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Les Carnets de Dimitri Orlov

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Les Européens sont tous en ébullition à cause du désir de Trump de s’emparer du Groenland, ce qui les détourne de ce qui devrait être leur priorité : trouver comment éviter d’être bombardés par la Russie pour avoir été si pénibles. L’Angleterre est en tête de liste des cibles pour avoir été particulièrement méchante envers la Russie et constitue une cible nucléaire pratique car elle est compacte et isolée du continent. Un seul missile Sarmat suffirait à la rendre inhabitables pendant une période géologique. Trump ne lèverait pas le petit doigt pour riposter : il ne veut pas de cette île, surtout si elle a été bombardée.

En parlant d’îles, le Groenland est la plus grande île de la planète et l’une des plus inutiles, car elle est en grande partie recouverte d’un gigantesque glacier. Néanmoins, l’ajouter comme un atout au bilan national des États-Unis, avec le pétrole vénézuélien, devrait permettre de prolonger un peu plus longtemps l’agonie de la dette fédérale américaine galopante, au-delà de la fin du mandat présidentiel de Trump.

Ce qui se passera après cela n’a aucune importance pour lui. « Après moi, le déluge ! »On attribue cette phrase au roi Louis XV de France, et Trump pense probablement la même chose. « L’État, c’est moi. » C’est une autre phrase française lapidaire attribuée à un Louis antérieur, Louis XIV, et Trump semble également penser de la même manière. Il fait de son mieux pour ignorer le Congrès américain, les tribunaux et les accords internationaux, se retirant d’une centaine d’agences internationales et tentant de gouverner par décrets (alias « ordres présidentiels »).

Trump est un homme très limité intellectuellement qui n’aurait jamais lu un seul livre (mais prétend en avoir écrit un). Trump ne connaît que deux choses : l’immobilier, la finance en fait… trois choses : l’immobilier, la finance et les relations sexuelles avec des mineures. À ma connaissance, il n’a jamais déclaré publiquement ne rien savoir des relations sexuelles avec des mineures ; si c’est le cas, je m’en excuse. Quoi qu’il en soit, les femmes mineures ne constituent pas une bonne garantie pour des prêts fédéraux de plusieurs milliards de dollars. Les réserves de pétrole du Venezuela, considérées comme les plus importantes au monde, constituent quant à elles une bonne garantie. Il ne s’agit pas de pétrole (mais de sables bitumineux souterrains) ni de réserves (mais de ressources dont l’extraction peut être techniquement impossible ou économiquement irréalisable), mais ce sont là des détails techniques dont Trump ne veut pas entendre parler. Revenons à l’immobilier : la plus grande île de la Terre (il s’agit du Groenland, au cas où vous n’auriez pas suivi) constitue également une bonne garantie, surtout si Trump fait des déclarations fallacieuses mais séduisantes sur un Eldorado virtuel de richesses caché sous 1,6 km de glace. Mais la glace est facile à forer, n’est-ce pas ? « Creuse, bébé, creuse ! » s’exclame le roi Donald Zéro.

Mais qu’est-ce qu’une île (même la plus grande de la Terre) quand il y a tout un continent à conquérir ? Il s’agit de l’Antarctique, régi par le Traité sur l’Antarctique signé à Washington le 1er décembre 1959. Mais Trump ne croit pas aux accords internationaux stupides et aurait techniquement raison de penser que l’Antarctique n’appartient à aucun pays, alors pourquoi ne pas le revendiquer pour lui-même ? Il lui suffirait de déclarer que l’Antarctique est à lui et à lui seul, puis d’accorder gracieusement des chartes présidentielles aux dix stations de recherche permanentes situées sur ce continent inhospitalier. Ensuite, tout le continent, pingouins compris, pourrait être inscrit comme garantie pour obtenir davantage de prêts fédéraux. Quelle aubaine !

Le 16 janvier 2026, Club Orlov – Traduction du ‘Sakerfrancophone

Note du Saker Francophone

Depuis quelques temps, des gens indélicats retraduisent “mal” en anglais nos propres traductions sans l’autorisation de l’auteur qui vit de ses publications. Dmitry Orlov nous faisait l’amitié depuis toutes ses années de nous laisser publier les traductions françaises de ses articles, même ceux payant pour les anglophones. Dans ces nouvelles conditions, en accord avec l’auteur, on vous propose la 1ere partie de l’article ici. Vous pouvez lire la suite en français derrière ce lien en vous abonnant au site Boosty de Dmitry Orlov.