De Panama au Wisconsin et retour

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De Panama au Wisconsin et retour

7 avril 2016 – Il y a une certaine similitude qui est de l’ordre du diluvien entre les deux événements : les révélations soigneusement soignées du point de vue journalistiques pour faire extrêmement postmodernes dans le souci d’une transparence pré-empaquetée du Panamagate (ditto Panama Papers) et l’épisode du revers présenté comme un événement essentiel du “vilain” absolument insupportable (The Donald) de  l’élection primaire du Wisconsin. Des secondes et s’attachant aux seuls résultats des républicains,  Edward Luce écrit, dans le très sérieux Financial Times, en conclusion de son article du 6 avril : « Mais ce qui est arrivé dans le Wisconsin [victoire de Cruz sur Trump] est destiné à rester dans le Wisconsin. Mr. Cruz a proclamé que les résultats du Wisconsin étaient un “tournant” [en sa faveur]. En toute probabilité, ce fut juste un épisode de plus dans une compétition républicaine qui poursuit fermement sa route vers les chutes du Niagara. » (Effectivement, on conviendra que les chutes du Niagara ont quelque chose de l’ordre du diluvien, qui est bien le qualificatif qui s’attache à l’essentiel de ce texte.)

Cette remarque signifie que le Wisconsin n’a rien changé dans l’orientation générale vers le “rangement”, – mot plein d’ironie pour désigner les conventions où seraient désignés les candidats et la suite, –  de cette élection présidentielles US dans sa phase finale, qui continue à se diriger vers un énorme bouleversement qu’on ne peut qualifier que de chaos. Elle pourrait donc s’appliquer d’une certaine façon sinon d’une façon certaine au Panamagate, auquel l’hebdomadaire The Nation consacre le 5 avril un article dont on peut retenir trois points qui résument, symboliquement si vous voulez, une situation assez similaire dans sa dynamique diluvienne à celle de l’élection présidentielle US : en sous-titre de l’article, « Les crimes financiers et les conspirations politiques ne sont pas des événements discrets [cachés] mais l’essence même du capitalisme » ; dans le corps de l’article, « Comme Noam Chomsky décrit bien le paradoxe, “Comment se fait-il que nous ayons tant d’informations et que nous en sachions si peu ?” » ; enfin, en conclusion : « Quand on lui demanda pourquoi aucune information n’était donnée jusqu’ici sur les individus [et les businessmen américains ou installés aux USA], l’éditeur du ‘Süddeutsche Zeitung’ répondit, “Attendez un peu, vous allez voir ce qui va suivre”. Nous verrons. »

Les deux événements ont en effet en commun en extraordinaire effet révélateur, à côté des buts poursuivis par les divers protagonistes, manipulateurs, comploteurs à ciel complètement ouvert, employés-Système à l’implacable morale de conformisme, etc. Ils ont en effet en commun d’être des acteurs de la marche inexorable de cette dynamique diluvienne qui nous révèle, non pas “les dessous”, – nous ne sommes pas dans une maison close, – mais le dessus bien visible et transparent pour mieux laisser voir la substance, sinon l’essence de deux faces essentielles du Système fonctionnant “à ciel complètement ouvert”. Le contraire d’une maison close, par conséquent, tout comme le porno “à braguette complètement ouverte” est aujourd’hui le moment de détente du quotidien assez courant du sapiens-Système tel que nous l’a offert notre contre-civilisation.

Nous voyons se développer, sous nos yeux et nos regards à la fois stupéfaits et goguenards, une constellation et un bombardement sans fin d’informations et de développements extraordinaires venus du Ciel qu’est notre Système. Notre seule défense, qui serait plutôt du type anti-aérien comme savent si bien faire les Russes, est l’inconnaissance qui permet d’éviter l’étouffement par massivité ; et, d’autre part, comme une riposte, l’appel à l’intuition haute comme procédé de choix et de classement dans cette avalanche diluvienne. Il faut bien comprendre la puissance de l’enjeu : il s’agit de l’extraordinaire phénomène de l’effondrement du Système au travers de l’exposition grandiloquente, comme l’étalage presque obscène et agitée d’une sorte d’orgasme de l’autodestruction, de ses vices abyssaux glorifiés en vertus inatteignables, – inversion oblige, – au travers des deux événements qui nous occupent aujourd’hui.

• Monsieur Luce s’attache aux seules primaires républicaines, mais nous devons garder à l’esprit que, du côté démocrate, après la victoire massive de Sanders dans ce même Wisconsin et avec la solide rancœur du FBI aux trousses d’Hillary, on se dirige vers une convention qui nous réservera très certainement son lot d’événements diluviens. Quoi qu’il en soit, le cas républicain est le plus parlant : nous nous dirigeons très probablement vers une convention bloquée (ce qui est la traduction à peu près contraire de l’expression employée dans le langage de l’establishment de “brokered convention”, ou “convention de conciliation”, – toujours l’inversion). C’est-à-dire un Trump probablement en tête (sa victoire à New York, qui ne semble faire aucun doute, lui assurera une avance confortable), un Cruz comme solide second, et le reste sans aucun poids électoral. C’est alors la “convention bloquée” avec des règles extrêmement kafkaïennes, et plutôt chaotiques, pour le rôle des délégués une fois passé le premier tour actant cette absence d’un candidat automatiquement désigné par 1.237 délégués. C’est alors qu’intervient l’establishment, avec sa brillante tactique : sortir un candidat de compromis, “du néant”, sans aucun soutien populaire, etc., un Kasich, un Paul Ryan... Un “candidat de compromis” qui ne représente rien du point de vue électoral et populaire, et l’imposer comme représentant électoral de la population républicaine, – quelle aubaine et quelle trouvaille ! Mais, cela est conforme aux règles, à la “légitimité morale” comme dirait madame Noemie Emery, la moraliste neocon.

(Il faudrait revenir sur cet étrange qualificatif de “moral” appliquée à un principe comme la légitimité : un principe est ou n’est pas, il ne peut être jugé selon la morale puisque c’est lui qui fait la morale. Mais les neocons ont depuis compris, en bons invertis, que les principes sont l’excrément qui sort de leur “morale” interventionniste-belliciste. On le savait.)

Bref, monsieur Luce, du FT, met en évidence ce qui n’échappe à personne, que Trump + Cruz vont représenter à la convention au minimum 80% des délégués, c’est-à-dire des militants républicains & associés. Le plan de la direction (l’establishment) va juger de bonne politique de proposer comme “candidat de conciliation”, – contre ses propres règles qui font sa “légitimité morale” qu’on changerait pour la [bonne] cause, règles instituée en 2012 pour disqualifier Ron Paul, qu’il faut pour être désigné candidat avoir remporté au moins huit primaires, –le candidat X qui, soit n’a remporté qu’une primaire (Kasich), soit n’en a remporté aucun (Ryan ou n’importe quel parlementaire type-John Doe). Dans ces conditions, il semble qu’ils attendent des applaudissements d’une foule de délégués pro-Trump et pro-Cruz en délire... Sont-ils sérieux ? Ils sont...

»...Yet under the circumstances Mr Trump’s tally was astonishingly robust. Despite having self-inflicted the worst two weeks of his campaign, and provoking the opposition of almost every senior Republican in Wisconsin, Mr Trump still took more than a third of the vote — and in a state that he was likely to lose. It is quite possible — even probable — that Mr Trump will fail to win a majority of delegates before the Republican convention in July. But it remains almost inconceivable Mr Cruz will overtake him. The maths are too daunting. [...]

» Wisconsin does not drastically alter the bigger picture. Republicans are probably heading towards a contested convention in Cleveland in which they will confront a choice between Mr Trump and Mr Cruz. Neither is remotely palatable to the party’s Washington power brokers — to the extent they have anything left to broker. Yet Mr Cruz is considered the less unpalatable of the two.

» But he should not delude himself that his newfound allies actually like him — Mr Cruz remains the most detested figure in the US Senate. But his new friends believe that the better he performs against Mr Trump, the more likely the convention will produce a deadlock in which someone more electable, such as Paul Ryan, the Speaker of the House of Representatives, will emerge as a white knight nominee. That is probably a pipe dream. Between them, Messrs Trump and Cruz will have roughly 80 per cent of the delegates. It would provoke an earthquake, or possibly a riot, to give the nomination to someone else.

D’où sa conclusion, répétons-là : « ...En toute probabilité, ce fut juste un épisode de plus dans une compétition républicaine qui poursuit fermement sa route vers les chutes du Niagara. »

C’est un sentiment de plus en plus généralement partagé, comme on le trouve de la part de Mike “Mish” Shedlock, cité dans ZeroHedge.com, qui cite lui-même cette observation du site Talking Point Memo : « All of this is why this is bounding toward a wildly destructive conflagration in Cleveland. Elections of all sorts rest not fundamentally on rules and bylaws but on legitimacy. An RNC national committeeman recently complained that the press had given people the wrong impression that voters decided who the nominee was rather than the party. By the rules, he may be right. But good luck sailing that ship across any body of water. [...] It won’t go down well. There will be hell to pay. »

• Le Panamagate maintenant, et parallèlement... Il a été très rapidement débarrassé de ses scories de départ, notamment l’attaque contre Poutine qui constitue l’exemple le plus étonnant du pavlovisme-Système qu’ait montré la presse-Système, – presque à la vitesse de la transmission de réflexe aussi rapide que la lumière, – qui avait perdu absolument toute consistance douze heures après avoir été lancé, et cela sans laisser aucune trace sinon un courant de sarcasme sans fin. Le Panamagate est donc aussi vite apparu pour ce qu’il est, une entreprise involontaire d’exposition de la vérité-de-situation fondamentale de l’hypercapitalisme international comme bras pseudo-économique du Système. Cela constitue un acquis considérable.

On va faire suivre ces remarques préliminaires de deux extraits de l’article de The Nation, le second répondant au premier qui n’a qu’une très faible raison d’être. Le premier se fait l’écho du “danger” que représente cette avalanche de révélations où l’on se perd, dont on ne sait quoi faire finalement tant la tâche de leur exploitation, notamment au niveau de la justice, s’avère quasiment impossible : « L’arbre (les données) cache la forêt (notre compréhension conceptuelle de la façon dont toutes ces données se relient les unes aux autres)... »

« The danger with the Panama Papers is that the massive amount of data—much of it still unreleased—could overwhelm, pushing the public to that place where the covert and the spectacular collapse into each other, creating not action and knowledge but paralysis and amnesia. The trees (that is, the data) will hide the forest (our conceptual understanding of how the data points relate to each other). As Noam Chomsky describes the paradox, “How it is we have so much information, but know so little? »

A notre sens, le second extrait annule le précédent sans lui répondre directement, parce qu’il est inutile de lui répondre directement. Il constate simplement que Panamagate donne une vue générale de ce qu’est l’hypercapitalisme, de la façon générale dont il fonctionne, de la conception générale, – non pas financière mais bien psychologique et philosophique, – à laquelle il répond. (PhG notait : « ...[I]l il faut bien dire que, vraiment, vraiment, dans leurs arnaques et coups d’“information war” et autres “regime change”, vraiment ils sont mauvais comme des cochons. Ils viennent de révéler que leur monde entier à eux est absolument, globalisationnement corrompu... »)

The Nation note encore ceci dont nous ne désapprouvons pas un seul mot... (Sinon celui-ci : la référence à la “right-wing ideology” comme référence de la globalisation et de l’hyperlibéralisme, comme si Soros, les R2P libéraux, les neocons et leurs soutiens fortunés, les soutiens des grands groupes aux réformes sociétales nées du mai 68, etc., relevaient vraiment de cette obsession de la “right-wing ideology”. Il serait temps d’oublier les obsessions idéologiques type-XIXè/XXème siècle, à la vitesse où vont les choses aujourd’hui où nous sommes déjà très largement dans le XXIème siècle.) « In addition to providing an important tool to those hoping to re-regulate money flows, the massive amount of information that will be released in Panama Papers—which is from just one law firm—could help us understand what Mark Lombardi’s work has been saying all along, that financial crimes and political conspiracies aren’t discrete events but the essence of neoliberalism. The leaked documents will provide not just a profile of a global elite, but an alternative global history of the tangled relationship between paramilitarism, crime, right-wing ideology, resource extraction, and finance. »

• Finalement, la proximité entre les élections US (Wisconsin) et le Panamagate se trouve dans l’exposition, extraordinaire dans sa crudité, de la complexité de deux sous-systèmes du Système, essentiels parce qu’absolument opérationnels dans des domaines opérationnels de maîtrise, dans leur fonctionnement, dans les références et les “valeurs” sur lesquels ils s’appuient, dans leur caractère de recherche de l’universalité du fonctionnement, dans le recours systématique, sinon convulsif à la corruption, à l’imposture des arrangements, qui ne forment pas tant le moyen de l’action que le fondement de l’action, sinon même le but idéal qui apparaîtrait presque comme une sorte de Graal, – l’état de corruption et d’imposture absolu, comme une état de grâce-Système, atteignant à l’idéal du maléfice. Le parallèle est complet à cet égard entre le processus de l’action de l’establishment républicain (et démocrate) vers la désignation de l’élection et le fonctionnement des réseaux globalisés type Panamagate. Il est bien plus important de contempler cela, sans chercher nécessairement à comprendre (les règles de désignation du parti républicain sont à peu près aussi complexes que les règles de connexion des différents chiffres obtenus dans le cadre de Panamagate), de contempler ces structures infâmantes et imposteuses exposées d’une façon aussi voyante et aussi évidente que d’obtenir quelque résultat judiciaire ou autre qui ne sera qu’une goutte d’eau dans un océan, et d’ailleurs goutte d’eau transférée d’un système corrompu à un autre système corrompu, sans résoudre le fond du problème ni même le distinguer.

L’essentiel est qu’il s’agisse de démarches venues des organisateurs et des membres eux-mêmes de ces élites-Système qui mettent à nu toutes ces structures où ils s’inscrivent et qu’ils ont contribué à mettre en place. L’important, l’essentiel est que, sous nos yeux, ils se trouvent à leurs places, en action, mais dans des conditions qu’ils ont créées eux-mêmes et qui les mettent eux-mêmes en accusation. Il n’est pas nécessaire pour cela de passer devant un tribunal, surtout pas puisque les juges font pour l’instant partie du même Système (comment pourraient-ils faire autrement ?). Nous voulons dire par là que même si l’on ne peut désapprouver que des actions soient prises, ou bien, comme dans le cas US, qu’un candidat intéressant soit élu Président, dans aucun cas ce ne sera ni suffisant ni même important pour apporter des changements accélérant la crise d’effondrement. (Il peut même y avoir des effets contraires.)

Selon la formule consacrée et pour une fois juste, ils sont responsables de tout cela, comme l’est un contremaître, mais ils ne sont pas les coupables dans le sens d’en être les instigateurs. Chassez-les et d’autres viendront les remplacer, et vous aurez beaucoup perdu, des inconnus remplaçant ceux que vous connaissiez. Les coupables, on les connaît et ils sont du domaine de l’essentialité de cet bataille cosmique en train de se dérouler ; ils se résument au Système, et derrière au “déchaînement de la Matière”, et il est essentiel de laisser aller le fonctionnement cette dynamique maintenant qu’il est devenu absolument manifeste qu’elle est passée de la dynamique de la surpuissance à la dynamique de l’autodestruction.

Ce qu’il faut, c’est de l’imprévu, de l’inattendu, de l’incontrôlable : un tumulte terrible à la convention de Cleveland, une véritable émeute, deux ou membres de la direction du parti pris en otages par les délégués de l’un ou de l’autre camp vaudraient bien mieux en avantage opérationnel que la désignation du premier coup, avec plus de 1.237 délégués, d’un Trump comme candidat républicain. La deuxième hypothèse ne serait pas à rejeter ni vraiment mauvaise, mais elle serait de toutes les façons insuffisante, tandis que la première induit l’impuissance, la paralysie, la montée extrême des tensions, le Système contraint à de nouvelles mesures, de plus en plus maladroites, etc. Il ne faut en aucun cas, tant qu’il n’est pas battu, détruit, transmuté en son complet contraire, priver le Système de toute sa surpuissance parce que, outre que l’on court risque le risque terrible de se trouver soi-même pris dans une situation insupportable, on se prive du moyen de “faire aïkido” en utilisant contre l’adversaire la force qu’il déploie contre vous...

Formidable mécanique de l’autodestruction

... Car l’argument suprême, au-dessus de tout cela, qui a déjà été suggéré plus haut, c’est l’extraordinaire déploiement de puissance dynamique du courant d’autodestruction du Système telle qu’elle est en cours, – effectivement passée de la dynamique de surpuissance sans autre précision à la dynamique d’autodestruction. Cela vaut bien entendu aussi bien pour les élections présidentielles US que pour Panamagate : où avez-vous vu, au milieu de tous ces montages, coups fourrés, organisations à-la-Soros, que des agents antiSystème aient véritablement joué un rôle opérationnel central dans l’un ou l’autre cas ? Voyez le cas du Panamagate avec l’association quasiment ridicule par leur visibilité des Soros, USAID (service officiel US), de la presse-Système par le relais d’une association mondiale de recherche des scandales transparents du Système grâce à l’aide active du Système, etc., est proche du grotesque par cette façon qu’ils ont tous à hurler et à montrer du doigt le monde dont ils dépendent, qu’ils ont contribué à faire, qu’ils défendent becs et ongles, qu’ils couvrent d’appréciations vertueuses.

Même chose dans les élections US, où des caciques du parti (que ce soit les républicains ou les démocrates) viennent vous expliquer, comme l’on s’oublie de la façon la plus vulgaire et la plus primaire, que ce qui compte dans leur organisation démocratique, c’est tout, absolument tout sauf le vote du citoyen. Tout le monde le savait, comme tout le monde savait à propos de Soros et USAID, mais qu’ils se montrent ainsi à visages découverts sans prendre garde aux terrifiants dommages psychologiques collatéraux qu’ils engendrent, – c’est une toute autre affaire. La perte de leur crédit, donc de leur pseudo-autorité donc de leur légitimité de carton-pâte, — vous savez, la fameuse “légitimité morale” dont il a été pieusement question plus haut, – est tout simplement vertigineuse.

Tout cela suppose bien entendu que la partie se joue au niveau d’abord des psychologies, et c’est bien l’argument que nous plaidons sans cesse et sans le moindre signe d’épuisement de notre part, depuis des années et selon une perspective historique qui remonte selon nous à plusieurs siècles, au moins depuis la Renaissance. Le comportement de ces employés-Système d’un grade élevé dans ces deux affaires monstrueuses concernant deux dynamiques essentielles du Système montre à quel point leurs psychologies à eux, – encore bien plus que les nôtres, sans comparaison avec les nôtres, absolument, – sont totalement épuisées, au bord de l’effondrement et rien de moins. Notre rôle est de frapper et encore frapper sur les clous qu’ils ont si joliment plantés ; et quand nous disons “frapper”, bien entendu, nous voulons d’abord parler de la communication qui est l’arme principale que nous possédons et qui est leur terrain de prédilection justement ; parce qu’alors, placés face à des psychologies si complètement épuisées, nous sommes dans une position où nous obtiendrons, et obtenons d’ores et déjà des résultats extrêmement intéressants dans le registre des stupéfiantes sottises à répétition et à effets grandissants dont ils nous abreuvent depuis maintenant de nombreuses années, au moins depuis le début de ce siècle particulièrement béni des dieux.

Nous sommes entrés dans l’ère, dans l’océan déchaîné du chaos, – fort bien. Comme nous avons essayé de le montrer, le chaos est un état décisivement avancé du désordre, et supérieur dans ses potentialités au désordre, parce que tous les facteurs impliqués dans le désastre du monde comme dans sa possible reconstruction à venir sont présents. Ce n’est pas nous, antiSystème, qui avons obtenu cela, mais bien le Système lui-même, signant son acte décisif de passage de la surpuissance à l’autodestruction. C’est aussi l’ère où les forces supérieures qui, à notre sens, vont constituer les interventions essentielles pour faire évoluer ce chaos vers des orientations de reconstruction, peuvent faire donner leur plein effet. Le rôle de l’antiSystème n’est pas d’élaborer des plans mirifiques ou de se lamenter sur l’impossibilité, à lui tout seul, de détruire le Système, mais bien de pousser dans le sens du chaos qui doit être, dans la situation où nous trouvons, opérationnalisé par la perte accélérée du contrôle de la situation par les élites-Système, – et il faut reconnaître leur brio dans cette matière.

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