jc
29/10/2025
Charles de Gaulle : "La révolution n'a pas appelé au pouvoir le peuple français, mais cette classe artificielle qu'est la bourgeoisie. En réalité il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d'argent, à droite, et la bourgeoisie intellectuelle, à gauche. Mais les deux font la paire, elles s'entendent comme larrons en foire pour se partager le pouvoir, même si c'est contraire aux intérêts de la France. Tandis que le populo ne partage pas du tout ces sentiments, le populo est patriote, le populo a des réflexes sains, ... , le populo sent où est l'intérêt du pays , le populo ne s'y trompe pas souvent."
[ Napoléon premier, premier empereur bourgeois. Michel Maffesoli a forgé à ce propos un néologisme qui, pour moi, saisit bien la situation : le bourgeoisisme (et ses bourgeoisistes, en abrégé bobos), l'IA aidant puissamment à faire ressortir le côté artificiel de la chose (bobo rime avec IA, IA rime avec bobo) ]
Machiavel va dans ce sens dans son "Discours sur la première décade de Tite-Live" : « Ce n’est pas sans raison qu’on dit que la voix du peuple est la voix de Dieu. On voit l’opinion publique pronostiquer les événements d’une manière si merveilleuse, qu’on dirait que le peuple est doué de la faculté occulte de prévoir et les biens et les maux. »
René Guénon écrit des choses très dures sur la démocratie et le peuple (1), avec lesquelles je ne suis pas du tout d'accord. Je préfère de loin ce qu'en dit Michel Maffesoli dans "Pouvoir politique et puissance populaire" (qui renvoie en miroir à "Autorité spirituelle et pouvoir temporel"...) (2) :
"Si le rôle du politique est celui de l’animation - d’où la mise en scène dont il a besoin, la monumentalité où il se tient et l’apparat dont il s’habille -, le rôle de la masse, quant à elle, est celui de la survie. Il faut perdurer dans l’être. Dès lors on peut comprendre les échappatoires et les changements d’opinion en fonction d’une telle responsabilité; cela est du concret. Je ferai un pas de plus dans le sens de mon argumentation, et on peut dire que sans s’embarrasser de scrupules excessifs ou d’états d’âme accessoires, le peuple en tant que masse, a pour responsabilité essentielle de triompher de la mort de tous les jours. Tâche qui demande, on s’en doute, un effort constant et une grande économie d’énergie. C’est cela même qui fonde sa noblesse. En reprenant une dichotomie que j’avais posé entre le Pouvoir et la Puissance (La violence totalitaire, 1979), et en jouant avec les mots, je proposerai ici une deuxième loi: Le pouvoir peut et doit s’occuper de la gestion de la vie, la puissance quant à elle est responsable de la survie.
Naturellement je joue avec les mots (ce qui est nécessaire lorsqu’on fait des lois), et par “survie” s’entend à la fois ce qui fonde, ce qui surpasse et ce qui garantit la vie."
Les élites en place jouent actuellement leur vie, et les peuples leur survie. Chacun tente de persévérer dans son être avec les moyens dont il dispose.
Guénon termine "Le règne de la quantité..." par le chapitre XL intitulé : "La fin d'un monde". La fin de leur monde sera-t-elle la fin du nôtre ? Maffesoli prophétise : "Le sang va couler".
Tracer un cercle GPS centré sur l'obélisque de la Concorde et passant par Le Tartre Gaudran (où Uderzo résida), se réunir le 14 Juillet en gilet jaune sur ce cercle en faisant une farandole des villages de France "jumelés avec Sirap"... (3)
René Thom : "Un paradigme vit longtemps et survit beaucoup à son efficacité, surtout pour des raisons sociologiques (4). (...) souvent, en période prérévolutionnaires, les régimes se trouvent en difficulté parce que les dirigeants n'ont pas clairement conscience des périls qui les menacent. Ils vivent dans un univers fermé, séparé de la réalité et la révolution se déchaîne à condition qu'un groupe ou un chef plus ou moins charismatique prenne la direction de la révolte. (...) Souvent, dans une situation prérévolutionnaire, les idées ont un caractère un peu utopique, presque millénariste. (...) Cependant il suffit que ces idées se cristallisent dans un début d'organisation pour devenir rapidement une grande force d'attraction. (...) à un certain moment les défenseurs d'un vieux paradigme sont pris par le doute, alors la voie est ouverte pour un nouveau paradigme…" ("Paraboles et catastrophes, 1980, début du chapitre III)
(1) La crise du monde moderne, chap.VI, Le chaos social
(2) https://files.core.ac.uk/download/pdf/288296001.pdf
(3) Idée exportable à toutes les capitales du monde…
(4) TINA…
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