Tony Blair trahi par les siens

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Une erreur de casting? Il est temps pour Tony Blair de partir, ce qu’il va faire d’ailleurs, s’il se met à commettre des impairs de relations publiques, de spin, de cette taille. Voici l’affaire.

La semaine dernière, au G8, Blair a violemment pris à partie la Russie de Poutine. C’était, la semaine dernière, le dernier sport à la mode : crier “au loup”, parler de nouvelle Guerre froide, clouer l’immonde Poutine au pilori. Blair l’a fait en dénonçant les conditions lamentables faites aux investisseurs étrangers, notamment britanniques, en Russie, et en affirmant que ces investisseurs n’étaient pas loin de se préparer à boycotter la Russie. En cause, selon TB, la scandaleuse politique interventionniste de la Russie dans l’économie, qui est aussi épouvantablement pire en Russie que la démocratie bafouée, les non-droits de l’homme et ainsi de suite.

Cette semaine, la mode a changé. Poutine n’est plus si mal vu, et par des gens qui comptent. Le texte du Financial Times daté du 11 juin, détaille les critiques des nombreux businessmen britanniques à un colossal séminaire russe à Saint-Petersbourg — critiques contre les critiques anti-russes de Tony Blair. Détails :

«At an investment forum in St Petersburg over the weekend, where dozens of global chief executives paid homage to Russia’s growing economic might, Hans Jörg Rudloff, the chairman of Barclays Capital, said the British government was mistaken when it expressed public concern last week over the growing risks of investing in Russia. “Their approach looks unbalanced,” Mr Rudloff said. “Russia’s transition to a market economy has been successful and cannot be undone.”

«On the eve of G8 talks with Vladimir Putin, Russia’s president, Tony Blair, the UK prime minister, warned that western companies could shun Russia unless it shared western democratic values.

»Peter Hambro, executive chairman of Peter Hambro Mining, an Aim-listed company with extensive interests in Russia, said on Monday Mr Blair’s comments “ran the risk of being damaging” for British business interests in Russia, before adding: “I’m not sure how much attention is paid to him with eight days to go.”

»Mr Hambro said: “There has been a serious amount of trouble in the last two or three weeks here with the [UK foreign office]. Mr Blair’s position is very different to that of business.”

»There were few dissenting voices from the denizens of global business attending the forum over the weekend that included the heads of Deutsche Bank, Citigroup, Chevron Corp, Royal Dutch Shell and BP.»

On a même entendu les hommes d’affaires britanniques prendre la défense de la Russie dans ce que Blair & compagnie ont dénoncé comme des actes unilatéraux, étatistes, anti-libéraux et ainsi de suite, de la part du gouvernement russe dans les affaires des investissements pétroliers de Shell et de BP.

«Royal Dutch Shell was forced last November to sell control of its $20bn (€15bn, £10bn) Sakhalin-2 oil and gas venture to state-controlled Gazprom following a government pressure campaign over alleged environmental violations. BP’s flagship Russia venture TNK-BP is being threatened with the loss of its licence to develop its east Siberian Kovykta field over licensing violations. Many observers see the move as part of a wider gambit to force TNK-BP’s Russian shareholders to sell control to a state-controlled energy group, such as Gazprom.

»Privately, western diplomats say the government campaigns against TNK-BP and Shell reflect arbitrary actions by the Russian government, which, they say, is not acting in the interests of the Russian people but in the interests of small group of individuals. They say such moves are undermining Russia’s investment climate and thus its future sustainable growth.

»Mr Rudloff called these concerns “unbalanced and exaggerated” and said they “did not reflect the reality of investing in Russia”. He said Russia’s moves to consolidate state control over strategic sectors of the economy “did not seem out of the way of how OECD countries acted in the past and still act today in establishing and keeping control of a handful of national champions”.»

Comme l’observait déjà en avouant sa très grande surprise George Monbiot il y a deux ans à propos de la lutte contre le réchauffement climatique, le véritable aliment de la folie ultra-libérale, anti-interventionniste et anti-régulatrice, se trouve dans la bureaucratie des gouvernements, totalement pervertie par l’idéologie et sans aucun lien avec les réalités. Le monde des affaires est, lui, beaucoup plus nuancé. Dans le cas russe, il y a une fièvre idéologique qui touche les sphères gouvernementales anglo-saxonnes, les quelques groupes d’influence idéologiques, et qui est reprise par les bureaucraties politiques et des gouvernements, et, bien entendu, qui est absolument alimentée par une presse MSM complètement pervertie. C’est ainsi que le système marche. Ce n’est même pas (même plus) un complot capitaliste. On a rarement vu plus bête.


Mis en ligne le 12 juin 2007 à 06H26