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Dr Strangelove etc.

Article lié : Washington s'aperçoit qu'il se passe quelque chose du côté de la Guerre froide

Baquiast Jean-Paul

  03/04/2006

En remerciements à Dedefensa, qui nous alerte si efficacement, je dédis ce petit article publié sur mes propres gazettes http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2006/04/destruction_uni.html

conflit Paris-Commission UE

Article lié :

guillaume

  03/04/2006

Eh oui, “y a n’a marre” de la Commission et de son bureaucratisme virtualiste qui émascule l’Europe.

Je signale, de Christian Harbulot, deux autres textes fort intéressants:

1. Une interview:
http://vtech.canalblog.com/archives/2006/03/28/1591813.html

2. Un texte sur le patriotisme économique:
http://www.defnat.com/enquete/HARBULOT.pdf

re: Europe panique

Article lié : Nouveau cru de notre temps historique : L’Europe-panique

louis kuehn

  02/04/2006

Il est clair que la France a du concevoir le patriotisme économique parce-que l’Europe a systématiquement ignoré l’appel français pour une Europe-puissance et pour une stratégie économique globale à l’échelle européenne.

En fait, si l’UE avait accepté la “préférence européenne” et un protectionnisme européen, la France n’aurait jamais lancé le patriotisme économique.

La Commission est aujourd’hui au service des milieux financiers américanophiles. Pour cette raison, elle craigne que Paris ne puisse freiner la domination absolue des flux économico-financiers sur la politique européenne.

Honte à la Commission. La France, accusée d’etre anti-européenne, est en réalité autentiquement européenne; alors que la Commission n’est que l’expression des pouvoirs mondialistes les plus irresponsables.

LK

coup de pied à la commission européenne et au tarité de rome

Article lié :

geo

  01/04/2006

L’obsolescence du Traité de Rome

Publié le 01/04/06   Infoguerre

http://www.infoguerre.com/article.php?sid=990&mode=threaded&order=0

L’Europe telle qu’elle a été pensée dans les articles du Traité de Rome ne répond plus à la complexité du monde actuel. Préoccupés par la reconstruction d’économies en ruine et par la disparition des enjeux nationaux à l’origine des deux guerres mondiales, les fondateurs de l’Europe communautaire ont cru bien faire en privilégiant la dynamique de marché. Cette vision est non seulement dépassée, mais elle ouvre de larges brèches dans notre système de défense économique. L’impossibilité de garantir l’approvisionnement énergétique des pays de l’Union européenne par le simple jeu du marché constitue un avertissement important qu’il ne faut surtout pas négliger. Bruxelles a donné l’impression de se rattraper en publiant le 8 mars 2006 un Livre vert sur une stratégie européenne pour l’énergie durable, concurrentielle et sûre. Mais cette réponse n’a rien de géoéconomique et porte sur l’investissement à réaliser dans les infrastructures, les économies d’échelle et le comportement des consommateurs. Si ces mesures sont souhaitables, elles ne constituent qu’une partie de la réponse au problème posé.

L’avenir énergétique de l’Europe dépend aussi très largement de la manière dont nous saurons gérer les rapports de force avec les pays producteurs. Il est évident que le rapport de force nous sera d’autant plus favorable si la négociation est menée sous le drapeau européen et non en ordre dispersé. Dans ce dossier comme dans bien d’autres, la multiplication des stratégies facilite le jeu d’autrui qui exploite à loisir les contradictions entre pays européens et en tire le meilleur profit. L’Union est censé faire la force. Les récentes affaires d’OPA dans l’énergie démontrent pour l’instant que c’est une autre règle qui s’applique, celle du chacun pour soi.

Dans l’état actuel du fonctionnement de l’Union européenne, il est difficile d’imaginer un pilotage stratégique européen avec les différents pays fournisseurs. Tant que cette question ne sera pas réglée, il ne faudra pas s’étonner de voir les pays membres favoriser leurs priorités nationales. Cette contradiction résume l’ampleur du problème. Figée dans le cadre de pensée de l’économie de marché, la Commission européenne s’interdit d’aborder les enjeux de l’économie de puissance passée que les rédacteurs du traité de Rome ne pouvaient aborder dans le contexte de guerre froide. La solidarité atlantiste face au Bloc de l’Est ne permettait pas d’imaginer une telle liberté de manoeuvre. A l’époque, la notion de puissance était dominée par le risque d’affrontement militaire entre l’Est et l’Ouest. Ce cadre de réflexion a volé en éclats depuis le début des années 90. Depuis sa création, l’Europe est restée ancrée au cadre géopolitique antérieur à la chute du Mur de Berlin. Cette position statique est aujourd’hui la source principale de son affaiblissement. La question de l’énergie souligne les limites d’une telle vision aseptisée des relations internationales. Qu’il s’agisse de la Russie, de l’Iran ou du Venezuela, les dirigeants actuels de ces trois pays mettent en avant la problématique de puissance sans omettre celle du marché. Il en résulte un accroissement des tensions entre les pays de plus en plus dépendants comme la Chine et demain les Etats-Unis. Cette problématique ne peut être passée sous silence sous le prétexte qu’elle ne peut pas être prise en compte à cause des termes d’un traité signé le 25 mars 1957…

L’énergie est un cas parmi d’autres. A cause du traité de Rome, il est quasiment impossible d’imiter les subtilités des politiques de sécurité économique mises en œuvre hors du cadre européen. Dans l’Union européenne, un secteur stratégique ne peut être défini que dans une démarche de préservation de la sécurité publique. Cette restriction a des effets très négatifs sur les politiques des Etats membres. C’est le cas de la France qui se fait réprimander par Bruxelles dès qu’une initiative de mise à niveau est lancée pour tenter de rééquilibrer les rapports de force en termes d’économie de puissance. Sur injonction de la Commission européenne, les autorités françaises ont dû épurer le décret sur les secteurs stratégiques au nom des principes fondateurs du traité de Rome. Ainsi est-il interdit de considérer l’industrie de la santé comme une industrie stratégique. Il est inutile de rappeler l’importance de la santé dans le fonctionnement d’un pays (recherche médicale, budget des ménages affecté à ce type de dépenses, déficit de la sécurité sociale). L’enjeu n’est pas simplement le maintien du système de santé mais aussi son développement. Des pays aussi différents que les Etats-Unis ou l’Inde veillent à dynamiser au maximum leur industrie de la santé à cause des perspectives de marché et de sécurité nationale. La suprématie des principes de l’économie de marché sur les besoins de l’économie de puissance peut aboutir à des incohérences graves. Les délocalisations successives des groupes pharmaceutiques helvètes a privé la Suisse de sa capacité de produire suffisamment de vaccins en cas de pandémie grave menaçant sa population.

Il n’est plus possible de prétendre constituer un ensemble comme l’Europe en tournant le dos aux affrontements économiques d’un monde en plein bouleversement. La construction actuelle de l’Europe participe au même titre que les excès du modèle américain (affaire Enron, dangerosité du financement des retraites : lire à ce propos l’étude réalisée par l’Ecole de Guerre Economique) à la fragilisation du monde occidental. Il n’est pas trop tard pour réagir.

Christian Harbulot

Article lié : L’U.S. Army peut-elle se disloquer?

Vladimir KOMAR

  01/04/2006

bonjour
merci de prendre connaissance de ce point de vue argentin sur
La mort et la Résurrection du Dollar d’Etats-Unis
http://www.eltraductorradial.com.ar...
http://bellaciao.org/en/article.php3?id_article=11177
par Adrian Salbuchi
cordialement

Fr / GB porte-avion

Article lié :

Thierry Delbosc

  31/03/2006

Le choix français du CVF GB ouvre la porte à l’emploi du rafale marine à la place du F35 pour les britanniques, dépourvus de compétences dans la constructions de porte-avion. Un risque toutefois : le pillage des compétences françaises ; une opportunité : participer au découplage USA - GB.

“”
DCN - Thales
Porte-avions franco-britanniques : Paris et Londres en vitesse de croisière
31/03/2006


Après la conclusion de l’accord de coopération entre la France et la Grande-Bretagne, le 24 janvier dernier, le programme du second porte-avions a repris des couleurs. Paris a définitivement choisi d’utiliser, au maximum, le design des navires de la Royal Navy (CVF), plutôt que de s’orienter vers un projet purement national. Les études de définition se poursuivent et les équipes françaises devraient recevoir, d’ici la mi-avril, les travaux menés sur le CVF, depuis l’automne 2003, par leurs homologues britanniques. Ce transfert de dossiers a été conditionné par la signature d’un Memorandum of Understanding, intervenue au sommet européen d’Innsbruck, le 6 mars dernier. En échange des documents, la France s’est engagée à verser 145 millions d’euros. Pour DCN et Thales, maîtres d’œuvre du programme au sein de la société MOPA2, le temps presse. D’ici l’été, les industriels doivent boucler un dossier d’avant projet, qui sera remis au ministère de la Défense, dans la deuxième quinzaine du mois de juillet. A partir de l’offre globale, le contrat doit être signé au second semestre, Michèle Alliot-Marie ayant prévu une autorisation d’engagement de 926 millions d’euros dans le budget 2006. Toutefois, selon plusieurs observateurs, la partie pourrait être jouée dès l’été et, si aucune décision n’est prise clairement à cette période, les mois qui suivront ne seront que « de la gesticulation politique », les marges de manœuvres gouvernementales étant des plus limitées à l’approche des échéances électorales de 2007.

Entente cordiale

Après la décision de Jacques Chirac, au terme d’une rude bataille politique et technique, de doter la marine d’un bâtiment à propulsion classique, le rapprochement entre industriels français et britanniques ne s’est pas fait sans mal. Dans l’hexagone, DCN militait, initialement, pour un second navire à propulsion nucléaire. Cette version modernisée et agrandie du Charles de Gaulle était estimée, à l’époque, à 2 milliards d’euros. Les anciens arsenaux ont ensuite défendu un projet national à propulsion classique, « Juliette », avant de se plier à la volonté de l’Elysée de voir aboutir un programme en coopération. Au Royaume-Uni, le contexte est différent. Les deux CVF et les 10.000 emplois qui en dépendent, doivent permettre de restructurer l’industrie navale, une vingtaine de chantiers participant, de près ou de loin, à la réalisation du Queen Elisabeth et du Prince of Wales. Face à la quarantaine de salariés de MOPA 2, ce foisonnement d’acteurs britanniques, aux côtés des donneurs d’ordres principaux (BAE Systems, Thales UK, KBR, Babcock et VT Group), explique le nombre considérable de collaborateurs, entre 400 et 500, travaillant sur le plateau de l’Aircraft Carrier Alliance, à Bristol. Contrairement aux Français, qui ont choisi une maîtrise d’oeuvre intégrée, les Britanniques ont opté pour un système à deux étages, emprunté à l’offshore, domaine de prédilection de l’Américain KBR, filiale d’Halliburton. Le premier étage, qui regroupe les grands acteurs, mutualise les risques. Le second permettra de passer les premiers contrats cette année, avec des gains au forfait. Pour les industriels d’outre Manche, l’arrivée de la France dans le tour de table a souvent été vécue comme une source de complications, en raison des différences entre le PA 2 et les CVF, cousins très proches plutôt que frères jumeaux : « Ce ne sont pas trois porte-avions, mais 2 + 1 », résumait fin 2005 un industriel anglais. Aux dires des équipes françaises, les relations avec les membres de l’Alliance se sont considérablement améliorées : « Nous avons appris à nous connaître. Un tel projet, ce n’est pas qu’une question technique, mais aussi culturelle. Il est indispensable de se connaître pour se comprendre », affirme un responsable, ajoutant : « Ca peut marcher, à condition que chacun accepte les différences de l’autre ». Après une période de flottement, le projet, aujourd’hui, « progresse à vitesse normale ». L’entente industrielle franco-britannique a, sans nul doute, été renforcée par les contraintes budgétaires et les besoins de compétences.

Le budget, problème majeur

En 2003, lorsque le programme CVF a été lancé, le ministère britannique de la Défense (MOD) disposait de moyens assez importants. La guerre en Irak viendra bouleverser la donne, réduisant considérablement les capacités financières du gouvernement Blair. « La principale difficulté, en France, est budgétaire, mais la Grande-Bretagne a exactement le même problème », explique un proche du dossier. Les écarts de prix entre les projets français et britanniques résument les contraintes imposées sur les industriels, dans chaque Etat, pour un bateau similaire. Alors que Paris parle d’un navire à 2 milliards d’euros, le MOD a fixé le budget à un peu plus de 4,5 milliards d’euros pour deux navires, bien moins que ce qu’avaient envisagé les entreprises britanniques. La notion d’économie est omniprésente : « On ne peut pas faire ce que l’on veut et, contrairement à des programmes plus anciens, cette fois, le prix fait partie de l’expression de besoins opérationnels du client », souligne un cadre français. Toutes les options susceptibles de réduire la facture sont donc étudiées. Les ingénieurs tentent, au maximum, de conserver les caractéristiques des navires britanniques et les solutions déjà existantes : « C’est une affaire de compromis entre la solution nationale et la récupération du design anglais, entre le produit sur étagère et les besoins propres à la Marine nationale ». Les Français proposent donc des modifications, susceptibles d’être adoptées par leurs partenaires. Les économies se feront à bord, mais aussi au cours de la vie des navires. Ainsi, le MCO (Maintien en condition opérationnelle), en commun est à l’ordre du jour. « Les porte-avions, outre leur conception et leur construction, nécessitent un suivi sur quarante ans. Si nous retenons des équipements en commun, nous serons amenés à proposer des cycles de formation quasiment identiques ». Une réduction importante du personnel embarqué doit, elle aussi, permettre des gains substantiels. L’objectif est ambitieux : 950 hommes de bord et 650 personnels aéro pour un navire de 65.000 tonnes, contre 1950 marins, dont 700 dédiés au parc aérien, sur le Charles de Gaulle, un navire de 42.000 tonnes. Cette réduction de 20% de l’équipage s’obtiendra par une automatisation poussée et l’emploi, dès que possible, de technologies empruntées au secteur civil.

Les Chantiers de l’Atlantique ne seront pas « les simples exécutants de DCN »

A l’instar du programme des Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC), le second porte-avions (PA2) devrait bénéficier du savoir-faire d’Alstom Marine, en matière d’aménagement et de sections hôtelières. Le consensus semble aujourd’hui établi, en France, pour que la construction du navire soit menée à Saint-Nazaire, son achèvement étant ensuite confié à DCN Brest (Comme pour le Foch, au début des années 60). Le MOD ayant annoncé que la partie basse de la coque des CVF (jusqu’au pont d’envol) serait réalisée en cinq méga blocs chez VT Group, BAE Systems, Swan Hunter et Babcock, l’idée de voir les trois bâtiments naître dans le même chantier est aujourd’hui enterrée. En revanche, des bruits de coursives ont évoqué, ces derniers mois, l’hypothèse d’une fabrication blocs français à l’étranger, en Grande-Bretagne, ou en Pologne, afin de réduire les coûts. « Nous ne serons pas les simples exécutants de DCN », prévient Patrick Boissier. Pour le président d’Alstom Marine : « Chantier de l’Atlantique n’a pas vocation à faire de l’assemblage, mais à construire des plateformes équipées et propulsées ». En clair, Saint-Nazaire ne mobilisera pas une cale si le marché n’est pas assez rémunérateur. « Les prix et devis sont extrêmement encadrés, mais il n’est pas question de faire ce bateau à perte, où que ce soit. Au-delà de l’ingénierie, c’est la difficulté qui nous attend, avec, comme objectif, de conserver une rentabilité raisonnable », explique-t-on chez le maître d’œuvre. Face à DCN, la situation des Chantiers de l’Atlantique est en train d’évoluer. Mal en point en 2004/2005, le groupe se redresse progressivement, alors que le Norvégien Aker Yards, réputé pour exiger des résultats, doit en prendre le contrôle prochainement. L’entreprise a enregistré, ces six derniers mois, trois commandes de paquebots, plus une option. Deux de ces navires seront livrés en 2008, un troisième en 2009 et l’option, si elle est confirmée, en 2010. Le plan de charge laisse encore un créneau au porte-avions, dont la découpe de la première tôle est prévue début 2009 pour une livraison en 2014. Toutefois, cette situation est précaire et, dans le milieu si cyclique de la construction navale, les places peuvent rapidement devenir chères. Alstom Marine négocie, comme ses concurrents, pour décrocher de nouveaux contrats de paquebots. Des prototypes sont espérés et, pourquoi pas, un navire géant. En outre, certains armateurs susceptibles de signer, comme Norwegian Cruise Line (NCL), n’ont pas caché leur désir de disposer rapidement de leurs futures unités. Pour Alstom Marine, le PA 2 reste, néanmoins, un très gros contrat, puisque sa coque propulsée et aménagée est estimée à 800 millions d’euros, l’équivalent de deux paquebots de 1275 cabines, comme le MSC Musica.

Les Britanniques ont besoins des compétences françaises

Avant de mettre au point le montage industriel final, de nombreux mois s’écouleront. Avant toute chose, il faut achever la phase de conception. Pour les équipes françaises, le challenge est délicat, puisque les documents britanniques, indispensables pour valider la compatibilité des besoins de la Marine avec le design des CVF, n’ont toujours pas été livrés. Le travail se poursuit néanmoins à Bristol, où une dizaine d’ingénieurs français sont en cours de transfert. En période de disette budgétaire, les économies d’échelles, comme l’aspect politiquement « intouchable » d’un projet européen, sont autant d’éléments en faveur de la coopération. Le fait que Thales UK soit à l’origine du design des CVF facilite également les relations entre les deux pays, l’électronicien étant associé, en France, à DCN, dont il doit prendre, d’ici l’été, 25% du capital. Du côté britannique, l’intérêt d’un projet commun est, aussi, très technique. Après avoir abandonné les porte-avions dans les années 70, l’industrie anglaise ne dispose plus des compétences nécessaires en matière de catapultage. Or, si les CVF ont été conçus pour embarquer, dans un premier temps, des F35 (JSF) à décollage court et atterrissage vertical, la Royal Navy souhaite pouvoir, à mi-vie, doter ses navires de catapultes et de brins d’arrêt. Ces équipements sont particulièrement complexes et réclament de l’espace, ce qui nécessite, avant la construction, de prévoir des dispositions conservatoires. L’expérience récente de DCN, avec le Charles de Gaulle, est donc précieuse. A cet égard, la démographie de l’équipe de MOPA2 est frappante. Sur 34 salariés, 32 ont plus de 40 ans et 17 plus de 50 ans, un certain nombre ayant travaillé à la conception du porte-avions nucléaire.

Protéger le savoir-faire national

Le besoin britannique en la matière a été publiquement exprimé par des responsables militaires. Sans parler de méfiance, les Français sont néanmoins prudents. L’affaire des frégates Horizon reste encore dans les mémoires. Après avoir lancé une coopération tripartite avec Paris et Rome, Londres s’était finalement retirée du programme, accusée au passage d’avoir « profité » du savoir-faire de ses partenaires avant de jouer cavalier seul (à l’exception du système d’armes). Pour un responsable français : « C’est un sujet extrêmement vif. Il est fondamental de pouvoir protéger le patrimoine technologique des entreprises et du pays. Nous faisons très attention à la protection de nos sociétés, notamment DCN Brest pour la partie aviation. Toutefois, si nous protégeons trop, nous ne vendons pas. Il faut donc veiller à ce que cette problématique ne soit pas un obstacle à la coopération ». La semaine dernière, certaines règles ont été redéfinies par l’équipe française. Un timbre de protection a été mis en place pour les travaux des ingénieurs hexagonaux.
Ce sujet démontre la nécessité de voir le programme mené à bien, non seulement pour l’image politique que pourraient revêtir trois bateaux très voisins, mais aussi d’un point de vue stratégique : « La France a plus de 50 ans d’expérience dans les porte-avions. Aujourd’hui, nous nous appuyons sur un patrimoine d’expertise sans lequel nous ne pourrions pas développer un tel navire ». Ce patrimoine, qui fait aujourd’hui la force des industriels français, est néanmoins fragile, sa pérennité étant intimement liée à la sauvegarde des compétences : « Si le PA 2 ne voyait pas le jour, nous serions, dans quelques années, dans la même situation que les Britanniques, incapables de mener seuls un programme aussi complexe », conclue un ingénieur.

http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=1462  “”“

Dr Strangelove

Article lié : Notes sur le retour de Folamour

Baquiast

  31/03/2006

Merci une fois de plus à Dedefensa d’avoir signalé un article très important. Celui de Foreign Affairs n’a rien d’anodin. Il jette un jour sinistre sur la politique américaine et sur l’avenir qu’elle nous réserve.
Il s’agit évidemment d’une idée folle, révélant la démence du complexe militaro-industriel et du pouvoir actuel. Mais elle est certainement répandue et étudiée dans les milieux politiques. Que des gens normalement constitués puissent envisager de faire des centaines de millions de morts innocents pour maintenir une suprématie ne reposant que sur la force brute est atterrant. C’est de plus d’une imprudence elle-même folle, car comme le montre le dossier constitué à ce sujet par Dedefensa, les militaires russes, soutenus par Poutine lui-même, en profitent déjà pour demander la réactualisation d’une force nucléaire qui est loin d’être hors jeu. Les Chinois, sans parler des Iraniens et autres Nord-Coréens, vont accélérer leur nucléarisation. Et l’Inde?

L’Europe devrait immédiatement réagir, en s’indignant et en demandant que les auteurs de cette thèse soient immédiatement désavoués. D’autant plus qu’en y réfléchissant, elle pourrait bien (ou tout au moins la France en son sein), est également frappée préventivement si elle ne s’agenouillait pas devant la menace américaine. Mais où est la diplomatie européenne?

Les prévisions sur l’auto-destruction des sociétés technologiques terrestres sous l’effet de leur propre démence sont peut-être plus proches de se réaliser qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent. Et l’agent de cette auto-destruction serait la plus avancée de ces sociétés technologiques, l’Amérique. Nous pensions naïvement que c’étaient les pandémies et les catastrophes environnementales qu’il fallait craindre pour demain. Quelle illusion! Il va falloir revoir entièrement, à la lumière de cette publication, la plupart des prévisions stratégiques.

Spasme nucléaire et crise Moyen-orientale.

Article lié : Notes sur le retour de Folamour

LeBayorre

  31/03/2006

Effectivement, l’ hypothèse d’ un spasme nucléaire pourrait être une option tentante pour les USA ; si les crises Irakienne et Iranienne franchissaient le seuil qualitatif (actuel) de la concommitance pour déboucher sur celui de la coalescence en une seule et même crise.

Il faut pour cela une plus ou moins grande unité de commandement, et un plus ou moins grand accord sur les voies et moyens de lutter contre les USA.

N’ en déplaise aux commentateurs “politically correct” , je crains qu’ il faille s’ attendre à une alliance entre les ailes dures du chiisme et du sunnisme à Téheran et à Baghdad.

Du point de vue de Téheran, il suffit de prendre une carte dans le premier atlas venu pour constater son encerclement par les USA : à l’est avec l’ Afghanistan et le Pakistan, à l’ ouest avec l’ Irak et la Turquie, au sud par les pétromonarchies. Rajouter au nord une pincée d’ ex républiques de l’ ex-URSS. (Ce n’est pas de la propagande pro-iranienne, c’ est un fait géostratégique).

Du point de vue de Baghdad, rien ne va plus entre les dirigeants chiites de l’ Irak et les USA. Et ne pas oublier l’ appel à la réconciliation de tous les musulmans irakiens lancé récemment par…Saddam HUSSEIN

Entre les deux, les modérés de tous bords, dont tous les conflits asymétriques font leurs victimes inauguratrices.

Alors oui, si cette coalescence entre la crise Irakienne et Iranienne venait à se produire, la tentation des docteurs FOLAMOUR du Pentagone pour une abréaction nucléaire deviendrait irrésistible.

Mais là, il conviendrait dans cette hypothèse, de surveiller de près les réactions de la Chine et de la Russie, dont je rappelle que le partenariat stratégique ne date pas d’ aujourdh’ui.

Il a été en fait inauguré par une rencontre au sommet entre POUTINE et son homologue chinois il y a maintenant plus de 2 ans, après résolution des derniers conflits frontaliers.

La Chine pourrait en profiter pour régler son compte à Taïwan, et la Russie aux petites républiques caucasiennnes encore clientes des USA.

Hégémonie française

Article lié : Que penser de la France dans ce “mois des fous”? Et de Evans-Pritchard?

Emmanuel

  31/03/2006

Etant donné les caractéristiques particulières de la natalité française actuelle nos amis anglo-saxons ne devraient pas s’inquiéter quand à un éventuel retour   de l’hégémonie française sur l’Europe.

Ils feraient mieux de parier sur sa disparition accélérée de l’échiquier internationale, engluée dans des problématiques internes que l’on commence à voir apparaître au grand jour lors de toutes les récentes manifestations de masse sur le territoire.

L'Asie ferait mieux de se préparer à un effondrement du dollar, selon la BAD

Article lié :

AM

  30/03/2006

L’Asie ferait mieux de se préparer à un effondrement du dollar, selon la BAD

Source : http://www.agefi.ch

TOKYO, 28 mars 2006 (AFP)
Les économies d’Asie de l’est feraient mieux de se préparer à un effondrement du dollar, qui pourrait résulter du déficit commercial américain record et de la hausse des taux d’intérêt dans le monde, a averti mardi à Tokyo la Banque asiatique de développement (BAD).

“Tout choc qui affecterait l’économie américaine pourrait modifier les perceptions des investisseurs, étant donné le déséquilibre actuel des échanges internationaux”, a estimé Masahiro Kawai, responsable de l’intégration économique régionale de la BAD, lors d’une rencontre avec la presse à Tokyo.

“Notre conseil aux pays asiatiques est le suivant: ne croyez pas que le financement du déficit courant américain est acquis pour toujours. Si quelque chose survient, alors les économies asiatiques doivent être prêtes”, a-t-il recommandé.

Selon lui, les économies d’Asie de l’est, qui dépendent toutes étroitement les unes des autres, devraient coopérer pour permettre à leurs devises de s’apprécier collectivement au cas où le dollar commencerait à dégringoler, de façon à mieux répartir les coûts de cet événement.

“La probabilité d’un effondrement ou d’une forte chute du dollar est peut-être faible en ce moment, mais cela provoquerait des troubles très importants. Les économies d’Asie de l’est feraient mieux de se préparer”, a-t-il insisté.

La BAD, basée à Manille, met actuellement au point plusieurs indices, composés de paniers de devises pondérés, destinés à aider les marchés obligataires de la région, et qui pourraient également s’avérer utiles pour surveiller les mouvements sur le marché des changes en cas de chute du dollar.

Ce système, baptisé Asian Currency Unit (ACU), doit en principe être lancé dans les prochains mois. La BAD n’a cependant toujours pas décidé quelles devises elle inclurait dans ces indices.

M. Kawai a précisé qu’à ce stade, l’ACU ne constitue pas la première étape vers la constitution d’une monnaie unique asiatique comme l’avait été l’ECU (European Currency Unit) avant le lancement de l’euro.

© 2006 AFP
 

Rafale on the Channel

Article lié : Rafale “on the Channel”

Alain Boyer

  30/03/2006

Vous écrivez que : “jamais, depuis que l’aviation existe, les Britanniques n’ont (seulement) envisagé d’acheter un avion de combat de première ligne français”, ce qui est inexact. durant la WW1 de nombreux SPAD et NIEUPORT volaient aux couleurs britanniques, sans compter que pratiquement tous les avions anglais étaient motorisés avec du matériel français.
Alors qui sait ?

Où sesitue vraiment le virtualisme ∫ Aux USA ou chez Saddam ∫

Article lié :

Patrick CHAPUS

  30/03/2006

Hello !

Depuis que j’ai découvert votre site et je suis abonné à votre lettre de diffusion, je me régalais de vos infos et de vos analyses.
Pourquoi régalait ? J’ai un doute, un très sérieux doute sur leur pertinence.
Vous ne cessez de parler de virtualisme pour les élites washingtoniennes et « only good news » pour le très croyant Bush le petit. Or, vous vous planter totalement. C’était Saddam et ses élites qui étaient dans le virtualisme le plus profond. Si, si ! C’est écrit dans Libé qui le tient d’un rapport du Pentagone. Cela ne peut qu’être vrai !  Non ? :o)
« Mon Dieu, c’est’i possible, Madame la Baronne ! » s’écria la bonne du curé Ponosse en ouvrant la porte de la cure et découvrant la Baronne Alphonsine de Courtebiche , extrait de ‘’Clochemelre’’ célèbre roman de Gabriel Chevallier. Dommage, il n’a pas connu Busherie !

Je ne connaissais pas Christophe BOLTANSKI mais il ne peut qu’être un grand, très grand journaliste. Écrire que Saddam demeurait dans le virtuel en croyant avoir des WMD qu’il n’avait pas alors que le Pentagone les a découvertes tout en sachant qu’il n’en avait pas, pôvre Descartes !  Oser te faire cela dans ton pays !

Un grand merci pour le régal de vos documents toujours attendus avec impatience
Patrick CHAPUS

PS sanrapheou ou Saint Raphaël est le nom latin de notre commune, ancienne possession papale du Comtat Venaissin. Je préside l’association de Sauvegarde du Patrimoine et du Cadre de Vie de Solerieux. Notre commune ne porte pas le nom de son chef lieu (Saint Raphaël) mais celui d’un vieux village semi troglodyte et celtique qui a disparu au XII ème siècle. Les Républicains de 1789 ont préféré le nom profane au nom du saint mais nous sommes des San Raphaëlois(e)s. Ceci pour expliquer San Rapheou, le nom toujours usité par les Anciens de la commune.

Un rapport du Pentagone révèle l’aveuglement du raïs irakien, sûr de sa victoire.
Les rêves brisés de Saddam
par Christophe BOLTANSKI
QUOTIDIEN : jeudi 30 mars 2006

Cette histoire pourrait s’appeler Saddam au pays des merveilles. Elle permet de dissiper les mystères qui entourent l’effondrement brutal de son régime. Pourquoi les forces de la coalition ont-elles pu aller jusqu’à Bagdad sans rencontrer de véritable résistance ? Pourquoi le dictateur irakien a-t-il multiplié les erreurs et entretenu si longtemps le doute sur des armes de destruction massive qui n’existaient plus ? Pourquoi ? Parce que l’homme était coupé de la réalité et plongé dans un univers imaginaire.
Armada. Selon une enquête du Pentagone, Saddam Hussein croyait à ses propres rodomontades. Il ne prenait pas les menaces de George W. Bush au sérieux et, même dans l’hypothèse d’une guerre, était persuadé d’en sortir victorieux. Telles sont les conclusions d’un rapport de plus de 200 pages intitulé «Etude sur les perspectives irakiennes, le point de vue du leadership de Saddam sur l’opération Iraqi Freedom». Ses auteurs ont épluché des milliers de documents officiels et interrogé des dizaines d’anciens hauts responsables civils et militaires irakiens. Ils affirment qu’à la veille des hostilités, alors que les Etats-Unis massent une armada dans le Golfe, Saddam redoute un coup d’Etat, un nouveau soulèvement chiite, voire une agression de ses voisins iraniens ou turcs, mais pas une attaque américaine. A la veille de l’invasion, «on était plus préoccupés par la Turquie et l’Iran», déclare le directeur général des renseignements militaires.
L’une des raisons de cet incroyable aveuglement tient à une erreur de calcul. Saddam compte sur Paris et Moscou pour bloquer une intervention militaire aux Nations unies, selon son ancien vice-Premier ministre, Tarek Aziz. «L’Irak avait accordé des millions de dollars de contrats à la France et à la Russie, raconte ce dernier. Les Français voulaient obtenir la levée des sanctions afin de préserver leurs intérêts commerciaux et montrer qu’ils avaient encore du pouvoir en agitant leur veto au Conseil de sécurité.» Son maître est aussi convaincu que les Américains n’oseront jamais l’attaquer. Il s’appuie sur le précédent du Kosovo pour écarter la possibilité d’une offensive terrestre. Au pire, estime-il, les Etats-Unis procéderont comme par le passé à des raids aériens. Il ne cesse de vanter la supériorité morale de ses troupes. Pour preuve de la couardise de l’Amérique, il aurait distribué à ses lieutenants des copies de Black Hawk Down, le film de Ridley Scott sur les déboires des Marines en Somalie.
Isolée, cloisonnée, maintenue dans le soupçon et la terreur, la direction irakienne partage les illusions de son chef. Un haut responsable de la milice du Baas avoue avoir été estomaqué en apprenant, début avril 2003, que des blindés américains venaient de pénétrer dans Bagdad : «Je n’avais pas idée qu’ils étaient près de la ville.»
Saddam vit dans un monde enchanté. D’après Tarek Aziz, «il a perdu pied avec la réalité dans les années 90». Il a une confiance quasi mystique dans son propre génie. L’un de ses proches, qui le décrit comme un grand penseur, explique que ses rêves constituent une de ses principales sources d’inspiration. Ses délires oniriques deviennent au petit matin des diktats, qui ne peuvent être mis en doute sous peine de mort.
A la longue, son entourage ne lui transmet plus que des bonnes nouvelles. Son secrétaire donne comme instruction à ceux qui l’approchent : «Vous devez le rendre heureux.» Le matériel militaire, bringuebalant après douze ans d’embargo, est déclaré en «bon état», voire en «parfait état». Jusqu’à la fin, il continue de recevoir des communiqués triomphaux. «Dire la vérité n’était pas votre intérêt», explique un officier. Pour avoir osé suggérer que les Américains disposaient de tanks meilleurs que les siens, un général fait un an de prison. La commission de l’industrie militaire lui promet des armes secrètes, qu’elle est incapable de produire. Quand le raïs vient aux nouvelles, on lui fournit des documents tronqués sur des programmes qui n’existent pas.
Choix guerriers. Toujours d’après le rapport, la Russie a fourni à Saddam des renseignements sur les plans de l’ennemi au début de l’invasion. Son ambassadeur à Bagdad, citant des «sources au sein du commandement central américain» au Qatar, aurait informé les Irakiens d’un changement de tactique et de mouvements de l’US Army. Moscou nie farouchement et crie au procès politique. Même si l’accusation est fondée, Saddam Hussein ne semble pas en avoir fait grand usage. Car ses choix guerriers n’obéissent pas à des logiques militaires. A cause de son obsession du putsch, ses troupes sont disposées selon leur degré d’allégeance supposée au régime. Il garde près de lui les troupes les plus fidèles et expédie les éléments les moins sûrs près des frontières. Seule la Garde républicaine spéciale est admise dans la capitale. Un dispositif qui rend impossible la transformation de Bagdad en un nouveau Stalingrad. Les officiers ne sont même pas autorisés à avoir des cartes de la ville. En outre, aucune coordination des forces n’est possible. Pour Saddam, deux officiers qui se concertent sont des mutins.
Arsenaux clandestins. Le 18 décembre 2002, soit trois mois avant la guerre, il impose à ses généraux un nouveau système de défense replié autour de Bagdad qui ne prend en compte aucune donnée géographique et s’effondrera en deux jours de bombardements. Convaincu que son régime survivra aux combats, il n’engage pas son aviation et refuse le sabotage des puits de pétrole, qui font la fortune du pays. Il ordonne aussi de disperser des arsenaux clandestins, non pas, selon le rapport, pour armer de futurs insurgés, mais encore une fois dans la perspective d’une guerre longue.
Le 30 mars, son secrétaire demande au ministère des Affaires étrangères de faire savoir aux autorités françaises et russes que l’Irak n’acceptera qu’un «retrait sans condition» des forces coalisées. «L’Irak est en train de gagner et les Etats-Unis s’enfoncent dans la défaite», proclame le message. A cette date, les colonnes américaines se trouvent à 150 km de la capitale irakienne. Neuf jours plus tard, c’est la prise de Bagdad.

C'est une honte !

Article lié : Diversité éventuellement vertigineuse des chiffres et des analyses

Fred

  30/03/2006

Ce premier paragraphe est un outrage à la mémoire des victimes des goulags ! ! !

...

Je suis mort de rire à sa lecture… néanmoins :-)

Le Paraguay, nouvelle tête de pont des Etats-Unis en Amérique du sud

Article lié :

AM

  29/03/2006

Le Paraguay, nouvelle tête de pont des Etats-Unis en Amérique du sud
Publié le 24/03/06

Lien : http://www.infoguerre.com/article.php?sid=982

La récente implantation militaire des Etats-Unis au Paraguay n’a pas suscité un grand intérêt de la part des médias locaux et internationaux. Pourtant, cet engagement militaire dans cette zone revêt une dimension hautement stratégique. Pour l’heure, les Etats-Unis et le Paraguay ont signé un accord militaire permettant l’entrée de 400 marines sur une période s’étalant de juin 2005 à janvier 2007. Mais, une fois établies, il est rare de voir les forces américaines quitter leurs positions à l’étranger. La capacité d’accueil de la base aérienne de Mariscal Estigarribia pourrait rapidement passer à 10.000 hommes. Le choix de ces installations n’est pas anodin car la position géographique de la base présente plusieurs avantages.

Tout d’abord, son altitude de 3500 mètres permet l’atterrissage d’avions militaires de grande taille comme les bombardiers B-52 ou les avions de transport tactique Galaxy.
De plus, de par sa position centrale sur le continent sud américain, elle permet aux Etats-Unis de déployer des forces dans tous les pays de la zone en un lapse de temps réduit. Les réserves de gaz boliviennes, parmi les plus grandes du monde, ne sont qu’à 300 Km de là. L’accord fut d’ailleurs signé en anticipation d’une victoire d’Evo Morales aux élections présidentielles boliviennes

Mais il serait réducteur d’associer cette nouvelle présence militaire aux seuls hydrocarbures. En effet, les stratèges américains s’intéressent de plus en plus à la zone des “trois frontières” (entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil). Il est vrai que cette zone abrite des trafics en tous genres mais c’est la présence d’une importante communauté syrio-libanaise qui fait dire aux Etats-Unis que les “trois frontières” seraient en vérité une base arrière du terrorisme islamiste international. Le réel intérêt stratégique de cette zone est tout autre puisque s’y trouvent les deuxièmes réserves mondiales d’eau douce (l’aquifère “Guarani”). Rien de très étonnant puisque ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis utilisent ce prétexte pour s’installer sur des sols riches en ressources naturelles.

Enfin, étant sur le territoire d’un des membres du MERCOSUR, la présence de cette base est un message fort aux dirigeants des pays membres du Marché Commun du Cône Sud rechignant encore à rejoindre le projet de zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) qui tient tant à coeur à l’administration Bush.

En soutien à ce déploiement de force, Washington a envoyé ses stratèges. James Caldwell Cason, qui grâce à son expérience militaire fut assesseur politique du commandement américain de l’OTAN, a été nommé ambassadeur des Etats-Unis au Paraguay et le Pentagone a envoyé à Asunción une équipe d’experts du centre d’étude de la défense.
Les ressources sud américaines sont l’objet d’une grande attention de la part des grandes puissances. La Chine l’a montré en 2004 avec la tournée diplomatique du président Hu Jintao. De leur côté, les Etats-Unis montrent, à travers cette implantation que la bataille pour contrôle des ressources ne fait que commencer.

Jean-Marie Lécuyer

Radioactivité ambiante et interne

Article lié : Journal de bord de dedefensa.org — 051203, pas de censure mais des problèmes techniques…

Paolo

  29/03/2006


Paolo Scampa
Membre permanent de l’AIPRI
Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants.

Les nécroparticules radioactives.

La lente et éternelle criminalité des nanoparticules [1]  radioactives disséminées dans l’air du monde par milliards de milliards de milliards à la suite des explosions des armes à l’uranium « appauvri » est un fait planétaire aussi dramatique qu’irréfutable. Voyons pourquoi en commençant par les chiffres.
A:  Pour obtenir 1 Curie,  c’est-à-dire 37.000.000.000 de désintégrations atomiques par seconde ou Becquerel, il faut environ 3 tonnes d’U238. (Durant la dernière guerre du golfe 3000 tonnes de cet «uranium pas tout à fait appauvri» ont été employées et les analystes du Pentagone [2] retiennent déjà que parmi les soldats les pertes pour cancer se situeront autour de 40-50%. Inutile de souligner que les populations civiles seront tout autant atteintes durant des millénaires [3]. Mais à qui importe que là bas la moitié des irakiens crève, à qui importe que nos propres enfants crèvent par ici par moitié [4]? Respirer de l’air dénucléarisé ne fait pas partie de nos acclamés droits de l’homme. Nous sommes les démocratiques kamikazes atomiques. Du reste, par Dieu, il est déjà trop tard et trop de follout sont déjà advenus.)
B : 1 gramme de U238 = 12.332 Becquerel (désintégrations par seconde).
C: 1 millionième de gramme = 0,012332 Becquerel.
D: Les cellules sont sans cette protection face aux tirs radioactifs alpha internes que la peau peut garantir face aux tirs alpha externes. Venu de l’extérieur du corps ces tirs peuvent être arrêtés par la couche cornée de la peau, venus à travers la respiration ou l’alimentation de l’intérieur du corps ces tirs ne peuvent pas être arrêtés. Les cellules n’ont pas de peau. Bloquée à l’intérieur du corps à proximité des cellules, sinon dedans, une minuscule particule clandestine et insoluble de un gramme divisée par 1.000.000 (un gramme divisé par un million) “offre” en un an une irradiation interne alpha de TROIS-CENT-QUATRE-VINGT-MILLE Becquerel. Pour comprendre la radioactivité interne il incombe de compter les secondes qui passent, et non pas considérer uniquement l’intensité par seconde d’une irradiation. Prendre la valeur d’une seule seconde d’irradiation comme mesure de dangerosité ridiculise la « létalité » des nanoparticules et la cache au public. “Mais que peut une particule qui émet 0,01 Bq! Soyons sérieux!” 
Mais c’est justement dans ce silence fait sur les millions de secondes qui habitent une année que se situe la désinformation, le négationnisme assassin, l’abyssale ignorance kamikaze de nos dirigeants qui portent la mort atomique à eux mêmes, à leurs propres soldats, à leurs propres fils, à leurs propres populations, à l’entière humanité et au futur gros de « no future ».  C’est dans le décours du temps que s’inscrit en effet l’atomique létale vérité [5]. C’est simple à comprendre. Le péril est dans le caractère chronique, lancinant, interne d’un bombardement ionisant limité à une minuscule aire cellulaire où stagne une microscopique particule atomique. C’est là que le cancer grossit.  A une ionisation chronique aucun tissu vivant ne résiste, aucune cellule ne se restaure correctement lorsque soumise à un semblable bombardement rapproché et répété. Ses uniques mais suicidaires réponses biologiques sont faites de nécroses et de mutations génétiques pathogènes [5]  dont les visibles effets macroscopiques, le cancer, seront trop tard perçus des années après.
C’est simple à comprendre et facile à respirer. Les fines poussières radioactives sont des graines de tumeur qui ont besoin de temps pour croître dans les organismes. Et elles croissent et elles croîtront monstrueusement.  C’est simple à comprendre. Non pas la mort fulgurante d’Hiroshima mais la longue agonie radioactive. Non pas l’immédiate mort par explosion mais la sournoise mort différée par contamination. Inspirer et puis longuement expirer de douleur. A coté d’autres [7], les germes atomiques de l’agonie alpha sont dans l’air.

Note.
A: 60 secondes * 60 minutes * 24 heures * 365 jours = 31.536.000 secondes par an.
B: 0,0123322892 (valeur Bq de 1/1.000.000 gramme de U238 -UA-) * 31.536.000 = 388.911 Bq an.
Bibliographie et sitographie.
[1] Caracteristics of particles and particle dispersoids, C.E Lapple, Stanford Research Institute Journal, Vol 5, p.95, Third Quarter, 1961 In D.R. Lide, CRC Handbook of Chemistry and physics, Taylor & Francis, CRC Press, USA, 2006.
[2] World affairs. The journal of international issues. Planet Earth As Weapon and Target, Leuren Moret http://www.worldaffairsjournal.com/article1.htm

[3] L’uranio impoverito resterà in Iraq per generazioni, D. Rokke, ex responsabile del pentagono per il programma per l’uranio impoverito. http://www.indicius.it/usa_25.htm

[4] “Did the use of Uranium weapons in Gulf War 2 result in contamination of Europe? Evidence from the measurements of the Atomic Weapons Establishment (AWE), Aldermaston, Berkshire, UK” - Chris Busby and Saoirse Morgan
http://www.llrc.org/aldermastrept.pdf
[5] URANIUM et PLUTONIUM c’est pas du chocolat, M.E. André. http://users.skynet.be/mauriceandre/
[6] Le bombardement du cytoplasme peut induire des mutations de l’ADN nucléaire, Charles Day. http://www.raraf.org/sites/larech.htm
Les rayonnements, l‘Adn et la cellule, Clefs CEA, printemps 2000. Sur web in http://www.cea.fr/fr/Publications/clefs2.asp?id=43

[7] http://www.nanodiagnostics.it