Humeur de crise-16

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Humeur de crise-16

18 juin 2016 – Quel feu plus ardent pour ranimer nos mémoires de ce jour que le discours de cette soirée glacée de décembre 1964, avec la voix au lyrisme à la fois ample et étrangement brisé d’André Malraux, résonnant comme un roulement funèbre et enfiévré tout ensemble dans le vent mauvais de l’hiver, devant le catafalque où reposaient les cendres de Jean Moulin sur le point d’être installées au Panthéon. A peu près au milieu de son oraison, Malraux rend compte de ceci : « Qui donc sait encore ce qu’il fallut d’acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, à des officiers réactionnaires ou libéraux, à des trotskistes ou des communistes rentrés de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison... Ce qu’il fallut de rigueur à un ami de la république espagnole et à un préfet radical chassé de Vichy pour exiger d’accueillir dans le combat tel rescapé de la Cagoule... »

Ainsi se constitue une résistance, la Résistance, lorsque l’ennemi commun s’est déployé dans toute sa cruauté et son impitoyabilité. Voyant ce passage du discours de Malraux qui s’écoute autant avec les yeux de l’âme tragique et poétique, dans un film documentaire splendide, très récemment diffusé et dont je reparlerai très vite, je songeai qu’un problème assez similaire se pose aujourd’hui pour rassembler dans une résistance commune, – notre Résistance, – tous ceux que l’on nomme sur ce site les antiSystème. Une fois que l’“ennemi principal”, l’Ennemi Unique, l’Ennemi Ontologique qui est l’Ennemi Diabolique, a dévoilé sa face hideuse, cette tâche s’impose d’elle-même et chacun y est confronté.

Plus encore, je songeai à cette sorte de remarques qui fait aussi partie de notre crise générale, qui en est même devenu le cœur, dans certains commentaires, réflexions, ici et là, et notamment sur le site. Je pense précisément à ceux qui ont accompagné des textes récents sur les relations entre Israël et la Russie. On comprend bien que si j’écris cela, c’est avec dans l’esprit le goût, – non, le devoir d’y revenir bientôt. A bientôt, donc.

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