Notes sur une dissidence-Samizdat

Analyse

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

 2062

Notes sur une dissidence-Samizdat

• On examine aujourd’hui la situation de la presseSystème et de son influence, et aussi celle des médias alternatifs, ce que nous nommons « Notre ‘Samizdat’ globalisé », ou simplement la presse-Samizdat. • La pression pour la censure, pour le simulacre, pour la narrative n’a jamais été aussi forte (avec une interview d’Alain de Benoist), et pourtant notre constat est bien que l’effet de cette censure n’a jamais été plus contesté, plus malmené. • C’est bien que la Grande Crise (GCES) a atteint le cœur du Système, reléguant tout le reste, notamment les crises extérieures, au second plan. • Les événements commandent et nous faisons avec, et les gens de la presseSystème font avec, courant d’une voie d’eau à l’autre. • Le résultat est que l’esprit-Samizdat ne cesse de s’affirmer, même et le plus souvent contre le gré (et à son insu) des récipiendaires de rencontre : même la presseSystème est parfois Samizdat et antiSystème sans s’en apercevoir. • Nous prenons comme champ de notre investigation les cas de la France et des USA, comme deux pôles culturels opposés à l’intérieur du bloc-BAO.  

19 octobre 2021 – L’information est le contenu des liens vocaux et écrits entre les hommes, et la communication le fait de la circulation de l’information, et en concept moderne l’instrument qui la fait circuler. Aujourd’hui, les deux se rapprochent jusqu’à devenir indiscernables l’un de l’autre. Le “système de la communication”, comme nous le nommons, porte les informations en les influençant, en les marquant, en les sculptant irions-nous jusqu’à dire. Tout cela va à la fois très vite, et dans la mesure d’une quantité énorme. Époque révolutionnaire, donc...

Cette “époque révolutionnaire” commence, selon nos appréciations et d’un point de vue opérationnel, avec la guerre du Kosovo, et elle prend son essor bien entendu avec le 11-septembre, caractérisée pour notre compte par certains constats concernant le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld et la guerre en Afghanistan à partir du 7 octobre 2001 (... et terminée le 31 août 2021). C’est à partir de ces diverses dates organisant un bouleversement que commence une époque où la remarque de Guy Debord rapportée par Alain de Benoist (voir plus loin) n’est plus une simple remarque conceptuelle, une hypothèse intellectuelle difficile à concrétiser, mais bien une “réalité” opérationnelle que l’on peut aisément montrer, démontrer, répéter, authentifier, documenter, etc. :

« Dans le monde actuel, le vrai n’est plus qu’un moment du faux. »

Pour nous, cette idée ne doit pas être dite sous une forme limitative, contrainte, désolée (“n’est...que”), mais au contraire sous une forme conquérante et joyeuse : le “vrai” qu’on pouvait croire définitivement et à jamais disparu apparaît par instant, sinon par moment, au milieu du déferlement du faux. Notre mission est de saisir cet “instant”, voire de décrire un tel “moment”. Cette idée est centrale à notre concept de “vérité-de-situation”. Elle nous dit résolument que “le vrai” (la Vérité) existe, qu’on ne parvient pas, – ou plutôt qu’on ne parvient plus à la dissimuler complètement ; c’est d’ailleurs à cause de la puissance et l’abondance extraordinaire du système de la communication par lequel sont charriés mensonges et simulacres que la vérité réapparaît. C’est l’effet-Janus du système de la communication, où l’afflux quantitatif formidable se trahit lui-même, ne parvient plus à se contrôler, donc laisse échapper des instants et des moments de “vrai”, des vérités-de-situation.

Notre tâche est bien de les identifier, de nous en saisir, de les brandir, d’en faire le meilleur usage du monde. Pour cela existe et agit en pleine conscience de sa mission la presse alternative, ou mieux encore la “presse dissidente”, ce que nous nommions dès 1999 d’après le mot fameux de l’outil principal des glorieux “dissidents” soviétiques,  « Notre ‘Samizdat’ globalisé ».

Cette entrée en matière a comme dessein de rappeler ce qu’est la “presse dissidente”, que ce n’est en rien un jeu, une satisfaction narcissique, une occupation fun au nom d’une “liberté d’expression” si complètement violentée et caricaturée, tout cela à l’intérieur du Système et à son service. Elle est là pour rappeler que la “presse dissidente” est un acte antiSystème qui se conçoit comme en-dehors du Système, comme ‘Delenda Est Systemum’, même si sa base opérationnelle et ses outils sont empruntés, volés, dérobés au Système. Il n’est rien de meilleur que de retourner ses forces mêmes contre son adversaire (faire aïkido, si l’on veut).

Le rôle de cette presse antiSystème est aujourd’hui d’autant plus important que celui de la presse qui représente, défend et fait la promotion du Système, – la “presseSystème”, puisqu’il faut dire son nom, – a pris une place essentielle dans la bataille en cours, suppléant puis remplaçant peu à peu une direction politique de polus en plus inconsistantes, défaillante, etc. Selon nous, c’est à partir de 2015-2016 que la presseSystème joue ce rôle, évidemment en commençant par les USA, en s’élevant contre la candidature puis contre la présidence Trump. Le rachat du Washington Post par Jeff Bezos en 2013-2014, à partir d’un financement fourni par un contrat vaguement bidouillé pour un autre service de 600 $millions de la CIA avec Amazon, – on voit le filiation qui règle et verrouille la ligne éditoriale, – est une date essentielle à cet égard, à la fois opérationnellement et symboliquement.

« Trop d’information tue l’information »

Cette idée du rôle de la presseSystème, que nous avons toujours mis en évidence, constitue un des points principaux dans l’interview ci-dessous d’Alain de Benoist, donné à ‘Front Populaire’, repris sur le site d’‘Éléments’ à l’occasion, de la parution, de son livre ‘Survivre à la désinformation’ (éd. La Nouvelle librairie). C’est Nicolas Gauthier qui conduit l’interview.

Front Populaire : « La constatation de fond qui préside à votre livre est que “trop d’information tue l’information”. Pouvez-vous nous expliquer ce paradoxe ? »

Alain de Benoist : « Cela n’a rien de paradoxal. Trop d’images banalise l’image, trop d’informations tue l’information. On est là devant un exemple typique de contre-productivité telle qu’Ivan Illich a pu la décrire : la voiture est censée permettre de nous déplacer plus vite, mais quand il y a trop de voitures personne n’avance plus dans les embouteillages. Dans une optique voisine, rappelez-vous de ce qu’Alexandre Soljenitsyne disait à sa sortie d’Union soviétique dans son célèbre discours de Harvard : “Je viens d’un pays où on ne pouvait rien dire, et j’arrive dans un pays où on peut tout dire – mais où ça ne sert à rien”.

La profusion d’informations nuit à la compréhension. On en a un exemple frappant avec l’actuelle crise sanitaire : nous avons entendu depuis deux ans des milliers d’informations et d’opinions, généralement contradictoires (y compris entre spécialistes), et en fin de compte personne n’y comprend plus rien. Au trop plein s’ajoute encore l’impossibilité de hiérarchiser les informations selon leur importance. Dans la presse écrite, on peut encore présumer qu’un événement rapporté en première page est plus important qu’un événement signalé en page 23 (mais même là il y a des exceptions). La télévision, elle, hiérarchise selon les critères qui lui sont propres : elle préfère toujours mettre en vedette des informations à fort contenu émotionnel, lacrymal ou spectaculaire, même si leur importance réelle est à peu près nulle. Enfin, sur Internet et sur les réseaux sociaux, c’est le brouillage total. »

Front Populaire : « Vous expliquez que le métier de journaliste demande l’humilité alors qu’il y règne plutôt un surcroît de prétention. Comment définiriez-vous le rôle d’un journaliste ? »

Alain de Benoist : « J’ai bien conscience que répondre à cette question relèverait avant tout du wishful thinking. La plupart des journalistes sont des gens qui ont entendu parler de tout, mais qui ne connaissent rien. Ils forment une caste tournée vers elle-même, à qui l’esprit critique fait défaut parce qu’ils sont sous l’influence de l’idéologie dominante (qui est toujours l’idéologie de la classe dominante). De surcroît, ils vivent dans l’immédiateté : la nécessité d’“informer” au plus vite leur interdit le recul nécessaire à la réflexion. C’est pour cela que les esprits libres sont extrêmement rares parmi eux et qu’ils pratiquent abondamment l’autocensure.

La grande nouveauté en matière de censure est que celle-ci ne provient plus fondamentalement de l’Etat, traditionnellement chargé de veiller à l’ordre public et aux “bonnes mœurs”, mais des médias eux-mêmes, qui forment la principale caisse de résonance du politiquement correct et sont les premiers à organiser les chasses aux sorcières contre ceux de leurs confrères qui tentent d’aller à contre-courant. Les médias jouaient autrefois un rôle de contre-pouvoir. Ils sont aujourd’hui le relais sinon le moteur des nouvelles censures. C’est un changement radical, dont beaucoup n’ont pas encore pris conscience. »

Front Populaire : « La révolution numérique a permis de faire sauter la chape de plomb du journalisme institutionnel, et vous y voyez plutôt un progrès. La “réinfosphère” et “l’info dissidente” doivent-elles pour autant être prises pour argent comptant ? »

Alain de Benoist : « Je me félicite de voir fleurir des sources d’“info alternative”. Le problème est qu’il ne suffit pas d’aller à l’encontre du “discours officiel” pour être de ce seul fait plus crédible. La “réinformation” se pose en contraire de la désinformation, mais elle peut être aussi bien être une désinformation en sens contraire. Bien des sites “conspirationnistes” en témoignent.

Front Populaire : « Le double phénomène de surabondance de l’information et de multiplication des canaux de transmissions n’entraîne-t-il pas une horizontalité des points de vue et un relativisme généralisé ? Est-ce qu’on appelle désormais la “post-vérité” ? »

Alain de Benoist : « Oui bien sûr, mais le problème est en réalité plus grave. C’est la notion même de vérité qui s’efface, d’abord parce que dans les débats actuels, on ne s’intéresse plus à ce qui est vrai et à ce qui est faux, mais à ce qui est ou non conforme au “bien” tel que le définit l’idéologie dominante (c’est l’“empire du Bien” dont parlait Philippe Murray), ensuite parce que le réel disparaît de plus en plus par rapport au virtuel et au simulacre. Je renvoie ici aux travaux de Jean Baudrillard, mais aussi à ce que disait Guy Debord : “Dans le monde actuel, le vrai n’est plus qu’un moment du faux”. C’est cet écart au réel que les gens constatent lorsqu’ils confrontent ce qu’ils voient autour d’eux tous les jours et ce qu’en disent les médias. On ne peut donc pas s’étonner que la défiance dont font l’objet les hommes politiques, les partis, les institutions, et les “experts” en tous genres, se double désormais d’une défiance gravissime à l’égard des médias. »

Front Populaire : « Chacun reconnaît qu’un citoyen éclairé doit pouvoir s’informer convenablement pour penser le monde qui l’entoure. Or, est-ce encore possible lorsque faire le tri et prendre du recul devient un parcours du combattant méthodologique ? »

Alain de Benoist : « Le “citoyen éclairé” censé pouvoir s’informer convenablement et rationnellement fait partie de la mythologie issue de la philosophie des Lumières, au même titre que les ‘“choix éclairés” du consommateur, les vertus supposées de la “concurrence pure et parfaite”, la “vérité du marché” et autres calembredaines. L’homme n’est pas pure raison. Il y a toujours en lui une part d’irrationnel, qui tend à faire primer la réaction immédiate sur la réflexion. Raison de plus pour l’aider à y voir plus clair, y compris en lui-même ! »

Gros temps pour le discours-PC

Ce que nous retenons d’essentiel dans cette intervention d’Alain de Benoist, pour le débat que nous voulons développer et pour notre approche de ce débat, c’est l’affirmation du rôle moteur, sinon directeur, de la presseSystème dans l’action de la communication qui est la principale arme du Système (communicationSystème), notamment pour l’action de “censure” que nous aurions tendance à élargir aux concepts de narrative et de “simulacre”. En cela, la presseSystème tendrait à prendre, si ce n’est déjà fait, la place des directions politiques, dans tous les cas pour la tâche essentielle pour ce parti, de la censure. Voici le passage de l’interview sur ce point :

« La grande nouveauté en matière de censure est que celle-ci ne provient plus fondamentalement de l’État, traditionnellement chargé de veiller à l’ordre public et aux “bonnes mœurs”, mais des médias eux-mêmes, qui forment la principale caisse de résonance du politiquement correct et sont les premiers à organiser les chasses aux sorcières contre ceux de leurs confrères qui tentent d’aller à contre-courant. Les médias jouaient autrefois un rôle de contre-pouvoir. Ils sont aujourd’hui le relais sinon le moteur des nouvelles censures. C’est un changement radical, dont beaucoup n’ont pas encore pris conscience. »

Nous aimerions apporter quelques remarques complémentaires, voire éventuellement contestataires, pour tenter de fixer plus précisément, comme nous la percevons, la situation actuelle de la communication, c’est-à-dire de la distribution, de l’identification et de la sélection de l’information. Nous voudrions d’abord fixer un principe qui tendrait à nuancer singulièrement la première proposition de Benoist :

‘Front Populaire’ : « La constatation de fond qui préside à votre livre est que “trop d’information tue l’information”. Pouvez-vous nous expliquer ce paradoxe ? »

Alain de Benoist : « Cela n’a rien de paradoxal. Trop d’images banalise l’image, trop d’informations tue l’information... »

Notre approche est plus nuancée : au lieu du “trop d’informations tue l’information”, nous dirions : “trop d’informations submerge [dilue, disperse] l’information vraie”. C’est à nous de la retrouver et ce n’(est pas une tâche aisée, mais le fait est qu’elle est bien présente. La phrase de Soljenitsyne que cite Benoist (« Je viens d’un pays où on ne pouvait rien dire, et j’arrive dans un pays où on peut tout dire – mais où ça ne sert à rien. ») date de 1978, ce qui est une autre époque.

A l’époque de Soljenitsyne, on avait beaucoup moins d’information à disposition, et beaucoup plus lentement obtenue. Le discours officiel, par ailleurs infiniment mieux structuré qu’aujourd’hui et rendant compte dans ce cas de certaines vérités qu’il était facile de vérifier, était assez peu contesté dans sa véracité, même s’il était dénoncé par des oppositions qui adoptaient évidemment un point de vue différent sinon antagoniste pour en juger. Aujourd’hui, l’extraordinaire abondance d’informations a deux conséquences :
• le discours officiel n’a pas contre lui des oppositions qui supposent des engagements aisément identifiables, il a contre lui des négations qui viennent de très nombreux côtés, qui dénoncent non pas sa justesse mais son existence même ;
• on ne peut dire aujourd’hui que tout ce qui est dit ou ressenti hors de la ligne officielle (“ligne du Part”, Politiquement-Correct [PC], etc.) « ne sert à rien », comme le prouve l’état permanent de tension, les contestations succédant aux contestations, les crises aux crises et ainsi de suite ;

Le résultat est une délégitimation en constante accélération malgré leurs énormes moyens des autorités qui soutiennent la narrative officielle, par conséquent une défiance grandissante des versions officielles jusqu’à un jugement de déni, jusqu’à considérer raisonnablement qu’elles sont “présumées fausses à moins qu’elles ne prouvent leur véracité”. De cette façon, interrogé le 10 septembre 2008 par ‘Le Soir’ sur l’attaque du 11-septembre, PhG pouvait répondre : « La seule chose dont je suis sûr, c’est que la version officielle est fausse ».

Progression vers l’état des lieux

On peut alors proposer une sorte d’“état des lieux” de l’information telle qu’elle se manifeste aujourd’hui, selon nos observations. On scindera en deux cette démarche, entre d’abord l’évolution conduisant à la situation présente (« Progression vers l’état des lieux »), et ensuite la situation présente (« État des lieux »).

• L’aspect simulacre-narrative de la presseSystème est avéré, essentiellement pour les USA, depuis le 11-septembre et l’attaque contre l’Irak (mars 2003) qui mit en évidence le grotesque montage des “armes de destruction massives” irakiennes. A partir de 2010-2011 (“printemps arabe”, Syrie) et surtout 2014 (Ukraine), le simulacre-narrative engloutit le reste des pays du bloc-BAO qui s’enfermèrent dans le déterminisme-narrativiste, avec les deux “adversaires” principaux, Russie et Chine.

L’abondance considérable des informations n’empêche nullement de distinguer la vérité-de-situation pour qui dispose de l’expérience, donc de la connaissance des sources, et d’une intuition sérieuse, notamment avec un nombre considérable de sites-Samizdat extrêmement sérieux. Il n’est nul besoin d’être ardemment pro-russe et pro-chinois pour mesurer l’effondrement du “récit” sur lequel repose toute la “politique” occidentale, mélange consternant de communication manipulée grossièrement et d’affectivisme, avec le résultat qu’on imagine même avant de le constater.

• Il y a un tournant en 2015-2017 avec les élections de Trump et de Macron, où les troubles internes du bloc-BAO en constante aggravation depuis 2003-2005 (conséquences intérieures d’événements tels que l’attaque de l’Irak et référendum sur la Constitution européenne) voient le triomphe grandissant des événements sur les diverses manipulations de l’information.

La politique extérieure avec ses crises diverses s’efface devant les crises intérieures qui vont se réunissant en une Grande Crise. La politique extérieure devient un outil de la crise intérieure, et les manipulations sont de plus en plus grotesques : qui a suivi normalement la politique aux USA, en sélectionnant sans grandes difficultés ses sources, distingue évidemment le grossièreté jusqu’à l’hilarante bouffonnerie du Russiagate. La politique extérieure est quasiment inexistante en France, où la présidence “révolutionnaire” de Macron se réduit en une fuite désespérée devant l’avalanche des crises (Benalla, retraites, gilets-jaunes, Covid, méandres “mémoriels” ou la “seconde guerre d’Algérie”).

• Dans les deux cas (USA et France), la presseSystème a joué un rôle essentiel, effectivement au-delà du souhait des directions politiques, en montant à l’extrême radical du simulacre-narrative et pourtant elle n’a strictement rien pu empêcher d’une évolution catastrophique. Trump a été éliminé, mais pour être remplacé par un Biden encore plus catastrophique que lui, jusqu’à conduire les USA dans une “guerre civile de communication”. En France, on a pu assister, comme condensé des effets de la crise, à cet événement absolument impensable pour le simulacre-narrative de la communicationSystème et de la presseSystème d’observer le commentateur le plus “diabolisé” de la scène de la communication et du Système, Éric Zemmour, donné dans les sondages comme très-possible adversaire de Macron au deuxième tour d’avril 2022.

État des lieux

On donne ici, comme mesure du bouleversement de la communication, et comme ce qui nous paraît être un échec de la communicationSystème et de la presseSystème, les différentes sources et positions disponibles en France aux USA.

La France

En France, la presseSystème et les grands réseaux sont complètement engagée dans la bataille des présidentielles par rapport à l’événement de la pré-candidature de Zemmour. L’absence complète, – ou l’inefficacité, ce qui revient au même, – de barrage à son avancée signifie que cette presseSystème ne contrôle pas la communication de l’information, mais qu’elle est contrôlée par elle ; c’est-à-dire, contrôlée “par les événements” qui ont leur force propre et qui organisent grâce à leur maîtrise de la communication la sélection des informations nécessaires et essentielles. Chacun est dans son rôle, et les “diabolisateurs” en train d’essayer de “diaboliser” Zemmour, mais sans grande efficacité ni maîtrise de la narrative, pédalent dans le vide en faisant involontairement la promotion de Zemmour ; de l’autre côté aussi, nombre de partisans ou d’indifférents approbateurs, y compris dans la presseSystème qui ne réagit donc plus unanimement à l’autocensure, ont le champ libre et en usent comme il convient.

A moins d’envisager un de ces très-complexes complots qui ont pour effet direct une solide céphalée, il faut admettre une situation assez nouvelle de l’usure significative du contrôle exercé par le Système et sa courroie de transmission de la presseSystème. Que le phénomène dure ou pas en l’état, il reste qu’il existe et qu’il échappe aux normes du Système pour installer une dynamique antiSystème, quoi qu’en veuillent les uns et les autres... Et le destin de remarquer ironiquement : “Le roi est nu”, oui oui oui...

Aux USA

Aux USA, on a assisté à un phénomène étonnant d’une complète offensive par surprise d’une situation antiSystème, là aussi sans manœuvre humaine. Trump liquidé et Biden installé, le champ s’ouvrait à une dynamique déstructurante ordonnée et inarrêtable du Système. Rien ne se passe dans ce sens. Les diverses pressions, crises, etc., organisées par le Système produisent des effets incontrôlables, jusqu’à des situations où l’on voit la presseSystème en arriver à critiquer Biden et sa calamiteuse gestion des choses.

Qu’il y ait des explications parcellaires (état de santé de Biden, amateurisme de sin équipe, etc.) n’explique pas tout par définition ; elles étaient prévisibles et il était attendu que le Système bousculât tout cela dans la majestueuse puissance de son rôle de “camp du Bien”. Le contraire s’installe, dans un désordre multiplié par rapport à l’époque-Trump, avec une solide riposte d’une opposition qui, même si elle vient d’acteurs du Système, produit une dynamique antiSystème notamment parce ces acteurs sont de facto placés en porte-à-faux par la situation et engagés dans des causes. Même les plus fidèles affidés  du Système font des impairs révélateurs, tel le réseau CNN, – et qui est plus fidèle au Système dans la presseSystème étendue aux réseaux que l’inénarrable CNN-hyperWoke ?

Hier, le désordre handicapait Trump ; aujourd’hui, il frappe directement, de plein fouet comme autant de “coup de fouet en retour”, ceux qui ont abattu Trump par la terreur-Woke et tenaient pour acquis le regroupement triomphant après la chute de Trump. Là aussi, la communication, malgré l’énorme puissance du Système dans ce domaine et ses consignes implicites-écrasantes d’autocensure, alimente et regroupe elle-même et par effet paradoxal l’information dans un sens cohérent du point de vue antiSystème.

Une situation diversifiée

Il résulte de tout cela, France et USA étant pris comme archétypes des pôles culturels opposés soumis au bulldozer-moderniste du Système, une situation où la dynamique des énormes crises intérieures prend radicalement le pas sur les événements extérieurs (politique étrangère et de sécurité nationale) avec leur potentiel de regroupement intérieur unitaire étouffant les contestations. Ces crises intérieures tendent à simplifier considérablement le débat, entre deux camps, – disons “souverainistes” et “globalistes” pour faire court et approximatif, sans trop faire se lamenter les puristes. Tout cela débouche sur une situation d’extrême polémique, de montées aux extrêmes, où les moyens de communication ultra-puissant du Système, et la presseSystème en premier, se trouvent devant un désordre où il devient impossible de retrouver ses marques, où les consignes se perdent, où la censure se disperse au gré de vents contraires.

De tout cela émerge une sorte de situation de très-grand désordre où la première victime est l’ordre voulu par le Système, l’ordre-PC (du Politiquement Correct). Non pas que le PC n’existe plus, bien au contraire : il est partout proclamé mais il l’est à visage découvert, avec sa vilaine binette et son haleine puante, et donc finalement aussi bien dénoncé que proclamé. Ainsi le “camp du Bien” sent-il parfois que le “Bien” lui échappe et la vulnérabilité de son simulacre-narrative, de son déterminisme narrativiste, apparaît en pleine lumière. Rien n’effraie plus le Système et le “camp du Bien” que la pleine lumière ; l’œil clignote et fond la vertu comme beurre au soleil...

Le Samizdat essentiel

Nous terminerons sur le rôle absolument essentiel de ce que nous nommons « Notre ‘Samizdat’ globalisé ». Il est devenu tellement essentiel, tellement fondamental pour accompagner certaines informations, pour en dénoncer d’autres, pour en révéler les plus ignorées, qu’il s’est véritablement fondu, intégré dans le grand courant de la communication sans que plus personne ne puisse le contenir, le contrôler. Nous ne sommes plus dans la période flamboyantes des Assange-Wikileaks et des Greenwald- Snowden mais dans la période suivante, celle de la maturité du Samizdat, lui-même beaucoup plus structurellement implanté.

Il y a bien sûr, dans la foule-Samizdat, à boire et à manger, – ô combien, ô “conspis” étranges et complots sublimes... Mais l’essentiel est la position que tient le Samizdat, de provocateur, de révélateur, de détonateur, – en un mot, d’aiguillon vertueux même si certains s’emportent dans des délires, placé au cœur de la plaie du Système. Ce qui compte, ce sont les effets qu’il provoque, par les contraintes où il met la presseSystème ainsi pressée, affaiblie et vulnérables, de “lâcher du lest” en sacrifiant à certaines vérités-de-situation.

De tout cela, du tourbillon crisique passé à un cyclone de Force-5 avec les crises intérieures (crise-Covid et crise-Woke), nul ne sort indemne en termes de jugement spécifique mais une situation dynamique générale émerge. La structuration maléfique du Système installée par les actes du “déchaînement de la Matière” est aujourd’hui en pleine déstructuration... Déconstructeurs à l’œuvre !