T.C.-99 : Situation de notre effondrement

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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T.C.-99 : Situation de notre effondrement

10 septembre 2021 – Une “situation de notre effondrement” est pour mon compte une bonne mesure de santé mentale, une mesure sanitaire de notre jugement politique, une sorte de thermomètre de l’évolution de cette pathologie du désordre du monde dont nul vaccin dû à la Science auto-satisfaite des hommes ne viendra à bout. Tout cela est décrété sans hésiter dans mon chef puisque “effondrement” il y a comme j’en juge désormais sans la moindre restriction, et cet effondrement perçu justement comme un très-rarissime, sinon le seul fait ‘objectif’ qui s’impose à nous tous dans cette situation pourtant réputée comme un temps exclusivement de quasi-subjectivité.

(Ainsi verrait-on dans cette proposition qu’un sentiment subjectif, – le mien, – auquel l’esprit accorde tout son crédit peut convoquer un ‘fait objectif’ d’une colossale puissance.)

Même si c’est le seul ‘fait objectif’, on conviendra en effet aussitôt qu’il est de taille et qu’il règle, consciemment ou inconsciemment, toutes les subjectivité de tous les individus du monde. C’est notre mesure collective, à la fois le dernier signe, conscient ou inconscient je le répète, de la possibilité d’une cognition collective en même temps que la seule certitude de cette cognition collective, celle d’un effondrement qui est la fin de quelque chose d’absolument essentiel. Si vous voulez, le legs d’une universalité de cognition qui nous est donné par l’agonie de notre simulacre d’universalité.

Mais cet effondrement n’est pas une fin en soi ; il est le passage obligé vers quelque chose d’autre dont nous ne savons nécessairement rien, dont personne ne sait rien, je dis bien “personne ’en pensant précisément aux “plus puissants” qui se croiraient “Maîtres du Monde”, qui croiraient comploter pour cela, qui seraient soupçonnés d’être comploteurs, qui se voudraient architectes de notre destin, et qui ne font ni ne sont rien de tout cela, bien pires que tous les autres pour faire et dire tout cela. Puisqu’ils croient absolument savoir, ils savent plus faussement que quiconque, jusqu’à l’inversion qui serait par défaut ce qu’ils peuvent nous apporter (la seule chose dont je suis sûr est que ce qu’ils font et disent dans le sens de la prévision est la seule prévision dont on est sûr de la fausseté).

Ils sont et seront de plus en plus les derniers à savoir le vrai, jusqu’à refuser de le savoir même s’il leur est offert, parce que les plus attachés au fait du simulacre de leur puissance, à la conservation du désordre caractérisant cette dynamique d’effondrement comme état d’un improbable et insaisissable ‘ordre nouveau’ dont ils sont les dupes, à la préservation du Monde qui s’effondre et dont ils se croient “les Maîtres”. Cet état de certitude faussaire des “plus puissants” est la démonstration la plus flagrante de la vérité de l’effondrement.

Bien entendu et fort logiquement, la communication officielle dont ils ont la maîtrise, comme la presseSystème et les nébuleuse d’experts grossièrement et grassement stipendiés par eux, nous exposent les choses les plus définitivement fausses, tant pour la situation que pour notre destin. C’est une autre certitude conséquente de notre cognition, et pour le bénéficie de notre cognition. Nous savons ce qui est faussaire, trompeur et simulacre pur.

Cela posé qui montre au moins une voie de notre destin comme absolument faussaire, restent les interrogations naturelles et inévitables sur l’orientation de ce même destin. Toute relative qu’elle soit, cette supputation, n’est ni inutile ni même évitable ; nous ne pouvons pas ne pas y penser, d’où la légitimité de la supputation s’il est admis qu’elle n’est que cela, – à la fois estimation et pressentiment.

Mon sentiment est que ce n’est pas la guerre “à venir” qu’il faut craindre, encore moins les fariboles du Système sur Poutine et les Chinois. La guerre “possible dans notre temps”, nous y sommes depuis l’attaque contre le Kosovo en 1999, essentiellement par les USA qui gèrent fort bien tous seuls l’état de guerre permanent confirmé et institué en 2001, avant de s’effondrer ou bien en même temps qu’ils (les USA) s’effondrent. On a vu qu’avec Biden et ses surprises, même ce courant guerrier rencontre de plus en plus d’avatars. Imaginer des guerres plus graves que celles qui sont plus ou moins en-cours (Afghanistan, Syrie, Irak, etc.) en tant qu’intention d’agression planifiée n’est à mon avis pas très réaliste parce qu’il y a la crainte décisive de guerres d’anéantissement réciproques (le nucléaire et autres armes effrayantes).

Par contre l’intensification de ce qu’ils nomment “guerre de la communication” est absolument évidente, et chaque jour démontrée. Même la ‘vraie’ (?) guerre-en-cours compte essentiellement comme aliment de la “guerre de la communication”. La chute de l’Afghanistan est un événement formidable de “la guerre” qu’est notre temps, alors que fort peu de choses guerrières d’importance ont eu lieu, avec des pressions négligeables des armes, jusqu’à la vérité-de-situation paradoxale du plus puissant qui n’a absolument pas été battu, qui est pourtant absolument perçu comme le grand, l’immense vaincu de l’épisode.

Par conséquent, il faut s’armer pour cette guerre de la communication. On comprend aisément qu’il faille se garder de la presseSystème, qui répand par automatisme sénile le mythe de la Russie et de la Chine bellicistes. Si les complotistes sont très souvent emportés par la folie, si le wokenisme est sans aucun doute le fruit d’une démence de la bêtise, la presseSystème est, elle, pourrie jusqu’à l’os par la propagande de la bienpensance, – autre forme de folie après tout. Ce qui nous laisse, assez seuls finalement et chacun pour soi, face à la question ultime : alors, que se passe-t-il ?

Poursuivant et explicitant mon affirmation initiale, je dirais que je crois fermement et depuis longtemps, et sans avoir été démenti en aucune façon, que nous assistons à la désintégration d’une société et, au-delà, à l’effondrement de notre civilisation constituée en Système par la voie implicite mais d’une puissance confondante dans la folie, de l’autodestruction. Les signes en sont les hystéries sanitaires dans tous les sens, les restrictions de liberté et la surveillance maniaque qui se noie dans sa folie quantitative, les mouvements woke-fou, le discrédit total des élites, etc.

Les événements se décomptent dans l’hystérie crisique, tourbillonnaire et sans fin, aucune crise n’étant résolue et chacune s’alimentant aux autres. Les crises sanitaire, du système de l’américanisme-occidentalisme, et les autres en flanc-garde, ne cessent de se renforcer à mesure alors qu’elles sont perçues au départ comme paroxystiques et temporaires... La liquidation de Trump comme solde de tous comptes, mais avec un Biden se découvrant pire que lui et rétablissant des comptes encore plus graves à régler ; le Covid de vagues en vagues et de doses de vaccin en doses de vaccin, avec chaque fois le terme de la pandémie et sa crise repoussées dans un climat encore plus tendu...

Il est très difficile de dire ce que l’on peut et doit faire devant un tel phénomène.  Pour mon compte, c’est-à-dire celui d’un acteur indépendant disposant de peu de moyens quantitatifs, je ne crois qu’à l’action de la communication et son effet sur le jugement et la psychologie (d’où mon travail). Je ne crois pas du tout à des violences révolutionnaire mais évidemment aux violences du désordre dans lequel nous nous trouvons déjà. Je pense que cette communication  a un effet direct sur les psychologies et permet aux jugements de s’éclairer, renforçant une attitude collective de défiance, de critique, de fureur et de mépris, qui exacerbe la folie du Système et sa surpuissance de plus en plus impuissante, et le précipite vers l’autodestruction.

(... Tout cela accordé, toujours pour mon compte, au principe que je crois à la justesse de la bataille que je mène, simplement réduite à cette  formule qui dit absolument tout dans mon chef :  ‘Delenda Est Systemum’.)

Pour dire le vrai de mon sentiment et sans en éprouver de joie particulière, je suis intellectuellement et subjectivement conduit à considérer comme appropriée l’appréciation bien-connue de Nietzsche : « Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser... »

Ce qui viendra ensuite n’est pas de notre ressort et encore moins de notre capacité, et ne doit par conséquent entraver en rien le jugement sur la réalité ni limiter l’action du jour et du jour d’après. Pour aborder ce domaine, souvent dans le secret de nous-même, la supputation passe à un niveau supérieur selon les croyances qu’on entretient, concernant l’action de forces dont l’origine et le contrôle échappent à Sapiens, – par chance et justice, du reste, cette totale délégitimation pour cet épisode réservé aux entités sérieuses

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