Obama, l’Iran et la fureur brésilienne

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Nous avons obtenu quelques indications intéressantes concernant l'état d'esprit au Brésil par rapport à certaines affaires en cours. La source consultée est proche des milieux dirigeants brésiliens (Lula) et donne un écho des appréciations générales qui y circulent, ainsi que du climat général dans le pays, – dans ce cas, concernant le rôle des USA dans l’affaire de l’accord de Téhéran du 17 mai, entre l’Iran, le Brésil et la Turquie.

@PAYANT La source confirme que c’est avec le complet accord personnel, acté et écrit du président US, par une lettre envoyée par Obama à Lula et dont le contenu a été publié dans la presse brésilienne, que le président Lula a agi dans cette affaire. La documentation de la chose ayant été ainsi exposée en public, «les dirigeants brésiliens, la classe politique, l’opposition, les militaires, l’opinion publique, tout le monde a été stupéfait du comportement US immédiatement après l’accord alors qu’existait ce soutien, d’une façon aussi formelle et aussi claire…»

Notre source insiste sur le fait que «même la droite brésilienne d’opposition, habituellement pro-américaine, et les militaires», ont éprouvé ce même sentiment de stupéfaction et cette sensation d’avoir été complètement trahi dans cette affaire. Elle insiste sur les effets absolument profonds de l’attitude US, qui vont marquer d’une façon effectivement durable l’attitude brésilienne vis-à-vis des USA. «Nous ne l’oublierons pas, c’est une certitude, et cela dans toutes les classes de l’opinion et dans tous les domaines de la société et de la classe politique.»

Sur le fond, notre source exprime une incompréhension générale de l’attitude US, c’est-à-dire le soutien explicite, actif, sinon l’incitation d’Obama à agir avant l’intervention de Lula et l’accord de Téhéran, suivis du lâchage presque instantané et de la condamnation de l’accord après que celui-ci ait été signé. L’explication avancée, qui est du domaine de la spéculation, rejoint notre propre conviction : «On a finalement l’impression d’un immense désordre, d’un désintérêt complet pour le suivi des choses, que la politique US se fait au jour le jour, selon les circonstances, selon les intérêts changeants…» Par conséquent, le lâchage était simplement une obligation “du jour”, sans doute d’Hillary Clinton devant le Congrès, avec les habituelles pressions d’Israël et de son lobby, voire pour prévenir ces pressions, et avec en plus la mécanique de l’élaboration des sanctions à l’ONU en cours. Il y a aussi, bien entendu, la réaction après l’accord, perçue dans de nombreux commentaires US, que les USA ne pouvaient laisser d’autres puissances diriger un épisode d'une affaire si importante, – réaction d’autant plus remarquable dans son inconséquence qu’Obama lui-même avait primitivement incité le Brésil à agir. Qu’importe le détail de l’explication, l’essentiel étant bien l’absence de suivi, l’absence de contrôle, l’éclatement et le désordre du pouvoir à Washington, la conformation de la politique aux événements et aux réactions “du jour”.

Notre source estime que, dans l’état actuel des choses, l’accord de Téhéran est mort après tous les événements qui ont suivi, aussi bien à cause de considérations techniques (nécessité de la coopération technique d’autres pays engagés dans la décision des sanctions) qu’à cause de l’attitude des Iraniens après le vote des sanctions à l’ONU.


Mis en ligne le 30 juin 2010 à 07H53