Les nerfs florissants d’Hillary l’hallucinée

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Les nerfs florissants d’Hillary l’hallucinée

Les nerfs d’Hillary Clinton, – pardon, mais impossible d’écarter ce jugement pseudo-médical, – deviennent bien embarrassants. Ils sont en pelote, incontrôlables, et font ressembler les réunions internationales à des récréations pour établissements psychiatriques. Il faut dire que s’il n’y avait pas ce genre de divertissement (dito, les nerfs d’Hillary), les réunions des “Potes de la Syrie” constitueraient des évènements bien embarrassants par l’ennui que fait naître la vacuité inlassablement alimentée par la répétition de la narrative incantatoire et également hallucinée des répétiteurs du bloc BAO.

Nous disons notre conviction intuitive que “les nerfs d’Hillary”, en même temps qu’ils sont bien entendu un cas spécifique et personnel, reflètent également l’état psychologique d’une communauté bureaucratique, – celle du département d’État pour ce cas précis, qui semble être ainsi une convaincante illustration de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO. La présence à ses côtés, dans le rôle d’influence essentiel de porte-parole, de Victoria Nuland, femme du neocon Robert Kagan et ancienne ambassadrice US à l’OTAN, elle-même pasionaria du néoconservatisme mâtiné d’un libéralisme hyper et convulsivement interventionniste de tendance féministe, est une garantie de la puissance et de l’extension de cet état de la psychologie dans le cabinet de la Secrétaire d’État Clinton. (nous ne parlons certainement pas d’“état d’esprit”, ce qui serait faire bien de l’honneur à toute cette volaille). (Pour Hillary et Noland, ce sont la fermeté perspicace et l'habileté manoeuvrière des femmes en politique remplacées par l’hystérie féministe, éternellement en transit de radicalisation extrême.) On n’a pas fini de mesurer les ravages de la pandémie de la psychologie hystérique des liberal hawks dont Hillary est l’emblématique représentante, dans les structures d’un ministère qui, de George Kennan à James Baker et au morne Warren Christopher (Secrétaire d’État de 1993 à 1997), avait su cultiver la mesure et une certaine tenue sans rien sacrifier du cynisme et du pseudo-idéalisme américaniste si efficaces.

Bref, et en attendant plus, plus loin, cela pour introduire l’intervention et la pétroleuse activité d’Hillary Clinton à la pompeuse réunion des “Amis du peuple syrien”, comme ils disent officiellement, hier à Paris. La diplomatie qui se veut de tradition et d’un très grand et pompeux sérieux se trouvant dans tous ses états hypomaniaques, cela constitue un spectacle extraordinaire et gourmand de l’ère postmoderniste. Savourons, par exemple avec Russia Today (on laisse la presse-Système jouer avec ses poussières), ce 6 juillet 2012.

• L’intervention d’Hillary a fait surtout sensation pour ses remarques extrêmement agressives, contre la Russie et la Chine : “Il faut que la Russie et la Chine paient leur opposition à la chute d’Assad”… Certains notent que, même pendant la Guerre froide, aucun Secrétaire d’État n’a tenu des propos aussi agressifs contre la Russie (l’URSS). Rien pour nous étonner.

«“I do not believe that Russia and China are paying any price at all – nothing at all – for standing up on behalf of the Assad regime. The only way that will change is if every nation represented here directly and urgently makes it clear that Russia and China will pay a price,” Clinton warned.

»Russia’s Deputy Foreign Minister Sergey Ryabkov said the west is operating within a friend-or-foe framework that he called outmoded. “We categorically reject that such a question would even be posed regarding the current situation in Syria and Russia’s ‘backing’ of President Bashar Assad. This is not a question of supporting certain political figures or leaders. This is a question of managing a crisis situation in the country within a normal political framework,” Ryabkov said. “Unfortunately, we’re unable to get a basic understanding from our western partners. The west is still appealing to “friend-or-foe” terms. We considered such terminology to be a thing of the past,” Ryabkov explained.»

• Un autre point remarquable de l’intervention de Clinton, c’est qu’elle a ressorti la fameuse affaire des hélicoptères russes vendus depuis des années à la Syrie, renvoyés en Russie pour entretien et remise à neuf, qui étaient sur le chemin du retour vers la Syrie lorsque la polémique a éclaté il y a trois semaines, du fait d’Hillary Clinton. (Voir le 15 juin 2012, le 21 juin 2012 et le 22 juin 2012.)

«The US Secretary of State further criticized Russia for the maintenance of Syria’s Soviet-made helicopters. Two weeks ago Hillary Clinton lashed out at Russia for repairing three Syrian helicopters, saying their presence “will escalate the conflict quite dramatically.” The Russian Foreign Ministry swiftly refuted the allegations. “In 2008 there was a contract to repair them. They are still to be assembled after delivery'', Lavrov said. ''That entire process will take at least three months. So to speak about something we have just sold to Syria, which is then to be used in action, is not true at all,” he added.»

• Dans un autre article, de commentaire celui-là, Russia Today interroge deux commentateurs US. L’ensemble de leurs commentaires, ajouté au rapport sur l’intervention de Clinton, suffit à compléter la documentation du dossier. (Article du 6 juillet 2012.)

«But the Paris meeting revealed that the US may still be holding to its own solution for the Syrian problem, and is not prepared to compromise, says Mark Almond, a professor of international relations at Bilkent University in Turkey. “Mrs. Clinton is converting a regional problem, a crisis [among] Syria and its neighbors, into a potentially global problem,” Almond told RT. “Those countries that do not agree with every word of Mrs. Clinton are to be considered supporters of tyranny and enemies of good. This is creating a much more dangerous global answer.” […] “Maybe Mrs. Clinton is simply speaking out of frustration at the fact that her policies have not yet achieved the goal of overthrowing Assad,” Professor Almond argued, adding that Clinton is known for using harsh rhetoric towards people she does not like.

»“This seeming turning-around would be bewildering, if there were a sense that the agreement which was reached last week was what Friends of Syria actually wanted to play out in the Arab country. This proves once again that from the outset of this crisis, the end goal was to remove Bashar Al-Assad and his government,” James Corbett, the editor of news website The Corbett Report, told RT. […] [In Paris,] “Clinton went on to call on 60 other nations in the Friends of Syria group to join in on the action – to make China and Russia understand that they will feel some blowback for their actions towards Syria,” says Corbett. “This indicates the US does not have much diplomatic leverage to use directly against Russia and China.”»

…Ajoutons à toutes ces intéressantes observations et commentaires, la précisions que Clinton a aussi “menacé” (est-ce le terme ?) de proposer une troisième résolution à l’ONU, pour permettre une “No-Fly Zone”, ou un faux-nez du genre, pour déguiser une intervention étrangère. Effectivement, on se trouve en pleine inversion de la logique diplomatique… Après avoir insulté Russes et Chinois, les “menacer” en supplément d’une troisième résolution de l’ONU qui aurait besoin pour passer de leurs votes, alors qu’ils offriront leurs vetos comme bras d’honneur habituel, voilà qui relève d’une nouvelle sorte de diplomatie, disons “une diplomatie hypomaniaque”. Sans doute le très cool président BHO, se rappelant de l’existence du monde entre deux dîners de soutien pour lever quelques centaines de milliers de dollars de plus pour sa réélection, lui conseillera-t-il d’oublier cette “menace” pour ne pas subir une troisième défaite à l’ONU.

Bref, il y a très peu d’enseignements à relever, à suivre l’intervention d’Hillary Clinton d’un point de vue politique. Celle qui embrasse Lavrov un 29 juin pour l’insulter sept jours plus tard ne présente guère d’intérêt à être soumis au moindre décryptage. Depuis qu’elle menace le monde entier d’une attaque de la Syrie, et considérant que les USA n’ont besoin en général de l’autorisation de personne pour ce genre de sport, on en conclura que le Pentagone prend également très peu au sérieux les “menaces” de Clinton. (Effectivement, on aurait envie de lui conseiller, après tout, d’attaquer la Syrie comme ses associés et acolytes l’ont fait en 2001 en Afghanistan et en 2003 en Irak, et elle-même par l’intermédiaire de son mari Bill au Kosovo en 1999, en se passant de la bénédiction de l’ONU et de l’assentiment des Russes. Mais encore faut-il avoir le poids de la puissance, à défaut d'audace, pour le faire.)

Aussi est-ce bien l’aspect psychiatrique, – pardon psychologique, qui nous intéresse. Dans ce cas, ce n’est pas l’insulte menaçante lancée aux Russes et aux Chinois qui nous paraît le fait le plus remarquable mais plutôt l’affaire des hélicoptères remise sur le tapis. Cette affaire est assez documentée pour être considérée comme close ; réglée aussi bien par une réaction du Pentagone que par le réaction russe, elle s’est révélée comme une erreur technique de l’équipe du département d’État emportée par son zèle publicitaire et idéologique ; qu’elle soit pourtant à nouveau utilisée, faisant passer la démarche de l’erreur à la rigueur compréhensible au mensonge absolument avéré et utilisé au nom d’une logique implacablement affective et manipulatrice de la raison, nous éclaire fortement sur l’état de la psychologie régnant au département d’État, et chez la Secrétaire d’État elle-même. Il est bienvenu que la contribution de Hédi Doukhar paraisse ce même 7 juillet 2012, elle qui met l’accent sur l’aspect psychologique, – maniaco-dépression, terrorisation, etc., – que nous développons pour étudier les comportements des directions politiques du bloc BAO. C’est bien de ce côté qu’il faut s’orienter pour comprendre le comportement d’une Clinton, psychologiquement épuisée, absorbant effectivement le mensonge comme une drogue qui lui permet de maintenir à flot sa narrative, éventuellement avec l’apport de drogues bien réelles, surenchérissant dans l’agressivité à mesure que son impuissance à tordre la réalité à sa volonté ne cesse de s’affirmer.

«Maybe Mrs. Clinton is simply speaking out of frustration at the fact that her policies have not yet achieved the goal of overthrowing Assad», avance le professeur Almond, – indeed, professeur, nous y sommes pour le principe de la chose, et bien au-delà pour son opérationnalité. Ce qui est remarquable dans l’état d’avancement de l’état psychologique des directions politiques du bloc BAO qu’illustre Clinton qui en est le cas le le plus extrême, c’est l’affaiblissement considérable qu’on observe au constat d’un tel éclat conjuguant l’incapacité de se contrôler et l’indifférence complète de la démonstration publique de l’impuissance qu’on y trouve. Que cet éclat soit assumé d’une façon consciente, mûrement pesée, sous la forme d’un discours préparé, et non pas d’un mouvement d’humeur momentané, ajoute encore au pessimisme du diagnostic. Non seulement ces gens ne se contrôlent plus et montre leur complète impuissance, mais ils procèdent d’une façon construite qui implique l’exposition de cet état, sans plus appréhender les conséquences impliquées ; ils structurent la démonstration de leur effondrement psychologique, atteignant au paroxysme du paradoxe de structurer d’une main de fer leur propre déstructuration. Leur pathologie de la psychologie n’est plus distinguée en tant que telle ; c’est leur psychologie qui est devenue pure pathologie, comme une chose naturelle, avec l’emploi avéré et sans aucune dissimulation de tout l’arsenal de cette pathologie, – le mensonge, l’invective, l’irresponsabilité. Ils sont complètement immergés dans la narrative terrorisée transcrite en termes d’une agressivité sans frein.

Effectivement, ces gens sont capables de tout. En général, ce n’est pas la recette pour la victoire décisive d’une cause, mais plutôt pour l’accélération décisive de la catastrophe résultant de la collision de la narrative en vigueur avec la vérité du monde. Attendons pour voir.

 

Mis en ligne le 7 juillet 2012 à 13H20

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