Bien entendu, – “le pire” est à venir...

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Bien entendu, – “le pire” est à venir...

Covid-19 ne résume pas la crise à lui tout seul, tant s’en faut. Les crises dites-“collatérales”, mais beaucoup plus importantes pour la structure du Système, – le tout composant la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) dans sa phase finale, – sont en train de se charger d’électricité pour préparer un paroxysme qui constituera, avec la chaîne crisique ainsi établie, un “perfect storm” pour employer l’expression anglo-américaniste, ou si l’on veut le “tourbillon crisique”-absolu.

Rarement, par ailleurs, crise de cette importance suprême de “tourbillon crisique”-absolu n’aura été autant annoncée, au contraire de la crise Covid-19 que personne n’a vu venir pour ce qu’elle est, dans le rôle qu’elle tient, celui du “grain de sable divin” d’une facture impeccable et implacable. Par conséquent, les avis s’accumulent, de tous les commentateurs de l’univers financier, plus ou moins visionnaires, plus ou moins célèbres, et tous convergent bien sûr vers la même conclusion. Exemplaire de  cet état d’esprit, l’un des plus fameux d’entre tous les gourous financiers, Jim Rogers, 77 ans :

« Les gouvernements du monde entier tentent d’arrêter la propagation du virus Covid-19, qui menace désormais l'économie mondiale. RT a parlé à l'investisseur légendaire Jim Rogers des conséquences financières de l’épidémie.
» De nombreuses personnes vont souffrir très gravement, car les effets de cette pandémie vont durer longtemps, selon Rogers.
» “J’ai déjà dit à RT, il y a quelques temps, que la prochaine fois que nous aurons un problème financier, ce sera le pire...” a déclaré Rogers, ajoutant qu'il semble que nous nous dirigeons vers “la pire crise financière de notre vie” et “nous le saurons dans quelques mois”.
» Selon le légendaire investisseur, de nombreuses industries comme les compagnies aériennes et les voyages vont souffrir. Les entreprises fortement endettées sont particulièrement vulnérables à l’heure actuelle, a expliqué M. Rogers, et celles qui participent au commerce international en particulier auront de sérieux problèmes. “Certaines d'entre elles seront en faillite”, a-t-il dit, en faisant remarquer que les grandes compagnies aériennes et maritimes seront probablement renflouées par les États car cela serait sinon “embarrassant pour les pays concernés”.
» Parlant des turbulences des marchés financiers, M. Rogers a déclaré que la plupart des marchés n’étaient pas prêts pour la crise sanitaire mondiale et ne savaient pas ce qui allait se passer. Toutefois, la raison d’un tel chaos est “pas seulement le virus, c’est certainement beaucoup plus” que cela. »

Effectivement, tout certainement n’est pas dû à Covid-19 qui, au pire, a joué le rôle de détonateur, et plus sûrement, celui du messager apportant les mauvaises nouvelles enfin concrétisées après plus de dix années de manœuvres et d’expédiaient tandis que les Indiens déchaînés galopaient en courant autour des chariots rangés en un cercle défensif. “Don’t shoot the messenger” même s’il faut se garder de la pandémie qu’il sème autour de lui, et examinez donc les chariots, – c’est-à-dire, l’état de l’économie dans le chef de ses plus grandes entreprises et de ses projets pharaoniques, les pratiques de ses dirigeants, le cynisme de ses actionnaires et ainsi de suite.

• Pas de meilleur exemple que l’un des plus pourris et l’un des plus puants parmi ces chariots :  Boeing. L’impudence de Boeing dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Boeing, qui a avalé en un tournemain et plusieurs centaines de 737Max flambants neufs mais bourrés de défauts mortels rangés sur ses tarmacs une ligne de crédit des banques de $13,8 milliards, a entendu le président Trump annoncer qu’il débloquerait $50 milliards pour venir en aide aux compagnies de transport aérien dont les services se sont effondrés du fait de la crise Covid-19. Boeing s’est aussitôt ressaisi, quasiment avec héroïsme et a décidé de lutter... Car Boeing se sent alors concerné au premier chef, – lui qui produit des avions de si bonne qualité pour les compagnies aériennes qui ne les lui commandent plus, – et, par conséquent, héroïsme aidant, il suggère au gouvernement de dégager « un minimum de $60 milliards » pour lui éviter la faillite ; c’est-à-dire, nul n’en doute, pour sauver l’industrie aérospatiale, les compagnies aériennes, et bien entendu car c’est sa préoccupation majeure, « les 2,5 millions d’emplois et les 17 000 fournisseurs sur lesquels Boeing s’appuie pour rester le numéro un des exportateurs US » (selon un communiqué de Boeing pour suggérer le transfert des $60 milliards d’argent de poche de la part du gouvernement).

La  rage de  ZeroHedge.com contre Boeing est remarquable. Ce site fameux qui reste pourtant fidèle au capitalisme, est fortement critique de la politique générale et du comportement des super-riches et des “too big to fall”, dont les demandes indécentes d’aides publiques relèvent plutôt du capitalisme du type “socialiste” désormais couramment pratiqué. Son commentaire sur Boeing ressemble au « Vous chantiez ? j'en suis fort aise :/  Et bien !  dansez maintenant » de monsieur de La Fontaine ; malheureusement nous ne sommes plus à une époque d’un tel talent et d’un tel esprit, où un fabuliste pouvait espérer qu’à force d’un si beau langage, il pourrait éveiller chez quelques lecteurs une vision plus ordonnée du monde.

Ainsi la rage de  ZeroHedge.com  est-elle sans espoir et résonne-t-elle surtout, à partir d’un exemple, comme une description du champ de ruines qu’est le Système. Sans nul doute, Boeing en est une belle illustration puisque directement connecté à la fois à la Grande Crise d’Effondrement du Système par ses pratiques et son 737Max, à la fois à la crise Covid-19 par ses liens avec l’industrie du transport aérien qui est l’une des principales victimes de cette même crise Covid-19.

« Comme nous l’avons déjà dit  avec rage, cette demande de renflouement arrive après que la société ait dépensé [perdu] près de $100 milliards en rachats de ses propres actions depuis 2013, ce qui a contribué à faire monter son titre à des niveaux record il n’y a pas si longtemps. Au lieu de vendre alors des actions pour obtenir des liquidités, Boeing demande à l’administration Trump un renflouement massif.
» Donc, non, personne de sensé ne devrait donner à Boeing ne serait-ce qu’un cent en “aide à court terme”. Au lieu de cela, la direction et le conseil d’administration devraient recevoir l’ordre de vendre autant d’actions qu’ils en ont besoin, – vous savez, le contraire de les racheter, – pour maintenir l’activité, quitte à faire chuter encore plus le prix de l’action.
» Il faut savoir qu’il s’agit du capitalisme, et alors il n’y a aucune raison pour que les contribuables paient la facture d’une entreprise qui, au lieu d’économiser de l’argent quand les temps étaient favorables, le distribuait aux actionnaires et à une poignée de dirigeants, et qui devrait maintenant, pour une raison absolument insensée, être secourue par un renflouement public parce que les temps sont devenus soudainement exécrables. [...]
» Il s’agit également d’un avertissement au Congrès et à la Maison Blanche : si les effets de la pratique de rachats systématiques d’actions telle que Boeing l’a pratiquée sont renfloués par le gouvernement au lieu que la société soit obligée de trouver ses propres sources de liquidités, il y aura une révolte en Amérique, et ce à juste titre. Ce sont les actionnaires de Boeing qui se sont enrichis durant la période et ce serait aux contribuables de s’assurer que la société, chargée de montants records de dettes utilisées pour financer les rachats, survive un trimestre de plus.
» En un mot, c’est de la foutaise [une belle saloperie]. »

Nous avons volontairement pris des références venues des USA, et des exemples catastrophiques également. On pourrait y ajouter le JSF/F-35 (USA toujours) que tant de pays (européens notamment), continuent à acheter à un prix qui transmutera le vil plomb en or, comme exemple d’un de ces programmes pharaoniques de très-haute technologie dont notre futur est pavé, comme la route vers l’enfer l’est  de bonnes intentions.

Nous restitutions, pour l’exemple sans plus, – et sans espoir de changer quoi que ce soit chez ces gens qui fabriquent cet excrément aérospatial et ceux qui l’achètent avec délice, – une partie du texte de l’ex-CDI dans le groupe POGO, meilleure source possible sur ce cas si postmoderne, exposé dans un texte du  11 mars 2020  à partir d’un document officiel du 28 février 2020, gardé secret sauf pour les lanceurs d’alerte toujours sur la brèche...

« A  new document  obtained by the Project On Government Oversight (POGO) shows that the F-35 program office has made little progress in fixing the fighter jet’s hundreds of design flaws, and continues to discover more of them. The Joint Strike Fighter Program Office’s Deficiency Report Metrics document, dated February 28, 2020, shows the program is currently dealing with 883 unresolved design flaws—and has no plan for correcting over 160 of them. [...]
» What the testing office is saying in engineering parlance is that the endlessly patched software controlling all the F-35’s components and mission systems is unstable. The “computer that happens to fly” is a densely integrated network of hardware, software, weapons, and mission data. Making a software change to any one component can,  and often does, have unintended negative effects on a seemingly unrelated component. The testing office wants to see the program correct all the existing flaws so the F-35 has a stable base on which to build as designers and engineers add new capabilities in the coming years. Unless this occurs, every time a new function is added, they will likely end up piling new flaws on top of old flaws, which will end up endangering schedules and increase costs.
» Despite the  triumphant 2018 proclamations  that the program had completed its troubled development process, the testing office has reported that development “may take years to complete.” Meanwhile, F-35 pilots today are  dealing with the effects  that “may be observed from both operational testing and fielded operations.” »

Oui, tout cela vient des USA parce qu’on ne prête qu’aux extra-riches, pour qu’ils vous restituent les grandes vérités-de-situation, parce que les USA sont la courroie de transmission de la matrice du Système. Et tout cela, malgré les apparences vite dissipées, dans la logique et la dynamique de cette incroyable “crise sanitaire” du Covid-19, pour lequel les divers gouvernements européens préparent des plans nationaux pour un total global approximatif de €2 000 milliards que la BCE sera chargée d’engloutir comme sa propre dettes, pour faire vivre les citoyens-travailleurs et l’économie-dérégulée qu’ils ont mis à l’arrêt face à “la montée des périls”, au « Nous sommes en guerre » de Macron.

« En un mot, c’est de la foutaise », dirions-nous pour commenter les commentaires qui découpent en ronds de saucisson les perspectives de la crise Covid-19, imaginant qu’une fois le virus vaincu les choses pourront enfin reprendre dans le bel élan de reprise qui marque la sortie des épidémies (caractérisées par une évolution en “V”, nous disent les spécialistes). Pour mieux comprendre les choses, il est préférable d’observer Boeing, ce monstrueux Covid-19 qui a, mieux qu’aucun autre, défini le chemin de croix et la chute dans les abysses que représente l’effondrement du Système.

“La pire crise financière de notre vie”, dit Rogers. La pire des crises tout court dirions-nous ; “la Mère de Toutes les Crises” aurait dit Saddam, qui, de là où il est avec vue plongeante, doit bien rire du spectacle grandiose de notre civilisation.

 

Mis en ligne le 18 mars 2020 à 13H40