Yes, he can” – peut-être, après tout… Le cas Freeman nous éclairera

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Justin Raimondo, qui n’est pas aisément convaincu, reconnaît qu’il se passe peut-être quelque chose, qu’il s’est peut-être trompé puisqu’il a souvent annoncé qu’il ne se passerait rien, – et qu’il en serait heureux, de s'être trompé: «The playing field isn't level, but, then again, it never is. Nevertheless, the odds are no longer quite so stacked against us, and that's a sign of progress, I'm glad to admit.»

De quoi parle-t-il, aujourd’hui, sur Antiwar.com? De la politique extérieure de Barack Obama. Justin Raimondo, l’un des leaders de droite du “parti antiguerre”, relève les divers signes qui montrent qu’il se passe effectivement quelque chose, qui pourrait être l’amorce d’un basculement de la politique de sécurité nationale. Il y a d’ailleurs autant de signes, toujours selon Justin, allant dans le sens contraire, bloquant éventuellement ce renversement; mais quoi, les choses bougent…

Raimondo place fort justement comme un acte important dans le sens qu’il dit, la nomination de “Chas” Freeman au poste d’adjoint de l’amiral Blair, le Director of National Intelligence (DNI). Il rapporte la précision du Washington Times selon laquelle il a été affirmé, de façon appuyée dans le chef de la porte-parole de Blair, qu’Obama n’était pas au courant du choix de ce même Blair, avant la nomination de Freeman. Ce genre d’intervention est bien ambiguë; cela peut aussi bien signifier qu’Obama s’en lave les mains, pour demander éventuellement le départ de Freeman si les choses se gâtent; ou bien, en sens contraire, qu’Obama n’a rien prémédité mais que, maintenant, puisque nomination il y a, il ne peut qu’entériner et soutenir son DNI… Tout cela, bien sûr, en prévision des effets de l’incroyable tempête que le Lobby (pro-israélien) a soulevé contre la nomination de Freeman. De toutes les façons, la chose est bien un test, et elle a été voulue comme cela; Freeman, qui est âgé, a hésité un certain temps avant d’accepter le poste, et cela suppose de la part de Blair au moins, éventuellement des militaires derrière lui (l’U.S. Navy, qui ne goûte guère la politique belliciste?), peut-être d’Obama en sous-main malgré tout, une réelle volonté de voir cet homme, avec tout ce qu’il signifie, à ce poste essentiel.

Dans tous les cas, voici ce qu’en dit Justin, qui est un des plus virulents critiques de l’influence absolument rocambolesque et obscène que le Lobby exerce sur la politique US.

«The style of this administration is to speak out of both sides of its mouth while looking over its shoulder at the various constituencies it must appease. The "realist" wing of the Obama administration, centered in the intelligence community and the diplomatic corps, looks to someone like Charles "Chas" Freeman, whose appointment as head of the National Intelligence Council would place him in a key position. Freeman was picked by Director of National Intelligence Dennis Blair, whose spokeswoman made sure to let the Washington Times know that the president had no prior knowledge of the appointment. Freeman's sin, in the eyes of the Lobby, was to promote The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, the seminal book by John Mearsheimer and Stephen Walt that diagnoses the deforming effects of Israel's American amen corner on our policymaking process.

The president's left-wing supporters want action on the Israeli-Palestinian front, and expectations are high: a new understanding of the “special relationship” is a prerequisite for success. Yet the administration is extraordinarily sensitive to criticism from the Israel lobby, which has gone on a jihad against Freeman, throwing everything in the book at him, and then some. The chosen theme of their hate campaign, in this case, is to portray Freeman as an agent of foreign powers – Saudi Arabia and China, so far. This charge, coming from the Israel lobby, is a hoot and a half – especially when one considers that the first voice to be raised against Freeman belonged to none other than Steve Rosen, the former AIPAC top lobbyist awaiting trial on charges of espionage on behalf of Israel...

»Very early on, a struggle for the heart and soul of the Obama administration is taking place within the national security bureaucracy, with the “realists” arrayed against the Lobby and the “national security Democrats” grouped around the Center for a New American Security, the Democratic version of the infamous Project for a New American Century. CNAS appointees are pouring into top Pentagon policy and State Department positions, while the core resistance to the War Party, as in the Bush years, remains in the intelligence sector, in this case Blair's National Intelligence Council.

»Change? It's still possible: the War Party, although in charge at State and the Pentagon, is hampered by widespread uneasiness among the president's base at the escalating conflict in Afghanistan and the prospect of a wider conflict in Central Asia. On the other hand, Obama is unlikely to want to take on the Israel lobby so early in his administration.

»The Freeman appointment is one test of where we are going: if the Lobby succeeds in derailing it, that will tell us who's still in the driver's seat when it comes to steering our future course. The Lobby is fighting to assert its power of veto, which it exercised effortlessly during the Bush dark ages. Is this the bright dawn of a new day, or will the same old clouds darken our horizon for the next four years? Some indication of where we are headed is due shortly, but in the meantime, it's important to know that your voice is important. We're at a plastic juncture in the history of our foreign policy, one that could go either way. Do I have the audacity to hope? Well, yes, I do…»

…Bref, encore un signe que des événements importants, encore souterrains mais à peine, se déroulent. La dernière initiative d’Obama d’envisager de “parler” avec des modérés talibans après avoir reconnu que les USA sont en train de perdre la guerre en Afghanistan (voir le Times de Londres de ce jour) en rajoute encore dans ce sens. Raimondo craint pourtant la similitude de cette démarche avec ce qui s’est passé en Irak, pour le surge (l’accord de l’armée US avec les sunnites), à quoi Obama fait précisément allusion. C’est justement la chose intéressante: Obama parle de faire en Afghanistan la même chose qu’en Irak, après avoir reconnu que les USA sont en train de perdre (en Afghanistan); cela revient à reconnaître que les USA perdaient effectivement la guerre en Irak, lorsqu’ils se sont décidés à aller négocier, voir “acheter” l’alliance des sunnite. Pour les archives, mais aussi pour l’état d’esprit d’Obama, c’est une précision qui n’est pas sans intérêt.


Mis en ligne le 9 mars 2009 à 11H25