“Sauvons l’Europe !”, disent-elles

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“Sauvons l’Europe !”, disent-elles

• Un sujet à suivre et qu’il faut alimenter : le rapprochement entre les populistes de droite (AfD et Alice Weidel) et les populistes de la gauche extrême (BSW et Sahra Wagenknecht) après l’élection de Saxe-Anhalt. • Ici, l’accent est mis sur Sahra Wagenknecht.

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Partout, on entend le brouhaha d’affrontements qui se préparent entre les directions des élitesSystème arc-boutés sur leur pouvoir totalement délégitimé, et des pressions populistes qui trouvent de plus en plus de relais politiques pouvant jouer un rôle majeur dans une élection. Les exemples et les noms abondent aujourd’hui et tout le monde les connaît, jusqu’aux beuglements (“extrême-droite”, “fascistes”) désespérants de platitude des élitesSystème toujours fourrées avec leur petit Zelenski “à la barbe fleurie”.

Deux grands pays européens, – les plus grands, c’est dire, —affrontent cette mécanique impitoyable et souvent manipulée, et par conséquent l’autre mécanique et, peut-être, l’“esprit des urnes”. C’est  en 2027 pour l’un des deux et une grosse année plus tard pour l’autre si l’actuel gouvernement résiste à la vague de son impopularité alimentée justement par les populistes, — exercice bien difficile pour Merz, ce maintien au pouvoir. Les présidentielles en France, les législatives de février 2029 en Allemagne, et dans ces deux pays se trouvent de ces puissants courants populistes face à des élitesSystème particulièrement discréditées.

Coïncidence ou signe des temps, dans les deux pays ce sont des femmes qui mènent la danse de la contestation, et des femmes qui n’ont, — plus ou moins selon les cas, — rien à voir avec les potiches bellicistes qu’on a vu ces dernières années aux USA et qu’on voit aujourd’hui fleurir de froid dans les pays nordiques de l’Europe dont le rigorisme puritain a été mis au service des guerres à tout prix avec la bénédiction de l’oncle américaniste.

La situation en France étant ce qu’elle est, et la prétendante-favorite étant ce qu’elle est, embourbée dans les bourdonnements et les soupçons des ténors du monde politique, de son courant ou pseudo-courant, c’est en Allemagne que la perspective est la plus remarquable. Cette perspective est à la mesure de deux femmes qui ont finalement fini par se rencontrer mathématiquement lors des élections de la Saxe-Anhalt, lorsqu’il est apparu que la victoire formidable de l’AfD (44,3%), qui ratait la majorité au Bundestag du Land de trois sièges, pourrait obtenir cette majorité avec une entente avec la BSW et ses 5,4% de voix très inattendus (soit 5 sièges). En 2024, PhG écrivais ce jugement où le “elles” représentaient non pas “Alice et Sahra” mais bien “Sahra et Tulsi” en faisant une comparaison entre Sahra Wagenknecht et Tulsi Gabbard... Finalement, ce pourrait aussi bien et effectivement être « Alice & Sahra ».

« Elles ne figurent pas une nouvelle génération, certes pas, mais plutôt une représentation politique pleine de séduction et d’habileté qui correspondrait à ce que Michel Maffesoli identifie comme ‘L’ère des soulèvements’. Leur présence durable et de plus en plus importante sur la scène politique malgré leurs positions hors des normes et des réseaux du Système montre une résilience qui s’accorde sans aucun doute aux remous actuels et à l’effondrement dégénératif du Système. Elles dureront comme elles ont duré parce qu’elles ont un rôle à jouer et un rang à tenir. »

L’AfD, c’est Alice Weidel principalement (co-présidente) ; la BSW c’est Sahra Wagenknecht essentiellement. Ces deux femmes, qui représentent le populisme de droite (avec des variétés inévitables) et le populisme de gauche (avec une ferme référence au marxisme) sont chacune à leur façon de remarquables personnalités politiques, dont l’intelligence et le pragmatisme tranchent d’une façon significative, sinon révélatrice pour le genre masculin si fécond en Allemagne, avec la médiocrité générale du reste. Nous avons déjà parlé de « L’Allemagne de Alice & Sahra », qui serait bien plus prometteuse qu’une “France de Marine” dont le crédit est fortement entamé par de multiples contorsions, concessions, arrangements, etc.

Une “Allemagne de Alice & Sahra”, — sa réalisation ou même sa simple perspective si l’entente des deux (Alice et Sahra) se concrétisait, — qui fait si grand’peur à l’Europe officielle et européiste, pèserait fortement sur une “France de Marine”, éventuellement jusqu’à la conduire à suivre une ligne franchement populiste telle que les définissent les deux Allemandes, avec un fort accent mis sur le rétablissement de relations équilibrées et amicales avec la Russie. Pour cette fois qui est assez rare, l’Allemagne constituerait une alliée pacifiste et roborative pour la France anémiée jusqu’à la néantification de sa substance que nous laissera Macron, termite globaliste et hyperlibérale qui a remarquablement mené à bien son travail. D’une certaine façon, une telle proximité des deux puissances européennes sauverait l’Europe de la folie narcissique où les entraînent la troupe des van der Leyen, — LaHyène pour les amis, — et de ses bureaucrates.

Tout cela mérite qu’on lise et écoute une rapide présentation de l’une des deux femmes allemandes, Sahra Wagenknecht, la moins mise en évidence ces derniers mois à cause de la faiblesse de son parti vieux de moins de deux ans et que nul ne s’attendait à voir dépasser les 5%. Un expert russe des affaires allemandes, le professeur Belov, directeur d’un centre d’études de l’Allemagne à Moscou, disait d’elle après l’élection :

« “Je ne m'attendais pas à ce que la BSW franchisse la barre des 5 %, alors félicitations à Sahra Wagenknecht”, a déclaré à RT le professeur Vladislav Belov, directeur du Centre d’études allemandes de l’Académie des sciences de Russie, a déclaré à RT.

Belov, qualifie ce résultat de nouvelle surprise [en plus du résultat de l’AfD], l'attribuant à la position pacifiste du parti. “Sahra a affirmé que les extrémistes de droite étaient ceux qui souhaitaient la guerre et la militarisation. Ce message a trouvé un écho favorable auprès des électeurs”. »

On se rafraîchit donc la mémoire avec un portrait de Sahra Wagenknecht, réalisé par Andrea Marcigliano, où l’on nous rappelle que Wagenknecht, bien entendu d’“extrême-droite”, mérite sinon revendique le surnom de “Sahra la Rouge”. En étant ainsi rapprochée d’Alice Weidel, elle balaye les antiques oppositions de droite et de gauche propres à faire survivre les élitesSystème et que le pauvre Mélenchon s’est exténué à ressusciter, malgré son excellente vision de politique étrangère.

dde.org

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Sahra la Rouge

Certains pourraient dire que la nouvelle politique allemande est déterminée par des femmes. Si ce n’était que ces femmes dérangent. Elles brisent les schémas établis, suscitent des doutes, voire une véritable angoisse.

Sahra Wagenknecht est la dirigeante du BSW, une formation d’extrême gauche qui porte d’ailleurs son nom. Une transition vers un nouveau parti, après la rupture retentissante de Wagenknecht avec Die Linke, le parti de la gauche radicale allemande dont elle était vice-présidente.

En simplifiant beaucoup, Wagenknecht est une «rouge-brune»: elle associe les revendications propres à une gauche communiste, dont elle est issue par sa formation politique, à la défense de l’identité nationale allemande. Notamment face à une immigration incontrôlée qui tend à dénaturer l’Allemagne et qui finit par appauvrir les classes prolétariennes.

Or, lors des élections en Saxe-Anhalt, le BSW a recueilli 5,4% des voix. Des voix qui deviennent essentielles pour former un gouvernement dirigé par l’AfD.

En effet, le parti de droite a obtenu 44,5%. Un score considérable, mais insuffisant pour prendre la tête du gouvernement du Land.

Wagenknecht s’est déclarée disposée à conclure un accord. Grâce à son vote favorable, ou même à sa simple abstention, l’AfD pourrait prendre la direction du Land.

Il ne s’agit pas seulement d’un événement local, circonscrit à une réalité limitée. Il s’agit plutôt d’un signal politique très clair.

Réfléchissons-y bien…

La droite populiste et l’extrême-gauche s’allient. Pour gouverner en opposition à la vieille nomenklatura qui domine la scène politique depuis des décennies.

Ce n’est plus une lutte entre la droite et la gauche, mais plutôt un affrontement entre le haut et le bas.

Autrement dit, entre les forces qui émergent des profondeurs d’un peuple las et en colère, et ceux qui, au cours de ces dernières années, ont décidé de l’avenir de l’Allemagne.

Mais qui ont conduit le pays non seulement au bord de la guerre avec la Russie, mais aussi — et surtout — dans une crise économique sans précédent dans l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre.

L’AfD et le BSW ont des origines et des couleurs politiques différentes. Ils représentent néanmoins le soulèvement du peuple allemand contre de prétendues élites qui ne répondent qu’au pouvoir de la finance mondiale.

Et ce qui se passe en Saxe-Anhalt n’est qu’un signal. Le début d’un processus qui pourrait bientôt gagner toute l’Allemagne.

Le falot Merz tentera certainement tout ce qui est en son pouvoir pour enrayer cette menace contre son propre pouvoir et, surtout, contre celui de ses maîtres.

Mais s'il y parviendra est une tout autre affaire.

Andrea Marcigliano