Notes sur les “Cent Fleurs” du printemps

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Notes sur les “Cent Fleurs” du printemps

Il doit être admis que nous connaissons tous les chapitres précédents, depuis la fin de l’URSS, le Kosovo, 9/11 et l’effondrement de l’automne 2008, cela nous permettant d’aborder aussitôt celui qui nous importe. Notre chapitre commence donc en décembre 2010, en Tunisie, avec la naissance de ce que l’on nommerait bientôt “le printemps arabe”.

«Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent…», avait lancé Mao le poète, en lançant en février 1957 sa campagne fameuse, dite justement “des cent fleurs” ; plus sobrement, la bureaucratie nomma cela “campagne de rectification” et la chose poétique tourna en un immense kaléidoscope de désordre et d’affrontement, lequel déboucha, séquence sur séquence, sur cet immense bouleversement nommé “révolution culturelle”. Pourquoi n’en ferions-nous pas une analogie pour “le printemps arabe” ?

Les Cent Fleurs sans Mao

Il nous manque le Mao démonus ex machina et c’est parce qu’il n’y en a rien d’humain qui soit décisif dans le contrôle général du phénomène, dans notre kaléidoscope. Le “printemps arabe” est une dynamique de désordre enfantée par ses propres forces internes, elles-mêmes éveillées par les pressions de la “politique-Système” du bloc BAO, lequel bloc BAO s’est affirmé décisivement en tant que tel à cette occasion. Nous avions nommé cela (le “printemps”) une “chaîne crisique”, où le système de la communication joue un rôle central par sa capacité de facteur d’accélération (une accélération de l’Histoire ou une contraction du Temps). Les complots divers, théories, manœuvres, qui se greffent là-dessus, sont des épiphénomènes qui servent à entretenir le feu du printemps, et à accentuer les effets terribles de la politique-Système.

Avec “le printemps arabe” s’est installé définitivement un fondamental facteur d’inversion. Chacun des acteurs, chacun des événements, porte en lui-même une capacité d’inversion décisive qui fait que les effets de la dynamique générale sont, d’une façon générale, et nous disions et disons même systématique, absolument incontrôlables et bientôt contraires à ce qu’on en attend, et à ce qui devrait raisonnablement les caractériser. Ce phénomène s’inscrit parfaitement dans la logique séquentielle, puis simultanée surpuissance-autodestruction : la surpuissance manifeste de la politique-Système, héritée de la “politique de l’idéologie et de l’instinct” lancée par les USA de GW Bush après 9/11, engendre de plus en plus des effets d’autodestruction à mesure ; bientôt les composants surpuissance-autodestruction semblent devenir quasiment parallèles, jusqu’à s’intégrer et à se fondre dans une simultanéité événementielle : la surpuissance agit directement en mode autodestruction, chef d’œuvre ainsi achevé…

le double courant du printemps

Dès le départ, il y eut deux courants dans le “printemps”. Le courant originel, qu’on connaît bien, sème le désordre dans un système général avec ses diversités du Maghreb au Moyen-Orient, installé par les puissances dominantes d’alors qui formeront le bloc BAO, avec les USA en tête. Ce courant originel du “printemps” les touche tous d’une façon ou d’une autre, d’une manière ou l’autre, de la Tunisie à l’Égypte, à la Libye, à la Syrie, au Bahrain, à l’Arabie, à la Turquie, à Israël, à l’Iran, etc.

Un second courant “double” aussitôt le premier. Il s’agit d’un courant né des pays du bloc BAO, qui sont dans une crise profonde (depuis l’automne 2008) dont ils sont eux-mêmes les inspirateurs, les démiurges et les matrices, et qui voient dans “le printemps arabe” une sorte de miracle qui pourrait, par un effet effectivement miraculeux de transmutation vertueuse qui lui serait propre, soudain affirmer la vertu totale du Système en cours d’effondrement. Pour cela, “le printemps” sera démocratique, recherche et recréation de la pure démocratie occidentaliste, affirme aussitôt la narrative précipitamment mais assez naturellement produite par le Système. Le “parti des salonards”, notamment très actif à Paris, de Kouchner à BHL, se charge du scénario.

Là-dessus, on pourrait parler à nouveau des “complots” et du reste, conduisant à observer le paradoxe que le second courant serait une manœuvre puissante de récupération d’un premier courant qu’on aurait pourtant soi-même suscité… Il s’agit essentiellement de bavardages dont l’inconnaissance fait justice et vous dispense. Ces innombrables complots, l’activisme des diverses CIA arrosant d’argent aussi bien tous les dissidents que les régimes que ces dissidents sont conduits à contester, la guerre des drones, les pas de deux entre Obama et les Frères Musulmans, les ambitions surréalistes et contradictoires du Qatar, etc., constituent un kaléidoscope de catégorie inférieure, dite “opérationnelle”, qui ne sert qu’à alimenter les caractères de désordre et d’inversion du kaléidoscope principal. Le “second courant” du bloc BAO, qui nous mène d'une façon rythmée de Ben Ali au Mali, est l’un des deux puissants composants du kaléidoscope principal, et celui qui nous intéresse évidemment aujourd’hui, –puisque Mali il y a et Ben Ali il y eut…

Le rôle de la France éternelle

Même quand ils sont d’une considérable pauvreté intellectuelle et de caractère, et surtout quand ils sont ainsi dans les circonstances générales que nous connaissons et sur lesquelles ils n’ont aucun pouvoir, les sapiens-Système et leur psychologie jouent un rôle considérable, bien entendu par complète inadvertance et superbe ignorance quant à ses effets réels, disons hors-narrative. Il y eut effectivement une force explosive et psychologique considérable dans le domaine de la communication, dans la potion presque magique née de la vanité formidable et emportée, de l’énergie considérable et aveugle, de l’élégante narrative de midinette qui conforte les braves cœurs, de l’instinctif sens du spectacle et de l’esbroufe, tout cela caractérisant le couple Sarko-BHL tombé en amour-passion le temps d’un printemps. Leur réaction paraît après coup inévitable dès lors que l’immonde Ben Ali tombait sous les coups de la démocratie naissante et que nombre de personnalités du pouvoir politique et du parti des salonards à Paris étaient compromises dans la fréquentation du susdit immonde. Il fallait se refaire une vertu. Kadhafi et la Libye faisaient l’affaire : une excentricité trop voyante du colonel, un camping de tentes du désert dans les jardins proches de l’Élysée lors d’une visite fameuse, quelques casseroles embarrassantes entre lui et ses liquidateurs qui disparaîtraient avec sa liquidation, un mouvement de contestation diversifié, bien structuré et soutenu de partout en Libye, y compris avec une belle composante djihadiste que la démocratie prétend écarter à tout jamais… Avec toutes ces contradictions et ces inversions, la mayonnaise prendrait bien.

L’intervention française en Libye fut exemplaire, ainsi que la campagne militaire, qui fut essentiellement assumée par les Français et nullement le fruit d’une machination opérationnelle des USA et d’une OTAN manipulant la France ; USA et OTAN sont bien incapables, et de quelque chose d’opérationnel qui soit efficace, et même de manipulations habilement menées à terme. Les Français montrèrent une grande maestria opérationnelle et le bon peuple, y compris à Saint-Germain et dans la rédaction de Libé, sentit renaître les gloires militaires d’antan. La campagne de Libye fut donc l’ouverture à la hussarde d’une colossale erreur sans bavure et d’une catastrophe presque parfaite à force de panache très germanopratin.

Le rôle exemplaire de la Libye

En effet, la Libye joue un rôle exemplaire dans le “deuxième courant” des Cent Fleurs du printemps. Dès Kadhafi liquidé, dans les conditions d’une barbarie également exemplaire qu’on connaît, la Libye fut le miroir aux alouettes du bloc BAO. Tout le monde s’y précipita parce que les Cent Fleurs de la démocratie nouvelle allaient s’épanouir triomphalement au soleil fécond du désert. L’Union Européenne submergea le pays de ses programmes, les pétroliers se précipitèrent sur le pétrole qu’ils exploitaient déjà du temps de Kadhafi, les USA s’engagèrent dans tous les coups fourrés possibles, si possible djihadistes parce que les ambassadeurs chics du département d’État aiment bien jouer au colonel Lawrence en complet veston, et ainsi de suite.

Pendant ce temps, la démocratie s’installait effectivement, sous la forme qu’on lui connaît… Les liquidations, les règlements de compte, l’anarchie centrifuge et l’éclatement des pouvoirs s’organisèrent avec les djihadistes (AQMI et compagnie) en bonne forme ; les arsenaux de Kadhafi renforcés des livraisons du bloc BAO furent pillés et distribués équitablement entre les diverses factions ; des groupes divers, ethniques et autres, furent déplacés, poursuivis, contraints ou boutés hors du pays ; les frontières servirent par conséquent de passoires à la diffusion du désordre vers l’Algérie, le Mali, etc. La Libye nouvelle réussit même cet exploit de devenir un fournisseur important de forces de déstabilisation, de préférence djihadistes, vers la lointaine Syrie… Les Cent Fleurs, vous dit-on, sont sans frontières.

Dès ce moment, tous les experts évidemment sérieux se mirent à leurs ordinateurs pour annoncer fort justement vers quels points et de quelle façon la Libye éclatée et mise en lambeaux allait répandre sa peste. Il n’y avait nul besoin d’être grand clerc : le Mali était aux premières loges… Ainsi donc, la Libye s’installa-t-elle dans sa fonction d’exemplarité. Officiellement devenue une démocratie exemplaire dans l’état qu’on a décrit, et ainsi justifiant absolument l’intervention française, elle pouvait par conséquent établir en toute impunité une puissante dynamique de diffusion du désordre, essentiellement de type djihadiste (ou, disons, pour rappeler nos obsessions courantes, “terroriste”). Jamais, au grand jamais, le moindre rapport n’a été établie entre “intervention française, type Sarko-BHL”, “démocratie exemplaire“, “déstructuration et désordre intérieurs“, “diffusion du terrorisme dans tous les azimuts”. Les Cent Fleurs n’ont pas besoin du rangement du jardinier, leurs beautés intrinsèques suffisent.

L’intervention était donc impérative…

C’est dans ce contexte général et sur cet arrière-plan déjà historique qu’il est évidemment devenu absolument impératif d’intervenir pour empêcher que les hordes djihadistes investissent le Sud du pauvre Mali, fabriqué de toutes pièces et sans aucune structure unitaire capable de résister. L’ONU elle-même a donné son blanc-seing depuis longtemps, avec l’accord empressé des Russes et des Chinois. Ceux-là sont logiques avec eux-mêmes et s’appuient sur du solide, sourires en coin pour l’occasion  ; ils susurrent que lorsqu’il s’agit de défendre une autorité installée et en théorie légitime contre la déstabilisation djihadiste, ils sont d’accord avec leurs “partenaires” du bloc BAO pour que ceux-ci, leurs “partenaires”, interviennent. Personne ne fait l’épuisant effort intellectuel, au sein du bloc, d’observer que c’est la même chose en Syrie, – euh… à part que c’est le contraire, pour la position du bloc.

En somme, la France ne peut se dérober à son “devoir” d’intervention pour éviter l’effondrement de l’État en carton-pâte du Mali sous les coups des djihadistes, mais laquelle chose en carton-pâte reste un État tout de même (légitimité et tout le reste, sous l’applaudissement un peu ironique des amis russes, informés par un Depardieu en bonne forme). Bien entendu, la France est directement responsable de l’obligation où elle se trouve d’intervenir, parce qu’elle a fait ce qu’elle a fait il y a un peu plus d’un an, et parce que depuis bien plus d’un an elle suit fidèlement les traces de la logique américaniste-occidentaliste transférée au bloc BAO. La misère tragique des capacités de perception, – ne parlons ni d’analyse, ni de compréhension, par pudeur, – de l’élite française de la situation générale dont le Mali n’est qu’une conséquence est une mesure de la “bonne foi” ahurie qui a présidé à l’engagement au Mali.

La France colonialiste, si si…

Un aspect exotique, étonnant ou succulent c’est selon, de cette affaire est le tombereau d’accusations qui se répand sur la France, de la part des divers dissidents antiSystème. La France, Hollande en particulier, est accusée de faire une opération de “relations publiques” (voir John Rees, sur Russia Today, le 15 janvier 2013), pour relever le standing du gouvernement socialiste. Il est vrai qu’on discute ferme, à Paris, dans les salons, pour savoir si Hollande n’est pas en train de se forger une stature de commandeur des conquérants d’un Nouveau Monde. Un regard sur l’incertitude et la furtivité du propos robotisé du président français lisant les communiqués de la bataille suffit à comprendre qu’il est dans un rôle de composition, aussi mal taillé que ses costumes. Mais, fidèle à l’honneur de sa fonction, il le tiendra et les commentateurs rassurés peuvent parler durant quelques talk-shows d’“union nationale”.

Il y a l’accusation de colonialisme… Justin Raimondo, qui n’est pas dans un de ses meilleurs jours, développe la thèse de “Napoléon au Mali” (Antiwar.com, le 16 janvier 2013). D’abord, il aurait pu choisir une meilleure analogie, et se demander : Hollande est-il un nouveau Lyautey ? Malgré tout ce que le “devoir de repentance” nous a imposé en matière de narrative postmoderniste sur tous ces personnages du passé expédiés dans l’enfer du révisionnisme historique de l’époque, ce qu’il en reste est tout de même suffisant pour déclencher un fou-rire inextinguible à l’idée de la comparaison de stature, de hauteur, de caractère, entre les personnages cités, entre ceux du passé et la phalange actuelle. Pour lancer une entreprise colonialiste selon les références courantes, et malgré tout le vice qu’on trouve à la chose (il y aurait beaucoup à dire là-dessus), il faut avoir au moins du caractère et savoir où l’on va. Aucun des dirigeants français, comme les autres d’ailleurs, qui répondent en général à la définition aimable de Teddy Roosevelt pour le président McKinley que nous citons si souvent par goût pour la pâtisserie sans doute («Il a autant de colonne vertébrale qu’un éclair au chocolat»), aucun ne peut répondre de cette accusation de colonialisme, simplement par inexistence, par transparence, par substance de soi-même aussi ferme que la pâte à choux et la crème pâtissière. Que les amis se rassurent : il est bien passé, il est complètement passé le temps de la “France colonisatrice” (et, par conséquent, le temps des anticolonialistes français du calibre d’un Talleyrand, – opposé à l’expédition en Algérie, – ou d’un de Gaulle).

Donc, aucune crainte à avoir : la France n’est pas au Mali par esprit de conquête, ni même par esprit de lucre. Elle est au Mali par inadvertance, sans y rien comprendre, de la même façon qu’elle dit que Assad ne devrait pas être autorisé à exister (dixit Fabius) ; elle y est parce qu’il faut bien, pour boucher un des nombreux trous par où l’eau djihadiste entre par geysers, qu’elle a elle-même, avec ses amis (la France et le bloc BAO), forés dans la coque sans réaliser qu’elle forait des trous dans la coque. Ce constat répond par ailleurs à la question de savoir si la France a une “stratégie de sortie” (de la crise), qui fait en général le fond de la spéculation stratégique : on ne peut répondre puisque la France n’a pas de stratégie du tout, ni d’entrée, ni de maintien, donc ni de sortie, – nihil, zéro, rien, nada (comme pour le JSF de ce jour, même parcours, même famille-Système). Sans doute est-ce l’intervention française postcoloniale (il y en a eu d’autres qui se sont déroulées bien plus discrètement) la plus complètement inévitable et la plus complètement inutile dans ses attendus et son fondement.

Une stratégie réduite à sa tactique

…Nous dirions même, pour écarter les nombreuses explications, théories, accusations diverses, etc., développées en faveur de la France et lancées contre la France, que le vrai problème est qu’il n’y a rien à dire sur l’aventure française au Mali. Notre commentaire peut paraître obstinément négatif, sinon nihiliste pour les âmes sensibles, – quoique roboratif à notre sens, – mais à commenter le “rien” l’impression est inévitable. Si la chose n’était tragique et cruelle comme on voit qu’elle est et qui interdit de la prendre trop à la légère, nous dirions qu’elle pêche irrémédiablement par son absence totale de sérieux, par son irréalité et son infécondité politiques totales, résultant de son absence tout aussi complète de substance puisqu’elle dépend de circonstances elles-mêmes complètement faussaires et sans la moindre stratégie ni sérieux politique (l’intervention en Libye). Cette cohabitation étrange de tragédie et de cruauté d’une part, et d’absence de sérieux, de légèreté par le vide d’autre part, est complètement caractéristique de la postmodernité et de la politique prétendument suivie jusqu’ici, et en fait imposée par le Système, – et en fait duplication forcée de la politique-Système, qui, elle, est bien nihiliste parce que déstructurante et dissolvante, et en sachant pourquoi et dans quel but.

Ainsi pourrions-nous proposer une conclusion qui ne conclut rien puisqu’on ne peut rien conclure de quelque chose d’aussi vide et pourtant d’aussi inévitable. Cette conclusion est une analogie avec une autre situation, sans la moindre intention de comparaison, d’exemplarité, de proximité en aucune façon, mais pour montrer que, dans toutes les situations de tension et de crise aujourd’hui, domine le même état d’esprit du bloc BAO, de cette “contre-civilisation”, complètement vide hors la puissante pression qu’impose le Système. Il s’agit du documentaire The Gatekeepers, sélectionné pour les Oscars hollywoodiens dans cette catégorie, et qui montre diverses interviews d’anciens chefs de sécurité israéliens, essentiellement le Shin Beth. Tous, – et nombre d’entre eux n’ont pas hésité devant les actes les plus terribles et les plus horribles, – disent leur désenchantement, l’inutilité qu’ils ont découvert dans leur mission… «[T]ous reconnaissent que la politique sécuritaire israélienne dans les territoires occupés n'est pas viable à long terme. “Ce n'est que de la tactique, pas de la stratégie”, résume l'un d'entre eux.» (Le Figaro, du 17 janvier 2013).

Voilà ce qu’il en est, selon nous, du Mali comme du reste, ce qui a précédé et ce qui suivra. Il s’agit d’une stratégie réduite à une énorme tactique sans stratégie, un colossal “comment” poursuivi sans trêve, et sans jamais déboucher sur rien puisqu’il est privé de son “pourquoi” qui ferait toute la différence entre le désordre déstructurant et réduit à lui-même, et une politique souveraine légitimant l’action entreprise. Avec le Mali poursuivant le reste avant d’accoucher d’autres monstruosités nécessaires, le bloc BAO, et non seulement la France, poursuit sa longue dérive sans but. Le Système et sa politique pensent pour eux, tandis qu’eux ils arrosent les Cent Fleurs.