jc
11/04/2019
Sous-titre: déconstruction, changement de phase
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Après avoir parcouru l'article "Déconstruction" de Wikipédia, et avoir découvert à l'occasion que la déconstruction chez Heidegger dans "Être et Temps" porte sur le concept de Temps, j'ai quasiment aussitôt fait -encouragé par Thom¹- les analogies métaphysico-biologiques Être-génétique et Temps-épigénétique.
Je vois l'évolution (temporelle!) de la politique occidentale -pour fixer les idées depuis les suffragettes au RU- basculer d'un clivage gauche-droite (fake-génétique) vers un clivage homme-femme (véritablement génétique), et j'ai argumenté en ce sens dans mes précédents commentaires. D'un point de vue scientifique j'interprète cette évolution comme un changement de phase, c'est-à-dire comme un passage d'un état qui a été relativement stable en Occident pendant un ou deux siècles vers un état que je subodore et espère comme étant plus stable.
Le physicien François Roddier a consacré plusieurs billets² sur son blog au problème des transitions de phase, transitions qui peuvent être plus ou moins abruptes. En premier commentaire de cet article sa femme Claude Roddier milite pour un sursaut souverainiste face au globalisme. Des deux transitions de phase du clivage gauche-droite soit vers le clivage souverainisme-globalisme soit vers le clivage homme-femme, je pense que c'est le dernier cité des clivages qui est structurellement le plus stable et qui donc, en définitive, l'emportera (mais peut-être faudra-t-il passer auparavant par le premier).
¹: Thom: "Les situations dynamiques régissant l'évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l'évolution de l'homme et des sociétés, ainsi l'usage de vocables anthropomorphes en Physique est foncièrement justifié."
²: Cf. par ex. le billet 107
Christian Feugnet
10/04/2019
Sous l'angle du financement , surtout que de hauts esprits sont enclins à négliger ces choses bassement terrestres . quoique nécessaires comme temporel à spirituel . Le fait du financement général de l'état par l'endettement ! et non l'impot . çà va presque de soi .
Sauf qu'il existe une petite différence : un impot c'est fort désagréable , non seulement pour le citoyen , qui spontanément se met à le discuter ( fondé pas fondé ?) mais encore plus par l'état qui doit le justifier . Rien de tel pour l'emprunt , quasiment indolore , çà se paye à long terme , par fraction ....Sans bruit , on néglige d'examiner l influence de ces founisseurs , si spéciaux !
Christian Feugnet
10/04/2019
Notemment l'idée de financement autonome et quelque peu occulte . Autonome je veux dire hors impots , ou méme budget donc hors controle de l'étar et méme politique .
Pour donner un autre exemple bien de chez nous : le cas de l'ex Elf rattaché à Total dont il était notoire qu'il était truffé sinon faisandé d'agents secrets . Et vivait sa propre vie . Je ne suis pas sur que l'absorption de Elf par Total aie complétement changé les choses . Quoique avec la corruption actuelle , ordinaire , si je puis dire de notre état actuel , ce n'étre peut plus finalement un mal , d'avoir encore quelque chose qui soit encore un tant soi peu national .
Koui
10/04/2019
C,est pour des articles comme celui ci que je suis devenu un adepte de dedefensa. Bien souvent, je suis abruti par les bavardages sur le
Kevin
09/04/2019
Je pense que le film de Spielberg, derrière son patriotisme de surface décrit exactement le débarquement comme une opération de com. Voici un article qui analyse le film sous cet angle:
http://www.lecturesalternatives.fr/2018/01/saving-private-ryan-au-final-ils-ont-fait-quoi-de-bien-les-americains.html
Kevin
09/04/2019
Désolé de poster un commentaire à propos d'un autre article (Debord à Hollywood) mais cela faisait un an que je ne parvenais plus m'identifier sur dedefensa et était donc frustré de ne pas pouvoir réagir aux idées qu'il développait. Deux citations:
1- "Effectivement, c’est de communication qu’il est question, et cela autour et à propos de la Deuxième Guerre mondiale ; [...] parce que ce conflit fut l’occasion, grâce à la communication, d’une “victoire stratégique majeure” des USA qui a transformé l’époque et orienté l’histoire du monde vers où nous nous trouvons : « La transmutation de la Deuxième Guerre, en Europe, en victoire américaine et américaniste est le fait stratégique majeur du conflit, – et une victoire [...] de la communication. »"
2- "Elle ne cesse d’être “authentifiée” par les productions hollywoodiennes, comme ce film de Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan, où les Américains sont seuls à débarquer le 6 juin 1944 et où les indigènes se révèlent être des sauvages sans le moindre intérêt"
La remarque je voulais donc faire est que "Il faut sauver le soldat Ryan" dénonce l'opération de com qu'a été le débarquement.
http://www.lecturesalternatives.fr/2018/01/saving-private-ryan-au-final-ils-ont-fait-quoi-de-bien-les-americains.html
jc
09/04/2019
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ga%C3%AFa
jc
09/04/2019
Du "Deep State" au "Shallow State".
J'ai lu sur la toile que les tsunamis se formaient au fond des océans (deep waters) mais qu'ils ne devenaient dangereux pour l'homme que lorsque le fond remontait (shallow waters):
https://www.le-cartographe.net/blog/archives/259-formation-d-un-tsunami
Thom: "Les situations dynamiques régissant l'évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l'évolution de l'homme et des sociétés; ainsi l'usage de vocables anthropomorphes en Physique est foncièrement justifié."
Pour Thom le phénomène du déferlement hydrodynamique est modélisé par la catastrophe "ombilic hyperbolique", l'une des deux plus simples catastrophes que Thom qualifie de sexuelles, l'autre étant la catastrophe "ombilic elliptique". Thom interprète langagièrement ces catastrophes comme suit¹:
-Ombilic hyperbolique:
Interprétation spatiale -substantifs-: le crêt de la vague, la voûte;
Interprétation temporelle -verbes-: briser, s'effondrer -sens destructif-, recouvrir -sens constructif-;
- Ombilic elliptique:
Interprétation spatiale: l'aiguille, la pique, le poil…;
Interprétation temporelle: piquer, pénétrer -sens destructif-, boucher (un trou), anéantir -sens constructif.
Interprétations qui permettent de qualifier sans hésitation la catastrophe "Ombilic elliptique" de masculine et la catastrophe "Ombilic hyperbolique" de féminine.
Tsunami féminin en vue?
¹: Cf. "Topologie et signification", MMM
jc
09/04/2019
Je ne connaissais la pensée de Derrida qu'à travers ce site¹, site où les déconstructeurs n'ont pas bonne presse (et je ne voyais jusqu'à présent aucune raison de m'opposer à cette façon de voir les choses). Ma position a changé en deux jours. Car en deux jours j'y ai vu se croiser les routes de Thom et de Derrida (ce qui m'a étonné parce que dans sa carte du sens⁰ Thom place la littérature post-moderne au bord de la mer de l'insignifiance).
I. Avant hier.
À la lecture du "Le mythe de la virilité" de la philosophe Olivia Gazalé et particulièrement de la sixième partie "La déconstruction du monde viril" où OG retrace l'émergence de la différenciation des concepts de sexe (pour moi "génétique") et de genre (pour moi "épigénétique"), ainsi que l'émergence de la théorie "Queer" du genre qui postule que le genre "épigénétique" peut balayer continûment le spectre qui va de la femme idéalement féminine à l'homme idéalement viril (quid d'une théorie "Trans", c-à-d du changement de sexe "génétique"?). (Dans les dernières lignes de sa conclusion OG appelle de ses voeux "l'enthousiasmante naissance de masculinités" face à la désolante² fin de l'homme viril.)
Derrida est cité dans cette partie, en particulier p.477: "Au delà la différence binaire qui gouverne la bienséance de tous les codes, au delà de l'opposition féminin/masculin [...], je voudrais croire à la multiplicité de voix sexuellement marquées, à ce nombre interminable de voix enchevêtrées, à ce mobile de marques sexuelles non identifiées dont la chorégraphie peut entraîner le corps de chaque individu, le traverser, le diviser, le multiplier, qu'il soit classé comme un homme ou une femme selon les critères en usage."
À travers un jargon qui m'est inhabituel, je vois là nettement apparaître chez Derrida un penseur pour lequel il y a une relation de continuité entre les genres "épigénétiques" masculin et féminin; ce qui me renvoie aussitôt à Thom, penseur du continu affirmé et affiché.
II. Hier
À la lecture du lien "Double contrainte" de l'article présent "L'essoufflement en peau de chagrin", où la double contrainte me renvoie instantanément au thomien "Le prédateur affamé est sa propre proie" que Thom considère comme étant à la base de l'embryologie animale et que je personnalise ("je" mis pour Macron) pour la mettre au diapason de l'article en la paraphrasant en l'injonction paradoxale: "Je suis à la fois prédateur et proie".
L'exemple -pour moi archétypique- que donne Thom d'une injonction paradoxale n'est pas celui de l'âne de Buridan (proposé par Wikipédia) mais celui de l'oiseau fasciné par le serpent,car la forme du serpent est pour Thom une forme génétique (et non épigénétique) pour l'oiseau (un petit serpent est un ver, une proie, un gros serpent est un prédateur).
Je note avec intérêt que l'article évoque que toute solution logique au problème de la double contrainte se heurte au sacro-saint principe de non contradiction et donc que toute solution ne peut se faire que dans le cadre d'une logique paraconsistante, logique âprement défendue par Thom³.
Aux ébauches de solutions proposées par Wikipédia Thom propose l'explication "catastrophique" suivante: pour lui il faut briser le cercle vicieux représenté par le lacet de prédation associé à la catastrophe "fronce" en haussant le niveau de la façon suivante: un choc affectif permet de déformer la "fronce" en la compliquant en "papillon" (mathématiquement on complique un potentiel en x⁴ en un potentiel en x⁶), faisant apparaître une poche de compromis qui élimine le paradoxe⁴.
Et -the last but not the least- en lisant la partie philosophie de l'article Wikipédia largement consacrée à Derrida, je me demande si ce dernier n'essaye pas, avec son concept de différance, d'exprimer les idées thomiennes ci-dessus dans un jargon qui ne m'est pas familier -il n'y a peut-être qu'un pas entre différance derridienne et différenciation-différentiation thomienne (l'analogie entre différenciation cellulaire et différentiation des fonctions étant, je le rappelle, fondamentale dans l'oeuvre de Thom)-.
⁰: http://strangepaths.com/forum/viewtopic.php?t=41
¹: Cf. le moteur de recherche de Dedefensa
²: Certainement pour Éric Zemmour, cf. "Le premier sexe"
³: Et aussi (entre autres?) les épistémologues belges Lambert et Hespel via leur article "De la topologie de la conciliation à la logique de la contradiction" dont j'ai parlé à plusieurs reprises dans mes commentaires.
⁴: Thom décrit en détail dans ES pp.72 à 74 un modèle qui, je subodore, "colle" correctement pour le double bind.
Kevin CONRAUX
09/04/2019
Voici un lien à deux articles que j'ai publié assez incroyablement par pur hasard le lendemenain de cet article de dedefensa et dans lequel je vomissais aussi sur la publicité, pour la première fois alors que ça fait si longtemps que ça me torture:
http://www.lecturesalternatives.fr/2019/03/la-propagande-fasciste-publicitaire-2000-mots.html
http://www.lecturesalternatives.fr/2019/03/1-la-pub-mercedes-classe-b.html
jc
08/04/2019
Sous-titre: Abbayes de Thélème: hauts lieux de l'interdisciplinarité
Abbaye de Thélème: "Lieu, pour l'instant utopique, où des hommes et des femmes "philosophes" -de préférence à parité numérique- de différentes disciplines se réunissent pour réfléchir à une constitution de deuxième génération pour la France (tout en essayant de la penser la plus archétypique, la plus "génétique", la plus universelle possible)."
(J'entends par "philosophe" -entre guillemets- quelqu'un qui a un recul par rapport à sa spécialité, sa discipline. Tous les intervenants ci-dessous sont supposés "philosophes".)
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Selon moi il doit y avoir en premier lieu le premier cercle, celui des anthropologues, ethnologues, et biologistes, ainsi que des métaphysiciens de type guénoniens. Car je vois cette constitution s'élaborer à partir de la cellule familiale¹, ayant été convaincu par le discours du médiatique ethnologue Emmanuel Todd.
Une fois écrits les articles relatifs à la famille, cellule de base de toute société humaine, interviendront alors les sociologues, les juristes -en particulier bien entendu les constitutionnalistes de première génération-, les politologues, les écologistes, les économistes, etc., pour écrire d'abord une constitution pour les petites communes (ordre de grandeur à préciser) pour terminer par une constitution pour la France entière après être passé par les structures intermédiaires.
(Je pense que la grande majorité des problèmes à résoudre -et donc des grandes options politiques- se pose déjà au niveau -disons- cantonal -et peut-être déjà au niveau communal; le grand problème, selon moi, est le problème de la clé de voûte de la structure sociale: "Vox populi vox Dei"?)
Les matheux ont-ils leur place dans l'élaboration d'une telle constitution?
Thom: "(...) je suis un bon représentant de l'impérialisme disciplinaire; dans cette propagande démesurée où les spécialistes vantent les mérites de leurs concepts respectifs, seul, je crois, le mathématicien a quelque droit à prétendre à l'universalité." ("Vertus et dangers de l'interdisciplinarité", AL p.640)
Et Hegel: "Pythagore est le premier maître de l'universel".
Ces deux citations vont donc dans le sens d'une réponse positive à la question posée plus haut, et ce d'autant plus si une telle constitution prétend à l'universalité.
Le mathématicien français médaillé Fields Alain Connes² fait remarquer à la fin de l'une de ses conférences-vidéo que l'intelligence artificielle sera à jamais incapable d'élaborer de véritables concepts, à savoir des concepts qui ont du sens. Je suis personnellement convaincu que c'est exactement là le critère qui sépare les "grands" mathématiciens des mathématiciens ordinaires, les grands mathématiciens étant ceux capables d'élaborer de nouveaux concepts et de proposer de vastes et fécondes conjectures (et pour moi, Thom, Grothendieck, Connes³ sont de ceux-là). Ne serait-ce que pour cette raison -l'aptitude à forger et définir de nouveaux concepts qui ont un sens- je pense que les matheux doivent avoir dans les abbayes de Thélème une place autre que celle d'observateur -ou celle, ancillaire, de statisticien⁴-.
(Il me semble qu'il sera inévitable de considérer que certains articles ne seront pas "génétiques", pas universels, mais seulement "considérés comme étant génétiques" (ex. Interdit de l'inceste).)
¹: Pour moi la cellule familiale de base est atemporelle, c'est-à-dire contient le couple, ses enfants, et, au moins virtuellement, les ascendants vivants.
²: Je trouve que Panoramix lui ressemble.
³: Une discussion à Thélème entre un guénonien et Connes portant sur une lecture quantique de "Le symbolisme de la croix"? (De même une discussion entre un guénonien et Todd concernant un éventuel tissage du patriarcat et du matriarcat (à propos du chapitre "Le symbolisme du tissage")?)
⁴: Thom: "Les mathématiciens ne devraient pas se laisser enfermer dans la tâche ancillaire de statisticiens, mais devraient apporter leurs propres intuitions dans la conceptualisation des autres disciplines." ("Vertus et dangers de l'interdisciplinarité", AL p.642)
Pascal B.
08/04/2019
Gaucher
jc
08/04/2019
Sous-titre: Mots "génétiques" et mots "épigénétiques"
Thom: "Je suis convaincu que le langage, ce dépositaire du savoir ancestral de notre espèce, contient dans sa structure les clés de l'éternelle structure de l'être."
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En réfléchissant au genre des mots¹ -en pur béotien, je ne suis pas linguiste-, je ne peux que constater que le genre grammatical des mots en général, et ceux touchant au sexe en particulier, est beaucoup plus "épigénétique" que "génétique", et donc que, d'une certaine façon, le sens des mots est contingent, ce qui est fâcheux dans les textes où c'est l'invariance, l'universalité qui est recherchée, comme, archétypiquement, dans une constitution qui se veut "génétique".
Y a-t-il donc des mots "génétiques", des rocs à partir desquels un discours "universel" puisse se constituer?
Il m'apparaît de plus en plus nettement que Thom nous propose, avec ses seize morphologies archétypes², une ébauche de réponse à ce qui est, d'évidence pour moi, une question fondamentale.
(Je rappelle que la théorie des catastrophes est, selon Thom lui-même, une théorie de l'analogie et que "le monde de l'analogie est un monde qui porte son ontologie, en quelque sorte, avec soi.")
¹: Amour, délice et orgue, mots "Transgenre", mots "Queer"?
²: SSM, 2ème ed. p.312
jc
08/04/2019
Sous-titre: De la conscience de classe à la conscience de genre
PhG: "La sagesse, aujourd'hui, c'est l'audace de la pensée"
Thom: "(...) dès qu'un mot est utilisé fréquemment avec une signification différente de sa signification initiale, il en résulte une tension sur certaines parois de la figure de régulation du concept, tension qui pourrait fort bien la briser; le concept alors se défend en suscitant la naissance d'un mot nouveau qui canalise cette nouvelle signification. la formation de néologismes est ainsi une illustration -difficilement réfutable- du principe lamarckien: la fonction crée l'organe." ("Topologie et signification", conclusion, MMM).
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J'ai terminé le .10 de "Évolution du clivage gauche-droite (vers le clivage homme-femme)" en opposant un clivage gauche-droite sur fond de lutte des classes à un clivage homme-femme sur fond de lutte des sexes/genres, la qualité du clivage sur fond de haine dans le premier cas et sur fond supposé d'amour dans le deuxième.
Jusqu'à présent j'amalgamais sexe et genre: "de sexe masculin" avait pour moi même signification que "de genre masculin". La lecture de "Le mythe de la virilité" de la philosophe Olivia Gazalé¹ a changé ma façon de voir les choses, en particulier la citation suivante (p.460):
"Dans "Sex, Gender and Society", elle [la philosophe Judith Butler] distingue le sexe, invariant biologique, et le genre, construit social évolutif et contingent."
Dans mon rangement thomien (et en l'occurence, également aristotélicien) j'associe dorénavant le sexe à la génétique et à la cause matérielle et le genre à l'épigénétique et à la cause efficiente:
Thom: "(...) il y a toujours une secousse qui s'est propagée, et cette secousse est de nature épigénétique, elle n'est pas de nature génétique. On ne peut pas dire que l'oeuf quiescent programme son propre développement, ce n'est pas vrai. Au fond c'est peut-être pour cela qu'il y a des mâles dans la nature, en un certain sens: on ne peut pas croire que les mâles soient vraiment très utiles, mais en fait ils sont là pour donner la secousse; je sais bien qu'il y a des animaux parthénogénétiques, mais enfin je ne sais pas très bien comment ça fonctionne, comment l'oeuf à un moment donné se déclenche. Je crois que cet aspect là est assez fondamental. La causalité matérielle est génétique, la causalité efficiente est épigénétique. Si on n'a pas fait cette distinction je crois qu'on ne comprend rien à la distinction génétique-épigénétique."
Margaret Mead (citée par OG p.459) s'exprime selon moi dans le même sens que Thom, quoique de façon nettement plus métaphorique:
"Les traits de caractère que nous qualifions de masculin ou de féminin sont pour un grand nombre d'entre eux, sinon en totalité, déterminés par le sexe aussi superficiellement que le sont les vêtements, les manières ou la coiffure qu'une époque assigne à l'un ou l'autre sexe."
L'une des principales difficultés que je vois à l'élaboration d'une constitution de deuxième génération (celles de premières génération étant calquées sur -disons- l'américaine) est de séparer le constitutionnel du législatif comme les biologistes séparent le génétique de l'épigénétique, le constitutionnel renvoyant à l'invariant biologique alors que le législatif renvoie à un construit social évolutif et contingent (pour reprendre la formulation de Judith Butler).
Selon moi le fait d'avoir mis le libéralisme (et même l'ultra-libéralisme) dans la constitution européenne (alias somme des traités européens, 2005 oblige) et non dans une loi (abrogeable et/ou modifiable) est une grossière erreur que nous autres européens sommes en train de payer.
Jean-Claude Juncker: "Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. "
¹: Mon épouse, qui commence à le lire moins vite que moi, m'a fait remarquer que OG cite "Le premier sexe" d'Éric Zemmour p.13.
jc
07/04/2019
Sous-titre: Modélisation "à la Thom" de l'évolution politique des rapports homme-femme
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On peut visualiser "à la Thom" les rapports politiques homme-femme avec une courbe en forme de W à deux cuvettes séparées par une barrière "de potentiel", courbe dont l'équation est du type y=x⁴+ux²+vx, et qui est associée à la catastrophe fronce qui modélise, selon Thom, le conflit entre deux actants. Jusqu'au début du XXème siècle¹, on a deux cuvettes, l'une étroite et profonde - la profondeur étant liée à la stabilité- occupée par les femmes et traduisant que les femmes stabilisent la société en se concentrant, parfois à leur corps défendant -domination tri-millénaire masculine oblige-, sur la reproduction de l'espèce, et l'autre occupée par les hommes, cuvette moins profonde et plus large pour que la taille des cuvettes reflète la parité numérique homme/femme. Avec les suffragettes au RU, le droit de vote en Turquie, le droit de vote en France, le féminisme (Simone de Beauvoir, la loi Weil, etc.), la cuvette féminine a commencé à s'élargir (et le fond de cuvette à remonter, contraception oblige, traduisant une perte de stabilité sociale), et à s'écarter de la cuvette masculine, affaiblissant la barrière de potentiel qui tend alors à prendre l'allure d'un plateau de plus en plus large et de moins en moins bombé. L'arrivée (années 1990?) des mouvements de LGBT a alors creusé au sommet de ce plateau une petite cuvette dans laquelle se sont installés ces "sexes flottants" (comme les appelle Emmanuel Todd²) au genre peu différencié.
Selon la théorie thomienne cela signifie que l'on est passé à une courbe d'équation y=x⁶+ux⁴+vx³+wx²+tx, associée à la catastrophe papillon. La création de cette nouvelle cuvette investie par les LGBT a pour effet politique de radicaliser les mâles "historiques" donc de recreuser la cuvette "mâle" ("Le premier sexe" de Zemmour³ est pour moi tout-à-fait typique de cette évolution). Comment tout cela va-t-il évoluer?
Selon la théorie thomienne la cuvette centrale formée au sommet de la barrière de potentiel modélise un compromis, une poche, une cloque, une maison commune -une maison est pour Thom une poche de compromis entre la terre et l'air-. Pour l'instant si les "mâles historiques" (les red necks US, les groupes d'extrême droite allemands, etc.) ont l'air de commencer à s'agiter, les "femelles historiques" (c-à-d plus de 90% des femmes?) n'ont pas l'air de bouger.
Que risque-t-il de se passer? Selon moi il y aurait en France une certaine logique à ce qu'il y ait une évolution de l'opposition homme-femme avec une cuvette centrale qui se creuse et dans laquelle vont venir se nicher suffisamment de couples du type des couples des p.12 et 15 du bouquin de Zemmour, couples qu'Olivia Gazalé appelle également de ses voeux (cf. la fin de sa conclusion), suffisamment pour que les LGBT y deviennent largement minoritaires. Si c'est le cas, il semblera alors logique d'opposer hommes et femmes, les femmes au palais du Luxembourg et les hommes au palais Bourbon, chaque sexe traitant de ses affaires spécifiques (par ex. l'armée aux hommes?, la santé aux femmes?), les conflits entre les deux sexes étant régulés "en congrès" à Versailles avec un centre "conciliant" d'autant plus puissant -et donc stabilisateur de la société- que la cuvette centrale est bien remplie.
Une telle modélisation "à la Thom" peut également être faite pour l'élection présidentielle de 2017 dans le cadre d'une opposition gauche-droite avec la création de la cuvette centrale macronienne. Pour moi les cuvettes extrêmes sont actuellement en train de se creuser (plus à droite qu'à gauche pour l'instant), le destin de la cuvette centrale LaREM étant de se vider.
La différence fondamentale que je vois entre les deux situations est la différence de comportement de la barrière de potentiel: difficile à franchir dans le cas d'une opposition gauche-droite (pour cause de fond de haine résultant de la lutte des classes, doublée d'un souverainisme plus marqué à droite et d'un internationalisme plus marqué à gauche⁴), alors que dans le cas d'une opposition homme/femme on peut raisonnablement espérer que cette barrière sera plus aisée à franchir, l'amour remplaçant dans ce cas la haine.
¹: Les suffragettes au RU
²: https://www.les-crises.fr/burke-la-russie-et-les-transgenres-par-emmanuel-tod/
³: J'y ai consacré dix minutes, le temps de noter les positions de deux "jeunes mâles" p.12 et p.15. et de lire la conclusion
⁴: J.L. Mélenchon vient de se séparer d'une fraction souverainiste de LFI.
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