Lockheed Martin commence à s’intéresser à la réalité du JSF

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Jusqu’ici, Lockheed Martin (LM) a tenu une position virtualiste impeccable sur le prix du JSF en affirmant que les données initiales (prix autour de $40-$45 millions l’exemplaire) seraient respectées. Pour la première fois, avec l’article de Defense News concernant la position du Danemark, signalé dans cette même rubrique aujourd’hui, une position officielle de LM admet que le prix du JSF sera sans doute plus élevé que prévu («The final unit price may be higher than originally quoted…»)

Le passage en question, – toujours débordant de confiance par ailleurs et expliquant que cette possible augmentation sera très largement compensée par les multiples vertus d’économie du fonctionnement de l’avion:

«“From where we sit, the JSF is still very much in the running for the Danish and the Norwegian fighter replacement contracts,” said a Lockheed Martin spokesman. “The final unit price may be higher than originally quoted, but one must weigh that against other overheads, such as operational and maintenance costs, and these will be much lower for the JSF compared to the F-16s that Denmark and Norway in tend to replace. We have every reason to remain confident.”»

La question est bien: de quel point de vue ( « From where we sit») se place Lockheed Martin pour continuer à estimer que le JSF est très bien placé au Danemark et en Norvège? La réponse importe peu mais s’impose la remarque que LM n’affirme plus ex abrupto que le JSF est très bien placé par rapport à ces deux pays. Il ne fait aucun doute que ces déclarations, telles qu’elles sont retranscrites dans Defense News, commencent à marquer une nette différence par rapport au catéchisme habituel de LM sur la question. Le conditionnel s’installe, les restrictions dans les affirmations jusqu’ici catégoriques, etc.

Qu’est-ce qui explique cette évolution de LM ? Certainement pas l’amour de la vérité des choses, qui reste une des vertus les plus retenues de la firme US. Mais la pression de la réalité et de la grogne commence à se faire sentir. Il semble bien qu’à Washington, certains acteurs puissants commencent à s’agacer de l’optimisme immuable de LM face aux cascades d’informations et d’analyses en sens contraire, surtout quand ces affirmations contrarient leurs propres causes. Par exemple, la Navy, qui commence à se détacher clairement du JSF, réclame désormais de LM un certain réalisme plutôt qu’un catéchisme débordant d’optimisme qui dessert son propre argument (la Navy a besoin de s’appuyer sur la situation réelle du JSF pour expliquer ses propres prises de distance du programme). Et lorsqu’un acteur comme la Navy exige certaines choses, LM l’écoute plus attentivement qu’il ne ferait d’un quelconque acheteur étranger.


Mis en ligne le 8 avril 2008 à 12H58