RapSit-USA2021 : Affrontement Supremo

Brèves de crise

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RapSit-USA2021 : Affrontement Supremo

Mise à jour importante du 3 janvier 2021 à 04H00. Un groupe significatif de 11 sénateurs républicains s’est constitué pour prendre la même attitude d’Objection des résultats de l’élection que le sénateur Hawley, ce qui fait 12 sénateurs sur les 50 républicains actuellement en place au Sénat, soit un ensemble très significatif de près d’un quart de l’effectif. Mené par Ted Cruz, du Texas, le groupe, qui demande un audit d’urgence des résultats au sein d’une Commission Électorale à créer immédiatement pour donner une évaluation dans les dix jours, comprend (en plus de Cruz) les sénateurs réélus Ron Johnson (Wisconsin),  James Lankford (Oklahoma), Steve Daines (Montana), John Kennedy (Louisiane), Marsha Blackburn (Tennessee) et Mike Braun (Indiana), et les sénateurs nouvellement-élus Cynthia Lummis (Wyoming), Roger Marshall (Kansas), Bill Hagerty (Tennessee) et Tommy Tuberville (Alabama). Il s’agit sans aucun doute d’une révolte majeure contre le chef du groupe Mitch McConnell, qui avait expressément demandé aux sénateurs républicains de ne pas adhérer à cette initiative qualifiée par les démocrates de “séditieuse” et passible d’inculpations. Une interrogation et une surprise : l’absence de Rand Paul dans ce groupe. L‘épreuve de force du 6 janvier est plus que jamais cruciale et éventuellement décisive.

L’extraordinaire confusion qui entoure le sort final de l’élection du 3 novembre 2020, malgré la répétition sans fin de l'affirmation de la victoire de Biden par la presseSystème, devrait se conclure mercredi 6 janvier... mais se concluera-t-elle vraiment, n’est-ce pas ? La question restera pertinente jusqu'au 6 janvier, et se prolongera éventuellement.

On sait comment se dessine l’affrontement, avec les prises de position d’un certain nombre de parlementaires, évidemment républicain et presque exclusivement de la Chambre, pour ‘faire Objection’ aux résultats du vote des Grands Électeurs à partir du soupçon de fraudes massives dans plusieurs États très disputés. La situation n’a guère évolué depuis le rapide rapport qu’en faisait PhG hier, du moins selon la connaissance qu’on en a :  

« L’aspect complètement imprévu et inattendu, du type ‘mutinerie à bord’, des parlementaires républicains jusqu’alors complètement et couardement détachés de la bagarre de Trump contre la Grande Fraude. Il y a quatre-cinq jours, il avait pris l’idée étrange à un député de la Chambre de déclarer qu’il ferait ‘Objection’ au décompte des Grands Électeurs, jeudi prochain. Aujourd’hui, alors que les listes de réfractaires s’allongent, l’on va chuchotant qu’ils seraient jusqu’à 140 à prendre cette voie (sur les 210 députés et 49 sénateurs du parti républicain). Feu de paille ? Fièvre momentanée ? Qui le sait et l’on se comptera jeudi, mais cette réaction à potentialité explosive, telle qu’elle se manifeste pour l’instant, d’une corporation d’habitude corrompue jusqu’à l’os pour suivre les ordres du DeepState, s’inscrit dans le registre des choses dont la “‘raison suffisante’ est totalement impuissante à rendre compte”. »

On sait que cet affrontement du 6 janvier sera précédé par le vote de la Géorgie le 5 janvier pour l’élection de ses deux sénateurs pour le nouveau Congrès. Ces diverses échéances mettent en évidence un affrontement de plus en plus vif entre la direction du parti républicain, dans tous les cas autour du leader de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, et Trump. Cet affrontement est déjà assez marqué par des critiques de McConnell, mais il s’exprime surtout par des attaques violentes de l’establishment républicain contre le sénateur Hawley, le seul sénateur à s’être jusqu’ici déclaré formellement en faveur d’une Objection. L’argument de convenance de McConnell contre toute prolongation de l’actuelle bataille est qu’elle détourne les républicains d’un ralliement général autour de l’élection de Géorgie, vitale pour le parti.

Mais lorsque cette élection aura eu lieu, que se passera-t-il ? On passera directement à l’affrontement devant le Congrès, sans savoir d’ailleurs si l’on aura les résultats de la Géorgie. Kunstler (ci-dessous) parle de « monstruosités politiques » pour qualifier plutôt que définir la situation où l’on pourrait se trouver. Dans cette attente, on reste donc dans une sorte de “suspense” où chacun définit une situation selon sa propre perception et ses intérêts. Pour les partisans de Biden et du Système, parmi lesquels on peut désormais pseudo-paradoxalement compter l’establishment du parti républicain, rien ne se passe puisque tout s’est passé (Biden élu) ; pour les autres, c’est une guérilla furieuse qui est en cours.

Un autre problème non résolu est de savoir qui sont “les autres” ? Plus précisément, savoir si tous les sénateurs républicains, à part Hawley, se rangent derrière les consignes de McConnell. C’est une des énigmes de la situation, et la marque concrète de l’affrontement entre Trump et son parti. Il n’est pas assuré que ce parti, avec ses structures et sa machinerie politique, l’emportent comme l’on pouvait et devait en juger sans hésitation dans une telle situation, avant le déclenchement de la crise actuelle depuis 2015-2016. Rien, aujourd’hui à Washington, ne se fait conformément aux règles classiques de la corruption du Système. A la place, nous avons le désordre et la confusion, qui sont l’essentiel du mot d’ordre de Trump.

Dans tous les cas, Trump est aujourd’hui extrêmement discret, depuis son retour impromptu de Floride, un peu avant la Saint-Sylvestre. C’est peut-être l’élément le plus troublant, le plus original et le plus exotique de ces quelques jours avant mardi-mercredi prochains. Les démocrates, eux, ne bougent pas trop et se contentent de ricaner, mais sont--ils si assurés de leur bonne fortuine? Après tout, l'un des premiers tweets-2021 du sénateur Schumer, leader de la minorié démocrate, est bien ceci, comme s'il voulait se rassurer lui-même : « Joe Biden and Kamala Harris will become President and Vice President in 19 days

Ci-dessous, pour tenter d’éclairer notre boussole auytant que cet obscur chaos qu’est la situation de la capitale fédérale des États-Unis, nous reprenons un texte de James Howard Kunstler, du 1er janvier 2021. En fait, il s’agit de la première partie d’un long texte de Kunstler sur la situation politique générale pour l’année 2021, débutant effectivement par ce point de vue sur ‘D.C.-la folle’ d’ici le 6 janvier. Kunstler est particulièrement optimiste, – peut-être un peu trop, nous semlble-t-il, mais c’est sa position, – sur les chances de Trump dans cet affrontement, puisqu’il écrit à propos de la prestation de serment du président-élu le 20 janvier :« Je donne une bonne chance à Trump d’être celui qui posera la main sur la Bible le 20 janvier prochain. »

Kunstler sur le 6 janvier

« Au moment où j'écris ces lignes, l'élection présidentielle n'est toujours pas résolue, des événements dramatiques pouvant se produire dans les premiers jours de la nouvelle année. Je ne suis pas convaincu que M. Trump soit dans une position aussi faible que les médias l'ont laissé entendre en ces mois post-électoraux de brouillard et de bruit politiques. La réunion du 6 janvier du Sénat et de la Chambre pour confirmer les votes du collège électoral pourrait encore propulser les choses dans un monde constitutionnel confus, rempli de monstruosités politiques. La tension monte. La démonstration publique de cette semaine par un Jovan Hutton Pulitzer de la facilité de piratage en temps réel de Dominion Voting Systems a certainement mis les législateurs géorgiens dans l'embarras, et cette démonstration pourrait avoir des répercussions sur l'épreuve de force de mercredi prochain à Washington.

» Il y aura peut-être d'autres surprises de dernière minute du côté de Trump et de son équipe. Comme je l'ai annoncé lundi, nous n'avons toujours pas de nouvelles du DNI [directeur national du renseignement]  Ratcliffe, et vous pouvez être sûr qu’il reste assis sur quelque chose, peut-être quelque chose d'explosif, disons, qui prouve que la CIA s'est mêlée des élections. Il y a eu des indices inquiétants de quelque chose de louche à Langley depuis des semaines. Le département de la défense, sous la direction du secrétaire Miller, a pris en charge toutes les fonctions opérationnelles de la CIA sur le terrain avant Noël, – “Plus d’opérations secrètes pour vous !” Ce fut une décision importante. Il y a eu des rumeurs selon lesquelles la directrice de la CIA, Gina Haspel, était en quelque sorte détenue, déposée ou bien... et l’on parle d’actions expéditives. Elle était, après tout, la cheffe de station de la CIA à Londres, à l'époque où les pires manigances du Russiagate s'y sont déroulées, impliquant des spécialistes internationaux des coups fourrés, Stefan Halper, Josepf Mifsud et Christopher Steele. Ratcliffe semblait se battre avec la CIA dans les semaines qui ont suivi l’élection au sujet des documents qu'il avait exigés.

» Qu’est-ce que Trump d’autre concernant cette rumeur de querelle entre agences ? Ou d'un certain nombre d'autres questions délicates liées à l’élection, ainsi que des questions concernant le harcèlement dont il a été victime pendant les quatre années de “coup d’État permanent” mené par ses adversaires de l’État profond (dont beaucoup sont de la CIA). Que sait-il de l’infiltration de la Chine dans nos affaires nationales, dont les affaires de la famille Biden avec les entreprises liées au PCC (Parti Communiste Chinois) ne sont qu’une partie ?  Ou des relations de la Chine avec les systèmes de lza sociétré de dépouillement de votes Dominion , – dont la Chine aurait acquis 75% du capital en octobre dernier.

» Quoi qu'il en soit, le président a écourté ses vacances en Floride avant le Nouvel An pour s’envoler vers Washington. Sa ‘feuille de route’ dans ce cas est qu’il veut épuiser toutes les procédures légales prescrites pour contester le décompte des votes du 3 novembre. Si aucune d'entre elles ne permet de corriger le résultat, il pourrait passer à... disons ‘autre chose’.  Si les preuves, y compris celles qui ont été révélées publiquement jusqu’à présent, des combines de trafic d'influence de la famille Biden à l'étranger sont vraies, – et effectivement les courriels et les notes de service de l’ordinateur portable de Hunter, fils de Joe, semblent authentiques, – alors il serait du devoir de Trump d’empêcher Joe Biden de devenir président. En dehors du processus prévu par la constitution au sein du corps législatif national, cela lui laisse une sorte d’autorisation d’action d’urgence de l’exécutif.

» Trump a appelé à un grand rassemblement de ses partisans le 6 janvier à Washington. Il ne les a pas convoqués pour le regarder se faire humilier. Il y a quelque chose qui se passe. Vous pouvez le sentir dans l'air. Je donne une bonne chance à Trump d’être celui qui posera la main sur la Bible le 20 janvier prochain. Une prospective sombre autour de tout cela : 2021 va être une année très difficile, avec beaucoup de malaises, de traumatismes et d’affaires pourries laissés à l’Amérique. Celui qui occupera le Bureau Ovale sera submergé par les problèmes. En théorie, j’aurais préféré qu’un démocrate s’occupe de ce sale travail, ne serait-ce que pour racheter son parti de sa mauvaise foi et de ses sales douteux de ces quatre dernières années. Mais Trump est apparemment prêt à assumer ce fardeau et, dans une telle urgence existentielle, il est probable qu'il sera un meilleur leader que le corrompu et notoirement incapable Ol’White Joe. »

James Howard Kunstler

 

Mis. en ligne le 2 janvier 2021 à 15H30