Une haine intense

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Une haine intense

21 octobre 2002 — Nous publions ci-dessous un billet d'un commentateur d'extrême-droite, qui est un des collaborateurs du site NewsMax.com. Publié hier, ce billet nous paraît l'occasion d'une réflexion rapide sur la vie politique aux USA. Notre but, dans ce cas (contrairement à d'autres, certes) est beaucoup plus documentaire que polémique. Nous avons choisi un cas polémique (« Jimmy Carter, Traitor? ») pour bien faire mesurer l'intensité de la question que nous voulons documenter ici, — l'intensité de la haine qui est, aujourd'hui, le principal sentiment entre les deux bords de l'échiquier politique aux USA.

9/11 a complètement radicalisé un système politique (US) traditionnellement et fondamentalement centriste dans son expression et ses analyses (même si son action, c'est autre chose). C'est-à-dire que nous avons un système de substance et d'apparence centriste qui est alimenté par des “informations”, des analyses et des objurgations radicales ; ce même système reçoit ces impulsions intellectuelles radicales, non comme telles mais comme des contributions modérées faites au système ; c'est-à-dire qu'en recevant ces impulsions politiques radicales, le système les “recycle” et les rend respectables. Ce radicalisme “respectabilisé” tend évidemment à éliminer tout le reste par la puissance et le caractère abrupt de ses affirmations, devant lesquelles analyses et affirmations modérées pâlissent tant qu'elles se diluent dans l'inconsistance. La vie politique américaine se radicalise à l'extrême tout en prétendant rester centriste. C'est une situation de “centre extrémiste”, la pire de toutes.

Cette attaque contre Jimmy Carter (récent prix Nobel de la Paix) est un bon exemple. Elle est de Christopher Ruddy, commentateur d'extrême-droite, de type haineux, qui serait en temps normal marginalisé. Aujourd'hui, il fait partie de ceux qu'on écoute.

Ruddy détaille notamment :

• que Jimmy Carter est un traître parce qu'il a eu des contacts avec les Soviétiques au moment des élections de 1980, puis en 1984 ;

• que d'autres traîtrises de Carter concernent notamment les rapports avec les Nord-Coréens après la fin de la Guerre froide.

• que l'armement nucléaire de la Corée du Nord a été permis par Clinton-Carter, après que la tentative de Carter pour empêcher le réarmement Reagan qui permit aux USA de l'emporter sur l'URSS ait échoué de justesse ; au-delà, la thèse est par conséquent que la responsabilité de l'attaque 9/11 repose non seulement sur Clinton (déjà accablé pour cela), mais sur Carter (« Ground Zero has a trail right back to the feet of Jimmy Carter in the Oval Office »).

La violence des propos, propre à cette sorte de commentateurs, est aujourd'hui nettement liée à une tactique. Elle a pour fonction d'écarter les accusations qui peuvent être lancées contre les conservateurs raicaux que ces mêmes propos veulent mettre en évidence. Les propos impliquant Carter dans des négociations avec les Soviétiques ont notamment pour but de faire oublier qu'il y eut effectivement négociations entre l'équipe Reagan et les islamistes iraniens (aujourd'hui, membres à part entière du « Axis of Evil »), pour que les otages de l'ambassade US de novembre 1979 ne soient pas libérés, d'abord avant les élections de novembre 1980, puis avant l'investiture de Reagan. De même, la pression est d'autant plus intense chez ces commentateurs pour faire porter la responsabilité de 9/11 sur Clinton, puis sur Carter dans ce cas, que la responsabilité de GW est très fortement engagée dans les erreurs et l'absence de vigilance.

Tout cela est couronné par une tentative actuelle de réhabiliter complètement Ronald Reagan, au niveau de sa politique, de ses capacités personnelles, de la probité de son administration, etc. (D'où la publicité faite dans ce billet au livre Reagan's War, de Peter Schweizer, qui est un des outils de cette offensive.) L'administration GW est complètement placée sous le parrainage de l'administration Reagan, elle en devient la continuation directe (les administration Clinton, mais aussi Bush-père, étant jugées traîtresses à ce legs). Le lien avec la guerre froide est fermement établi, et moins la Guerre froide contre les Soviétiques (celle-là est finie, — grâce à Reagan, évidemment) que la Guerre froide interne aux US, conservateurs radicaux contre libéraux, qui fait rage plus que jamais.

Face à cette attaque radicale de l'extrême-droite US, la gauche et l'extrême-gauche US, et aussi la droite et l'extrême-droite anti-guerre, ont été jusqu'ici sur la défensive, depuis 9/11. De ce côté, les choses commencent à changer, notamment à cause des avatars de GW, et des avatars de la question irakienne. L'intensité de la riposte devrait être très forte également. Nous aurons bientôt un système soi-disant centriste abritant un affrontement de deux positions radicalisées ou en pleine radicalisation (plus entre pro-guerre et anti-guerre qu'en droite-gauche de manière spécifique), influant directement sur le monde politique. L'intensité des sentiments hostiles (de la haine notamment) qui sont quasiment devenus politically correct font craindre des enchaînements d'une polarisation politique grandissante. Ce n'est pas la Guerre froide mais la Guerre civile froide qui passe à une phase de plus en plus active.


Jimmy Carter, Traitor?

By Christopher Ruddy — Monday, Oct. 21, 2002

God must have a sense of humor.

In the same month that Jimmy Carter was awarded the Nobel Peace Prize, a new book reveals that Carter may be guilty of treason, based on newly unearthed Soviet documents.

And just days after it was announced that Carter had won the Peace Prize, North Korea announced that it had atomic weapons and some ''worse stuff.''

Carter, the so-called ''peacemaker,'' had been instrumental in the early '90s in ''mediating'' U.S.-Korean relations, an effort that led to Clinton policies that actually helped North Korea build and acquire these weapons.

Isn't it odd that a man who has helped so many tyrants and dictators through the years should get the Nobel Peace Prize?

We all know that the Nobel committee has long leaned toward the left, and long interpreted ''peace'' as a result of capitulations by the West and democracies to bullying and tyrannical dictators. So the award should not have come as a surprise.

The Nobel committee said it gave the 39th president the award ''for his decades of untiring effort to find peaceful solutions to international conflicts, to advance democracy and human rights, and to promote economic and social development.''

The facts show that, far from bringing peace, Carter has left a trail of disaster behind his long path.

Far from being an honest mediator, Carter has been a shameless self-promoter who also may well have committed treason to keep himself in the presidency.

Last week, ''Reagan's War: The Epic Story of His Forty-Year Struggle and Final Triumph Over Communism'' (Doubleday) by Peter Schweizer was released.

This book offers damning evidence that Jimmy Carter, as both president and citizen, may have committed treason by enlisting the help of the Soviet Union in the 1980 and 1984 presidential elections.

Schweizer combed through once-secret KGB and Communist Party files. What he discovered about Jimmy Carter is very disturbing.

Documents show, according to Schweizer, that in the closing days of the 1980 campaign, the Carter ''White House dispatched Armand Hammer to the Soviet Embassy for a secret meeting with Ambassador Dobrynin.''

Hammer told Dobrynin that Carter was ''clearly alarmed at the way things stood in the election campaign.''

Hammer asked for Soviet help, especially to help Jewish emigration, which would have helped Carter's standing in key electoral states. Hammer promised, ''Carter won't forget that service if he is re-elected.''

''Peacemaker'' Carter was a boon to the Soviets. During his presidency, the Evil Empire reached its zenith, making bold moves in Ethiopia, Yemen, El Salvador, Grenada, Nicaragua and Afghanistan.

Carter once again sought the Soviets' help in 1984.

Carter was out of office then, but he still felt the need to visit Ambassador Dobrynin at his Washington home.

According to the Soviet document, Carter came to complain about Reagan and his defense buildup.

Carter told Dobrynin that if the Soviets didn't do something about Reagan, ''there would not be a single agreement on arms control, especially on nuclear arms, as long as Reagan remained in power.''

Carter's intention was clear. He wanted the Russians to intervene in some way to help get a Democrat back into the White House.

This new evidence questions Jimmy Carter's patriotism.

But Carter's devotion to ''peace'' also was demonstrated to be wrongheaded by Reagan, who indeed won the Cold War without war, and has brought an era of harsh tyranny against populations worldwide, but bloody conflicts where millions had died.

Reagan's strategy, as Schweizer shows, won the Cold War.

Still, we should not forget that we are still suffering because of Carter's decisions as president. It was Carter's refusal to assist the Shah of Iran that allowed the Ayatollah Khomeini and Islamic fundamentalists to gain power and flourish.

Ground Zero has a trail right back to the feet of Jimmy Carter in the Oval Office.

If the Nobel committee were fair, it would have awarded the peace prize to Ronald Reagan.

But that will never happen, because Reagan didn't apologize for dictators, didn't pressure democracies to cave in to dictators, and didn't accept millions of dollars from Arab sheiks and then complain about Israel's human rights record.

And unlike Carter, Reagan never kissed up to the media.

After winning the Nobel Peace Prize, Carter telephoned NBC's Katie Couric. Even she was surprised by the call. Why would Carter call her, of all people?

Carter, the shameless, self-promoting politician, knew exactly what he was doing.

Good PR from media liberals like Couric had helped cover up his record – a record that includes consorting with our former enemy.


[Ce doit être lu, selon l'usage, avec à l'esprit la mention — “Disclaimer: In accordance with 17 U.S.C. 107, this material is distributed without profit or payment to those who have expressed a prior interest in receiving this information for non-profit research and educational purposes only.”.]

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