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Article : Rythme et sagesse du fou-standard

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Le grand piège de la résistance

Pierre Audabram

  08/10/2015

Je me sens interpellé par votre article "Rythme et sagesse du fou standard". Je vous lis depuis quelques semaines et apprécie tout particulièrement le niveau exceptionnel de votre blog lequel, à n'en pas douter, fait partie du Top 10 ou même, plutôt, du Top 5 des sites "qui en donnent beaucoup plus que les autres". Néanmoins, malgré l'extrême sensibilité dont vous faites preuve et votre remarquable capacité de réaction aux événements selon une optique rare mais si nécessaire, je m'étonne que vous n'ayez pas encore débusqué, vous le spirituel, ce qu'il y a de vain dans tout acte de résistance, que celui-ci vienne du domaine religieux, de la politique, ou de tout autre domaine. Voyez-vous, lorsque le besoin de résistance se fait sentir, c'est qu'il est déjà trop tard. S'il y a résitance, c'est que nos positions sont attaquées, c'est que notre vue du monde est en passe d'être remplacée par une autre. Alors on s'organise, on bâtit une citadelle, on tente d'en boucher toutes les ouvertures, le temps passe, un certain penchant humain pour le caporalisme y trouve son compte et puis, un beau jour, on s'aperçoit qu'on a complètement perdu de vue l'essentiel : l'esprit de la chose que l'on voulait absolument défendre. Cela va même encore plus loin : dès le tout premier jour où il est décidé "d'entrer en résistance", il est déjà trop tard. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'inconsciemment nous avons réalisé que nous avions failli depuis déjà longtemps, que notre fidélité s'était considérablement amoindrie et que nous ne méritions plus de jouir des avantages qui avaient été les nôtres. Invoquions nous la royauté sous l'ancien régime ? C'est par l'ensemble des effets dûs à une certaine usure, que l'émiettement fatal se produit, suite aux petites trahisons qui finissent  par devenir de plus en plus nombreuses sans que personne n'y prenne garde. Dans son "Dialogue des carmélites", Bernanos fait dire à la mère supérieure : "Souvenez-vous, ma fille, que ce n'est pas la règle qui vous garde, mais que c'est vous qui gardez la règle". Tout est dit. Mais il y en aurait encore des tonnes à dire sur ce sujet et j'aimerais bien que celui-ci soit bien développé au sein de dedefensa ; les temps que nous vivons s'y prêtent et, à mon humle avis, nul autre thème, aujourd'hui, ne revêt une telle importance.



Pierre Audabram