jc
02/12/2025
Le Bon : "Il m’apparut très vite que les incertitudes des historiens sur cette grande crise résultaient simplement de l’habitude d’avoir recours aux interprétations rationnelles pour expliquer les événements dictés par des influences mystiques, affectives et collectives étrangères à la raison."
Thom, à qui je crois que nul ne peut faire le reproche d'académisme, a écrit "Révolutions : catastrophes sociales" (Apologie du Logos), dans lequel il s'efforce de montrer qu'un société ne peut perdurer de façon stable sans faire appel à ce qu'il appelle des techniques de l'imaginaire (en particulier mythes et rites) dont il parle dans sa "classification des Sciences et des techniques" (également dans AL).
Le Bon : " L’histoire de la Révolution en fournit à chaque page la preuve. La logique collective seule et non la logique rationnelle pouvait révéler pourquoi les assemblées révolutionnaires votaient sans cesse des mesures contraires aux opinions de chacun de leurs membres. [...]"
Pour Thom les sociétés ont un psychisme qui n'est pas très différent du psychisme animal non humain (obéissance directe, non médiate, à la "consigne", à la logique naturelle). Il développe (une page) à la fin de "Stabilité Structurelle et Morphogénèse".
Pour lui la logique naturelle est de nature embryologique :
- "La classe engendre ses prédicats, comme le germe engendre les organes de l'animal. Il ne fait guère de doute (à mes yeux) que c'est là l'unique manière de théoriser ce qu'est la Logique naturelle." ;
et c'est le contrôle de l'imaginaire qui est l'essence de la rationalité :
- "Le rationnel, au fond, n'est qu'une déontologie dans l'usage de l'imaginaire."
- "La théorie des catastrophes m'a réellement donné la clé d'un mode de pensée qui m'a permis de voir les choses sous un angle qui échappe, apparemment, à la manière standard de voir les choses. Essentiellement parce qu'on fait un saut dans l'imaginaire – mais un saut contrôlé : le saut doit être controlé. (...) Le contrôle de l'imaginaire c'est, je crois, l'essence de la rationalité."
Ma lente rumination de l'œuvre de Thom (en particulier ici de "Esquisse d'une Sémiophysique") me conduit à écrire que la déviance de la rationalité de notre civilisation judéo-gréco-chrétienne est déjà en germe dans l'organon aristotélicien. Thom argumente lui-même dans ES, et cite aussi le livre "Aristotle's two systems" de D.W. Graham.
Quant à la déviance actuelle, Bruno Bertez et l'IA viennent de signer deux courts billets à ce sujet :
https://brunobertez.com/2025/12/01/essai-comprendre-notre-epoque-de-carl-jung-a-la-silicon-valley/
https://brunobertez.com/2025/12/01/jai-interroge-lia-sur-les-rapports-de-peter-thiel-avec-le-satanisme-trump-et-le-diable-disrupteur/
Pour poster un commentaire, vous devez vous identifier