RapSit-USA2021 : Un nouveau paroxysme

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RapSit-USA2021 : Un nouveau paroxysme

Il y a une extraordinaire conjonction, un alignement extraordinaire de planètes d’univers si complètement différents dans cette analyse de Jonathan Turley sur l’annonce, par l’avocate Sidney Powell, de la “réinstallation” de Trump à la Maison-Blanche en août prochain. Cet “alignement extraordinaire” dans ceci que Turley est un homme extrêmement sérieux, le meilleur constitutionnaliste indépendant des USA (de tendance démocrate, antiTrump), et que l’annonce de Powell relève de ce que la presseSystème qualifierait avec la haine sans borne qui est sa façon d’exister, de “complotisme de bas-étage”. Il faut dire que Powell, durant l’interrègne Trump-Biden, nous a gâtés en fait de sensationnalisme-complotisme, – dont on ne sait toujours pas,  n’en déplaise aux “sachants”, ce qui est affabulation et ce qui est vérité-de-situation.

Eh bien, pourtant... Que Turley juge nécessaire de faire un article sur cette annonce, où il nous explique cette évidence complète que cette “réinstallation”, – hors hypothèse de coup de force, coup d’État, etc., – est constitutionnellement impossible, voilà une démarche si improbable, si complètement superflue qu’elle en viendrait paradoxalement à donner du crédit à “la dernière de Powell”, ou dans tous les cas de considérer les manœuvres qu’elle exprime avec sérieux. On pourrait presque croire, également, qu’en s’attachant à un cas si évident, Turley veuille faire passer une sorte de message “subliminal”, – mais à qui, pourquoi, dans quel sens... ?

Du coup, il importe de prendre garde, d’autant que la chose intervient à l’heure d’une nouvelle poussée de fièvre aux USA, où la gauchisation de Biden, plus poupée de son sénile que jamais, dépasse toutes les limites concevables.

Avant d’aller plus loin, voici le texte assez court de Turley :
 

« Sidney Powell, ancien avocat du président Donald Trump, revient dans l'actualité en prédisant que Donald Trump pourrait être “rétabli” dans ses fonctions de président. Je ne comprends pas comment Powell peut croire que Trump pourrait être “réintégré”, car la Constitution est si claire à cet égard : Joe Biden est notre président et le restera sauf en cas de décès, d’incapacité ou de retrait du fait d’une décision de destitution.
» Mme Powell a fait cette déclaration lors d'une conférence à Dallas qui a été décrite comme un rassemblement du groupe [de la droite radicale] QAnon.  Elle a déclaré que Trump “peut tout simplement être réintégré”.  Elle a expliqué qu’“Une nouvelle date d’inauguration est fixée, l’on ordonnerait à Biden de quitter la Maison Blanche et le président Trump serait réinstallé. Je suis sûre qu’on ne tiendra malheureusement aucun compte du temps volé [à cette “seconde” présidence Trump] parce que la Constitution elle-même fixe la date de l'inauguration, mais il devrait certainement obtenir le pouvoir d’exercer le reste de son mandat et en tirer le meilleur parti.”
» La première pierre d'achoppement [à un tel scénario] est que nous avons déjà un président.  Il faudrait que Biden soit mis en accusation et destitué. Dans ce cas, la vice-présidente Kamala Harris serait présidente.  Même si elle était mise en accusation et destituée à son tour, son ou sa propre vice-présidente lui succéderait. Le seul autre processus serait le 25e amendement prévoyant la destitution pour cause d’invalidité ou d’incapacité.
» Un sondage Yahoo News/YouGov de la semaine dernière a révélé que 64 % des républicains pensent que l'élection de 2020 a été “truquée et volée à Trump”. Cependant, même si de telles preuves étaient trouvées, elles ne modifieraient en rien la situation constitutionnelle. Il ne suffit pas qu'un tribunal détermine qu'une élection d'un État donné a été incorrectement attribuée. En Floride, les décomptes ultérieurs ont indiqué qu'Al Gore avait probablement gagné [en novembre 2000] cet État [et donc, avait été élu]. Cela n'a pas eu d'importance. George Bush avait déjà prêté serment en tant que président.
» Quant au jour de l'investiture, il est fixé par le 20e amendement au 20 janvier. En cas de vacance, le vice-président prête simplement serment, comme ce fut le cas de Lyndon Johnson après l'assassinat de John F. Kennedy.
» La conférence de Dallas a également accueilli Michael Flynn qui a choqué beaucoup de monde en déclarant que nous devrions avoir un coup d’État militaire. »
 

Une autre intervention étonnante, c’est celle de Barack Obama, dans une interview au New York Times, à laquelle une publicité assez moyenne a été accordée. Cette fois, nous prenons la pire des sources complotistes qu’on puisse imaginer, soit le site Infowar.com, car, dans ce temps de postvérité, celle de Jones vaut dans un certain nombre de cas celles venues de sources aussi dégénérée et simulacres que les fanions de la presseSystème, – le New York Times justement, le Washington Post de Bezos-CIA, et chez nous les restes épars du Monde par exemple.

Dans ce cas précisément, Infowar.com est intéressant par le peu d’éclat qu’il donne à l’interview, comme s’il s’agissait d’une chose acquise, pour lui comme pour ses lecteurs et ses soutiens activistes : Biden est un faux-nez pour un troisième mandat d’Obama. C’est d’ailleurs une idée qu’Obama lui-même avait déjà laissée flotter dans un entretien avec Stephen Colbert (du 1er décembre 2020), que nous rapportions le 28 janvier 2021, que nous rappelons rapidement mais clairement :
« Si je pouvais arriver à un arrangement où j’aurais un relais dans la place, un homme ou une femme de tête, avec une oreillette par où recevoir mes suggestions de proposition ou d’action, et moi dans ma cave, à  consulter fiévreusement ma documentation, et que je pourrais en quelque sorte exercer mon influence [comme si j’étais président] tandis que quelqu’un d’autre se chargerait de la conversation et du cérémonial, ce serait parfait pour moi parce que je trouve ce travail à faire absolument fascinant. »

Mais nous revenons à l’interview donnée par Obama au NYT, qui constitue après tout une suite à l’entretien avec Stephen Colbert, avec confirmation du rôle qu’Obama estime jouer.


« Dans une interview accordée au New York Times et publiée mardi, l'ancien président Barack Obama a décrit l'administration Biden comme une extension de sa présidence.
» S'adressant à Ezra Klein du Times, Obama a expliqué : “Je pense que ce que nous voyons maintenant, c'est que Joe et l'administration sont essentiellement en train de finir le travail. Et je pense que ce sera un test intéressant. Quatre-vingt-dix pour cent des personnes qui étaient là durant mon administration poursuivent et développent les politiques dont nous avons parlé...”
» Analysant les raisons pour lesquelles le peuple américain a rejeté le parti démocrate après ses deux termes et a voté pour Trump, Obama a déclaré : “Il est difficile de dire à quel degré de colère le sauvetage des banques [lors de la grande crise de Wall Street en 2008] a plongé tout le monde, y compris moi."
» “Et puis vous avez cette longue et lente reprise”, a-t-il poursuivi. “Bien que l’économie se soit rétabli rapidement d’un point de vue  technique, il a fallu cinq ans de plus avant que les gens aient à nouveau le sentiment que l’économie marchait bien et fonctionnait à leur avantage”.
» “Imaginons qu’un démocrate, un Joe Biden ou une Hillary Clinton m’ait immédiatement succédé, et que l’économie ait soudainement un taux de chômage de 3%, je pense que nous aurions consolidé le sentiment que 'Oh, en fait, ces politiques mises en place par Obama ont fonctionné’.”
» Obama a ensuite affirmé que Trump avait bénéficié de la “stabilité et de la croissance économiques” de son administration, malgré “l'interruption” des politiques qui les avaient mises en place.
» “Cela a contrarié ce qui, à mon avis, aurait été un changement plus important des opinions politiques en faveur des démocrates à la suite de ma présidence”, a-t-il déclaré.
» Barack Obama espère que l’administration Biden pourra mettre en œuvre une partie du programme d’extrême-gauche qu’il n’a pas pu faire aboutir pendant les huit années qu’il a passées à la Maison Blanche, en déclarant : “S’ils réussissent au cours des quatre prochaines années, comme je pense qu’ils le feront, je pense que cela aura un impact.”
» Il est clair que le sénile Joe Biden n’est qu’une façade pour le gouvernement fantôme de Barack Obama qui dirige l’Amérique dans les coulisses.
» Infowars a mis en garde contre ce groupe voyou de globalistes d’extrême-gauche qui prend le pouvoir depuis au moins 2017. Le député républicain de Pennsylvanie Mike Kelly a même accusé publiquement Obama d’avoir dirigé un gouvernement fantôme pendant la présidence Trump. »


Comme dans le cas de Turley mais à un autre propos et dans un autre sens bien entendu, la question se pose de savoir pourquoi Obama se découvre à nouveau comme il le fait, et cette fois d’une façon plus affirmée et opérationnelle, puisqu’effectivement l’administration Biden qu’il prétend manipuler à sa guise est en place. On peut dire en effet qu’à cette lumière qui alimente ses adversaires autant que les groupes les plus populistes des droites du parti républicain et indépendantes, son intervention est risquée. Pourquoi exposer une manipulation dont l’efficacité tient à sa discrétion, sinon au secret qui l’entoure, alors que cette manipulation marche semble-t-il parfaitement ?

On avancera alors l’hypothèse que si cette manipulation marche effectivement, il y aurait certaines évolutions dans les effets de la politique mise en œuvre qui feraient craindre à Obama que Biden perde de plus en plus son crédit et son autorité, et alors la manipulation qui réussit n’aurait plus aucune efficacité ; au contraire, elle nourrirait une profonde colère (une de plus) et mettrait en danger la “démocrature” démocrate. Or, notre point de vue est qu’il y a des signes montrant que la base activiste de l’administration Biden n’est plus aussi sûre qu’il y a trois-quatre mois.

Les activistes de Black Lives Matter, qui constituent évidemment le moteur de ce soutien, sont en effet en train de perdre le soutien populaire, qui était à son plus haut en juin dernier (+ 20%) et qui est retombé à son niveau de la mi-2019 (+5%) ; d’autre part, les malversations des BLM et leur structure corruptrice sont en train d’être mises à jour. Une certaine résistance est en train de se développer, soit dans les États, soit dans des rassemblements d’élus républicains ou simplement de citoyens. Obama, qui ne doute jamais de lui, ni de son aura, ni de son charisme, peut alors penser que se montrer à visage un peu plus découvert comme le maître d’œuvre, le manipulateur en chef, peut redonner un élan populaire à son faux-nez Biden, dès lors qu’il sera plus clair qu’il n’est qu’un masque derrière se cache l’omniscient Obama. Sa vanité devrait se satisfaire de cette tactique.

La Cour Suprême assiégée

Il nous semble nécessaire de placer ces deux cas dans un jugement de coordination, pour les considérer comme des éléments importants d’une nouvelle période de la crise de l’américanisme, facteur central de la Grande Crise. En effet, dans les deux cas on doit considérer des actes qui sont à causes et à effets indirects :
• dans le cas de Turley, il s’agit de laisser entendre que les rumeurs à première vue rocambolesques venues de Powell, signalent en fait une situation extrêmement tendue ;
• dans le cas d’Obama, il s’agit de susciter une re-mobilisation de la base activiste de l’administration Biden face à une situation de résistance et de contestation de plus en plus préoccupante pour les démocrates de la gauche et de l’extrême-gauche, – comme, désormais, Obama lui-même se définit.

Il y a, pour l’instant, deux cas importants, deux champs de bataille qui s’imposent, par rapport au programme révolutionnaire que BB (“Barack-Biden”, puisqu’on y est) veut imposer. Il s’agit du traitement de “wokenisation” imposé aux armées US d’une part, d’une sorte d’affrontement entre les démocrates et la Cour Suprême d’autre part.

• La wokenisation des forces armées prend des aspects à la fois gigantesques et bouffons. Certains évoquent le précédent des purges staliniennes, qui passèrent par la liquidation du maréchal Toukhatchevski. Dans un registre plus sérieux, on doit observer que s’organise une mobilisation au niveau de certains élus républicains. Il y a des pressions pour des auditions au Congrès qui peuvent conduire à des éclats publics avec beaucoup d’impacts et d’effets. L’institution militaire est un sujet d’une très grande sensibilité pour le public, et donc sa wokenisation représente un exercice extrêmement délicat, avec beaucoup d’effets potentiels sur l’opinion publique.

Il y a également des actions plus concrètes, des sites qui s’installent pour “appel aux lanceurs d’alerte”, invitant des militaires touchés par la wokenisation à se signaler et à détailler leurs “expériences”. Ainsi, le sénateur Tom Cotton et le député Crenshaw (un ancien membre des commandos SEAL de l’US Navy) ont installé officiellement (c’est-à-dire ès-qualité, dans le cadre de leurs activités parlementaires) un tel site, très critique du wokenisme et de la CRT (Critical Race Theory). Tweet de Crenshaw :
« Assez c’est assez. Nous ne laisserons pas notre force militaire succomber à l’idéologie wokeniste. Nous avons lancé un site d’accueil pour les lanceurs d’alerte où vous pouvez envoyer votre récit personnel ou votre témoignage. Votre plainte sera protégée l également et répercutée vers mon bureau ou celui du @SenTomCotton... »

Enfin, c’est autour de la situation des militaire que circulent des rumeurs de “coups d’État” militaire, comme celles que signale Turley. On peut lire dans la  rubrique des “commentaires” du texte de Turley les passions qui se déchaînent autour de cette rumeur, qui mènent inévitablement au débat sur Trump, entre pro- et antiTrump, – avec dans ce cas une virulence extraordinaire pour un site aussi policé que celui de Turley. Là encore, à un modeste niveau mais pas si bête qualitativement, on peut prendre la mesure des passions de guerre civile qui continuent à s’amplifier et à s’exacerber aux USA..

• Le même Turley publie un article sur le cas de la Cour Suprême qui est un des objectifs des démocrates. Le parti démocrate voudrait élargir la composition de la Cour à 14 juges (ils sont 9 également), de façon à disposer d’une Cour plus docile à ses projets puisque c’est lui qui détient la majorité au Congrès et qui tient la Maison-Blanche, donc qui verrouillerait les nominations. La “réforme” est urgente, puisque les démocrates risquent de perdre le contrôle au moins de la Chambre en novembre 2022. Les prétentions des démocrates vers la Cour, à propos de son rôle et de sa composition, sont très concrètes et pressantes, comme l’explique Turley à propos de déclarations menaçantes du sénateur démocrate Blumenthal.

Dans un autre texte, Turley relève que la Cour vient de voter à l’unanimité (9-0) dans divers cas mineurs ces dernières semaines. Il voit dans ces votes qui transcendent les orientations politiques (conservateurs et progressistes) un message de la Cour aux démocrates pour affirmer que les juges ne veulent pas entendre parler d’orientations ou de manipulations partisanes de la Cour, et par conséquent qu’ils sont opposés au projet d’élargissement. Le commentaire de Turley, constitutionnaliste et donc partisans de positions objectives et non-partisanes, sont évidemment favorables à la Cour.

Il semble donc qu’un affrontement d’une importance considérable se dessine, qui touche les structures suprêmes de l’Union. Les démocrates sont absolument orientés vers une attitude partisane, et ils ont besoin de la Cour dans plusieurs questions importantes qui vont arriver devant les neuf juges. Il y a des questions qui concernent notamment l’attitude de certains États (le Texas, la Floride, etc.) qui bloquent par leurs propres décisions certains projets et programmes de l’administration Biden concernant l’immigration, la circulation des Big Tech, les dispositions sanitaires, etc. Il y a, là aussi, une extrême tension politique qui rejoint celle qu’on ressent avec le cas des forces armées ; et l’on comprend, avec les cas envisagés, qu’on touche doublement les “structures suprêmes de l’Union”, puisqu’en plus du cas de la Cour, on trouve celui des rapports d’autorité prévalente entre les États et le gouvernement fédéral, et au-delà les menaces de sécession.

 

Mis en ligne le 3 juin 2021 à 14H15