RepSit-USA2021 : Covid démasque DeSantis

Brèves de crise

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RepSit-USA2021 : Covid démasque DeSantis

Voici un exemple parfait de la durabilité de l’hystérie crisique dans les crises en cours, et de l’interférence directe entre la crise de la Covid et celle du système de l’américanisme, cette crise entrée dans une nouvelle phase avec l’installation de Biden à la présidence. Il s’agit de l’attitude de la nouvelle administration vis-à-vis de la Floride, et surtout de son gouverneur, le républicain Ron DeSantis. (On a déjà parlé du gouverneur de Floride, et on a pu apprécier son abattage et ses réparties à la dynamique, face à une presseSystème totalement engluée dans ses simulacres.)

Grâce à la communication agrandissant outrageusement, jusqu’à la caricature, les moindres faits et les nombreux gestes que les selfies immortalisent au-delà même des espérances des transhumanistes, il nous a été montré une image du gouverneur de Floride visage dé-masqué, assistant avec l’enthousiasme que l’on imagine à la victoire des Tampa Bay’s Buccaneers dans le Super Bowl. Aujourd’hui, montrer une image d’une célébrité politicienne sans masque au milieu des foules enthousiastes qui respirent les unes sur les autres, c’est comme monter l’image d’une célébrité hollywoodienne sans maillot de bain sur une plage encombrée de personnes dégenrées et potentiellement traumatisables (racisme, LGTBQisme, transgenrisme et autres compétitions olympiques du traumatisme).

Donc, DeSantis était sans masque dans l’assistance. Cela provoque bien des interrogations et une algarade entre DeSantis et ses amis journalistes bienpensants, – à qui le gouverneur remonta quelques bretelles.

Là-dessus, n’apprend-on pas que, estimant qu’il y a une soudaine attaque de la Covid dans l’État, cela risquant de mettre à mal de contamination le reste de l’Union, le président pourrait avoir envisagé, ou aurait envisagé dans une quinte de toux, d’isoler ‘sanitairement’ la Floride du reste de L’Union. De là à penser que le président et ses partisans-inspirateurs entendraient remonter les bretelles du gouverneur, il n’y a qu’un paragraphe, – même pas d’ailleurs, le sujet vient aussitôt à l’esprit de ‘Bonchie’, de RedState.com, qui s’en réjouit aussitôt. Et ainsi parle-t-on de Ron DeSentis pour 2024 bien que le conditionnel reste de rigueur pour ce qui concerne le confinement de la Floride. Il n’empêche que l’alerte est donnée.

« L’hystérie irrationnelle qui baigne la Floride se poursuit, à gauche et chez les wokenistes bien entendu, et l’administration Biden ne fait pas exception. Alors qu’ils n’ont cessé de faire l'éloge de la gestion désastreuse de l’État de New York par Andrew Cuomo pendant le Covid, leur colère se reporte sur DeSantis, bien qu'il ait fait beaucoup mieux sur tous les plans.
» Aujourd'hui, dans une démarche probablement illégale, l'administration Biden envisagerait d’interdire les voyages intérieurs, en ciblant spécifiquement la Floride.
» Pour être juste, aucune décision n’a encore été prise, bien que le fait que cette mesure soit envisagée paraisse aussitôt ridicule. Si Biden veut interdire les voyages intérieurs afin de ralentir la propagation de la Covid et de tout nouveau variant éventuel, il devrait se tourner vers les épicentres actuels comme la Californie, et non vers un État qui a vu le nombre de cas diminuer de 50 % ces dernières semaines. La Floride a fait un excellent travail d’équilibre entre les préoccupations sanitaires et économiques au cours de l'année dernière. Il n’y a aucun argument sérieux pour soutenir que cet État représente un danger exceptionnel pour le pays. Bien au contraire, en fait.
» Quoi qu'il en soit, l’inconstitutionnalité de cette éventuelle mesure ne peut être ignorée. Depuis quand le gouvernement fédéral a-t-il le pouvoir de mettre fin aux déplacements intérieurs entre les États ? Il ne fait aucun doute que cette mesure serait prise en vertu des pouvoirs d'urgence, mais il est probable qu’elle ne devrait pas survivre, et sans doute ne survivrait pas à une contestation judiciaire. Si un président peut littéralement vous dire que vous ne pouvez pas vous rendre dans un autre État, c’est qu’il n’y a littéralement aucune limite au pouvoir de l’exécutif. Sans trop s’attarder au sujet, cela me semble à première vue illégal.  Ce serait également une manœuvre manifestement partisane de la part d'un président profondément sénile qui ne peut probablement même pas vous dire quel ordre il signerait si celui-ci lui arrivait sur son bureau.
» Enfin, pour des raisons politiques, il s'agit également d'un geste vraiment stupide. DeSantis ne laisserait pas cela se produire. Il irait à la bataille et en ressortirait grandi. Si l’objectif de la gauche est d'arrêter DeSantis avant qu’il ne prenne de l’élan pour les présidentielles de 2024, c’est le contraire de ce qu’ils devraient faire. Finalement, je suis tout à fait d'accord pour qu’ils fassent tout foirer et qu’ils catapultent un excellent gouverneur sous les feux de la rampe. J’espère sincèrement qu’ils iront trop loin et qu’ils en paieront le prix. »

Effectivement, la possibilité d’une prochaine élection présidentielle en 2024, si les États-Unis d’Amérique existent toujours, devrait d’ores et déjà animer les prévisionnistes et autres devins de la politique ; tant il semble bien que la présidence Biden n’est bien, d’ores et déjà, que “de transition” et même commençant à s’user... (Comme Biden lui-même l’avait définie il y a quelques mois : “Je serai un président de transition et je ne me représenterai pas”.)

Pour autant, l’épisode est révélateur de plusieurs tendances qui se poursuivent et ne cessent de s’affirmer, qui vont dans le sens de confirmer que nous sommes plus que jamais dans une instabilité que l’on ne parvient pas à écarter, – pour ceux qui essaient, s’il y en a qui essaient, – toujours au cœur de la crise du système de l’américanisme, comme prisonniers bien bien plus que d’en avoir réchappé comme l’espéraiuentn ces étranges commentateurs qui décopuivrirent ‘Ol’White Joe’ comme le Messie... Nous observons ainsi, à partir d’une information ou d’une rumeur venues du Miami Herald :

• que Biden continue à agir, ou à laisser croire et dire qu’il va agir, d’une manière brutale et déterminée, sans souci ni d’une concertation préalable, ni des conséquences possibles. Dans ce cas, et alors qu’on n’a aucune précision sur la nouvelle, – confirmation ou démenti de la Maison-Blanche, – l’idée même constitue un acte extrêmement provocant, dans une circonstance de tension extrême avec les républicains, alors que la Floride est un des États (républicains) les plus en pointe contre Biden et les plus puissants ; s’il y avait vraiment un désir d’unité et de réconciliation, la nouvelle se serait révélée fausse et aurait été aussitôt démentie ;
• cette brutalité est par ailleurs confirmé par des prises de position très abruptes de l’administration Biden dans nombre de sujets sociétaux, comme par exemple ce décret ordonnant de lancer une campagne pour l’avortement dans divers pays africains, contre des protestations venues d’organisations africaines, mais en accord avec le programme des hordes LGTBQ dominant le jeu à Washington D.C. grâce à leurs lobbies et leurs soutiens (le clan Obama) ;
• considérant que cette brutalité n’est pas dans les habitudes ni dans le style de l’homme, du politicien Joe Biden qui fut souvent, comme sénateur pendant plus de 40 ans, au milieu de manœuvres d’arrangements, de compromis (et de corruption), on se voit autorisé à penser qu’effectivement Biden ne dirige rien et se contente de signer, et que la clique dont il est la marionnette est effectivement très brutale ;
• ...“très brutale”, mais pas vraiment habile, car effectivement de telles intentions, provocatrices ou réelles, à l’encontre de la Floride, renforcent un des républicains (DeSentis) de plus en plus ‘le plus en vue’, personnalité affirmée, constamment sur l’offensive comme gouverneur de cet État, au contraire des parlementaires républicains à Washington, et renforçant également l’antagonisme centrifuge en cours aux USA :
« D’abord, le constat que le véritable affrontement se situe effectivement, toujours et de plus en plus selon une logique sécessionniste : les États contre le “centre’, dès lors que le ‘centre’ est complètement investi par le gauchisme wokeniste qui pratique l’entrisme pour orienter les politiques d’un ‘pouvoir’ réduit à la sélénite inconsciente de Biden. Le contraste est saisissant entre l’attitude extrêmement offensive de DeSentis (et de quelques autres gouverneurs républicains, notamment Abbot du Texas et Kristi Noem du Dakota du Sud) d’une part ; et d’autre part, la position de la représentation républicaine à Washington, qui peut être extrêmement ferme (Rand Paul) mais qui est le plus souvent capitularde (McConnell), et qui est de toutes les façons sur la défensive. »

Si ces diverses remarques sont fondées, on observera d’une façon plus générale que l’on se trouve, dans le chef du centre de direction (wokeniste, sociétal-progressiste, etc.), dans un état de complet déni de la réalité, selon la conviction que la puissance du courant qui a eu raison de Trump est telle que ce courant n’a plus besoin de se dissimuler pour agir. Cela poursuit en partie l’interprétation de l’ébouriffant article de Time, qui n’a toujours provoqué aucun remous chez les adeptes de la télé-vérité qui clament que les élections ont été impeccables :
« Tout cela revient à dire que l’extrême gauche est devenue trop arrogante pour son propre intérêt, écrivait Jeff Charles le 8 février. Nous avons déjà vu leur excès de confiance se manifester dans leur volonté d'obtenir une seconde mise en accusation [de Trump] qui se soldera certainement par un échec total. [...] Maintenant qu'ils contrôlent la Maison Blanche et les deux chambres du Congrès, les démocrates et leurs proches amis et alliés dans les médias militants semblent croire qu’ils sont désormais intouchables. »

... Et plus que jamais, nous complétons cette interprétation par l’hypothèse que cette “arrogance” n’est pas le vice d’une action de revanche et de parti-pris, mais la vertu d’un exceptionnalisme du système de l’américanisme rétabli à l’avantage de ceux dont la “destinée manifeste” est de servir et d’opérationnaliser ce systyème-là. Dans ce cas, une attaque contre DeSantis, aussitôt identifié comme un des plus redoutables imposteurs-conspirationnistes voulant reprendre la misérable entreprise de Trump, se justifie absolument et n’a nul besoin d’être dissimulée.

On attendra pour voir si les événements vont dans le sens de cette interprétation ; si c’est le cas il ne fait guère de doute qu’un affrontement entre au moins De Sentis, avec peut-être plusieurs autres gouverneurs républicains avec lui, et le ‘centre’ washingtonien, devient une possibilité très solide, et avec elle la possibilité d’un conflit suivant la ligne classique pour les USA de la crise centrifuge et sécessionniste.

 

Mis en ligne le 11 février 2021 à 20H20