Une salade de débats

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Une salade de débats

28 juin 2024 (13H00) –Non, c’est vrai, je n’ai rien suivi du “débat” (?) Biden-Trump, mais simplement vu et lu ici et là une ou l’autre séquence, assez pour me rendre compte qu’il se fit sans surprise et que l’irréelle situation du monde fut exposée, complètement nue, à la feinte et générale surprise des ZélitesZombie du parti du progrès des terres du Globalistan. L’un des très courts (9 secondes ?) extraits les plus diffusés est celui où l’on voit plus qu’on entend la fin d’une intervention de Biden sur la question des frontières, puis le début de la réponse de Trump à l’incitation du présentateur de CNN. Cela donne à peu près ceci :

Président Biden : « ... gaspo, biggo, argh... border patrol... broulm, pfuittt...hooupp...»

Présentateur de CNN : « Your answer, president Trump ? »

Président Trump : « I don’t understand what he said… »

Plus tard, un avis de Van Jones, ancien ami et “frère” d’Obama parlant de la performance de Biden : « ce fut vraiment pénible. » Le ‘Guardian’, qui fit tout son possible pour sauver les meubles selon l’argument que si Biden fut souvent erratique et inaudible, on laissa Trump mentir à son aise sans relever ses mensonges. 

Note de PhG-Bis : « C’est drôle, mais dans l’argument mentionné ici, et qu’on retrouve souvent, on croirait, avec à peine un peu d’imagination, comprendre ceci : si l’on avait relevé tous les énormes mensonges de Triumph, eh bien cela aurait été bien mieux pour Biden, comme une résurrection, vous comprenez ? Je veux dire La-Résurrection ! Nous sommes dans un domaine-religieux, comprenez-vous, et finalement si Biden va si mal, c’est à cause du mauvais sort que le Satan aux cheveux oranges lui a jeté... Essayez, jugez de toute la situation et de l’extraordinaire entêtement du maintien de Biden dans l’adoration inconditionnelle des fidèles, tout cela s’éclaire et se justifie ! »

Quoi qu’il en soit, il fallait bien reconnaître ce que leurs yeux et leurs oreilles avaient vu et entendu, comme leurs lecteurs à qui ils ne pouvaient le cacher. Comme l’écrit furtivement Betsy Reed avant de passer aux “mensonges” de Trump dans son rapport pour le fameux quotidien anglais :  

« Dès le début du débat, le premier de l'élection présidentielle de 2024, Biden a été chancelant. Il était difficile à comprendre sinon à entendre, marmonnant et étouffant ses répliques, dont certaines, – si elles avaient été prononcées avec la force voulue – auraient pu être couronnées de succès. Il a déclaré que Donald Trump avait “la moralité d'un chat de gouttière”, mais même cette réplique était difficile à discerner. »

... Mais Betsy, elle, l’a bien entendue ! David Plouffe le bien nommé, autre compère d’Obama, désigna le débat comme ceci, qui permet de faire un bon mot et une image guerrière du type “La guerre a commencé” :

« Ce fut une sorte de moment où l’on se met en situation de ‘DEFCON-1’ pour le parti démocrate. »

Bien, – ils se sont aperçus de quelque chose et il s’agit pour l’instant de colmater la voie d’eau en comptant bien que ce président, qui est tellement un homme bon et de grand bien face au monstre, comme une sorte de Messie, – il faut compter qu’il se reprendra. On sait bien que le temps travaille toujours pour une dementia senile, et on fait confiance à la vertu triomphante.

Enfin, le plus extraordinaire selon mon entendement et mon information assez courte sur le débat, c’est le sentiment que certains parmi ces régiments de menteurs corrompus semblent dire le vrai lorsqu’ils laissent entendre in fine qu’ils ne savaient pas que c’était si grave et si évident chez Biden. Comme toujours, je crois que les “régiments de menteurs corrompus”, bien à l’aise dans leur simulacre de mensonges et avec tous les attributs des fidèles et des croyants puisque nous sommes en religion, finissent par y croire avec leur psychologie de figurants aveugles du spectacle ‘Sous le plus grand chapiteau du monde’... Lorsque la vérité éclate, au moins pour une soirée, c’est comme quelque chose de comparable à Pearl-Harbor ou à 9/11, – ‘DEFCON-1”, comme dit Plouffe patapouf.

Bien entendu, il paraît qu’il y aura d’autres débats et l’on s’emploie à refaire le plein et une révision complète de Frank-Einstein, et se prépare à y croire à nouveau très fort, en serrant ses petits poings en signe de prière. Ou alors, peut-être un fou de la direction du parti démocrate va-t-il annoncer qu’il faut changer de candidat ! Eh bien on verra ! Je veux dire, on verra “Joe Biden” retrouver toute sa verve pour dénoncer les traîtres et proclamer l’état d’urgence aussi bien que l’annulation de l’élection présidentielle, avec le soutien réaffirmé de Zelenski.

Non, tout cela, cette narrative ne vaut pas un seul chapitre d’‘Alice in Wonderland’ ; elle est destinée à remplacer ‘Alice’ dans notre sac à malices de références pour décrire le parcours des hordes de Sapiens postmodernes au cœur de la GrandeCrise. En attendant, plutôt que se mettre en ‘DEFCON-1’, je leur conseille de commencer à travailler sur les urnes, en les tapissant, puis en les remplissant disant à 40-45% de leur volume, de bulletin à la gloire de “Joe Biden”. Ils savent faire...

... Mais savez-vous, pourtant, ce qui m’a le plus surpris ? Je vais vous expliquer... Tombé par mégarde sur quelques vidéo du débat d’outre-Atlantique, je repartis ici ou là, sur telle autre chaîne, et finit par passer quelques minutes devant le JT de TF1 (ou de n’importe quoi, dans le même genre, vous voyez ?). On nous donnait des extraits de la nième confrontation entre des dirigeants de tel, tel et tel partis, pour l’élection de dimanche, la première des législatives de la dissolution, cela en France sous l’impériale et impérieuse présidence de l’auguste-Macron.

J’en ai reconnu l’un ou l’autre peu importe, ce sont des beaux-parleurs. J’ai écouté, impossible de faire autrement, leurs arguments, leurs voix bien posées et leurs beaux costumes, tous les mêmes clone sur clone... Et soudain, après un bref instant de malaise et d’interrogation, m’est apparue l’horreur de la chose : cela ne valait pas mieux que Biden-Trump au moment les plus piquants de Biden en pleine forme ! Ils avaient tous l’éloquente empathie et l’évident souci du bien civique que l’on trouve chez les chats de gouttière.

Un conseil, vous autres, avant d’aller voter, ici ou là : relisez ‘Alice in Wonderland’, ou bien ‘Alice au Pays des Merveilles’, au choix ; et dites-vous que nous avons fait mieux, beaucoup mieux.