RapSit-USA2022 : Le 4 juillet de Tom Luongo

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RapSit-USA2022 : Le 4 juillet de Tom Luongo

Nous n’allons pas faire de rubrique spéciale (une de plus !) avec ce thème du “4 juillet de ...”, mais il se trouve que l’article, ou plutôt les deux articles de suite que publie l’analyste financier et géopolitique Tom Luongo est d’un particulier intérêt. Il présente la même perception que Kunstler (l’autre  “4 juillet de...”), mais sous un jour et selon une argumentation très différents, beaucoup plus technique.

On sent bien que Luongo a travaillé, – à la différence de Kunstler, – dans la finance, à Wall Street, suffisamment pour percevoir la folie et l’effondrement de ce monde en même temps qu’il débrouillait les enchevêtrements mortifères de la finance mondial. D’autre part, c’est un solide libertarien, tendance “dure”, ce qui en fait un adversaire du gouvernement fédéral centralisé, cette fois exactement sur la même ligne que Kunstler.

Tous deux sont de féroces adversaires de Biden et de la folie actuelle de la politique US, du wokenisme au soutien (suicidaire selon Luongo) de l’Ukraine. Luongo présente également une thèse d’un grand intérêt : une volonté de destruction du système de l’américanisme tel qu’il se trouve aujourd’hui, autant de la part des démocrates extrémistes que d’un Biden complètement irresponsable, que de la bande à Davos (‘The Davos Crowd’), de Schwarz à Soros. Mais toutes ces tentatives sont, selon Luongo, absolument désespérées.

« D'ici les élections de mi-mandat, vous pouvez vous attendre à une nouvelle accélération de l'agenda de Davos à Washington. Dépenser des milliards pour soutenir l'Ukraine est une autre façon d'essayer de pousser la Fed à ne pas augmenter davantage les taux. 

C'est un milliard pathétique par-ci, un milliard désespéré par-là. Donc, c’est complètement inefficace mais cela montre le désespoir total de leur pathétisme. Ces derniers spasmes de soutien annoncés ne sont qu’un mélange de bons vieux pots-de-vin pour faire taire certaines personnes et d’une dernière ponction dans la caisse avant que tout ne soit fermé. »

Cette sorte de thèse qui fait partie autant de l’évidence que du complotisme mis à l’index par le Vatican de Davos est suffisamment sympathique pour faire faire un bout de chemin à ceux qui veulent un Système renouvelé (transhumanisme + ‘New Green Deal’) et ceux qui veulent tout simplement un ‘Systema delenda est’. Les vrais antiSystème peuvent considérer, histoire de sourire, que la ‘Davos Crowd’ est une ‘idiote utile’ assez utile ; l’inverse n’est pas faux sinon que c’est dépassé puisque, comme le constate Luongo, les partisans de la formule trans-‘New Green Deal’ sont en état de “désespoir total” et de “pathétisme”.

Le texte de Tom Luongo (du 4 juillet, comme il se doit) se décompose en deux articles : le premier est à la fois une présentation et une interprétation du second. Tom Luongo fut contacté par Sputnik.News pour une interview dont divers éléments de ses réponses furent insérées dans un article général du site russe, du 3 juillet 2022. L’échange complet Sputnik.News-Luongo figure comme second article, sous forme de questions-réponses. Le premier article résume en termes plus incisifs la substance des réponses, en choisissant comme axe de l’intervention le comportement du président Biden.

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« Pourquoi Biden soutient l’Ukraine

» Au cours du week-end, Sputnik News m'a demandé de commenter les raisons pour lesquelles le fongique Président-Sélectionné Biden était si déterminé à soutenir l’Ukraine contre la Russie en lui fournissant de l'argent et des armes, malgré des taux d'approbation catastrophiques et un trou budgétaire qui se creuse chaque jour.

» Voici un lienvers l'article publié par Sputnik. Ils me donnent à peu près la deuxième moitié de l'article.

» “De son côté, l'analyste géopolitique américain Tom Luongo a fait remarquer que le conflit actuel dans cette nation d’Europe de l'Est[l’Ukraine]n’est rien de moins qu’une ‘guerre de civilisations’, dans le cadre des efforts des néoconservateurs américains pour ‘empêcher la Russie de prendre le contrôle de l’Ukraine’

» “Abordant les motifs des responsables de Washington derrière l'aide sans cesse croissante à Kiev, Luongo a déclaré à Sputnik que le président américain, ‘en tant que mandataire des oligarques de Davos, agit en leur nom pour affaiblir finalement les États-Unis en envoyant des armes à l'étranger et en détruisant le leadership et la crédibilité des Etats-Unis’”. »

» La réponse courte est ce que je dis depuis près de trois ans maintenant, la ‘Davos Crowd’ veut la destruction des États-Unis et elle travaille à l'intérieur et à l’extérieur de notre gouvernement pour atteindre cet objectif. Le soutien indéfectible de Biden à l’Ukraine correspond parfaitement à cette thèse. 

» Comme je l'ai écrit dans mon dernier article, l'épuisement des stocks d'armes américains et occidentaux tout en exposant au monde la vulnérabilité de l'industrie manufacturière est une donnée clef pour que le Sud-Global se lève publiquement et défie Biden et Davos dans toute nouvelle tentative d'isoler la Russie.

» J’en viens à  penser que, d’une certaine façon, Biden est tellement déconnecté de la réalité qu'il croit réellement que les sanctions fonctionnent et que le régime de Poutine va s'effondrer à tout moment. Il est aussi probablement dans l'ignorance de la réalité de la situation réelle que les soldats réguliers de l'armée des FAU combattant dans le Donbass l'étaient de la vraie guerre, plutôt que de la propagande dont ils étaient abreuvés.

» D'ici les élections de mi-mandat, vous pouvez vous attendre à une nouvelle accélération de l'agenda de Davos à Washington. Dépenser des milliards pour soutenir l'Ukraine est une autre façon d'essayer de pousser la Fed à ne pas augmenter davantage les taux. 

» C'est un milliard pathétique par-ci, un milliard désespéré par-là. Donc, c’est complètement inefficace mais cela montre le désespoir total de leur pathétisme. Ces derniers spasmes de soutien annoncés ne sont qu’un mélange de bons vieux pots-de-vin pour faire taire certaines personnes et d’une dernière ponction dans la caisse avant que tout ne soit fermé.

» Je sais qu'il y a des nuages de guerre à l'horizon, et il est clair que beaucoup, au sein de l'OTAN, essaient simplement de faire durer les combats en Ukraine orientale jusqu'à ce que l'Occident puisse contre-attaquer la Russie et la repousser.

» Personnellement, je ne vois pas cette stratégie bénéficier d'un réel soutien en dehors de la pièce où George Soros croule dans sa démence narcissique, mais bon, ce n’est que moi qui parle.

» Comme toujours, merci à Olga de Sputnik pour ses questions. Voici le texte intégral de ce que je leur ai envoyé. »

L’interview Sputnik.News-Luongo

Olga de Spoutnik : « Il s'agit d'un financement américain supplémentaire pour l'Ukraine. Quels sont les motifs qui poussent à alimenter continuellement l'Ukraine en argent et en assistance militaire ? »

Tom Luongo : « Il s'agit d'un besoin profond des néoconservateurs d'empêcher la Russie de prendre le contrôle de l'Ukraine. Ce conflit est une guerre entre civilisations. Biden, en tant que mandataire des oligarques de Davos, agit en leur nom pour finalement affaiblir les États-Unis en envoyant des armes à l'étranger et en détruisant le leadership et la crédibilité des États-Unis.

» Cela ne prendra fin que lorsqu'il y aura une véritable révolution politique aux États-Unis. »

Olga de Spoutnik : « Ces propos interviennent dans un contexte de crise économique, de chute de la cote de popularité de M. Biden et d'autres questions brûlantes aux États-Unis. Pourquoi l'administration Biden se concentre-t-elle tant sur le conflit à l'étranger au lieu de régler les problèmes chez elle ? »

Tom Luongo : « Il a été mis en place pour détruire les États-Unis. Biden et son administration sont des vandales. Ils n'agissent pas dans l'intérêt des États-Unis mais ont subordonné notre politique publique aux souhaits des puissances étrangères. Trop de conservateurs veulent aligner le DNC sur la Chine, mais il est clair que si la Chine contribue à éroder la cohésion politique des États-Unis, c'est Davos et son programme de changement climatique/technocratie qui tire toutes les ficelles. »

Olga de Spoutnik : « Pourquoi les États-Unis ne consacrent-ils pas cet argent à subventionner le secteur de l'énergie, par exemple, pour maintenir la sécurité énergétique du pays et protéger ses citoyens ? »

Tom Luongo : « Cette question contient elle-même sa propre réponse. Les États-Unis sont dirigés par des traîtres. J'aimerais que ce soit plus compliqué que ça. Mais ça ne l'est pas. »

Olga de Spoutnik : « Combien de temps l'économie américaine peut-elle se permettre de sponsoriser les ambitions de Washington ? »

Tom Luongo : « Plus très longtemps. C'est pourquoi, à cette date tardive, il y a, à mon avis, un mouvement de repli sincère et sérieusement organisé venant de l'endroit le plus improbable, certaines des mégabanques américaines et la Réserve fédérale, qui resserre agressivement sa politique monétaire pour vider le monde de ses dollars et briser à la fois les marchés offshore (euro)dollar et mettre les partenaires financiers de la Chine, à savoir Hong Kong, sous une pression sincère.

» Si la Fed ne le fait pas maintenant, les chances d'une désintégration politique des États-Unis d'ici la fin de la décennie augmentent de façon spectaculaire. »

Olga de Spoutnik : « D'où vient ce financement massif ? Où les États-Unis trouvent-ils l'argent pour cette énorme somme ? »

Tom Luongo : « Pour cette année, de l'argent déjà alloué, mais en fin de compte, le Congrès doit vendre de la dette sur le marché qui doit être achetée au niveau national, international ou monétisée par la Fed.

» La Fed augmente les taux pour arrêter le robinet à argent de D.C. en forçant le Congrès à agir de manière plus responsable. Considérez ces allocations de dépenses et ces promesses, comme les 600 milliards de dollars destinés aux infrastructures mondiales pour contrecarrer l'initiative Belt and Road de la Chine, comme des tentatives de chantage auprès d'une Fed réticente pour monétiser la dette que le monde ne veut plus acheter. »

Olga de Spoutnik : « La Banque fédérale de réserve d'Atlanta a averti que le PIB américain pourrait diminuer de 1% au deuxième trimestre 2022. Cela pourrait signifier le début d'une récession. Quelle est la probabilité d'un effondrement économique à grande échelle dans ce contexte ? »

Tom Luongo : « Il y a un grand fossé entre une récession et un “effondrement économique à grande échelle”. La Fed peut et doit faire ce qu'elle fait pour forcer la résolution de nombreux problèmes et déséquilibres géopolitiques en suspens. Si elle doit “agir au niveau mondial ”, c'est de cette manière qu'elle doit le faire, en retirant le punchbowl du crédit offshore basé sur le dollar, les eurodollars, et en reprenant le contrôle de sa propre politique monétaire.

» Si ce processus entraîne une grave contraction et une dislocation économique de l'économie américaine pendant un an ou deux, c'est le prix à payer pour équilibrer les comptes de la précédente explosion inflationniste. Je pense toutefois que le pire de ces effets sur l'économie américaine sera atténué par l'effondrement complet de l'économie européenne et des marchés de la dette souveraine. Cela ne durera pas éternellement, deux ou trois ans, mais ce sera suffisant pour provoquer un véritable changement politique. Nous saurons lors des élections de mi-mandat de cette année ce que le peuple américain pense vraiment de ces choses. »