RapSit-USA2021 : Le Marine et la sécession

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RapSit-USA2021 : Le Marine et la sécession

• On trouve ci-dessous deux nouvelles qui montrent l’état présent absolument chaotique des Etats-Unis. L’une témoigne de la poussée vers la désintégration par la sécession ; l’autre montre la dissolution du pouvoir central par l’effondrement de l’autorité et de la légitimité.

• Les deux nouvelles viennent de sources alternatives qui, aujourd’hui, bénéficient a priori de tout ce crédit qui est a priori totalement absent de tout ce qu’imprime la presseSystème. La presseSystème est présumée simulacre halluciné en toutes choses à moins qu’une preuve du contraire soit apportée, nouvelle par nouvelle. La presse alternative est considérée comme antiSystème consciente ou inconsciente,  et voie vers la vérité-de-situation, à moins qu’une preuve du contraire soit apportée, nouvelle par nouvelle.

La NRA fait sécession

La National Rifle Association, qui est le lobby des armes individuelles en vente libre, est au cœur d’un grand enjeu qui va marquer l’arrivée de l’administration démocrate. La forme idéologique de la lutte des démocrates contre la NRA et le droit du port d’armes a transformé cette question (le droit du port d’armes) d’un débat social pour la sécurisation des instances publiques en une lutte idéologique pour désarmer les conservateurs (partisan de ce droit mais aussi anti-wokenistes) et imposer plus aisément un régime politique radical de type wokeniste. De ce point de vue, la perception des conservateurs place la lutte pour la NRA et le droit du port d’armes au même niveau d’acceptabilité et d’importance que la lutte contre les GAFAM accusés de vouloir supprimer la liberté d’expression.

C’est à cette lumière qu’il faut considérer la décision de la NRA de manœuvrer pour quitter son siège de fonctionnement national de New York City pour le Texas (sans doute Dallas), essentiellement en raison de l’environnement politique « toxique » de la ville de New York City et de l’État de New York.

« La National Rifle Association a annoncé vendredi qu'elle avait déposé son bilan et qu’elle veut installer le siège du groupe au Texas à la place de New York City.
» L’annonce faite sur le site web de la NRA survient quelques mois après que le procureur général de New York ait assigné en justice cette organisation selon l’accusation que des cadres supérieurs auraient illégalement détourné des dizaines de $millions pour des déplacements personnels somptueux, des faux-contrats d’association et d’autres dépenses frauduleuses.
» La pandémie de coronavirus [avec les mesures prises à New York City contre la pandémie] a également touché la NRA qui, l’année dernière, a licencié des dizaines d’employés, annulé sa convention nationale et sabordé sa collecte de fonds. Pourtant, la NRA a affirmé en annonçant le déménagement que l'organisation était “dans sa plus solide situation financière depuis des années”.
» La NRA a déposé une demande de faillite en vertu du chapitre 11 de la législation devant un tribunal fédéral de Dallas.
» “Cette décision permettra une croissance durable à long terme et assurera le succès continu de la NRA en tant que principal défenseur de la liberté constitutionnelle du pays, – à l'abri de l'environnement politique toxique de New York”, a déclaré la NRA dans un communiqué.
» “Le plan peut être résumé très simplement : nous ABANDONNONS New York pour installer la NRA au Texas", a écrit le PDG et vice-président exécutif de la NRA, Wayne LaPierre.
» “Aucun changement majeur n’est attendu dans les opérations ou les effectifs de la NRA”.
» La NRA compte environ 5 millions de membres. Bien que son siège social soit en Virginie, la NRA a été constituée en association à but non lucratif à New York en 1871 et est incorporée dans l’État.
» L’année dernière, le procureur général de New York, Letitia James, a déclaré que son État cherchait à dissoudre complètement la NRA. Un procès a soutenu que sa direction avait déplacé quelque 64 millions de dollars pour un usage personnel. 
» “L’influence de la NRA a été si puissante que l'organisation est restée incontrôlée pendant des décennies alors que les cadres supérieurs ont détourné des millions dans leurs propres poches”, a déclaré Letitia James en août, comme le relate CNBC dans son rapport sur le dépôt volontaire de bilan. “La NRA est pleine de fraudes et d’abus, c'est pourquoi, aujourd'hui, nous cherchons à dissoudre la NRA, car aucune organisation n'est au-dessus de la loi”.
» En plus de dissoudre la NRA, James veut que le tribunal ordonne aux exécutifs passés et actuels de payer une restitution, a noté la chaîne d'information économique. »

La NRA est loin, très loin d’être un ange à donner en exemple. Elle est mangée par la corruption et les excès, mais cela comme à peu près tous les grandes compagnie du Corporate Power, y compris les GAFAM que chérissent tant les wokenistes. (Les GAFAM ont détruitParler.com selon les pires méthodes des capitalistes du temps du ‘capitalisme sauvage’ de l’après-Guerre de Sécession.) On ne s’attardera donc pas sur ce terrain de la morale et de cette corruption qui règne partout aux USA, parce que ce terrain n’a aucun intérêt pour nous en la circonstance, – nous qui cherchons d’abord les signes de l’effondrement des USA et du Système. Nous nous attardons à la guerre en cours, qui déchire les USA, qui est également d’une sauvagerie sans précédent (mais par d’autres moyens que guerriers) si l’on considère la demande de la procureure James, rien de moins que la liquidation de la NRA.

Par conséquent, la NRA quitte New York City et s’installe à Dallas, où on l’attend sans doute à bras ouvert.

Ainsi voyons-nous un élément qui ne devrait être qu’une question économique et éthique (mais aussi concernant le droit constitutionnel US de posséder des armes) se transformer en question politique fondamentale. L’acte de la NRA devient en effet un acte de sécession, l’association allant s’installer dans un État puissant qui a déjà montré, dans la crise actuelle, des velléités sérieuses d’indépendance, selon une tradition allant dans ce sens. On se rappelle sa demande (rejetée) de décembre 2020 concernant une plainte contre quatre États, devant la Cour Suprême, aboutissant à un appel du Texas pour constituer un groupe d’États indépendants ; on voit aussi que le Texas veut examiner de prèsl’action des GAFAM et légiférer contre eux éventuellement. La décision de la NRA s’inscrit dans un courant de déconstruction des USA, renforcement de l’État du Texas contre le centre, c’est-à-dire un mouvement de sécession d’un  puissant État ultraconservateur vis-à-vis d’un centre (dont fait partie New York) de plus en plus radical et wokeniste. C’est de cette façon, plus qu’avec un affrontement type Lee contre Grant, que se fait aujourd’hui la seconde Guerre de Sécession.

Semper Fi, sauf pour Pelosi

On sait que la devise du fameux Corps des Marines est raccourci en Semper Fi (*), pour Semper Fidelis (devise officielle : “Toujours Fidèles”). En principe, il s’agit par le biais de la fidélité au Corps de proclamer une fidélité au pouvoir civil de la République, mais en fait et plus précisément, à sa Constitution. La nuance est de taille et explique sans doute l’affrontement.

C’est à la lumière du Semper Fi des Marines que l’on peut donc écouter le compte-rendu d’une conversation entre la Speaker de la Chambre, Nancy Pelosi, qui se conduit comme s’il n’y avait plus de président ni de vice-président et qu’elle assumait son rôle constitutionnel de présidente des États-Unis ad interim, – et le général David H. Berger, commandant du Corps des Marines (il a un rang équivalent à celui des trois chefs d’état-major de la marine, de l’armée de terre et de la force aérienne, et siège au Comité conjoint des chefs d’état-major). 

Berger est un vrai Marine d’allure, comme on le voit sur la photo qui accompagne le texte cité, où l’on croit voir dans un uniforme de Marine et sous ses quatre étoiles d’argent un Bruce Willis aux mâchoires serrées à la nuque raide (le Leatherneck des Marines). Il est aussi très ‘Marine’, Berger, dans ce qui paraît bien être son mépris et son agacement devant les agitations de Pelosi, et enfin avec son refus clair et net de procurer un détachement de Martines pour sécuriser la cérémonie de prestation de serment de Biden, contre les hordes trumpistes et certainement déchaînées.

C’est le site RealRawNews qui cite une source anonyme au Pentagone, et, franchement, il n’y a aucune raison d’y croire moins qu’une citation d’une “source anonyme” par le New York Times, et même beaucoup plus de raison d’y croire davantage tant le NYT est devenu un dépotoir de bobards orientés....

« Le général David H. Berger, commandant du Corps des Marines des Etats-Unis, a refusé la demande de la présidente de la Chambre [la Speaker], la démocrate Nancy Pelosi, d’utiliser le Corps pour protéger l'inauguration de Biden, le 20 janvier, de la furie des partisans de Trump insurgés.
» Une source du Pentagone s'exprimant sous la promesse de l'anonymat a déclaré à Real Raw News que Pelosi a contacté le général Berger tard dans la nuit de lundi à mardi [11-12 janvier]. Elle l'a supplié d'engager 5 000 soldats pour aider à assurer une transition pacifique du pouvoir et pour empêcher une répétition du siège du Capitole le 6 janvier. Le général Berger, selon notre source, ne comprenait pas pourquoi Pelosi avait besoin de soldats supplémentaires pour renforcer une force déjà impressionnante rassemblée par des responsables fédéraux et étatiques. Cette force comprend 15 000 membres des Gardes Nationales du District of Columbia [DC : Washington],du Delaware, du Massachusetts et de Rhode Island, et un nombre non divulgué d'agents du FBI et du DHS qui sont arrivés à D.C. dimanche soir.
» Pelosi a déclaré qu’elle voulait des renforts “prêts au combat” parce que “les partisans radicalisés de Trump et les fous du complot Qanon” étaient sur le point de converger vers D.C. Elle l'a imploré de reconsidérer sa position, arguant que c'était le devoir patriotique du général de réprimer les soulèvements et de garantir l'ascension de Biden dans le Bureau ovale.
» Sa déclaration a fait exploser le général, selon notre source.
» “Ne me faites pas la leçon sur le patriotisme, Madame le Speaker. J'ai servi ce pays avec distinction pendant 40 ans. Il m’est arrivé de verser mon sang pour notre nation. Qu’avez-vous fait pour votre pays, vous, une élue préoccupée de ses seuls intérêts ?”
» Pelosi l’a rendu encore plus enragé en disant qu'il était responsable devant le Congrès.
» “Je n’obéis qu’au président, et, si je comprends bien, Donald J. Trump est toujours président et commandant en chef. Je respecte la Constitution telle qu’elle a été écrite, pas votre interprétation de celle-ci”, a répliqué le général Berger.
» Ici, nous citons directement notre source : “Sa tactique d'intimidation n’ayant pas marché, Pelosi a essayé une autre tactique : la mendicité et la flatterie.
» Pelosi a affirmé que les “guerriers du week-end” de la Garde nationale étaient mal préparés pour repousser une armée de “trumpistes fous”. Les Marines endurcis au combat sont plus à même de vaincre les “fauteurs de troubles”, a-t-elle dit. “Vous avez les soldats les mieux entraînés du monde, et l’Amérique a besoin d'eux.”
» Le général Berger est resté inébranlable. “La seule façon de me faire déployer des Marines, lui a-t-il dit, est que le président Trump lui-même donne cet ordre”.
» “Si vous voulez que nous aidions à combattre ses partisans, je vous suggère de lui téléphoner et de lui dire cela. S’il me l’ordonne, je le ferai. Sinon, je vous suggère de surveiller très attentivement les mots qui s'échappent de vos lèvres tordues et empoisonnées ; ils équivalent à une trahison. Nous ne travaillons pas pour vous”, lui aurait dit le général Berger. »

On appréciera aussi bien la forme de ce dialogue, et rien que pour cette truculence nous espérons qu’il est conforme à la réalité. Si c’est le cas, l’entrevue donne une idée de la fantastique confusion et des sentiments de mépris et de haine existant entre les acteurs de cette folie washingtonienne.

L’attitude du général Berger se comprend d’un point de vue légal. Pelosi n’a aucune autorité sur lui dès lors qu’il y a un président en exercice, ce qui est le cas, qu’elle (Pelosi) le veuille ou non. (Au reste, même si elle disposait de l'autorité suprême, la voie normale serait de passer par le président du Comité des chefs d'état-major d'abord.) Pour autant, Berger est diablement sévère, et un tel langage exprime sans aucun doute l’exaspération que certains militaires doivent ressentir devant la comédie incroyable que déploie le corps politique, et particulièrement les démocrates avec leurs prétentions vertueuses et radicalisées. Pour un Marine, d’une façon générale, la perspective n’est pas particulièrement agréable ni supportable.

Cela ne signifie certes pas que Berger, et les Marines avec lui, soient des partisans de Trump, ou prêts à prendre des risques pour Trump. On peut rester prudent et dans les limites de la légalité (en refusant une aventure extraconstitutionnelle, même sous les ordres d’un président) et en même temps se trouver exaspérés par les palinodies des démocrates hyper-corrompus du Congrès. C’est certainement tout le simulacre incroyable monté autour de la manifestation du 6 janvier transformée en tentative monstrueuse d’horreur menaçante de coup d’État, style-Petrograd 1917, qui doit exaspérer ceux qui ont une certaine connaissance d’événements violents... Par contre, on observera, – c’est dans tous les cas pour une bonne part notre conviction, – que Pelosi a l’air, elle, de croire à cette violence, à ces complots terribles, à cette ‘terreur’ que Trump déchaîne contre elle, et ainsi justifiant sa propre terreur contre les trumpistes, à commencer par cet appel aux Marines. Chacun son simulacre...

Dans tous les cas, on aurait avec ce compte-rendu un écho de l’incroyable désordre qu’est devenu le pouvoir US. “D.C.-la-folle” est en train de rendre fou “Washington D.C.” lui-même... 

Note

(*) Cette expression résonne également à l’esprit de certains lecteurs, puisque que PhG (Philippe Grasset) se déguise parfois sous l’expression de Semper Phi. Voici l’explication, accordée au texte qu’elle accompagne, telle qu’elle est publiée en note d’une page du Journal-dde.crisisle 2 juin 2018...

« Cette drôle de signature vaut quelques explications avec les implications ainsi suggérées : nous nous en sommes enquis auprès du chroniqueur ... Il nous conta donc ceci : dans sa fougueuse jeunesse, il était, comme tout un chacun, complètement phagocyté par l’américanisme et particulièrement fasciné par le bruit des armes, ses exploits hollywoodiens et ses coutumes. Ainsi était-il fasciné par les fameux Marines, dont John Wayne (qui se garda bien de s’engager) nous vantait la gloire impérissable. Ainsi apprit-il que la devise du Corps des Marines, par ailleurs créatrice d’une véritable tradition qu’il importe de saluer, se dit Semper Fidelis en latin, soit “Toujours fidèles” ; et les Marines en vadrouille ou en virée lors des escales ont coutume de se reconnaître entre eux par l’abrégé de “Semper Fi”. Utilisant son prénom qui faisait l’affaire, notre chroniqueur a pris l’habitude de signer parfois d’un ironique Semper Phi, qui n’indique pas le retour à ses fascinations d’origine mais plutôt la volonté d’affirmer une fidélité qui lui importe. Par l’utilisation de la chose, il entend conclure son propos par une affirmation de plus de la fidélité de dedefensa.org à lui-même et à tous ceux qui lui sont proches, – et donc à vous, ses lecteurs. Semper Fi... »

 

Mis en ligne le 16 janvier 2021 à 12H50

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