• La série des “Carnets” abrite, dans dedefensa.org, les écrits de commentaires personnels d’invités du site. • Sur ce qu'on nomme “les réseaux” ou “la toile”, il s'agit  de ce qu'on désignerait en général comme un blog. • Les “Carnets”, ce sont donc les blogs des invités de dedefensa.org dont nous jugeons, en plein accord avec eux et à l'avantage et à la satisfaction de chacune des parties, qu'ils peuvent devenir des collaborateurs réguliers du site. • Il n'y a pas de limites aux sujets abordés et pas de sujets précisément assignés à ces collaborateurs : les seules exigences concernent la forme et la décence du propos, la responsabilité dans le développement du propos. • Sur le point très important du fond des textes, nous disons que dedefensa.org donne comme règle de ces “Carnets” une orientation générale des domaines abordés trouvant ses aises dans celle dont le site fait à la fois l'usage et la promotion. • Pour autant, il y a une règle impérative qui domine toutes les autres. • Il n’est pas assuré que tous les propos des invités soient dans le sens de ce qu’écrit et pense dedefensa.org, et il ne peut en aucun cas y avoir assimilation, de ce qu’écrivent nos invités avec la signature du site : l’invité est seul responsable intellectuellement de ses propos. • Il s'ensuit, cela va de soi et selon la formule consacrée, que les propos dont nous parlons n’engagent en rien et en aucune façon dedefensa.org, essentiellement bien sûr dans ce domaine intellectuel et de l'opinion. • Ces éventuelles différences et divergences ne seraient pas nécessairement signalées mais elles le seraient en cas de publicité dans ce sens ou de toute autre nécessité, avec conséquences ou pas c'est selon. • Le site décide, espérons-le en bon accord avec ses invités, des conditions diverses et de l’application des règles énoncées ci-dessus de publication de leurs écrits. • Les Carnets de Nicolas Bonnal sont tenus par l'écrivain, essayiste et commentateur dont on peut trouver une présentation dans le Journal-dde.crisis de Philippe Grasset, le 2 octobre 2016.

• Les livres de Nicolas Bonnal sont disponibles sur sa page Kindle/Amazon à l'adresse URL suivante:

 https://www.amazon.fr/Nicolas-Bonnal/e/B001K7A4X0

JMLP et les anéantissements de mai 68

  mardi 29 mai 2018

Tout le monde fait de son mieux pour commenter ou fêter le cinquantenaire de mai 68. Alors laissons parler un poète. Dans ses Mémoires JMLP y va de son interprétation et de sa métaphore (mai 68 comme… eau-forte) :

« …le dommage de Mai 68 est encore plus vaste, car au désastre de l’école s’ajoute celui des médias, de la littérature, des arts, du cinéma et de la télévision, de tout ce qui sous le mot impropre de culture influe sur la mentalité des hommes, et dont la maîtrise, le philosophe italien Gramsci l’a rappelé à toute une génération de révolutionnaires, permet de prendre le pouvoir sans peine.

(Suite)

Poésie et crépuscule : les meilleures pages de JMLP

  jeudi 24 mai 2018

Mon ami Guillaume de Thieulloy (les4verites.com, où j’ai écrit dix-huit ans) a publié aux éditions Muller le tome premier des mémoires de Jean-Marie Le Pen et bien lui en a pris puisqu’il en a vendu beaucoup – et ce n’est pas terminé…

 A titre personnel j’ai rencontré plusieurs fois Le Pen dans les années 90 grâce à Serge de Beketch (voyez mon livre sur Serge).  Nous avions fait une belle émission le 3 janvier 90 sur Radio-courtoisie où je l’avais étonné, tout  « jeune homme que j’étais par mes connaissances sur l’ésotérisme et notre tradition »  (nous évoquions les doriphories de Jean Phaure à propos des évènements de Roumanie). Le Pen est un bloc de culture et de sensibilité traditionnelle et française, et il me semble d’ailleurs que c’est comme cela qu’il faut lire ses mémoires, comme un bréviaire pour maintenir le cap spirituel en ces âges sombres où tout a été rasé, religion catholique romaine y compris ! Il ne subsistera que les catholiques parcs que j’ai évoqué dans un conte publié par Philippe Randa, ou ces oasis de tradition dont a parlé Benoit XVI (lui aussi remplacé, et de quelle manière!). La politique était foutue en France comme partout et c’est son message de solide menhir celte et enraciné qu’il faut méditer maintenant ; car le Pen est un éclairé et ce n’est pas pour rien si ce phare breton (sic) tient depuis si longtemps.

Je l’ai interviewé pour la presse russe en 2012 (Pravdareport.com) et il avait étincelé, évoquant un arc d’union boréale qui irait de la Bretagne à la Sibérie.

(nous en sommes loin…).  Comme Serge, il avait compris que la Russie virerait à la tradition dès les années 90.

(Suite)

Errol Flynn et les destins glorieux du général Custer

  mardi 22 mai 2018

On l’a adoré ce film, parce qu’ils vont volontaires vers la mort, et qu’on les voit enfin se faire massacrer. On l’a adoré parce que les parques filent bien le destin du phénomène, dès l’arrivée à West Point, avec aussi la nomination factice et le rabbit foot. Enfin on l’a adoré ce film parce qu’il célèbre la grande victoire de la nation sioux. Film sur la magie de la destinée et la préférence donnée à la gloire sur le train de la vie paresseuse et matérielle. Comme dit Ken Watanabe dans le Dernier samouraï, la mort de Custer était une bonne mort !

Good death, general…

Film splendide, protéiforme, confus et brouillon, comme bien des Walsh dont le génie débordant s’accommode mal d’une morale, même hollywoodienne. Il est à la fois humanitaire, antialcoolique, antiraciste mais aussi belliciste, provocateur et affairiste ! Ce film féministe aussi célèbre la résignation féminine (« mon mari est parti mourir pour la patrie… »). Le personnage évoque nos mousquetaires : George Armstrong Custer the First est un être bellâtre, aristo, élégant, capricieux, batailleur, il ne lui manque plus que notre Alexandre Dumas pour devenir aussi populaire que notre d’Artagnan. Mais ne l’est-il pas ?

(Suite)

Liberty Valance et le mauvais génie de la presse

  vendredi 18 mai 2018

“This is the west sir; when the legend becomes a fact, print the legend.”

Tocqueville dit la même chose :

 « Ce qu'ils cherchent dans un journal, c'est la connaissance des faits; ce n'est qu'en altérant ou en dénaturant ces faits que le journaliste peut acquérir à son opinion quelque influence. »

Ce qui vaut dans Valance c’est l’introduction. Et la conclusion : on parle du récit recyclé et réinterprété de la réalité, et ce n’est pas rien. Le développement du film est certes bien et intéressant : il y a un excellent méchant, Lee Marvin, on a des bons et d’une lutte du bien contre le mal, du droit contre la nature – ou la brutalité.On a un fantastique moment de tension-dissuasion (« Pick my steak Liberty, pick it up… Just try it Liberty, just try it.  »). On a aussi le développement de la démocratie et de la vie politique et on apprend alors plein de choses sur le cirque électoral et les hôtels comme centres de la vie publique (surtout quand on n’a pas lu John Boorstyn). Mais tout de même, rien ne vaut l’introduction du film et sa dimension royale et surnaturelle. Elle est sépulcrale cette introduction, c’est comme si on avait su filmer en France la basilique de Saint-Denis et le linceul pourpre où dorment les rois morts…

Et comme tout est important dans cette introduction, Ford souligne les changements : le train ; le télégraphe ; le téléphone. Macluhan et Paul Virilio vont passer par là…

(Suite)

Paul Virilio et les armes de dissuasion spatiale

  lundi 14 mai 2018

Urbaniste, philosophe, antisystème, Paul Virilio était interviewé par Jean-Luc Evard il y a dix ans et tenait les propos suivants sur la vitesse :

« Walter Laqueur l’a montré : une vie accélérée remplace l’atmosphère calme et recueillie de l’avant-guerre. De cent mille voitures particulières au sortir de la guerre, l’Allemagne passe à un million deux cent mille dix ans plus tard.

Les techniciens allemands sont aspirés par une seule ambition : les records de vitesse : le « Ruban Bleu » avec le Bremen, la première auto-fusée chez Opel, les trains ultrarapides, le développement de la radio avec ses informations hachées et renouvelées. Agitation, fébrilité, impatience donnent le sentiment de perdre la tête ; un poète trouvera l’image résumant l’époque : « Le temps roule en auto et aucun homme ne peut tenir le volant » 

(Suite)

Approches initiatiques de la prisonnière du désert

  samedi 12 mai 2018

C’est une des plus belles expériences du cinéma américain, une des plus mystérieuses, envoûtantes, peut-être du niveau de 2001 ou du mécano de la General.

Ce film de légende, presque onirique, situé dans un espace et une temporalité incertains, est considéré comme le plus important ou presque du cinéma américain, et c’est justice. Tout en étant un western, il dépasse infiniment le genre, à moins qu’il ne l’accomplisse. N’oublions pas que le tiers du film est une lettre lue par Vera Miles ! L’aventure est déjà un récit écrit.

Infini du cowboy haineux avec un Wayne qui se surpasse, infini de l’indien avec ce cruel chef mystérieux et métaphorique.

La prisonnière c’est d’abord une arrivée. On arrive à une maison dont on repartira à la fin. 

(Suite)

James Fenimore Cooper et le grand patriarche indien 

  mardi 08 mai 2018

La dimension initiatique, chevaleresque et médiévale de Fenimore  Cooper est évidente. Parfois on croit aussi lire du Tolkien. Lançons-nous quand le grand auteur présente un vieux chef à la Merlin ou à la Gandalf :

« Le costume de ce patriarche, car son âge, le nombre de ses descendants et l'influence dont il jouissait dans sa peuplade permettent qu'on lui donne ce nom, était riche et imposant. Son manteau était fait des plus belles peaux ; mais on en avait fait tomber le poil, pour y tracer une représentation hiéroglyphique des exploits guerriers par lesquels il s'était illustré un demi-siècle auparavant. Sa poitrine était chargée de médailles, les unes en argent et quelques autres même en or, présents qu'il avait reçus de divers potentats européens pendant le cours d'une longue vie. Des cercles du même métal entouraient ses bras et ses jambes ; et sa tête, sur laquelle il avait laissé croître toute sa chevelure depuis que l'âge l'avait forcé à renoncer au métier des armes, portait une espèce de diadème d'argent surmonté par trois grandes plumes d'autruche qui retombaient en ondulant sur ses cheveux dont elles relevaient encore la blancheur.

(Suite)

Déclin aristocratique et corvée démocratique 

  samedi 05 mai 2018

On peut s’adonner à l’adoration de la démocratie en ces temps d’État profond et d’Europe de Bruxelles, il reste que le mot plèbe, dont elle marque la triomphe, a été balayé de tous temps par les génies de l’humanité, à commencer par Platon ou Juvénal, jusqu’à Nietzsche ou Tocqueville. On a évoqué les transformations sociétales (les chiens et les gosses qui parlent aux maîtres et aux parents, etc.) du livre VIII de la République, mais on va revenir ici à la démocratie à la grecque et à sa gestion compliquée…

Fustel de Coulanges dresse un tableau assez terrible de la progression démocratique à Athènes et dans la Grèce ancienne, où elle fut plus cruelle qu’à Athènes, parfois abominable. Mais elle est tellement fatale et inévitable – y compris la décadence qui va avec – qu’on ne va pas la dénoncer !

La Cité dans l’Histoire… Fustel écrit, dans un style proche de Tocqueville :

(Suite)

De Thoreau à Koyaanisqatsi : la civilisation comme apocalypse

  samedi 28 avril 2018

Koyaanisqatsi est un documentaire de 1983, produit par Coppola, sur la fin du monde. Il s’inspire d’une parole Hopi qui exprime ces notions de fin, de destruction, de transformation (quelle transformation ? Car on aimerait bien la connaître enfin). Il montre que ce qui est arrivé aux indiens nous arrive à tous et au monde : la destruction de tout par le moule capitaliste. Certains en sont encore contents et parlent de croissance.

L’apocalypse est donc de culture indienne ou peau-rouge aux temps postmodernes. C’’est pourquoi nous écrivons ce livre.

La dimension apocalyptique du monde est inhérente aux westerns. Le western décrit la destruction d’un paysage, d’une culture, et la rapide transformation de la culture vorace et parasite (celle du blanc). Il n’a donc rien d’optimiste par principe.

(Suite)

John Charmley et la very-british bêtise de Churchill

  mercredi 25 avril 2018

Brute impériale, raciste humaniste, boutefeu impertinent, affameur et bombardier de civils, phraseur creux et politicien incapable en temps de paix, américanophile pathétique, Winston Churchill est naturellement le modèle de cette époque eschatologique et de ses néocons russophobes (Churchill recommanda l’usage de la bombe atomique contre les russes à Truman). On laisse de côté cette fois Ralph Raico et on évoque cette fois le brillant historien John Charmley qui l’analysa d’un point de vue british traditionnel : Churchill anéantit l’empire, choisit le pire et a guerre, varia d’Hitler (le moustachu puis Staline) et humilia l’Angleterre transformée en brillant troisième des USA. Autant dire que Charmley n’est pas bien vu en bas lieu. Il écrit en effet que l’Angleterre ruina deux fois l’Europe pour abattre une Allemagne qui finit par la dominer économiquement ! Nyall Ferguson a reconnu aussi les responsabilités britanniques dans la Première Guerre mondiale.

Coup de chance pour nous, un autre livre de Charmley a été traduit par Philippe Grasset pour les éditions Mols il y a quelques années. Dans Grande alliance Charmley notre historien montre le progressif abaissement matériel et moral de l’Angleterre – menée au suicide de civilisation par le boutefeu préféré de notre presse au rabais. Et cela donne :

(Suite)

Une traduction révolutionnaire d’Eugène Onéguine

  vendredi 20 avril 2018

Mon épouse propose une nouvelle traduction de Pouchkine et de son classique Onéguine. 

Tetyana a déjà traduit Tzar Saltan qui est sa meilleure vente sur Amazon.fr. Découvrez le film de Ptouchko pour profiter de la splendeur hyperboréenne de ce conte et de ce somptueux classique du cinéma soviétique.

Ici elle a traduit à ma demande Eugène Onéguine. J’ai appris mon peu de russe en lisant Onéguine. Il y a peu de tentations d’audace stylistique dans ces traductions. Mais comme elle est très douée pour la musique, Tetyana a décidé de rendre la musique de Pouchkine et d’Onéguine.

Et cela donne avec un point humoristique en plus :

(Suite)

Frithjof Schuon et la grandeur des indiens 

  dimanche 15 avril 2018

Pour mieux apprécier les références à Frithjof Schuon, on se reportera au film d’Elliott Silverstein, un homme nommé cheval ; à celui de mon regretté ami Irvin Kershner, la revanche d’un homme nommé cheval. Au Dernier des mohicans de Michael Mann (scénario tarabiscoté mais fantastique partition de Trevor Jones), mais aussi à la version de 1936 avec Randolph Scott dans le rôle de Hawk Eye. Enfin bien sûr à Danse avec les loups qui en dépit de son catéchisme bon enfant, sensibilisa une opinion distraite.

Ici on va juste tenter d’élever le débat américain (en oubliant Trump, ses tweets et ses bombes) avec Frithjof Schuon, immense ésotériste suisse de culture alémanique et musulmane, qui a vécu en Amérique du Nord auprès de ses chers sioux lakotas…

Il est amusant avant de commencer de rappeler que les costumes indiens dans un homme nommé cheval venaient d’Hollywood ! Cette anecdote digne de Baudrillard rappelle que nous sommes tombés si bas que même quand nous parlons de tradition, nous évoluons dans le simulacre.

(Suite)

Kubrick et la démence des élites US

  jeudi 12 avril 2018

L’Armageddon se rapproche et on citera Lincoln qui évoque « la fin des Etats-Unis qui ne peut être que sous la forme d’un suicide ». Ce suicide avait bien commencé avec la guerre civile qui tua 2% des Américains et en un sens mit fin à la grande civilisation nord-américaine (j’écrirai un jour là-dessus), celle des Edgar Poe, Melville, Thoreau, mais celle aussi des Thomas Cole et des Albert Bierstadt (découvrez ces peintres, Cole surtout qui peignit la dégénérescence des empires). A la même époque un certain Jules Verne sent cette violence monstrueuse dans son livre De la terre à la lune. Je cite ce maître (Le Gun-Club, chapitre un) :

« On sait avec quelle énergie l’instinct militaire se développa chez ce peuple d’armateurs, de marchands et de mécaniciens (…)

Le premier qui inventa un nouveau canon s’associa avec le premier qui le fondit et le premier qui le fora. Tel fut le noyau du Gun- Club. Un mois après sa formation, il comptait dix-huit cent trente-trois membres effectifs et trente mille cinq cent soixante-quinze membres correspondants ».

Tout cela pour dire qu’on n’a pas attendu les néocons ni Trump. On a affaire à un pays de fous adorant les armes, et massacrant pour son plaisir le plus grand nombre. Avis aux bisons, aux russes et aux chinois. En Amérique, le génocide indien fut un sport, comme la chasse aux esclaves qui horrifiait Dickens dans ses notes américaines.

(Suite)

D’Ulysse à Jésus : une lecture évangélique de la fin de l’Odyssée

  samedi 07 avril 2018

On connaît l’usage chrétien, prophétique fait de la quatrième églogue de Virgile. Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo…Des milliers de gloses furent écrites à ce sujet.

Mais je vais ici dévier sur Homère qui, comme dit Péguy, est le « patron ». Car le vraifranchisseurdes portes d’ivoire et de corne, c’est lui. Et je vais parler de l’Odyssée.

Semaine des pâques orthodoxes. Millième lecture nocturne de l’Odyssée au cours d’une énième insomnie. Le hasard du livre électronique me mène à la fin, lorsque l’on découvre le traître chevrier Mélanthios. Ce misérable sera ligoté puis atrocement châtié après la grande liquidation des prétendants dont nous allons reparler.

(Suite)

Comment Tocqueville éclaire les grands westerns américains

  mercredi 04 avril 2018

J’ai évoqué déjà dans Dedefensa.org la vision poétique qu’a Tocqueville des peaux-rouges, magnifiquement célébrés par Frithjof Schuon. Et je compte publier un livre sur la dimension initiatique et traditionnelle du western classique, y compris dans leur fonction eschatologique.

Voici ce que Tocqueville écrit sur le Nord et le Sud trente ans avant la Grande Guerre :

« L'homme du Nord n'a pas seulement de l'expérience, mais du savoir; cependant il ne prise point la science comme un plaisir, il l'estime comme un moyen, et il n'en saisit avec avidité que les applications utiles.

L'Américain du Sud est plus spontané, plus spirituel, plus ouvert, plus généreux, plus intellectuel et plus brillant.

L'Américain du Nord est plus actif, plus raisonnable, plus éclairé et plus habile.

(Suite)

Hitchcock et le message populiste de la femme traditionnelle

  samedi 31 mars 2018

Philippe Grasset a récemment évoqué le tournant populiste de l’électorat européen. Je ne me fais aucune une illusion sur les débouchés politiques ultérieurs de ce tournant, mais je me suis complu à évoquer, dans mon livre sur Hitchcock, un discret message populiste distillé par petites pincées par le maître, et en général bien sournoisement ignoré par les critiques.

Parlons de fenêtre sur cour, et oublions la vision triviale de la femme vamp ou fatale. Ici la vraie femme est celle qui travaille et raisonne bien, pas celle qui se pomponne pour séduire ; mais qui peut s’amender. Car tout ce fascinant film en effet évoque le tournant de Grace Kelly qui passe du grade de modèle à celui de grande héroïne hitchcockienne…

(Suite)

Alfred Hitchcock et la mère aux trousses

  dimanche 25 mars 2018

Hamlet est-il hitchcockien ? Toujours est-il quand le Hamlet de Laurence Olivier, acteur hitchcockien, s’explique avec sa mère Gertrude, il lui demande d’arrêter de coucher avec son beau-père Claudius. Mother, you have my father much offended… Or dans Psychose Norman tue sa mère parce qu’elle a un amant.

 Dans d’autres grands films hitchcockiens la mère empêche le fils de devenir un homme. Dans les enchaînés, la mère fait empoisonner tuer sa belle-fille soupçonnée d’espionnage. Dans les oiseaux la mère ne cesse de vouloir mettre Mélanie à la porte. Les moineaux passent par la cheminée au moment où elle déclare et surtout répète que la possible belle-fille ou rivale devrait rentrer précipitamment à San Francisco ! La question demeure : les oiseaux expriment-ils une rage psychologique, les oiseaux sont-ils une malédiction et une punition lancée par une peureuse belle-mère contre une belle-fille probable ?

Et si on reparle de psychose, ce chef-d’œuvre inépuisable qu’on redécouvre à chaque vision comme Vertigo et les oiseaux,  on ajoutera que le fils Norman déclare que le fils un piètre amant… pour une mère !

(Suite)

Hitchcock et la fabrication de la femme idéale

  mardi 20 mars 2018

On oublie May, Merkel, et on parle des vraies femmes inventées par les génies du cinéma.

Extrait de mon livre sur Hitchcock et la condition féminine (Amazon.fr).

Vertigo se raconte simplement. Un homme tombe amoureux d’une femme qu’on lui demande de suivre à distance. Cette femme disparaît et il en voit une autre qui lui ressemble. Il en fait une copie de celle qu’il a connue avant de se rendre compte que cette copie a déjà servi. Il a aimé deux fois le corps de la copie de la même femme, jamais son original. Cette dimension très religieuse donne à ce film sur la mimésis son incomparable aura. Borges parle d’un dieu vers qui l’on remonte et que l’on connait indirectement (Almotasin), saint Paul de ce miroir à travers lequel nous percevons le mystère du monde. La recherche du mystère d’une âme devient la quête suprême dans ce film sans égal. Après on bascule dans la recherche du sosie et la fabrication de la copie. Tout le délabrement du monde moderne industriel (rappelons qu’un chevalier d’industrie est d’abord un homme malhonnête, un aventurier, un monteur de coups). L’industrie chez Pline c’est quand l’homme ne prend plus son temps.

(Suite)

Le Candide de Voltaire et la résistance à la matrice

  vendredi 16 mars 2018

Un lecteur sympathique me demande bien gentiment comment résister à la matrice. Ma réponse est simple : couper sa télé, retirer l’argent de la banque, cultiver son jardin comme sa famille, faire des enfants, leur éviter l’école, bref se réconcilier avec la réalité de terrain, car elle existera toujours, sauf pour les Baudrillard qui regardent trop la télé.  Le système ne doit pas être combattu ; il est assez grand pour ça, rappelle Philippe Grasset, il bouillonne dans son autodissolution imbécile. Il faut aussi maîtriser son accès au web et ne pas se laisser démoraliser par certains sites antisystèmes qui deviennent pires que le système. Pour le système la manipulation du catastrophisme (achetez de l’or, creusez un trou, et surtout préparez-vous à la guerre…) est excellente et décourage les braves gens ! Dans mes livres sur Tolkien j’ai souvent insisté sur le père de Sam le jardinier qui ignore le grand combat que lui explique mal son fils et cherche à protéger ses patates et ses salades. Car l’important est là.

Le monde change sans changer, et Voltaire nous avait tout dit dans son immortel et scolaire Candide, à l’issue d’un voyage mondialiste bien terrifiant (ceux qui se plaignent feraient bien de relire le conte et le récit de la vieille par exemple).

(Suite)

Flaubert et notre abrutissement climatique

  mardi 13 mars 2018

Je ne les ouvre jamais mais depuis deux semaines les journaux en Espagne parlent très intelligemment de trois choses : la tyrannie de Poutine, qui n’en finira jamais (pauvre occident, que va-t-il faire, heureusement la bombe, heureusement l’OTAN, etc.) ; le changement climatique (il y a du vent et de la pluie, on est en mars…) et la grève féministe, qui permet de combattre enfin le nazisme masculin – on demande des budgets au gouvernement néocon local en ce sens.

Dans toutes ces histoires il ne s’agit que de racket.

On a évoqué le féminisme avec Nietzsche. On le relit :

« Il y a aujourd’hui, presque partout en Europe, une sensibilité et une irritabilité maladives pour la douleur et aussi une intempérance fâcheuse à se plaindre, une efféminisation qui voudrait se parer de religion et de fatras philosophique, pour se donner plus d’éclat — il y a un véritable culte de la douleur. »

(Suite)