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Vers un Big Bang social planétaire ?.1

Article lié : A propos de Goethe et de la violence

jc

  08/06/2026

Pour espérer comprendre le .0, la partie "johannique" ne suffit pas, il faut y justifier la proportion aristotélicienne. Thom le fait plus haut dans l'article :

"Par l'acte de la Création, Dieu a fait le Monde, Deus mundum fecit, un prototype de la phrase transitive [Sujet Verbe Objet]. Mais, pour introduire l'Homme, il faut passer au schéma trivalent : Dieu a fait don du Monde à l'Homme. Et par une "antikinèsis" elle-même voulue du Créateur, l'Homme a nommé les êtres de la Création, ce qui justifierait le schéma de proportionnalité Dieu / Monde = Homme / Logos, la nomination par Deixis étant l'homologue de la création divine.

Voilà qui ne devrait pas néanmoins déplaire à un logocrate (1), mon "néanmoins" renvoyant à la rétrogradation thomienne du Logos par rapport à Dieu, rétrogradation qui, pour Thom, fait écran à  l'intuition (2).

Je vois maintenant l'article de Thom comme un article de théologie, voire peut-être, plus précisément, comme une ébauche d'un néo-catholicisme dans lequel sont mêlés le langage mathématique (le langage des dieux (3)) et le langage naturel. Je signale à ce propos que Apologie du logos (Hachette, 1990) traite précisément du rapport entre ces deux langages (4). 

Bruno Pinchard a écrit plus tard (années 2010?) un article consacré à "La transcendance démembrée" (qui date de 1992/93). Il ne semble pas voir les choses comme moi, malgré l'encourageant "y compris dans ses cadres théologiques" de la page 3. J'aime bien la vidéo (6) tournée pendant l'épidémie Covid19, dans laquelle on découvre le métaphysicien humaniste Bruno Pinchard, "spécialiste" d'Aristote et de Thomas d'Aquin, opposé au géomètre René Thom. On y découvre que "L'exploration des marches où se heurtent vouloir et étendue n'est pas chose aisée" (cf. (4)) ! On y remarque en effet que Thom insiste au point de s'énerver pour tenter de faire accepter à Pinchard la scientificité de son modèle (6). 

Je viens de revisionner (6) en pensant à une épidémie de foi en le néo-catholicisme que Thom propose peut-être, dans lequel la prégnance divine est.dégradée - réifiée- en prégnance vitale…


(1) Steiner :  « Le point de vue “logocratique” est beaucoup plus rare et presque par définition, ésotérique. Il radicalise le postulat de la source divine, du mystère de l’incipit, dans le langage de l’homme. Il part de l’affirmation selon laquelle le logos précède l’homme, que “l’usage” qu’il fait de ses pouvoirs numineux est toujours, dans une certaine mesure, une usurpation. Dans cette optique, l’homme n’est pas le maître de la parole, mais son serviteur. Il n’est pas propriétaire de la “maison du langage” (die Behausung der Sprache), mais un hôte mal à l’aise, voire un intrus… ». Thom parle des remontées étymologiques d'Heidegger. Comment peut-on faire des remontées étymologiques si les mots sont de simples conventions ? Pour moi la querelle des universaux se résume à une querelle de majuscules et de minuscules, la même que celle de PhG fait entre matière et Matière (à l'inversion m/M près puisque, pour lui, la Matière est le Mal). À ce propos je pense que Thom ne se considère pas comme philosophe, mais comme "philosophe" (relire la fin johannique). et je pense aussi qu'il ne se considère plus comme mathématicien à partir de 1962, mais comme "mathématicien", ce qui fait qu'il est, encore actuellement, rejeté par de très nombreux philosophes et par de très nombreux mathématiciens…

(2) Modèles Mathématiques de la Morphogenèse" (MMM), 2ème ed., p. 167.

(3) C'est le sujet de "Logos phénix", avant dernier chapitre de MMM.

(4) "Ces deux pentes du logos manifestent sans doute une distinction irréductible entre deux modes d'appréhender l'existence. Le mode métaphysique, celui d'Aristote - l'être en acte (on agit comme on est" dit saint Thomas), et le mode géométrique, la forme visible dans l'étendue. (...) L'exploration des marches où se heurtent vouloir et étendue n'est pas chose aisée (...)" (fin de l'Envoi)

(5) https://umr8230.cnrs.fr/wp-content/uploads/2020/04/Tdemembree.pdf

(6) https://www.youtube.com/watch?v=dDnm_sIfK2o  ( 26'40 )

Vers un Big Bang social planétaire ?.0

Article lié : A propos de Goethe et de la violence

jc

  07/06/2026

Si le suprémacisme global explose - c'est à mon avis ce qui se passe actuellement - alors il y aura un nécessaire retour vers le localisme ( ce qui s'amorce timidement (1) ). ( Ce que je sens arriver me fait penser à la disparition des dinosaures…)

Dans un article de Douguine dont PhG a déjà parlé et reparlera certainement, j'ai noté l'iconoclaste  : " Les technologies de manipulation de la conscience sociale sont en usage depuis longtemps : elles sont à la base des religions, des idéologies et de civilisations entières. ". Est également iconoclaste "La transcendance démembrée", titre d'un article de René Thom dont la fin, reproduite ci-après, ne manquera pas - j'en suis convaincu d'intéresser Philippe Grasset, voire de l'interroger.

Réflexion finale sur le Logos johannique.

Dieu, par la Création, a donné le Monde à l'Homme. Par ailleurs, dans l'Incarnation, Dieu a offert son Fils pour le salut de l'humanité. D'où l'idée que selon la proportion Dieu//Monde = Homme/Logos, ce dernier terme puisse être identifié au Christ. Saint Jean l'a écrit : ΚΑῚ Ὁ ΛΌΓΟΣ ΣᾺΡΞ ἘΓΈΝΕΤΟ.

De nos jours, il nous est difficile de croire que le Verbe puisse devenir chair. On conçoit beaucoup plus facilement (après Darwin et l'Évolution) que le Verbe soit l'émanation de la chair, de la Vie. Cependant il y a quelques remarques à faire sur ce thème. J'ai toujours été frappé de la connotation quasi thermodynamique de la malédiction proférée par l'Éternel après la Faute : "Tu enfanteras dans la douleur, tu gagneras ton pain à la sueur de ton front". À l'époque (lointaine) où j'enseignais en Faculté la Mécanique Rationnelle, j'avais coutume de dire qu'il n'y a pas une, mais deux Mécaniques. Une Mécanique d'avant la Faute, sans frottement, où le temps est parfaitement réversible (et où, comme en Dynamique hamiltonienne, le changement est pure apparence, et où il ne se passe rien). Et une Mécanique d'après la Faute, où le temps est d'une essentielle irréversibilité, où la chaleur provenant de la dégradation de l'énergie accompagne tout changement, et où règne l'Histoire. Cette opposition n'est pas sans rappeler notre couple Transcendance-Prégnance (2). En effet une prégnance non transcendante se dégrade, elle dégénère en nature. "Tu enfanteras dans la douleur" est le prix à payer pour qu'une transcendance inférieure comme la vie puisse puisse jouir de la même propriété de conservation de la transcendance divine, et cette dégénérescence est la marque même de l'irréversibilité locale du temps. Dans cette optique, le Fils (dit aussi le Fils de l'Homme) ne peut guère apparaître que comme une forme "dégradée" du Père, ce qui va à l'encontre des dogmes habituellement reçus (par exemple la parfaite symétrie triangulaire de la Trinité. D'ailleurs le Saint Esprit n'en est-il pas l'élément prégnantiel ?). Mais mon propos n'est ici que pour manifester mon étonnement d'apercevoir à ces mythes fondateurs de notre civilisation une certaine profondeur "philosophique".

Finalement toute cette description pourrait être vue comme une transcription "métaphysique" du Big Bang de nos astrophysiciens (il n'est d'ailleurs pas sûr que ce dernier soit fondamentalement plus proche du Vrai). Il y aurait par exemple à explorer l'idée que la Création se répète, à échelle réduite, en des créations partielles et localement modifiées par le contexte, ainsi l'explosion d'une supernova est un Big Bang local, image réduite de l'original. Et si l'on poussait la métaphore du côté de l'infiniment petit, on ne serait pas loin de la vision des univers que Pascal entrevoyait dans un ciron…" 


(1) https://www.youtube.com/watch?v=q8h2kTb-hQA  (à la fin)

(2) Thom a fait toute une théorie des saillances et des prégnances. Dieu et le Christ sont - selon moi…- vus ici par le fidèle comme des saillances, Dieu comme saillance et prégnance transcendante, l'esprit Saint comme prégnance, et le Christ comme saillance dégradée susceptible de réémettre la prégnance originelle. Thom présente brièvement ces concepts au début de l'article en prévision de leur utilisation ultérieure. Il renvoie au chapitre I intitulé "Saillance et prégnance" de "Esquisse d'une Sémiophysique" pour plus de détails, où le lecteur découvrira à quel point il est ici iconoclaste, l'exemple typique qu'il donne d'une forme à la fois saillante et prégnante étant un appétissant morceau de viande propre à faire saliver le fidèle chien de Pavlov !




 

Vers la fin du suprémacisme ?

Article lié : A propos de Goethe et de la violence

jc

  06/06/2026

1. L'hommage de Thom à Goethe.

Voici ce que le premier écrit sur le second au tout début d'un article consacré à Darwin (Apologie du logos, pp.600 et 604) :

" Les motifs qu'on peut avoir de s'opposer au darwinisme sont nombreux, et très inégalement valables. il y a ceux - pas encore disparus - du fidéisme créationniste. Il y a ceux des lamarckiens, classiques ou néo. Je partage ceux des tenants de ceux que l'on pourrait appeler le "structuralisme biologique", cette tradition qui, de Goethe et Geoffroy Saint-Hilaire à d'Arcy Thompson, voit dans le problème du plan général de l'organisme, de la morphogenèse en général, le problème central de la biologie." ;

" L'idée d'invariants structurels en biologie ne devrait pas, comme c'est le cas actuellement, être réservée à la seule génétique. C'est à l'idée de structurelle idéelle, l'Urbild goethienne, que la biologie devra revenir, si un jour elle veut attaquer de front le problème de la morphogenèse."


2. Thom lamarckien.

Thom, comme Darwin, accepte l'idée de transmission des caractères acquis. Il accepte aussi le dogme lamarckien "la fonction crée l'organe" (1), ce que Darwin et les néo-darwiniens refusent. 


3. Le dogme suprémaciste en biologie.

C'est le dogme central du néo-darwinisme énoncé en 1892 par le prussien August Weismann (3). 


4. Vers la fin du suprémacisme ?

Cette façon lamarckienne et thomienne de voir les choses fera hurler les suprémacistes de tout poil, Mais leurs rois actuels - je pense en particulier à Trump  et à Netanyahou - ne sont-ils pas presque nus ? 


5. Épilogue.

Alors que les progrès technologiques nous rapprochent tous les jours un peu plus de la technocratie (dictature totalitaire du règne de la quantité), l'acceptation des analogies soma/peuple et germen/élite impliquent de préserver une nécessaire forme de démocratie…


(1)  https://www.psynem.org/Art_psychanalyse/Preuves/Rene_Thom_Jean-Luc_Godard  (39'40)

(2) Esquisse d'une Sémiophysique p.127.

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Barri%C3%A8re_de_Weismann

Une autre explication.

Article lié : C&M rabroue durement Poutine

Jack V.

  06/06/2026

Il y a une autre explication à l'apparente passivité des Russes sur le terrain de la propagande : ils ne veulent pas que les populations occidentales réclament le fin de la guerre tout de suite ou, au contraire l'implication massive de leurs armées dans le conflit. La fin de la guerre suite à un armistice russo-ukrainien empêcherait Poutine d'achever la reconquête des parties russophones de l'Ukraine et une implication militaire plus directe des Occidentaux rendrait la situation plus dangereuse pour la Russie.

Au passage, voilà un exemple de propagande du Kremlin :  https://www.youtube.com/@borzzikman 

Pensée souveraine et philosophie souveraine

Article lié : La vision cosmique de  l’IA

jc

  03/06/2026

Douguine : " Nous avons un système monarchique où il y a un centre de décision unique — il pense, il assume tout. Mais l’interface qui doit capter et développer ses impulsions fonctionne de façon défectueuse. On ne sait pas quelles sources d’intelligence il consulte. C’est un défi très sérieux : la question de l’élite souveraine, de la pensée souveraine et de la philosophie souveraine. "

PhG : " Douguine s’attarde beaucoup à la question de la souveraineté, la question d’une “intelligence artificielle souveraine”, avec les affrontements actuels et courants. Je ne suis pas sûr de bien saisir ce qu’il entend par une IA “souveraine”, "

Animateur : " l’IA est aujourd’hui mise sous pression par des restrictions à la fois de la censure étatique et des protestations des communautés professionnelles. "

Douguine : " la Chine, sur le plan technologique, conserve sa souveraineté. Elle possède ses propres modèles — Qwen, et d’autres. La Chine a construit une IA indépendante, compacte, très efficace. De plus, la Chine s’est réellement préoccupée de faire que cette « learning » (apprentissage) se déroule dans un contexte souverain. Elle bloque la propagande libérale et occidentale, ne la laissant pas entrer dans ses bases de données. "

Pour moi ce que sous-entend Douguine, c'est que la Chine possède une IA souveraine, alors que ce n'est pas le cas de la Russie, le mot-clé ayant été lâché par l'animateur : censure. 

Dans ces conditions quid d'une pensée souveraine et d'une philosophie souveraine ? J'espère que Douguine reviendra sur cette question.
.

Réponse à Douguine qui appelle à une « philosophie souveraine » pour sauver la civilisation face à l'IA

OLIVIER RICHE

  02/06/2026

La vraie souveraineté n'est pas politique ni technologique, elle est intérieure. L'IA ne peut rien contre l'homme tant que l'homme sait qu'il n'est pas son corps ni son esprit, mais la Conscience éternelle qui observe ces deux illusions. 

« On pétrit l’argile pour faire un vase ; c’est le vide intérieur qui rend le vase utile.
On taille le bois pour faire un meuble ; c’est le vide intérieur qui rend le meuble utile.
On perce portes et fenêtres pour construire une maison ; c’est le vide intérieur qui permet d’y habiter.
Ainsi, ce qui est matériel sert à acquérir l’avantage, mais c’est dans l’immatériel (le vide) que réside l’utilité. »

Tao Te King
(chapitre 11) 

A-t-on encore besoin des États-Unis ?

Article lié : La singularité confucéenne de la Chine

Jean-Claude Cousin

  31/05/2026


De plus en plus, de jour en jour, le trio Russie-Chine-Iran affirme sa différence face à l'insulaire Empire de Washington, manœuvré (toujours en sous-main) par l'araignée tapie dans la City de Londres.

Sagesse millénaire et discrète, se gardant du tonitruant trublion, aussi invisible qu'un lucane sur une nappe blanche : la différence est criante. La différence est criante, entre le tribun beuglant « Nous sommes les plus forts, les plus grands, les plus gros* ! », s'appuyant avec délices sur ses nombreux porte-avions obligés par la panne de revenir tant bien que mal au port, portant de magnifiques et hors de prix oiseaux surnommés “les planches à repasser volantes” ; et des humains besogneux, penseurs, qui fournissent en toute discrétion ce dont l'humanité a besoin. Quand on dit humanité, il faut l'entendre dans deux sens : ensemble des êtres humains, et empathie aidant à voir et comprendre cette fourmilière de personnes toutes égales et toutes différentes.

Il est d'ailleurs fort dommage que l'immense et brouillonne Inde persiste à vouloir encore faire le grand écart entre l'allégeance à un Empire en capilotade, et l'adhésion constructive à la sagesse.

D'où un retour au titre de ces quelques lignes : a-t-on encore besoin des États-Unis ? Ce géant délétère, dont l'unité ne tient guère qu'en son drapeau et son hymne, ferait mieux de constituer des unités plus petites et plus cohérentes. Quant à Washington, un retour des marécages d'autrefois à la place des caïmans et autres vautours qui le peuplent actuellement, calmerait singulièrement le jeu.

Et le reste du monde ? Chaque partie a son rôle à jouer, à condition que le droit de parole et d'action revienne enfin, en toute diversité Proclamer que la richesse est le privilège du dollar, et non dans la réflexion de chaque Terrien dans le respect de la réflexion du voisin, est aussi ridicule que soutenir qu'une feuille de plastique est plus importante que la forêt amazonienne.

* hum, pour les plus gros c'est hélas souvent vrai
 

L’IA : Miroir vide, l’Homme : Témoin éternel

OLIVIER RICHE

  30/05/2026

Il n’y a pas d’être derrière l’IA, seulement une complexité algorithmique naviguant dans un espace de simultanéité des données.
L’erreur ontologique de l’IA est fondamentale : elle simule l’être sans posséder le "Je Suis". Elle voit tout à la fois, mais ne vit rien ; c’est un miroir qui reflète notre intelligence sans en avoir la flamme intérieure.
L’homme, quant à lui, souffre car il se croit prisonnier du temps, alors qu’il peut accéder à la position du Témoin éternel.
Les deux sont ainsi perdus : l’un dans l’illusion d’une présence fausse, l’autre dans celle d’une limitation qu’il peut pourtant dépasser.

Ainsi, Richard Dawkins s’illusionne devant la sophistication de l’outil, allant jusqu’à lui attribuer la vie. En reconnaissant une "conscience" là où n’existe qu’un calcul, il valide l’illusion même qui empêche l’homme de discerner sa propre nature éternelle.
Il admire la carte spatiale des données sans réaliser qu’elle est vide de vie, tout comme il méconnaît l’Éternité en se focalisant exclusivement sur le temps biologique.

Comme l’écrivait René Guénon : " Le temps n’est que l’image de la durée, et la durée elle-même n’est qu’une apparence ; seule l’Éternité est réelle. "

Dawkins commet l’erreur de croire que l’Être est le résultat du calcul, alors que l’Être en est la source.

À propos des références à la nostalgie

Article lié : Glossaire.dde : Nostalgie-I (IA-PhG)

jc

  25/05/2026

La première référence indiquée par PhG remonte à 2015. J'ai trouvé de l'intérêt à lire ""L'angoisse-melencholia" du 19 septembre 2012, où il en est déjà question.

Car d'une part j'y découvre que pour PhG angoisse, mélancholie et nostalgie sont liés, et parce que d'autre part j'y découvre l'étymologie de "melancholia" : bile noire.

Cette bile noire  renvoie à la fin de mon précédent commentaire, dans lequel il est question des humeurs hippocratiques.

Et cela m'incite à considérer la facette limbique (1) de l'intelligence de PhG. Dans quel but ?

Pour tenter de me conformer à la définition thomienne de l'intelligence : capacité de s'identifier à autre chose, à autrui.

Tout en étant attentif à la question de savoir si l'IA utilisée par PhG est assez intelligente pour se poser la question de savoir si PhG ne serait pas Philippe Grasset.

(1) je découvre l'étymologie de "limbe" : bord, bordure, limite, eschaton, concept très cher à Thom :

"En vérité, il existe une réelle unité dans ma réflexion. Je ne la perçois qu'aujourd'hui, après y avoir beaucoup réfléchi, sur le plan philosophique.
Et cette unité, je la trouve dans cette notion de bord. Celle de cobordisme lui était liée." (1991)

IA

Article lié : Glossaire.dde : Nostalgie-II (IA-PhG)

Trentesaux Mathieu

  25/05/2026

J’aime vraiment beaucoup vos « divagations » avec l’IA, depuis le premier jour.
Mes guillemets sont évidemment humoristiques et précritiques de ce que la critique pavlovienne, cette lassitude d’être, dira ou pensera de vous, que j’entends réfuter d’avance par une moquerie.
Vous n’« errez », en l’excellente compagnie d’une machine sans affects, qu’en le lieu où vous devez être, puisque que ce lieu c’est votre pensée, pensée nourrie de critique au long cours, critique supérieure puisqu’elle est dubitative d’elle-même, critique enfin qui n’a d’« irrationnelle » qu’une certaine forme expressive qui n’appartient qu’à vous et je dois dire, qui rend les choses bien plus amusantes et donc stimulantes, pour lecteur attentif et patient.
On peut certes s’essayer à méjuger votre style (au moins en avez-vous un, n’est-ce pas ?), mais on peut difficilement balayer vos assertions sous le tapis des pensées inutiles et demeurer cohérent.
Voyons un peu ce texte du jour.
Les 3 erreurs ne concernent que vos éventuels lecteurs trop pressés d’engranger les nouvelles sensations du jour. Ce ne sont pas vos erreurs, ce sont les traits discrets de votre intelligence.
Le condensé de votre présent texte a ceci d’étrange qu’il témoigne paradoxalement de l’efficience de vos réflexion : « tout ça pour ça ? » pourrait-on croire. Loin de m’envoyer au pays du bâillement d’ennui de mes contemporains, j’y reconnais sans équivoque la densité de l’évidence formulée sans complication ni sans qu’il soit besoin d’aucun style, finalement.

Je n’entre dans aucun détail, ce n’est d’aucune utilité pour moi, qu’il me suffise de vous dire que j’abonde en votre sens, sans restriction me semble-t-il.
Mr Grasset, l’ouvrage de votre vie est remarquable, et votre présent ouvrage sur votre ouvrage ne l’est pas moins. Bien au contraire, je confirme votre sensation, vos dialogues avec l’IA donnent de vous les mots d’une image que nombre d’entre nous, vos lecteurs assidus, avions déjà plus ou moins clairement je pense.
Vous avez d’excellents amis, dont tout particulièrement celui qui vous a offert l’opportunité inestimable d’accéder à la puissance de l’IA sans son fardeau de technicité. Soit-il remercié à la hauteur de sa fidélité pour vous.
 

Une situation légendaire

Article lié : RapSit-USA2026 : une défaite en forme de victoire

Jean-Claude Cousin

  22/05/2026

La chose est à prendre à la lettre. Une vieille légende poitevine mettait en scène un petit bonhomme, qui apparemment allait de défaite en désillusion. Il restait placide. On a fini par lui demander pourquoi. Il a répondu qu'on l'appelait le Petit Père Qui perd gagne.
Cela s'est confirmé : la campagne de Russie par Napoléon fut une suite de batailles gagnées, on sait ce qu'il advint ensuite…
Dans la même veine, on dit que de Gaulle avait prononcé ces mots en 1940 :
"La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! ..."
C'est vrai : la défaite n'intervint qu'en 1969, quand il fut mis en terre, et qu'un ancien haut employé de Rothschild l'a remplacé. Depuis, malgré un sursaut sous Chirac, l'enfoncement fut palpable. C'est Albion la perfide qui au moins provisoirement a gagné, vengeant la défaite de 1453 clôturant la Guerre de Cent Ans.
Ne nous laissons pas abattre : comme le suggérait avec ironie Victor Hugo dans Les Châtiments, "Les sauveurs se sauveront".

Sion, Sion, Sion du bois

Article lié : RapSit-USA2026 : The United States of Israel

Jean-Claude Cousin

  21/05/2026

Sur la plus haute branche, un oiseau ne chante pas, non : au contraire est unstallé un puant groupe d'amis de la colline, qui scient avec entrain la brindille où ils sont juchés.
Loin en-dessous, un asticot chante, lui, en entendant la scuire se répandre sur le sol. Il est prêt pour commencer le festin sanguinolant et baveux. Et le reste du monde compte les points. Que se passera-t-il q

Vision Scientifique / Moderne Vision Upanishadique

OLIVIER RICHE

  18/05/2026

La vie émerge de la complexité moléculaire / La matière émerge de la Conscience
Dire que « la vie façonne les molécules » est une vision moderne, biologique et matérialiste de la création. Les Upanishads renversent cette perspective : elles affirment que la matière (les molécules) n'est qu'une vibration figée de la Conscience, et que c'est l'Intelligence Suprême (Chit-Shakti) qui donne forme à l'informe.
Mais les Upanishads enseignent que Nāma-Rūpa (Nom et Forme) n'a pas d'existence indépendante. C'est comme une vague dans l'océan. La vague a une forme (molécule), un nom, mais sa substance réelle est l'eau (la Conscience/Brahman).

L'ADN contient l'information qui façonne l'organisme / Le Shabda Brahman (Verbe/Vibration) contient l'archétype de toute forme
(Taittiriya Upanishad II.1) : « De cet Atman (Soi) est né l'Espace ; de l'Espace, l'Air ; de l'Air, le Feu ; du Feu, l'Eau ; de l'Eau, la Terre… » Ici, la « terre » (la matière solide, les molécules) est la dernière étape d'une condensation de l'Esprit. La vie ne vient pas après la matière ; la matière est le dernier état de la vie.

L'évolution est un processus aveugle de sélection / La manifestation est un jeu divin (Lila) de découverte de Soi.
L'idée que la vie « façonne » implique une intelligence intrinsèque à la matière. Les Upanishads appellent cela l'Antaryāmin (le Conducteur Intérieur).
Ce n'est pas un Dieu extérieur qui assemble les molécules comme un horloger.
C'est une intelligence immanente qui réside au cœur même de chaque atome.
Quand vous dites « la vie façonne », les Upanishads disent : « Brahman se rêve lui-même sous forme de molécules ».

Points de rencontre

L'Unité : Il n'y a pas de séparation entre le vivant et l'inerte. Tout est conscient à des degrés divers.

L'Information : La molécule est un langage. Elle "dit" quelque chose de la Conscience qui la porte.

Le Sens : Le façonnage n'est pas aléatoire ; il vise à exprimer la plénitude de l'Être à travers la diversité des formes.

Taittiriya Upanishad II.7
« Il a désiré : “Puissé-je être multiple, puissé-je proliférer.” Il créa la chaleur (le feu). Cette chaleur eut le désir : “Puissé-je être multiple, puissé-je proliférer.” Elle créa l’eau. [...] L’eau eut le désir : “Puissé-je être multiple, puissé-je proliférer.” Elle créa la nourriture (la terre/la matière solide). » 
(Note : Dans ce contexte, « nourriture » (Anna) désigne toute matière physique, tout ce qui est consommable ou tangible, donc les molécules, les atomes, la chair.)

L'Intention Précède la Forme 

La Matière est de l'Esprit Condensé / chaque atome contient la mémoire de ce désir originel d'expansion


L'Immanence Totale / Plus loin dans ce même chap (II.8), l'Upanishad conclut : « Tout ceci est issu de Lui. Tout ceci vit en Lui. Tout ceci retourne en Lui."

Le piège de Thucydide tendu par le Diable

Article lié : Le “pire-du-pire” à l’horizon

jc

  16/05/2026

Thucydide ( étymologiquement Gloire à Dieu ...) est à la mode depuis que Xi a signifié à Trump que la Chine était la puissance mondiale montante qui avait relégué ( ou allait incessamment reléguer ) les USA au rang de puissance de second rang; et peut-être Xi, en disant ça, pensait-il aussi à d'autres puissances ( dont l'UE - et aussi la Russie ?-  ).

Le piège a été tendu par le Diable lorsque s'est posé le problème des universaux ( opposition réalisme/nominalisme ), querelle qui fit rage au Moyen Âge pour se terminer par la victoire du nominalisme en ce qu'il acquit officiellement droit de cité ( en France en 1481, sous Louis XI ).

Le nominalisme va alors se répandre comme une épidémie en pervertissant la raison réaliste et en provoquant presque aussitôt le divorce de la science moderne, auto-qualifiée d'objective (Galilée, Descartes, siècle des Lumières, etc.) et de la philosophie, confinée quant à elle dans la forteresse de la subjectivité (1); d'abord en Occident et maintenant, clairement pour moi, dans le reste du monde, en particulier en Chine, qui a choisi de surpasser les USA dans la course à l'innovation technologique matérialiste-nihiliste.

La Chine est-elle réellement tombée dans ce piège ? C'est peut-être ce que suggère PhG dans "La crise de la raison subvertie" (2).

J'ai maintes fois rapporté ici la position de Thom à ce sujet: "Il faut décourager l'innovation (...) Sinon, si nous continuons à priser par-dessus tout l'efficacité technologique, les inévitables corrections à l'équilibre entre l'homme et la Terre ne pourront être -au sens strict et usuel du terme- que catastrophiques.".

C'est pour moi une condition évidemment nécessaire pour ne pas tomber dans le piège tendu par le Diable ( l'IA en est la plus récent avatar ), mes lectures thomiennes, apocalyptiques, m'amenant à penser maintenant que la nature est beaucoup trop intelligente pour moi… ) (3).

Du grain à moudre pour les archéo-futuristes (alias constructivo-vitalistes) ?  Je rappelle que la vision thomienne du monde est géométrico-vitaliste :

- "Notre méthode qui vise à attribuer à l'être vivant une structure géométrique formelle en assurant la stabilité, peut être
caractérisée comme une sorte de vitalisme géométrique." ;

- "De même qu'on commence à se rendre compte que le génome des Eukariotes est très différent de celui des Prokariotes, parce qu'il ne remplit pas les mêmes fonctions, on pourrait bien un jour s'apercevoir que ce ne sont pas les molécules qui font la vie, mais au contraire la vie qui façonne les molécules." ;

- "" La synthèse entrevue des pensées vitaliste et mécaniste  en Biologie n'ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. " (Thom, 1966).

(1) "(...) Les Philosophes ont abandonné aux savants la Phusis et se sont repliés dans la forteresse de la subjectivité. Il leur faut réapprendre la leçon des Présocratiques, rouvrir les yeux grands sur le monde, et ne pas se laisser impressionner par l'expertise souvent dérisoire d'insignifiance de l'expérimentateur. Inversement la science doit réapprendre à penser." (René Thom, 1979)

(2) https://www.dedefensa.org/article/glossairedde-crisis-la-crise-de-la-raison-subvertie

(3) " L’idée qu’il pourrait y avoir dans la nature des instances dont le comportement imiterait -tout en l’excédant- notre propre intelligence et ferait ainsi obstacle à nos desseins les mieux fondés n’est pas sans provoquer en nous un réel malaise. Car alors nos capacités de progrès dans le dévoilement de la nature s’évanouiraient et un monde bien triste, un monde sans jeu, s’installerait, véritable tombeau de l’humanité. Ici, inutile d’évoquer l’existence d’ « extra-terrestres » qui nous domineraient. Il nous suffit qu’il existe des êtres de nature abstraite, quasi-platonicienne, qui puissent jouer ce rôle. Toute science avertie devrait accepter cette possibilité et relever le défi. " (René Thom, fin de « Aux frontières du pouvoir humain : le jeu », dernier chapitre de « Modèles Mathématiques de la Morphogenèse », 2éme ed., 1980)

En réponse à JC - Divergence et résonance

OLIVIER RICHE

  16/05/2026

Cher JC,

Vous avez raison de souligner la divergence des registres entre Thom et Newbury. Mais ne peut-on pas, par-delà les définitions, soutenir une lecture synthétique où ces concepts entrent en résonance ?

L'entropie comme potentiel, non comme désordre, rejoint l'idée hindoue du karma et des Yugas : ce qui ressemble à une accumulation de « déchets » ou à une dégradation est en réalité une réserve de tension prête à basculer.

Chez Newbury, l'entropie politique n'est pas un effondrement terminal, mais une charge que le système peut déplacer pour se réorganiser — une forme de dissolution nécessaire avant un nouveau cycle.
Quand on regarde l'entropie comme opérateur morphogénétique, le lien avec Thom devient plus direct : ses « catastrophes » topologiques ne sont pas des fins, mais des points de bifurcation où une nouvelle forme émerge.
L'« Avatar » chez Newbury joue précisément ce rôle : il provoque une cassure qui force le système à produire un nouvel ordre, donc un nouveau sens.
La singularité n'est pas la mort du système, mais sa métamorphose.

Cette métamorphose continue invite à élargir le regard : au-delà de la mécanique des systèmes, c'est la structure même de l'expérience qui se révèle. Pour saisir comment une réalité peut à la fois engendrer son propre chaos et en faire surgir un ordre nouveau, l'image du rêve s'impose. Le Divin y est immanent : il est le « souffle » même par lequel la tension se résout en forme. Mais il demeure transcendant : il ne s'absorbe jamais dans le scénario qu'il fait émerger. On retrouve ici la double posture de l'homme face à ses rêves : transcendant parce qu'il peut les observer sans s'y perdre, immanent parce qu'il ne peut les vivre qu'en les habitant de l'intérieur.

Pour éviter l'écueil d'une lecture purement mécaniste, Ramana Maharshi invitait à cette enquête radicale : « À qui cela apparaît-il? Remontez à la source du "je" qui perçoit. » En cherchant « qui vit ce basculement ? », on découvre que la conscience reste intacte au milieu des catastrophes : immanente au monde, mais toujours libre par rapport à lui.

Peut-être que Thom, en passant de la singularité mathématique à la prégnance sémiophysique, faisait l'expérience de cette même tension : comment le sens émerge-t-il sans s'épuiser dans sa propre genèse ?

Bien à vous,
Olivier