« Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait pas se mépriser lui-même… »
Voici le texte que nous présentons pour illustrer la situation du public face à cette énorme nébuleuse du scandale, écrit par Patrick Keeney, via ‘The Epoch Times’, et publié par ‘ZeroHedge.com’
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L’obsession publique pour les dossiers Epstein s'est, comme on pouvait s'y attendre, focalisée sur les aspects les plus sordides de l'histoire.
Cela se comprend.
L'exploitation sexuelle, en particulier des jeunes, est parmi les crimes les plus pernicieux, et l'ampleur des abus d'Epstein, ainsi que l'indifférence apparente des institutions puissantes à son égard, exigent une indignation morale.
Mais se concentrer exclusivement sur le scandale sexuel, c'est passer à côté de la leçon plus profonde et plus troublante que révèle cette affaire.
Ce que les dossiers Epstein exposent avant tout, c'est l'éloignement social et moral des élites américaines vis-à-vis du peuple qu'elles prétendent gouverner.
Epstein n'était pas simplement un prédateur ayant accédé au pouvoir. Il était un rouage d'un monde clos de richesse, d'influence et d'impunité. Le scandale ne réside pas dans le fait que des personnes puissantes se soient mal comportées en privé – l'histoire regorge d'exemples de ce genre – mais dans le fait qu'elles l'aient fait avec une confiance fondée sur la conviction d'être à l'abri des conséquences de leurs actes.
Elles évoluaient au sein d'une culture d'élite transnationale qui s'était largement affranchie des contraintes morales ordinaires, de la responsabilité juridique et du devoir civique. Cette culture n'a pas seulement toléré Epstein, elle l'a normalisé.
Ceci fait écho à l'analyse de Christopher Lasch il y a des décennies, bien avant que les îles privées et la philanthropie des fonds spéculatifs ne deviennent des symboles familiers des excès des élites. Dans son ouvrage de 1994, « La Révolte des élites », Lasch soutenait que les classes dirigeantes américaines modernes avaient cessé de se percevoir comme les gardiennes d'un projet national commun. Elles se voyaient de plus en plus comme une caste mobile et mondialisée, éduquée dans les mêmes institutions, fréquentant les mêmes villes, guidée par les mêmes goûts et principalement responsable uniquement les unes envers les autres. La citoyenneté était perçue comme un inconvénient mineur. L'appartenance à la nation et le patriotisme n'étaient plus que des vestiges sentimentaux d'une époque moins éclairée.
L'affaire Epstein semble illustrer parfaitement la thèse de Lasch.
Il s'agissait d'un individu dont la fortune était opaque, dont les sources de revenus étaient rarement examinées et dont le statut social paraissait à l'abri des risques habituels en matière de réputation. Il jouait le rôle d'intermédiaire social entre financiers, politiciens, universitaires, membres de la royauté et célébrités, dont beaucoup prônaient publiquement des politiques d'élévation morale, de justice sociale et de responsabilité mondiale. Pourtant, en privé, ils vivaient dans un monde marqué par l'indulgence, le sentiment d'avoir droit à tout et le mépris des limites.
Le détachement des élites est aujourd'hui non seulement économique, mais aussi existentiel, et il est loin d'être l'apanage des Américains. Les classes dirigeantes des démocraties avancées vivent de plus en plus dans un monde caractérisé par la mobilité, l'abstraction et l'impunité. Leurs loyautés sont professionnelles plutôt que civiques, globales plutôt que nationales, et managériales plutôt que morales. Elles perçoivent la société moins comme un héritage commun que comme un ensemble de problèmes à gérer à distance. Dans un tel monde, l'attachement à un lieu, à la mémoire et au destin commun paraît étriqué, voire suspect, tandis que l'appartenance elle-même est discrètement redéfinie comme un obstacle au progrès.
Ceux qui élaborent des politiques touchant à l'immigration, au maintien de l'ordre, à l'éducation, à la santé publique et à la sécurité nationale en subissent rarement les conséquences. Ils n'envoient pas leurs enfants dans des écoles en difficulté, ne vivent pas dans des quartiers à forte criminalité, ne se disputent pas les logements rares et ne se débattent pas avec des institutions publiques défaillantes. Leurs vies sont protégées par la richesse, le lieu de résidence, les services privés et, de plus en plus, par la loi elle-même.
L'affaire Epstein met en lumière cette réalité car elle révèle non seulement l'hypocrisie, mais aussi l'impunité. Malgré une documentation abondante, des avertissements répétés et des témoignages crédibles, la justice a tardé à être rendue. Ce n'est pas parce que les crimes étaient ambigus, mais parce que les accusés évoluaient dans une sphère protégée où les conséquences étaient négociables et l'application de la loi discrétionnaire. La justice, comme la morale, était appliquée ailleurs, pour d'autres.
Ce qui indigne le public, ce n'est pas la curiosité malsaine, mais la prise de conscience. Le scandale trouve un écho car il confirme une suspicion grandissante chez les citoyens : il existerait un univers moral pour la classe dirigeante et un autre pour le reste de la population. Les élites prônent la modération, le développement durable et la responsabilité tout en menant une vie de consommation et de luxe extravagants. Elles incitent au sacrifice social tout en s'exemptant de ses conséquences. Elles parlent le langage du progrès tout en pratiquant une forme raffinée de décadence. Lasch a averti qu'une telle classe dirigeante finirait par perdre toute légitimité, non par idéologie, mais par nature. Une société ne peut être gouvernée indéfiniment par des individus qui ne se sentent pas appartenir à elle. Lorsque les élites deviennent des touristes dans leur propre pays, financièrement mondialisées, culturellement déracinées et moralement déconnectées, leur autorité ne repose plus que sur la coercition et le spectacle.
Les dossiers Epstein doivent donc être perçus moins comme une aberration que comme un symptôme. Ils révèlent une classe dirigeante qui a perdu les réflexes de retenue qui justifiaient jadis son pouvoir, ainsi que le sens du bien commun.