Le bal des cytokines

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Le bal des cytokines

29 juillet 2020 – Au départ, je veux dire la première fois que j’entendis et réalisai la force de l’expression, cette expression de “tempête de cytokines” arrêta complètement mon attention. Désormais, me référant au texte publié ce même jour sur ce site, je commence à comprendre pourquoi.

Ce qui m’avait arrêté lors de l’apparition dans le grand public des remarques sur les “tempêtes de cytokines”, c’est l’image que je m’en était faite de ces cellules immunitaires comme des soldats chargés de la protection de quelque chose qui peut être vous-mêmes, semblant soudain prises de folie et se conduisant d’une façon qui met en danger gravement cela qu’on est censé protéger, jusqu’à ce que la mort s’ensuive sans le moindre mot de regret dans nombre de cas. Cette interprétation simpliste avait pourtant, déjà, quelque chose de symbolique. Il me semblait qu’on y trouvait quelque chose de notre terrible époque, notamment dans le sens de la psychologie déchaînée, de l’inversion, de la perte de l’autorité, de l’ignorance de la responsabilité dans telle ou telle tâche sacrée que le destin vous aurait assigné.

L’image des cytokines que se représentait mon esprit était bien celle de ‘soldats’ comme je l’ai dit, – avec, parce qu’on est dans une tragédie-bouffe, une certaine dose de fantastique-fantasy, alors que me vient à l’esprit l’image des “Cartes-soldat” de Alice au Pays des Merveilles” ; mais des ‘soldats’ sans nul doute, parce qu’il y avait dans leur “tempête” ce qui me semblait être une bataille ; puis la perception s’élargissait et l’image pouvait s’adapter et s’appliquer à toutes les situations. En forçant à peine le trait, et puisqu’il s’agit de “tempêtes”, cela pouvait aussi bien apparaître comme une bacchanales déchaînée, d’une représentation plus étrange et dangereuse, ésotérique sinon diabolique, où là aussi se perdent tous les sens de la mesure, de la légitimité, cette fois dans le champ de la société en général et non plus des seules structures de sécurité, soldats, policiers, etc. Les “tempêtes de cytokines”, ainsi, devenaient notre époque elle-même, où l’inversion est le caractère central du comportement, – ou devrait-on dire la pathologie, c’est-à-dire comme une pandémie puisque tant et tant de comportements sont infectés à cet égard.

Voilà comment tout cela nous ramène à Covid19, mais lesté d’une force symbolique nouvelle.

C’est dans cet état d’esprit qu’il faut aborder la trouvaille de Astore-Engelhardt, et alors comprenant bien mieux l’excitation que j’ai ressentie à découvrir la chose. Le symbolisme que suggère cette trouvaille, d’un second virus parallèlement au Covid19, et cette fois opérationnalisant la pandémie qu’est la poussée destructrice et déconstructrice de la puissance américaniste (Grande-Émeute 2020 & le reste), est absolument légitime et complètement juste. Il éclaire d’une lumière bien plus forte, sinon tranchante et absolument révélatrice, les caractéristiques de cette époque et du processus d’Effondrement du Système.

Le symbolisme nous permet de mieux appréhender deux aspects essentiels de l’Effondrement ; nous les connaissons certes et même les ai-je cités plus haut, comme “en passant” ; l’intérêt ici dans ce symbolisme est, comme dirait un scientifique dont je ne suis certainement pas, de les voir comme vérifiés expérimentalement. Une fois ces hypothèses paraissant scientifiquement vérifiées, vous êtes conforté, à la fois dans la perception de l’époque où vous vivez, à la fois dans l’interprétation que vous en faites, et par conséquent vous vous ouvrez à partir d’une assise solide vers d’autres perspectives, bien plus hautes. Le symbolisme vous permet d’aboutir à une vérité-de-situationd’une extrême importance puisqu’elle constitue en fait l’essentiel de la description de la mécanique de cette époque, donc de l’Effondrement du Système ; la vérité-de-situation suprême, si vous voulez.

Le premier de ces deux aspects est la puissance symbolique du fait de la pandémie. Il permet d’écarter toutes les escapades très aventureuses de votre jugement ; qui sur la voie des explications tortueuses, allant des grands plans de conquête impériale aux conspirations multiples, extraordinaires et brumeuses, et pourtant d’une efficacité si extraordinaire que vous en êtes vite épuisé ; qui sur la voie des théories surréalistes venues des philosophailleries les plus complexes, vous expliquant que l’effondrement du pouvoir est nécessaire pour mieux affirmer l’autorité du pouvoir, que du chaos destructeur du Système doit jaillir la source indiscutable du triomphe du Système, qu’il est de la plus extrême sagesse (de la part du Système) de relâcher la poigne de fer où il vous tient, pour mieux la refermer plus tard, lorsque vous vous serez révolté contre lui parce qu’il vous aura montré son vrai visage. Bref,  “le premier de ces deux aspects”, “la puissance symbolique du fait de la pandémie” vous évite de perdre votre temps précieux.

La pandémie, c’est l’explication ultime de la pathologie multipliée par la solidarité et l’uniformité entre les victimes, et touchant en premier ceux qui prétendent vous manipuler, placés les plus près de la source du mal. La pandémie, c’est la justification et l’explication de l’existence des élitesSystème et des zombieSystème que sont ces élites : elles sont effectivement investies et productrices de la folie qu’est cette pathologie répandue par pandémie, parce que manipulatrices de la pandémie, et donc sources même de la pathologie qui les dévaste. Vous êtes alors assuré de ce fait de l’existence et de la malignité de ces élitesSystème, et de la profondeur du mal qui les ronge. Elles fournissent une aide précieuse au processus d’Effondrement du Système qu’elle prétendent servir et protéger, comme des cytokinesSystème si vous voulez...

... Car le second des deux “aspects essentiels de l’Effondrement” dont le symbolisme des ‘tempêtes’ me donne la plus complète confirmation, c’est l’inversion. La logique morbide est d’ailleurs là pour nous décrire la chose : l’inversion, c’est le symptôme essentiel de la pathologie que répand la pandémie, c’est l’illustration même du mal qui nous déchire si nous ne nous révoltons pas, dans tous les cas qui déchire nos élitesSystème jusqu’à leur faire boire leur propre sang.

L’inversion explique toutes les folies absurdes de cette époque, et par conséquent le comportement fou et faussaire des cytokine, ces Cartes-soldats qui se révoltent dans une ‘tempête’ de traîtrise. Ainsi est-on, conduit à l’explication la plus complète, la plus justement intuitive qui soit, – que l’inversion que déverse sur nous la pandémie, et sur le Système lui-même, transforme la surpuissance du Système en autodestruction du même.

Ainsi le symbole de la surpuissance devient-il aisément symbole d’autodestruction, et la gentille cytokine pure charogne qui conduit le système au Mordor d’où jamais il n’eût dû sortir.

Bal des cytokines ? Bal des charognes, oui... C’est la loi de la tragédie-bouffe, l’avers et le revers de la pièce antique que nous avons trahie.

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