Une hypothèse inattendue concernant Assange

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Une hypothèse inattendue concernant Assange

Le journaliste Robert Bridge, de nationalité américaine et collaborateur régulier de RT.com, propose une hypothèse étonnante concernant Julian Assange. Actuellement se déroule le procès où un tribunal britannique doit décider si Assange sera ou non extradé vers les USA où il risque 175 ans de prison du fait des diverses accusations lancées contre lui. On connaît les conditions scandaleuses de ce procès, tout comme  celles, particulièrement cruelles, des divers épisodes du calvaire d’Assange depuis sept ans, d’abord à l’ambassade de l’Équateur à Londres, puis dans une prison britannique. Nul ne doute que si Assange est extradé aux USA, il sera l’objet d’un traitement impitoyable de la part des autorités US.

Bridge envisage la question d’un autre point de vue, selon lequel le sort d’Assange dépend en fait de l’affrontement en cours entre Trump et le DeepState, avec les démocrates en tête, concernant l’épisode dit duRussiagate de la soi-disant collusion entre Trump et la Russie. Bridge expose les conditions de cet affrontement qui se déroule dans un black-out complet de la presseSystème, mais qui est extrêmement vif et violent, en remarquant qu’il est étonnant que Trump insiste tant pour l’extradition d’Assange.

Puis il poursuit son article en y introduisant ce qui pourrait être l’enjeu de l’extradition d’Assange. Il suggère qu’Assange, qui est un témoin essentiel pour cette affaire, pourrait se voir proposer par Trump un accord pour son procès, selon lequel il éviterait une peine de prison qui serait un calvaire vers une mort certaine contre des révélations sous serment concernant la véritable “source” qui a communiqué à WikiLeaks en juin-juillet 2016 les courriels du DNC (la direction du parti démocrate) sur les manigances de Clinton pour éliminer Sanders, l’implication complète du DNC, etc., – documents que WikiLeaks a aussitôt  rendus publics en même temps que l’ouverture de la convention démocrate de fin juillet 2016, désignant Hillary comme candidate démocrate.

Bridge ne dit pas si son hypothèse est une pure spéculation de sa part ou si elle est le résultat d’informations qu’il aurait obtenues secrètement. Il rappelle simplement l’interview qu’Assange donna à FoxNews en 2017, où il affirma que la source de WikiLeaks n’était pas un État, disculpant ainsi la Russie en tant que telle. A la fin de son texte, Bridge évoque la possibilité d’une “fuite” plus que d’un piratage informatique. Le mot qu’il emploie est “leaker” et non “leak”, ce qui indique qu’il désigne plus un “fuiteur” qu’une “fuite”, c’est-à-dire un “lanceur d’alerte” (“whistleblower”).

On rappellera égaiement, pour notre part, un texte que nous avions publié le  10 août 2016 sur les conditions de la nomination d’Hillary Clinton comme candidate, dans lequel était citée une interview d’Assange par le réseau hollandais Newsuur. Assange y laissait entendre que la “source”, ou “lanceur d’alerte”, pouvait être Seth Rich, un militant démocrate pro-Sanders qui travaillait au DNC et qui fut assassiné dans une rue de Washington ce même mois de juillet 2016 (le 8). Nous donnons une traduction du passage cité de cette interview et donnons en note (*) le texte original en anglais pour saisir avec précision les déclarations volontairement d’apparence hermétique de Assange. 

Julian Assange: « Les lanceurs d’alerte déploient des efforts considérables pour nous faire parvenir du matériels, et ils prennent souvent des risques très importants. Comme l’a fait un homme de 27 ans, il travaillait pour la DNC, il a été abattu d’une balle dans le dos, assassiné il y a quelques semaines pour des raisons inconnues alors qu’il marchait dans la rue à Washington. »
Journaliste: « C’était juste un vol, je crois. N'est-ce pas ? »
Julian Assange: « Non. L’enquête n’a pas donné de résultat. Alors... Je suggère l’idée que nos sources prennent des risques. »

Ci-dessous, l’extrait assez long, avec sa conclusion, du texte de Robert Bridge sur RT.com le 27 février 2020.

« ...Pourtant, loin de faire l'éloge d’Assange pour son dévouement au vrai journalisme, qui serait probablement à l'avantage du président américain vu la façon dont il dénonce constamment les “FakeNews”, Trump a pratiquement déclaré que le rédacteur en chef de Wikileaks était l'ennemi public numéro un. Pourquoi ?
» Pour répondre à cette question, il faut se souvenir de ce qui se passe actuellement à Washington DC. Le procureur général de Trump, William Barr, a été occupé à enquêter sur les origines de la théorie de la conspiration avec la Russie [“Russiagate”], qui a poursuivi Trump pendant une grande partie de son premier mandat. En bref, Barr tente de déterminer si les membres du FBI et du Parti démocrate étaient coupables d'avoir lancé une opération secrète pour présenter Donald Trump comme étant d'une manière ou d’une autre sous le contrôle du Kremlin. Souvenez-vous des allégations de “pee tape”.
» Mais grâce à l'offensive sans fin des démocrates contre Trump, d'abord avec l'enquête Mueller puis avec une tentative de destitution ratée, beaucoup de gens ont oublié, ou n’ont jamais su, qu’une telle enquête contre les démocrates battait son plein. Il n’est donc pas surprenant que les médias n’aient fourni au public que des bribes d’informations sur les progrès de Barr (à comparer avec la couverture ininterrompue de l’enquête Mueller et de l’audience de mise en accusation de Trump). Cette bataille politique qui fait rage dans les coulisses explique pourquoi tant d’experts politiques pensent que les démocrates, – avec leurs tentatives incessantes d’enquêtes et de mises en accusation, – essaient désespérément de détruire Donald Trump avant qu'il ne les détruise. 
» C’est là qu’intervient Julian Assange, c’est-à-dire s’il comparaît effectivement devant un tribunal américain. Le cofondateur de WikiLeaks peut, – ou non, – fournir un témoignage qui exposerait le simulacre ‘Russiagate’ une fois pour toutes. Après tout, si quelqu’un peut faire la lumière sur le plus grand scandale politique de notre époque, c’est bien le responsable du site de dénonciation le plus efficace des temps modernes. N’oublions pas que les allégations extrêmement préjudiciables des démocrates concernant la collusion russe apparurent après la période où la Russie aurait, selon eux (les démocrates), donné à WikiLeaks des courriels “piratés” à partir d’ordinateurs du DNC.
» En 2017, cependant, Julian Assange a déclaré publiquement que la Russie n'était pas la source.
» “Notre source n'est pas un État”, a déclaré Assange au présentateur de la Fox, Sean Hannity, dans une interview à l'ambassade de l'Équateur à Londres. “Donc la réponse, – pour nos interactions [avec la Russie], – est non.”
» À ce stade, il ne semble pas trop scandaleux de suggérer que Donald Trump, naturellement désireux de laver son nom pour la postérité de tout simulacre de “collusion russe”, espère faire extrader Julian Assange vers les États-Unis où l’accusé pourrait être disposé à négocier un accord et à éviter une longue peine de prison très injustifiée en échange de la révélation de la véritable identité du “hacker” du DNC. Ou le terme correct est-il “leaker” ? »

 

Mis en ligne le 28 février 2020 à 16H50

 

Note

(*) Extrait de notre texte du 10 août 2016, le verbatim original en anglais : 

« Julian Assange: “Whistleblowers go to significant efforts to get us material and often very significant risks. As a 27 year-old, works for the DNC, was shot in the back, murdered just a few weeks ago for unknown reasons as he was walking down the street in Washington.”

» Reporter: “That was just a robbery, I believe. Wasn’t it?”

» Julian Assange: “No. There’s no finding. So… I’m suggesting that our sources take risks.” »