Que dirait Gates d’une attaque contre l’Iran ?

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Devant les divers développements plutôt belliqueux de GW Bush contre l’offensive plutôt pacificatrice du rapport Baker (ISG), la position du nouveau secrétaire à la défense Robert Gates paraît particulièrement délicate. Gates a participé aux débats de l’ISG, il est proche de la tendance Baker-Bush-père, il est par conséquent bien plus que réservé à l’égard des développements en Irak et, plus encore, de la possibilité d’une attaque contre l’Iran.

C’est ce dernier point qui nous intéresse. Prêtons attention à l’avis de l’excellent Tom Engelhardt, éditeur du site TomDispatch.com, interviewé par Mother Jones :

Mother Jones: And yet there’s still talk—and, one assumes, a live debate within the Bush administration—about whacking Iran.

Tom Engelhardt: Well, I was struck by something Robert Gates, the new Secretary of Defense, said at his confirmation hearings the other week. The Bush administration has claimed that, thanks to the Congressional resolutions of 2001 and 2002, they have the right to whack Iran without going back to Congress. But Gates said he doubted they had that right. He also said going to war with Iran would be the “absolute last resort.” You know, in words there are differences. There’s a difference, believe it or not, in political Washington between going to war as a last resort—which is what Bush says—and as an absolute last resort. And in fact unlike the neocons he’s not a mad dreamer; he is a reasonably sane human being, clearly, whatever his flaws are, and he knows that to attack Iran would be madness. He laid it out: To begin with you’d have oil at $150 a barrel in about 30 seconds, and the Iranians can make sure of this—they can take their oil off the market, they can mine the Persian Gulf. Basically, they can significantly impede the flow from the oil heartlands of the planet. They can whack us in Iraq.

On voit que Engelhardt est plutôt optimiste à propos de Gates, en s’appuyant sur ce qu’il juge savoir de sa personnalité. C’est peut-être faire preuve d’optimisme. Qui aurait dit que Colin Powell, lui aussi “modéré” et proche de Bush-père, se laisserait prendre à l’affaire irakienne jusqu’à plaider les preuves totalement fabriquées et souvent grotesques de la culpabilité-ADM de Saddam, devant le monde entier, à l’ONU, le 5 février 2003?

Le système est là. Si une impulsion lui est donnée (c’est là que les personnalités comptent, dans leur capacité d’“intoxication” du système) avec l’appui du président, un secrétaire à la défense ne peut prétendre l’arrêter. Il peut tout au plus démissionner, ce qui rejoint d’ailleurs la formule de Chevènement (“Si un ministre n’est pas d’accord, il ferme sa gueule ou il démissionne”). Même une démission est chose extrêmement rare et Powell — encore lui — a montré la capacité de résistance qu’on peut offrir à cette tentation.


Mis en ligne le 22 décembre 2006 à 13H44