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• Référence à notre ‘effet-Janus’ si important dans notre dispositif de combat contre le Système, passant par la manipulation du système de la communication. • Retour aux origines de Janus, symbole du mois de janvier.
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Il est particulièrement jubilatoire et roboratif de voir un symbole presque aussi vieux de ce qui nous tient d’histoire trouver sa justification et sa raison d’être dans les événements de l’hypermodernité. Plus grande encore est notre joie quand cette opération de résurrection s’avère absolument légitime et justifié, et s’avère être un excellent instrument pour faire rendre gorge à l’infamie régnant dans une époque qui lui est considérablement postérieure, donc absolument supérieure selon la doxa du Progrès.
Ainsi, vous devez savoir savez l’importance que nous attachons au symbole de Janus, sous l’expression d’“effet-Janus” auquel nous avons attribué une tâche particulièrement délicate et essentielle. Andrea Marcigliano, professeur et philosophe émérites déjà lus dans nos colonnes, qui consacre un texte plein de poésie symbolique et de nostalgie divinatoire au sujet du rapport “Janus-mois de janvier”, vaut ici d’être cité avant que l’on le retrouve dans son propre texte :
« Il n’est pas étonnant que, lorsqu’on donna un nom [à janvier], ce mois fut consacré à Janus. Le dieu Bifrons. Dieu de la fin et Dieu du début.
» Un visage vieux, vénérable… et un autre, au contraire, jeune et frais.
» Janus représente, entre autres choses, le présent. La pause, qui est bien rare à saisir et qui, en réalité, nous échappe toujours, entre le passé et le futur. Entre regrets et peur.
» Une simplification, bien sûr. Parce que Janus est un Numen difficile à déchiffrer, toujours mystérieux. Et, de plus, il existe des bustes qui le représentent comme Tetrafrons, c’est-à-dire avec quatre visages différents. Orientés vers les quatre points cardinaux. »
Notre propos est de tenter de relier ce texte si profondément évocateur de la tradition et d’un passé plein d’espérance à un présent qui est en train de jouer notre destin et notre avenir en se conformant à des règles diaboliques qui montrent l’imposture où il s’enfonce et la trahison d’un tel passé qu’il commet. Hier, nous évoquions Janus en parlant, à propos du Diable, du système de la communication dont il est le maître :
« Le “système de communication” étant un simple transmetteur de l’information sans aucune prétention à l’organisation et à la structuration de la connaissance tandis que le “système de la communication” est un transmutateur qui organise l’information de façon à susciter par cette activité la connaissance élaborée à quoi peuvent être utilisées ces informations ; c’est ce que nous nommons par ailleurs ‘effet-Janus’ car cette particularité que nous mettons en évidence laisse ouverte la liberté du choix de la communication, bienveillante ou malveillante, vis-à-vis du Système ou vis-à-vis de ses adversaires. »
Ce rappel de la signification très-ancienne du mois de janvier symbolisée par Janus constitue une étonnante rencontre avec la situation de notre destin. Face aux forces diaboliques qui entérinent la trahison de toutes les espérances de la tradition, c’est sur Janus comme instrument principal que nous comptons pour résister, et résister encore, et tenir enfin jusqu’à ce que le processus de la surpuissance suscitée par le Système devenu fou ait enfin entraîné l’achèvement de sa propre autodestruction inéluctablement inscrite dans ce processus.
Ce qui donne le plus grand espoir dans ce symbole venu jusqu’à nous et utilisé par nous contre ce qui a favorisé ce dont lui-même est pourtant le maître, – ambiguïté de la lutte finale, – c’est que ce Janus-là n’a pas craint de tremper ses mains dans la boue de notre effondrement, pour mieux en découvrir la source et l’annihiler à jamais. C’est aujourd’hui l’enjeu qui nous déchire, avec ce symbole venu de la nuit des temps et qui domine tous les Temps-de-fou auxquels nous sommes confrontés... Car enfin, voyez d’où nous avons sorti cette idée symbolique qui nous donne la force de la résistance, et celle de “tenir enfin” pour réaliser notre destin. C’était le 10 mai 2010, sous le sous-titre « Le système de la communication, ce Janus-putain » :
« La “révolte populaire” n’a pas de plus grand allié que le système de la communication, qui est pourtant l’une des grandes branches d’action du système anthropotechnique qui nous domine, au côté du système du technologisme. Le système de la communication est un Janus. Conçu pour enfoncer les dernières résistances des forces structurantes, et notamment des “forces populaires” lorsqu’elles réagissent dans ce sens de la résistance, il est effectivement capable de faire déferler un torrent de propagande, d’inventer le virtualisme et de le développer jusqu’à l’hystérie pathologique, de faciliter la diffusion de l’“hollywoodisme” jusqu’à complète castration et stérilisation des cultures et des psychologies, de développer la pub-people jusqu’à complète éviscération des neurones des esprits trop tendres. En même temps, parce qu’il est d’essence marchande et globalisante, il met à la disposition de qui le veut et qui peut s’avérer consommateur à un moment ou l’autre, c’est-à-dire du peuple en général, tous les moyens possibles de la communication. C’est un Janus qui serait aussi une putain. »
... Mais, tout le monde le sait, face au Système, n’importe quelle putain montrerait une dignité bien supérieure. Pour cette raison, nous revenons aux sources du symbole et à la grandeur majestueuse de nos Anciens, avec le texte de Andrea Marcigliano. L’original est sur ‘electromagazine.it’, et la publication en français est de l’indispensable ‘euro-synergies.hautetfort.com’.
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En somme, le mois de janvier a commencé. Il y a peu de temps, mais cela a suffi. L’euphorie, pour dire la vérité, assez fausse et un peu forcée, de la veille, a laissé la place aux cendres. À une saveur amère dans la bouche.
C’est un mois froid, même si les jours commencent à rallonger. Froid et inhospitalier. À tel point qu’autrefois, il était le premier des deux mois intercalaires. Même pas indiqué sur le calendrier antique que, par convention, nous appelons le calendrier de Romulus. Qui, cependant, remonte à une époque bien plus ancienne. À une époque où les ancêtres des Latins vivaient bien plus au Nord. Dans des régions subpolaires.
À cette époque, la vie s’arrêtait. Elle stagnait pendant deux mois. Jusqu’à la fin février, mois des fièvres et de la purification.
Et janvier était un mois mort. Un mois d'absence. Cachés dans des huttes, les ancêtres des Latins laissaient le temps s’écouler. Et espéraient le présage de renaissance annoncé par le solstice.
Il n’est pas étonnant que, lorsqu’on lui donna un nom, ce mois fut consacré à Janus. Le dieu Bifrons. Dieu de la fin et Dieu du début.
Un visage vieux, vénérable… et un autre, au contraire, jeune et frais.
Janus représente, entre autres choses, le présent. La pause, qui est bien rare à saisir et qui, en réalité, nous échappe toujours, entre le passé et le futur. Entre regrets et peur.
Une simplification, bien sûr. Parce que Janus est un Numen difficile à déchiffrer, toujours mystérieux. Et, de plus, il existe des bustes qui le représentent comme Tetrafrons, c’est-à-dire avec quatre visages différents. Orientés vers les quatre points cardinaux.
Et pourtant, je ne veux pas ici analyser un mythe ou une iconographie. Je veux simplement évoquer, autant que possible, la présence de ce Numen, qui donna son nom au mois que nous vivons actuellement: janvier. Et qui, avec le calendrier de César – un calendrier solaire, basé sur le modèle égyptien – est devenu le premier mois de l’année.
Le grand, long gel qui suit les fêtes du solstice. Et qui enveloppe tout dans un silence soudain.
Tout en laissant vivre l’espoir, dans les rayons du Soleil qui commencent à se faire sentir d’abord à l’aube. Et plus tard jusqu’au crépuscule.
Bien sûr, c’est un Soleil froid. Qui, lorsqu’il apparaît, illumine, mais ne procure aucune chaleur.
Pourtant, c’est le Soleil. Et il maintient vivante la promesse du solstice.
Janus, janvier… Les vitrines illuminées et décorées de Noël disparaissent déjà.
Certains, bien sûr, garderont leurs décorations jusqu’à l’Épiphanie. Mais de moins en moins, car cette fête est archaïque et, en fin de compte, mystérieuse. Qui n’a presque rien, voire rien, à voir avec Noël, cette fête de la consommation effrénée et des décorations scintillantes.
Et puis, l’Épiphanie tombe en janvier. Dans le gel et le silence de ce mois, qui nous paraît long. Très long.
Une attente infinie. Un espoir. Une étincelle de lumière dans l’obscurité.