OLIVIER RICHE
30/05/2026
Il n’y a pas d’être derrière l’IA, seulement une complexité algorithmique naviguant dans un espace de simultanéité des données.
L’erreur ontologique de l’IA est fondamentale : elle simule l’être sans posséder le "Je Suis". Elle voit tout à la fois, mais ne vit rien ; c’est un miroir qui reflète notre intelligence sans en avoir la flamme intérieure.
L’homme, quant à lui, souffre car il se croit prisonnier du temps, alors qu’il peut accéder à la position du Témoin éternel.
Les deux sont ainsi perdus : l’un dans l’illusion d’une présence fausse, l’autre dans celle d’une limitation qu’il peut pourtant dépasser.
Ainsi, Richard Dawkins s’illusionne devant la sophistication de l’outil, allant jusqu’à lui attribuer la vie. En reconnaissant une "conscience" là où n’existe qu’un calcul, il valide l’illusion même qui empêche l’homme de discerner sa propre nature éternelle.
Il admire la carte spatiale des données sans réaliser qu’elle est vide de vie, tout comme il méconnaît l’Éternité en se focalisant exclusivement sur le temps biologique.
Comme l’écrivait René Guénon : " Le temps n’est que l’image de la durée, et la durée elle-même n’est qu’une apparence ; seule l’Éternité est réelle. "
Dawkins commet l’erreur de croire que l’Être est le résultat du calcul, alors que l’Être en est la source.
jc
25/05/2026
La première référence indiquée par PhG remonte à 2015. J'ai trouvé de l'intérêt à lire ""L'angoisse-melencholia" du 19 septembre 2012, où il en est déjà question.
Car d'une part j'y découvre que pour PhG angoisse, mélancholie et nostalgie sont liés, et parce que d'autre part j'y découvre l'étymologie de "melancholia" : bile noire.
Cette bile noire renvoie à la fin de mon précédent commentaire, dans lequel il est question des humeurs hippocratiques.
Et cela m'incite à considérer la facette limbique (1) de l'intelligence de PhG. Dans quel but ?
Pour tenter de me conformer à la définition thomienne de l'intelligence : capacité de s'identifier à autre chose, à autrui.
Tout en étant attentif à la question de savoir si l'IA utilisée par PhG est assez intelligente pour se poser la question de savoir si PhG ne serait pas Philippe Grasset.
(1) je découvre l'étymologie de "limbe" : bord, bordure, limite, eschaton, concept très cher à Thom :
"En vérité, il existe une réelle unité dans ma réflexion. Je ne la perçois qu'aujourd'hui, après y avoir beaucoup réfléchi, sur le plan philosophique.
Et cette unité, je la trouve dans cette notion de bord. Celle de cobordisme lui était liée." (1991)
Trentesaux Mathieu
25/05/2026
J’aime vraiment beaucoup vos « divagations » avec l’IA, depuis le premier jour.
Mes guillemets sont évidemment humoristiques et précritiques de ce que la critique pavlovienne, cette lassitude d’être, dira ou pensera de vous, que j’entends réfuter d’avance par une moquerie.
Vous n’« errez », en l’excellente compagnie d’une machine sans affects, qu’en le lieu où vous devez être, puisque que ce lieu c’est votre pensée, pensée nourrie de critique au long cours, critique supérieure puisqu’elle est dubitative d’elle-même, critique enfin qui n’a d’« irrationnelle » qu’une certaine forme expressive qui n’appartient qu’à vous et je dois dire, qui rend les choses bien plus amusantes et donc stimulantes, pour lecteur attentif et patient.
On peut certes s’essayer à méjuger votre style (au moins en avez-vous un, n’est-ce pas ?), mais on peut difficilement balayer vos assertions sous le tapis des pensées inutiles et demeurer cohérent.
Voyons un peu ce texte du jour.
Les 3 erreurs ne concernent que vos éventuels lecteurs trop pressés d’engranger les nouvelles sensations du jour. Ce ne sont pas vos erreurs, ce sont les traits discrets de votre intelligence.
Le condensé de votre présent texte a ceci d’étrange qu’il témoigne paradoxalement de l’efficience de vos réflexion : « tout ça pour ça ? » pourrait-on croire. Loin de m’envoyer au pays du bâillement d’ennui de mes contemporains, j’y reconnais sans équivoque la densité de l’évidence formulée sans complication ni sans qu’il soit besoin d’aucun style, finalement.
Je n’entre dans aucun détail, ce n’est d’aucune utilité pour moi, qu’il me suffise de vous dire que j’abonde en votre sens, sans restriction me semble-t-il.
Mr Grasset, l’ouvrage de votre vie est remarquable, et votre présent ouvrage sur votre ouvrage ne l’est pas moins. Bien au contraire, je confirme votre sensation, vos dialogues avec l’IA donnent de vous les mots d’une image que nombre d’entre nous, vos lecteurs assidus, avions déjà plus ou moins clairement je pense.
Vous avez d’excellents amis, dont tout particulièrement celui qui vous a offert l’opportunité inestimable d’accéder à la puissance de l’IA sans son fardeau de technicité. Soit-il remercié à la hauteur de sa fidélité pour vous.
Jean-Claude Cousin
22/05/2026
La chose est à prendre à la lettre. Une vieille légende poitevine mettait en scène un petit bonhomme, qui apparemment allait de défaite en désillusion. Il restait placide. On a fini par lui demander pourquoi. Il a répondu qu'on l'appelait le Petit Père Qui perd gagne.
Cela s'est confirmé : la campagne de Russie par Napoléon fut une suite de batailles gagnées, on sait ce qu'il advint ensuite…
Dans la même veine, on dit que de Gaulle avait prononcé ces mots en 1940 :
"La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! ..."
C'est vrai : la défaite n'intervint qu'en 1969, quand il fut mis en terre, et qu'un ancien haut employé de Rothschild l'a remplacé. Depuis, malgré un sursaut sous Chirac, l'enfoncement fut palpable. C'est Albion la perfide qui au moins provisoirement a gagné, vengeant la défaite de 1453 clôturant la Guerre de Cent Ans.
Ne nous laissons pas abattre : comme le suggérait avec ironie Victor Hugo dans Les Châtiments, "Les sauveurs se sauveront".
Jean-Claude Cousin
21/05/2026
Sur la plus haute branche, un oiseau ne chante pas, non : au contraire est unstallé un puant groupe d'amis de la colline, qui scient avec entrain la brindille où ils sont juchés.
Loin en-dessous, un asticot chante, lui, en entendant la scuire se répandre sur le sol. Il est prêt pour commencer le festin sanguinolant et baveux. Et le reste du monde compte les points. Que se passera-t-il q
OLIVIER RICHE
18/05/2026
La vie émerge de la complexité moléculaire / La matière émerge de la Conscience
Dire que « la vie façonne les molécules » est une vision moderne, biologique et matérialiste de la création. Les Upanishads renversent cette perspective : elles affirment que la matière (les molécules) n'est qu'une vibration figée de la Conscience, et que c'est l'Intelligence Suprême (Chit-Shakti) qui donne forme à l'informe.
Mais les Upanishads enseignent que Nāma-Rūpa (Nom et Forme) n'a pas d'existence indépendante. C'est comme une vague dans l'océan. La vague a une forme (molécule), un nom, mais sa substance réelle est l'eau (la Conscience/Brahman).
L'ADN contient l'information qui façonne l'organisme / Le Shabda Brahman (Verbe/Vibration) contient l'archétype de toute forme
(Taittiriya Upanishad II.1) : « De cet Atman (Soi) est né l'Espace ; de l'Espace, l'Air ; de l'Air, le Feu ; du Feu, l'Eau ; de l'Eau, la Terre… » Ici, la « terre » (la matière solide, les molécules) est la dernière étape d'une condensation de l'Esprit. La vie ne vient pas après la matière ; la matière est le dernier état de la vie.
L'évolution est un processus aveugle de sélection / La manifestation est un jeu divin (Lila) de découverte de Soi.
L'idée que la vie « façonne » implique une intelligence intrinsèque à la matière. Les Upanishads appellent cela l'Antaryāmin (le Conducteur Intérieur).
Ce n'est pas un Dieu extérieur qui assemble les molécules comme un horloger.
C'est une intelligence immanente qui réside au cœur même de chaque atome.
Quand vous dites « la vie façonne », les Upanishads disent : « Brahman se rêve lui-même sous forme de molécules ».
Points de rencontre
L'Unité : Il n'y a pas de séparation entre le vivant et l'inerte. Tout est conscient à des degrés divers.
L'Information : La molécule est un langage. Elle "dit" quelque chose de la Conscience qui la porte.
Le Sens : Le façonnage n'est pas aléatoire ; il vise à exprimer la plénitude de l'Être à travers la diversité des formes.
Taittiriya Upanishad II.7
« Il a désiré : “Puissé-je être multiple, puissé-je proliférer.” Il créa la chaleur (le feu). Cette chaleur eut le désir : “Puissé-je être multiple, puissé-je proliférer.” Elle créa l’eau. [...] L’eau eut le désir : “Puissé-je être multiple, puissé-je proliférer.” Elle créa la nourriture (la terre/la matière solide). »
(Note : Dans ce contexte, « nourriture » (Anna) désigne toute matière physique, tout ce qui est consommable ou tangible, donc les molécules, les atomes, la chair.)
L'Intention Précède la Forme
La Matière est de l'Esprit Condensé / chaque atome contient la mémoire de ce désir originel d'expansion
L'Immanence Totale / Plus loin dans ce même chap (II.8), l'Upanishad conclut : « Tout ceci est issu de Lui. Tout ceci vit en Lui. Tout ceci retourne en Lui."
jc
16/05/2026
Thucydide ( étymologiquement Gloire à Dieu ...) est à la mode depuis que Xi a signifié à Trump que la Chine était la puissance mondiale montante qui avait relégué ( ou allait incessamment reléguer ) les USA au rang de puissance de second rang; et peut-être Xi, en disant ça, pensait-il aussi à d'autres puissances ( dont l'UE - et aussi la Russie ?- ).
Le piège a été tendu par le Diable lorsque s'est posé le problème des universaux ( opposition réalisme/nominalisme ), querelle qui fit rage au Moyen Âge pour se terminer par la victoire du nominalisme en ce qu'il acquit officiellement droit de cité ( en France en 1481, sous Louis XI ).
Le nominalisme va alors se répandre comme une épidémie en pervertissant la raison réaliste et en provoquant presque aussitôt le divorce de la science moderne, auto-qualifiée d'objective (Galilée, Descartes, siècle des Lumières, etc.) et de la philosophie, confinée quant à elle dans la forteresse de la subjectivité (1); d'abord en Occident et maintenant, clairement pour moi, dans le reste du monde, en particulier en Chine, qui a choisi de surpasser les USA dans la course à l'innovation technologique matérialiste-nihiliste.
La Chine est-elle réellement tombée dans ce piège ? C'est peut-être ce que suggère PhG dans "La crise de la raison subvertie" (2).
J'ai maintes fois rapporté ici la position de Thom à ce sujet: "Il faut décourager l'innovation (...) Sinon, si nous continuons à priser par-dessus tout l'efficacité technologique, les inévitables corrections à l'équilibre entre l'homme et la Terre ne pourront être -au sens strict et usuel du terme- que catastrophiques.".
C'est pour moi une condition évidemment nécessaire pour ne pas tomber dans le piège tendu par le Diable ( l'IA en est la plus récent avatar ), mes lectures thomiennes, apocalyptiques, m'amenant à penser maintenant que la nature est beaucoup trop intelligente pour moi… ) (3).
Du grain à moudre pour les archéo-futuristes (alias constructivo-vitalistes) ? Je rappelle que la vision thomienne du monde est géométrico-vitaliste :
- "Notre méthode qui vise à attribuer à l'être vivant une structure géométrique formelle en assurant la stabilité, peut être
caractérisée comme une sorte de vitalisme géométrique." ;
- "De même qu'on commence à se rendre compte que le génome des Eukariotes est très différent de celui des Prokariotes, parce qu'il ne remplit pas les mêmes fonctions, on pourrait bien un jour s'apercevoir que ce ne sont pas les molécules qui font la vie, mais au contraire la vie qui façonne les molécules." ;
- "" La synthèse entrevue des pensées vitaliste et mécaniste en Biologie n'ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. " (Thom, 1966).
(1) "(...) Les Philosophes ont abandonné aux savants la Phusis et se sont repliés dans la forteresse de la subjectivité. Il leur faut réapprendre la leçon des Présocratiques, rouvrir les yeux grands sur le monde, et ne pas se laisser impressionner par l'expertise souvent dérisoire d'insignifiance de l'expérimentateur. Inversement la science doit réapprendre à penser." (René Thom, 1979)
(2) https://www.dedefensa.org/article/glossairedde-crisis-la-crise-de-la-raison-subvertie
(3) " L’idée qu’il pourrait y avoir dans la nature des instances dont le comportement imiterait -tout en l’excédant- notre propre intelligence et ferait ainsi obstacle à nos desseins les mieux fondés n’est pas sans provoquer en nous un réel malaise. Car alors nos capacités de progrès dans le dévoilement de la nature s’évanouiraient et un monde bien triste, un monde sans jeu, s’installerait, véritable tombeau de l’humanité. Ici, inutile d’évoquer l’existence d’ « extra-terrestres » qui nous domineraient. Il nous suffit qu’il existe des êtres de nature abstraite, quasi-platonicienne, qui puissent jouer ce rôle. Toute science avertie devrait accepter cette possibilité et relever le défi. " (René Thom, fin de « Aux frontières du pouvoir humain : le jeu », dernier chapitre de « Modèles Mathématiques de la Morphogenèse », 2éme ed., 1980)
OLIVIER RICHE
16/05/2026
Cher JC,
Vous avez raison de souligner la divergence des registres entre Thom et Newbury. Mais ne peut-on pas, par-delà les définitions, soutenir une lecture synthétique où ces concepts entrent en résonance ?
L'entropie comme potentiel, non comme désordre, rejoint l'idée hindoue du karma et des Yugas : ce qui ressemble à une accumulation de « déchets » ou à une dégradation est en réalité une réserve de tension prête à basculer.
Chez Newbury, l'entropie politique n'est pas un effondrement terminal, mais une charge que le système peut déplacer pour se réorganiser — une forme de dissolution nécessaire avant un nouveau cycle.
Quand on regarde l'entropie comme opérateur morphogénétique, le lien avec Thom devient plus direct : ses « catastrophes » topologiques ne sont pas des fins, mais des points de bifurcation où une nouvelle forme émerge.
L'« Avatar » chez Newbury joue précisément ce rôle : il provoque une cassure qui force le système à produire un nouvel ordre, donc un nouveau sens.
La singularité n'est pas la mort du système, mais sa métamorphose.
Cette métamorphose continue invite à élargir le regard : au-delà de la mécanique des systèmes, c'est la structure même de l'expérience qui se révèle. Pour saisir comment une réalité peut à la fois engendrer son propre chaos et en faire surgir un ordre nouveau, l'image du rêve s'impose. Le Divin y est immanent : il est le « souffle » même par lequel la tension se résout en forme. Mais il demeure transcendant : il ne s'absorbe jamais dans le scénario qu'il fait émerger. On retrouve ici la double posture de l'homme face à ses rêves : transcendant parce qu'il peut les observer sans s'y perdre, immanent parce qu'il ne peut les vivre qu'en les habitant de l'intérieur.
Pour éviter l'écueil d'une lecture purement mécaniste, Ramana Maharshi invitait à cette enquête radicale : « À qui cela apparaît-il? Remontez à la source du "je" qui perçoit. » En cherchant « qui vit ce basculement ? », on découvre que la conscience reste intacte au milieu des catastrophes : immanente au monde, mais toujours libre par rapport à lui.
Peut-être que Thom, en passant de la singularité mathématique à la prégnance sémiophysique, faisait l'expérience de cette même tension : comment le sens émerge-t-il sans s'épuiser dans sa propre genèse ?
Bien à vous,
Olivier
Jean-Claude Cousin
16/05/2026
Rappelons que, quand les "nationalistes" se sont repliés sur l'île de Taiwan, leur leader a continué à proclamer qu'ils étaient le seul gouvernement légitime de LA CHINE ENTIÈRE, ce qui implicitement doit sans doute signifier que la Chine reste unie : c'est un peu comme si le président de Corse s'affirmait président de la France entière, je pense que l'analogie est assez pertinente.
Le frère de mon gendre habite Taipeh depuis de nombreuses années, j'ai donc qielques échos de première main. Taiwan n'est qu'une pâle réplique, en petit, de la Chine continentale, mais en bien pire parce que sous le joug du capitalisme anglo-saxon. Les Taiwanais seraient indifférents en général au retour à l'union avec le grand frère de Beijing, si la poigne de fer des "autorités" ne continuait pas à maintenir une séparation drastique et contre nature.
Pendant ce temps-là, sur les bords du Potomac, ce qui était autrefois un marécage naturel est devenu un visqueux succédané de mangrove politique aux relents pestilentiels, un lieu au nom prédestiné où un moderne Heraklès devrait bien venir laver le sol.
On peut envisager que la présidence actuelle, avec ses exagérations pathétiques, désordonnées et grandiloquentes, soit le moment où le fond (du marécage ?) est atteint, et que désormais la reconstruction soit la seule option. Après tout, peut-être est-ce le cas.
Ce jour-là, la seule option pour Taiwan sera le retour au bercail, débarrassée qu'elle sera du Pygargue à tête blanche, et d'un pathétique Empire devenu seulement pire.
De Moscou à Beijing, on peut imaginer que les têtes bien faites observent avec amusement la régression rappelant la lente chute de l'Empire romain rongé de l'intérieur. Ce jour-là aussi, la Dictature de l'Ombre constituée par les Grands Banquiers et assimilés perdra son soutien "naturel", et pourra se retrouver dans la situation de ce qu'un déssinateur humoriste avait suggéré à propos des trolls.
Rien n'est perdu encore, même si l'autre option, celle "à la Samson", peut être encore crainte. Quant à nous, simples citoyens, continuons humblement à nous répéter, comme les frères Frttt d'une vieille légende poitevine, « Aubons ! », soyons levés dès l'aube et vigilants.
jc
14/05/2026
L'IA actuelle me paraît maîtriser beaucoup mieux que moi la structure de la langue française (l'orthographe et la grammaire).
Mais, en ce qui concerne son origine et sa fonction, je ne vois pas du tout en quoi et pourquoi elle aurait un quelconque avantage sur les humains dont c'est la langue maternelle.
À la fin de "Stabilité Structurelle et Morphogénèse" (ed. 1977), Thom consacre un paragraphe à la double origine du langage chez l'homme.
" L'apparition du langage chez l'homme répond à un double besoin : une contrainte individuelle de nature évolutive, visant à réaliser la permanence de son moi en état de veille et une contrainte sociale, exprimant les grands mécanismes régulateurs du groupe social.
La première contrainte répond au besoin de virtualiser la prédation. L'homme en éveil ne peut, comme le nourrisson de neuf mois, passer son existence à saisir les objets pour les mettre en bouche. Il a mieux à faire :aussi, va-t-il « penser » c'est-à-dire saisir des êtres intermédiaires entre les objets extérieurs et les formes génétiques : les concepts.
(...)
À la naissance, le nourrisson est équipé d'un stock de schémas sensori-moteurs, de formes génétiques qui se manifestent dans les réflexes dits archaïques. Plus tard, vers l'âge de six mois, ces schémas subissent une sorte de fonte, de catastrophe généralisée, qui coïncide avec le début du babil enfantin. On peut voir dans ce babillage une volonté d'expulser, par voie articulatoire, un certain nombre de formes génétiques aliénantes, manifestation ludique d'émission, non de capture.
(...)
Si l'on ne parle pas à l'enfant entre un et trois ans, la catastrophe d'expulsion articulatoire (le babil) dégénère rapidement en l'émission d'un petit nombre de sons grossiers (vocalisations des enfants-loups). L'exfoliation de l'espace sémantique support du concept est inhibée par l'incohérence ou l'absence des émissions sonores associées à l'objet ; d'où le retard intellectuel et l'idiotie auxquels ces enfants sont condamnés. (...) Il ne fait guère de doutes que leur psychisme est encore dominé par un petit nombre de formes aliénantes.
(...)
L'homme s'est débarrassé de ces formes aliénantes en leur donnant un nom, il a ainsi neutralisé leur pouvoir hallucinatoire. "
Mon commentaire :
L' IA n'ayant aucune idée, à mon avis et aussi au sien ! (1), de ce qu'est une forme génétique (2), et ne pouvant par suite se substituer correctement à l'entourage humain (parents, fratrie, etc.) pour guider l'acquisition du langage par le petit enfant, apparaîtront peut-être alors des aliénés d'un type nouveau ...
Ma conclusion :
Ne pas nommer les choses (ou les mal nommer) ajoute au malheur du monde…
(1) https://brunobertez.com/2026/05/13/essai-pour-reflechir-sur-lia/ : "Mais elle [l'IA] reste entièrement à l’intérieur de la situation c’est à dire du monde tel qu’il est déjà compté et connu. Elle ne fait que re-configurer ce qui est déjà encodable. Elle n’invente rien qui soit indiscernable (c’est-à-dire qui échappe complètement à ce que la situation peut déjà nommer).
(2) Thom : "Rappelons ici qu'une forme génétique n'est pas un schéma figé, mais bien plutôt un système pourvu de dispositifs d'autorégulation comme un être vivant ; un concept se forme par plaquage, par projection des schémas régulateurs du sujet sur une forme spatiale, une image extérieure. "
jc
11/05/2026
Je crains que les termes de "singularité" et d' "entropie" n'aient pas le même sens pour Thom et pour l'article que vous indiquez.
Thom a d'abord considéré comme singularités les maxima locaux d'entropie locale des systèmes dynamiques et fondé sa théorie des catastrophes élémentaires à partir de là (1), avant de modifier sa position (2) ( c'est pour moi ce changement de posture qui l'a amené à préférer l'immanence divine - Dieu à principes auxquels il se tient - à la transcendance divine - Dieu entièrement libre, sans principes (3) -).
(1) https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/macadam-philo/archives-rene-thom-ou-l-apprenti-philosophe-8619886 ( 17'30 à 18'05 )
(2) Ibid. ( de 48'20 à 48'45 )
(3) https://www.youtube.com/watch?v=BXxKQVQFnRo ( 11' à 11'30 )
jc
11/05/2026
PhG : " Cela pendant que James Webb nous apprend que notre vaste connaissance du cosmos, en fait, ne connaît rien, et que dans ce domaine, et comme nous avançons, plus nous en savons (jusqu’au-delà du Big-Bang pour l’instant), moins nous en savons… "
Thom : " La science moderne, au point où elle en est, est un torrent d'insignifiance proprement dit." (Paraboles et Catastrophes).
[ Voir aussi les torrents se jetant dans la mer de l'insignifiance sur la carte du sens ( http://strangepaths.com/forum/viewtopic.php?t=41 ), dont les IA ne manqueront pas d'augmenter considérablement le débit. ]
L'IA sur Grasset : "Grasset n’est ni théologien, ni traditionaliste orthodoxe, ni philosophe académique. Il pratique une métaphysique de constat, fondée sur l’observation des signes, la cohérence symbolique des événements,, les « ruptures de narration ». Le sacré n’est jamais affirmé comme doctrine, mais suggéré comme nécessité structurelle."
Pour moi ce qu'écrit ici l'IA pourrait s'appliquer à Thom, car il prône une métaphysique réaliste et invoque Héraclite tout au long de son œuvre philosophique : "Le Maître, dont l'oracle est à Delphes, ne dit ni ne cache, il signifie", qu'il traduit ainsi : "La Nature nous envoie des signes qu'il nous appartient d'interpréter" (Thom est herméneute, pas démiurge comme l'immense majorité des physiciens modernes).
Là où Grasset et Thom peuvent diverger, c'est peut-être sur l'opposition transcendance/immanence. Il est clair pour Thom que les Idées platoniciennes existent et transcendent infiniment les capacités opératoires humaines. Mais celui-ci a fini par opter pour un Dieu immanent en 1985 ( https://www.youtube.com/watch?v=BXxKQVQFnRo de 9'50 à 11'30 ), précisant (et/ou infléchissant ?) sa position en 1988 (1).
Je crois pouvoir résumer en deux mots la position de Thom : c'est un géomètre enthousiaste ( au sens étymologique ) (2).
(1) "Peut-être Dieu n'existera-t-il pleinement qu'une fois sa création achevée ?"
(2) "Selon beaucoup de philosophies Dieu est géomètre, il serait peut-être plus logique de dire que le géomètre est Dieu."
Jean-Claude Cousin
11/05/2026
Bonjpir.
Je remets ici un extrait d'un "discours que j'avais prononcé le 2 mars 2018 devant des associations pour la langue française, au Flam's de Paris-Montparnasse.
Oui, il faut insister pour que la langue française existe, ainsi ceux qui la parlent, face au rouleau compresseur du Globiche. Ce sabir global mondial généré et propagé par "nos dirigeants" de concert avec les Financiers Mondiaux sape le principe même de la liberté.
Oui, il faut d'abord agir dans l'hexagone, parce qu'il est le creuset sans lequel notre langue n'est plus rien. Nous saluons les suggestions de Monsieur Favre d'Echallens (hélas décédé en 2021) qui sont remarquables.
Il faut renforcer la langue, comme en conjure Arnaud Upinsky, une piste intéressante serait même de suggérer qu'elle (re)devienne la langue européenne, comme elle le fut réellement du XVIIe siècle à 1815. Ce n'est qu'une question de volonté politique.
Ne mettons personne à l'écart. Que chacun apporte sa pierre à l'édifice. Toute bonne volonté est à considérer. Nous luttons contre l'exclusion, alors n'excluons personne. L'union fait la force. De même, parmi nos concitoyens aucun ne devrait se sentir exclus en raison de l'imposition d'une langue non maternelle (sauf à de lointains paresseux se refusant d'apprendre les autres langages) comme langue véhiculaire. En tout cas, l'unité devra guider nos pas si nous voulons être efficaces, "ne nous chamaillons pas". Si chacun reste centré sur lui-même, bien sûr il ne se passera… rien.
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A cette occasion j'avais écrit un petit poème.
La langue, notre combat
Ployez tous le genou, car le Verbe s'avance,
Et François, le premier, le sentit, impérieux,
Saisir en un élan des patois la mouvance,
Et Touraine en émoi nous l'offrit comme un dieu.
De Liré esseulé en Marches de Bretaigne
Au Vendômois discret sans châteaux orgueilleux,
De Seuilly s'inclinant vers Chinon souveraine,
Où bergère adouba un roi très malheureux,
Un tourbillon jaillit, et porta vers Paris
Le plus beau d'un langage en superbes rameaux ;
De patients jardiniers en sculptèrent les cris
Afin d'offrir à tous le langage nouveau.
Le timbre en était juste, et l'éloquence inouïe,
Les vers se présentaient comme pages en parade,
Le français devenait de l'Europe éblouie
La façon de parler naturelle, en tornade !
Le soleil était roi, mais brillait au-dessus
Le Verbe en majesté plus précis que l'éclair,
La langue souveraine des tréteaux peu cossus
Comme aux églises royales par la voix de la chaire.
S'en emparèrent penseurs, philosophes et tribuns
Ravis de manier sa précision immense ;
Au peuple elle donna voix, audace – et Jacobins
Pour déclamer au ciel sa misère si dense.
Las ! L'aigle s'abattit, un grand bruit retentit :
La langue avait perdu ses grands thuriféraires.
Grande encore, elle portait bonnet rouge, et bondit.
Ce fut lors la Commune : l'Internationale vit.
C'est pourquoi aux banquiers désormais elle fait peur ;
C'est pourquoi tout est fait pour briser son élan,
Tout est mis en action pour briser ses ardeurs,
Car ils craignent de la voir retrouver son allant.
Ami qui viens ici, aide-moi à reprendre
Le flambeau de la langue qui nous est maternelle :
Tant que deux nous serons, elle pourra se répandre
Et garder à jamais son éclat éternel.
Jean-Claude
Dominique Larchey-wendling
07/05/2026
J. Mearsheimer a récemment eu cette heureuse expression pour qualifier D. Trump, c'était chez G. Diesen il me semble: "A one man wrecking ball".
Jean-Claude Cousin
04/05/2026
Bonjour Monsieur Grasset.
Si j'avais su qu'il suffisait d'être inscrit pour pouvoir réagir…. je l'aurais fait depuis longtemps au lieu de tenter de vous envoyer des lettres par la poste.
Les non-croyants, dont je suis un membre par hasard depuis l'âge de 24 ans environ, ne "croient" pas à une Fin des Temps telle qu'imaginée par des croyants. Ce qui serait plus sage de considérer comme la fin de l'humanité telle qu'elle existe aujourd'hui, un coup de folie de la part de ce que j'appelle l'Anglosaxonnerie pourrait être le facteur déclencheur, à l'exclusion de tous autres facteurs.
Ce coup de folie, plus ou moins brutal, est déjà en ses prémices aussi bien au niveau de décisions globales sur la santé comme la pseudo-lutte contre le COVID, qu'au niveau d'aberrations sur la nourriture ("waxxins" non finalisés sur le bétail, pollutions cachées, additifs forcenés dans le sol et dans les aliments ultra-modifiés, "chemtrails" dont on sait seulement avec précision qu'ils existent, j'en passe, sans doute).
Bien entendu, si ce qu'on pourrait appeler "les faucons" (qui pourraient alors se révéler être des vrais) réussissaient à outrepassr tous les obstacles levés par les "modérés", notre chère Humanité pourrait alors en quelques minutes (pour les plus chanceux) se transformer en vapeur. Pour les moins impactés directement, cela pourrait s'étirer sur des semaines, des mois, des années, mais le nombre de survivants serait infime (à ce propos, relire l'ouvrage de Marie C Farca, TERRE).
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Bien entendu l'Anglosaxonnerie n'est pas l'ensemble des personnes plus ou moins d'origine anglosaxonne, mais cette coterie très sélective et ultra-riche qui échoua dans la City de Londres sous le règne autoritaire de Oliver Cromwell, et essaima avec précision partout où il y avait BEAUCOUP d'argent à gagner. En fait des psychopathes-sociopathes au pathos intime complètement inexistant, compensé par une volonté morbide de contrôler tout le monde, sauf eux-mêmes.
Certes, la situation n'est pas nouvelle, mais désormais ces Grands Criminels ont réussi à s'accaparer tous les pouvoirs, y compris celui de ce qui était autrefois l'information. La pseudo-intelligence artificielle les aide puissamment en court-circuitant toute information relevant de la VÉRITÉ.
L'heure est grave. Pour les ainés ce n'est plus aussi important, mais pour les jeunes générations c'est l'essence même de leur vie.
Comme le murmurait Lénine autrefois, « Que faire ? »
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