Grande Dépression 2.0

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Grande Dépression 2.0

9 mai 2023 (17H30) – Je m’attache à un détail qui concerne l’expression de “Great Depression”, que je croyais absolument réservée aux USA à la période 1929-1936. Je découvre, au travers d’une traduction reprise ci-dessous, le texte italien d’Emanuel Pietrobon, dans ‘InsideOver.com’, qui emploie exactement l’expression américaine, – reprise dans cette citation du texte original en caractère gras, –pour désigner notre période actuelle (au plus large, 1999-2023 et courant...)

« La classe dirigente ha contezza e consapevolezza della Great Depression, emblematizzata dalle epidemie di suicidi, dalla crisi degli oppioidi e dalla capillarizzazione delle stragi, e sa che dalla risoluzione di questo insieme intricato di problemi dipendono, più che il soft power in erosione, la sicurezza e il futuro degli Stati Uniti. Perché il rischio è che, stando a quanto viene sussurrato nei corridoi che conducono alle stanze dei bottoni, l’America arrivi già vinta al redde rationem con la Repubblica Popolare Cinese. »

Je trouve d’abord, dans une première réaction, cet emploi un peu trompeur, ou bien exagéré, – et sans doute est-il bien cela quant à l’importance de l’événement dans le cadre strict de l’histoire des USA comme entité existante avant la crise, subissant la crise, et s’extrayant momentanément de la crise par un artifice (et de quelle taille ! Rien de moins que la Deuxième Guerre mondiale et sa mobilisation). Tous comptes faits, pourtant et s’accordant à l’expression “s’extrayant momentanément”, je m’avise que la reprise est acceptable dans la mesure où l’on considère que nous vivons, avec la crise actuelle aux USA, une poursuite vers l’épisode final de la même ‘Grande Dépression’ des années 1930, après un hiatus de quelques décennies où les effets psychologiques de cette crise furent momentanément écartés.

Je suis d’autant plus poussé à cette interprétation que, cette fois, l’auteur s’attache à des phénomènes de dégradation essentiellement d’ordre psychologique et psychique qui affectent la population, l’homo americanus. Cela justifie d’autant l’emploi de l’expression dans son sens de pathologie psychologique plutôt que dans son sens économique comme on le fait en général, – de la façon d’un simulacre rassurant, dirais-je... D’autant, encore bien plus, que c’est toujours dans le domaine de la psychologie principalement que j’ai estimé qu’il y avait eu réellement et ontologiquement une ‘Grande Dépression’ aux USA dans les années 1930.

Note de PhG-Bis : « Il a souvent été question sur ce site de la Grande Dépression comme phénomène de dépression psychologique collective d’un peuple et marque de la grande crise ontologique de l’Amérique soumise à l’américanisme, comme par exemple lors de rappels de l’événement à l’occasion de la crise de 2008 commencée avant septembre 2008. Pour appuyer le propos de PhG, je crois que la Grande Dépression-1930 comme analogie de la crise actuelle, ou disons une réplique sismique préemptive de la crise actuelle, n’a pas été mieux décrite, – pour notre compte, sur le site, – que dans l’essai d’une amorce de livre rapportant notamment une étude du développement de la ‘Beat Generation’ des années 1945-1960, – parce que cette génération révoltée est l’incontestable progéniture de la Grande Dépression ; cet essai, à lire à la date du 28 mai 2012, reprise avec une introduction développée d’une parution du 5 septembre 2007, tous deux avec ce texte sur “Le soleil noir de la ‘Beat Generation’”. Ce qui caractérisait le plus la ‘Beat Generation’ et la tragédie psychologique non-résolue de la Grande Dépression, c’est ce jugement d’un biographe de Jack Kerouac : “Pour ces jeunes Américains [de la Beat Generation], la [Deuxième Guerre mondiale] était le symptôme de leur pessimisme, et non sa cause première”.»

Tout cela étant dit, on comprend que je m’intéresse à ce texte comme une bonne documentation de ce qui apparaît aujourd’hui, non pas comme l’effondrement de l’Amérique et de son américanisme, mas comme une dégénérescence monstrueuse de l’Amérique à cause de l’américanisme. La pénétration de ce pourrissement au niveau de la psychologie, des corps, des comportements sociaux et individuels, et finalement au niveau de l’esprit avec les délires wokenistes notamment pour se greffer sur l’évolution psycho-sociologique, est une formidable illustration d’une décadence hyper-accélérée, si rapide qu’effectivement l’affaiblissement cognitif et comportemental prend l’allure de l’hystérie, de la folie et du vice le plus infâme, jusqu’à côtoyer les délires ricanant du satanisme.

L’auteur fait bien entendu référence au “rêve américain”, notre référence de l’‘American Dream’, toujours présente avec le constat de sa mort, de son enterrement, de sa crémation, etc. Il y a encore une quinzaine, nous en parlions encore avec d’autres références, en rappelant combien la fin de l’‘American Dream’ avec celle de l’Amérique constituerait un choc psychologique immense, la vraie fin de notre civilisation. On se répète sur cette question si sensible et qui me semble impérative...

« Inexorablement, on voit donc l’évolution de la situation crisique conduit vers l’éclatement des USA comme achèvement parfait de la GrandeCrise et de la destruction de la modernité. J’ai, nous à ‘dedefensa.org’ avons toujours pensé et dit qu’il s’agirait, – ce phénomène de la destruction des USA, – d’un choc psychologique immense et il faut plus que jamais en être persuadé. Il s’agit, nous en avons souvent parlé, de la destruction, – en même temps que le reste, – de l’‘American Dream’. Nous en avons souvent parlé, et souvent en détails, comme ce 18 juillet 2020, en marge des émeutes ‘Black Lives Matter’

» Nous avons toujours tenu la rupture inéluctable et nécessaire de ce rêve (l’‘American Dream’) comme un événement absolument fondamental, une véritable rupture de civilisation dans notre psychologie. Nous écrivions à ce propos le 14 octobre 2009, ces lignes dont je ne changerais pas un mot du sens, de la destinée, de la voie à suivre :

» “L’un des fondements est psychologique, avec le phénomène de fascination – à nouveau ce mot – pour l’attraction exercée sur les esprits par le “modèle américaniste”, qui est en fait la représentation à la fois symbolique et onirique de la modernité. C’est cela qui est résumé sous l’expression populaire mais très substantivée de American Dream. Cette représentation donnée comme seule issue possible de notre civilisation (le facteur dit TINA, pour “There Is No Alternative”) infecte la plupart des élites en place; elle représente un verrou d’une puissance inouïe, qui complète d’une façon tragique la “fascination de l’américanisme pour sa propre destinée catastrophique” pour former une situation totalement bloquée empêchant de chercher une autre voie tout en dégringolant vers la catastrophe. La fin de l’American Dream, qui interviendrait avec un processus de parcellisation de l’Amérique, constituerait un facteur décisif pour débloquer notre perception, à la fois des conditions de la crise, de la gravité ontologique de la crise et de la nécessité de tenter de chercher une autre voie pour la civilisation – ou, plus radicalement, une autre civilisation”. »

Place au texte d’Emanuel Pietrobon, du site italien ‘Insidever.com’, repris par le site ‘euro-synergies.hautefort.com’, le 30 avril 2023.

 PhG – Semper Phi

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Du rêve américain à la dépression américaine

Les mythes qui ont contribué à la naissance d'un culte mondial pour les États-Unis, le rêve américain et l'American way of life, sont en train de mourir. Le tueur est l'Amérique elle-même, dont le corpus de valeurs salubres a été remplacé par les dégénérescences du libéral-progressisme et dont le modèle capitaliste, jadis référence des nations et pôle d'attraction des migrants du monde entier, vit dans l'agonie de crises intermittentes.

Le rêve américain et l'American way of life se meurent et avec eux l’homo americanus, de plus en plus déprimé, malade et seul. Les drogues traditionnelles et numériques, – pornographie et réseaux sociaux, – la malbouffe, les médicaments psychiatriques et les modes de vie autodestructeurs le tuent.

La classe dirigeante a connaissance et conscience de la Grande Dépression, emblématisée par les épidémies de suicides, la crise des opioïdes et les massacres généralisés, et sait que de la résolution de cet ensemble complexe de problèmes dépendent, plus que l'érosion du soft power, la sécurité et l'avenir des États-Unis. Car le risque est que, selon ce qui se murmure dans les couloirs menant aux salles de contrôle, l'Amérique arrive déjà vaincue au redde rationem avec la République populaire de Chine.

Aux origines de la Grande Dépression

Le rêve américain est devenu un cauchemar. Une combinaison de facteurs matériels et immatériels a supplanté l'optimisme chrétien sur lequel s'est fondée l'Amérique, superpuissance huntingtonienne solitaire qui, enivrée par les vapeurs enivrantes du Moment Unipolaire, n'a pas écouté la parénèse (soit l'exhortation à la vertu) de Zbigniew Brzezinski sur les dangers émanant de l'avènement d'une société façonnée par des athéismes messianiques, des cornes d'abondance permissives, des hédonismes collectifs et des valeurs autodestructrices.

Après avoir vaincu le défi des utopies coercitives, avertissait déjà le clairvoyant Brzezinski en 1993, – année du prophétique The World Out of Control, – les Etats-Unis abordèrent l’an 2000 avec un tableau clinique dégradé et le principal obstacle à leur hégémonie mondiale, plutôt que l’émergence inévitable de puissances révisionnistes, se révélant être leur processus de décadence. Un processus marqué par une violence sans précédent, des massacres misanthropiques à la radicalisation des tensions interethniques, susceptible d'avoir des répercussions sur la capacité de gouvernance mondiale des États-Unis et sur leur soft power, – car les peuples sont attirés par les empires émerveillés, pas par ceux qui sont en déclin civilisationnel.

La voix oraculaire de Brzezinski n'a pas été entendue, comme un cri dans le désert, mais l'histoire lui a rapidement donné raison. Six ans après le sinistre avertissement, en 1999, le massacre du lycée Columbine a ouvert la voie au siècle des massacres, tandis que les 3442 décès par overdose d'opioïdes ont marqué le début de l'épidémie d'opioïdes. Prodromes (ignorés) de la matérialisation du présage de Brzezinski.

Le mal-être, plus grand ennemi de l'Amérique

Les Etats-Unis risquent d'en arriver au redde rationem avec la Russie et la Chine, respectivement désireuses de réécrire le final de la guerre froide et de se venger du siècle de l'humiliation, avec un jardin en flammes et une maison en ruines.

Le révisionnisme de l'axe Moscou-Pékin est le défi de l'époque pour le système international occidental-centré, mais c'est le malaise de l'homo americanus solitaire, en colère, malade et dépressif qui est l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l'Amérique. La crinière qui la tient est si mince, alors qu'un mélange d'indifférence (des décideurs américains) et d'ingérence (des stratèges hybrides sino-russes) est en train de l’amincir encore, qu'elle pourrait tomber d'un jour à l'autre.

Les Freddy Krueger qui peuplent le cauchemar américain, et qui répondent aux noms de dépression, troubles mentaux, obésité, toxicomanie et ultra-violence, conduisent la société américaine vers la liquéfaction. Un tableau assombri par les processus simultanés d'extrémisation des forces politiques et de radicalisation des minorités. Le spectre de l'auto-apocalypse trouble le sommeil de la Cité sur la Colline.

La génération Z, ennemie du Pentagone

Les forces armées peinent à atteindre les objectifs annuels de recrutement en raison de la méfiance et de l'inéligibilité. Le problème réside dans les attributs que l'on retrouve en moyenne chez les membres de la génération Z, qui sont fondamentalement réfractaires à l'attrait de l'uniforme ou, lorsqu'ils sont intéressés, largement incapables de passer les tests psychophysiques et d'aptitude.

En 2022, en raison du manque de réactivité et de la faible qualité des candidats, l'armée de terre n'a pas atteint l'objectif de 60.000 recrues et en a enrôlé environ 45.000, soit 25 % de moins que prévu. Des chiffres qui témoignent d'un « défi sans précédent », selon les termes des dirigeants militaires, et qui pèsent sur la durabilité de la compétition stratégique avec la Chine. La crédibilité militaire des États-Unis est érodée par la possession d'une armée numériquement réduite et qualitativement pauvre, puisqu'elle est composée de soldats et de militaires physiquement inaptes et intellectuellement médiocres.

Le Pentagone tente d'inverser la tendance par différents moyens : campagnes de sensibilisation sur l'utilité des forces armées, -prolongations de contrats, rappels et augmentations des primes d’engagement, assouplissement des barrières à l'entrée, par exemple sur les tatouages, le poids, – possibilité de dépasser le poids maximum autorisé jusqu'à 6%, – et l'intelligence, – abaissement de dix points du score minimum pour se qualifier au test de psycho-aptitude.

La stratégie du Pentagone est une arme à double tranchant. Elle pourrait fonctionner quantitativement, c'est-à-dire augmenter le taux de recrutement, mais elle causerait des dommages qualitatifs, puisque les forces armées seraient composées principalement d'individus inadaptés. Il est vrai, en même temps, que le problème de la qualité ne peut être résolu par le Pentagone, car il nécessite une solution à multiples facettes au niveau du système, – culturel, éducatif, sanitaire.

En l'absence d'une solution globale, qui s'attaque à la racine du problème, le dossier des forces armées est voué à devenir de plus en plus problématique. En raison de la baisse constante du quotient intellectuel, emblématisée par les 130 millions d'Américains ayant une faible capacité de lecture. En raison de la capillarisation de l'obésité, symbolisée par le quadruplement des personnes en surpoids: 13% de la population en 1960, 41,9% en 2020. Et à cause de la part croissante des jeunes inaptes, compte tenu des circonstances précédentes et d'autres, – de l'antimilitarisme aux troubles dépressifs et mentaux, – qui est passée de 71 % à 77 % du total pour la seule période 2017-20.

Les Américains, dépressifs et destructeurs

Les troubles mentaux, ainsi que les troubles alimentaires, sont l'autre fléau qui affecte l’homo americanus, perturbant un peu plus les visions du Pentagone et de la Maison Blanche, et aiguisant les fantasmes de victoire des rivaux de l'Amérique. Parler de la Grande Dépression en chiffres revient à dire : une overdose mortelle toutes les cinq minutes, les overdoses mortelles chez les 15-19 ans ont augmenté de 150% entre 2018 et 2021, les overdoses sont la principale cause de décès chez les Américains de moins de 45 ans. Les lycéens ayant des « sentiments persistants de tristesse et d'abattement » sont passés de 26% à 44% entre 2009 et 2021, et le taux d'utilisation d'antidépresseurs est l'un des plus élevés au monde : 110 pour 1000 personnes.

Selon les dernières données disponibles pour 2019-20, un adulte américain sur cinq souffrira d'un trouble mental, soit plus de cinquante millions de personnes sur une population de 331,9 millions. Au cours de la même période, selon le CDC et Harvard, un adulte sur quatre âgé de 18 à 24 ans aurait des pensées suicidaires et 51% des adultes âgés de 18 à 29 ans connaîtraient des moments de dépression sur une base hebdomadaire.

L'épidémie de dépression qui a frappé les États-Unis, et dont la Chine profite pour exacerber la crise des opioïdes, – 841.000 décès de 1999 à 2022, – a fait du suicide l'une des principales causes de décès : deuxième dans les tranches d'âge 10-14 ans et 25-34 ans, troisième dans la tranche 15-24 ans et quatrième dans la tranche 35-44 ans. En 2020, le CDC estime qu'il y aura 1,2 million de tentatives de suicide et deux fois plus de suicides réussis que d'homicides : 45.979 contre 24.576.

En toile de fond de la Grande Dépression, dont elle est certainement une composante négligée, se trouve la question des massacres de civils par armes à feu : 4040 pour la seule année 2014-22. Dans 53% des cas de massacres en milieu scolaire et non scolaire, l'identité du meurtrier comprenait soit des troubles mentaux graves, soit des troubles neurologiques, soit des troubles psychiatriques non psychotiques, soit des troubles liés à l'utilisation de substances psychoactives.

Au total, entre 1999 et 2022, la Grande Dépression, entendue comme l'épidémie de suicides et d'overdoses mortelles d'analgésiques et d'antidépresseurs, a coûté la vie à un peu plus de deux millions de personnes, soit trois fois la population de l'Alaska. Des chiffres qui témoignent d'une société en voie de zombification, se dirigeant, à moins d'un revirement radical, vers une liquéfaction totale.

La crise vue par la Russie et la Chine

Une démocratie en voie de dé-démocratisation, une société en guerre civile moléculaire, une économie proche de l'overdose, telle est l'Amérique selon les deux grands challengers du système international occidentalo-centrique, l'Ours et le Dragon, qui sont persuadés de surmonter le moment unipolaire en réadaptant le scénario utilisé par les États-Unis pour vaincre le bipolarisme, les actions restrictives, la diplomatie triangulaire et les guerres pièges, dans l'espoir, – l'espérance, – de parvenir au même épilogue : l'implosion de l'autre pôle de puissance.

L'atomisation sociale, la dépression généralisée, l'intoxication collective et la radicalisation des minorités sont les meilleurs amis des guerriers de l'esprit russes et chinois qui dirigent et scénarisent les opérations de déstabilisation hybride aux États-Unis. Les premiers en menant des opérations de guerre dans la cinquième dimension, – le réseau, – au détriment de la sixième dimension, – l’esprit. Les seconds en développant des drogues mortelles, pour le corps et l'esprit, distribuées ensuite dans les magasins numériques, avec l'aide de la Silicon Valley, et dans les rues américaines, de concert avec les narcotrafiquants mexicains.

Pour la Russie et la Chine, les maux de l'homme américain contemporain sont des serpents venimeux qu'il faut nourrir. L'atomisation sociale est l'ennemie des individus, dont elle aggrave la solitude, les frustrations et les ressentiments, et des communautés, qu'elle divise en compartiments étanches dans lesquels il est alors possible de construire des chambres d'écho pour l'utilisation et la consommation d'agendas polarisants et radicalisants, – enseigne l'Internet Research Agency. L'ivresse collective est un inhibiteur de la créativité, de l'inventivité et de la productivité, qui sont les éléments constitutifs du pouvoir et les pare-feu des opérations cognitives, informationnelles et psychologiques, – aujourd'hui plus que jamais, à l'ère des réseaux sociaux, pernicieux et omniprésents. Et les deux, l'atomisation et l'intoxication, vont à l'encontre de la cohésion nationale et du patriotisme.

L'Ours et le Dragon tenteront de gagner le match du siècle contre l'Aigle sans le combattre directement, mais en l'abrutissant, en le divisant, en le droguant, dans l'espoir que les drames domestiques l'obligeront à revoir son agenda global ou le priveront du souffle nécessaire pour tenir jusqu'à la 90e minute. Tout sera permis pour une nuit, même et surtout l'illicite, dans l'épreuve de force entre le Moment Unipolaire et la Transition Multipolaire.

Emanuel Pietrobon