L’obsession américaniste face à la crise climatique

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Les US et l’UE préparent leur sommet annuel (en juin). Grande fête où l’on doit montrer qu’on s’aime et qu’on ne peut se passer l’un de l’autre. Pour cela, on prépare un communiqué à l’avance, que personne ne lira sinon par devoir mais qui restera dans les archives réciproques. Ce communiqué dira qu’on s’aime et qu’on ne peut se passer l’un de l’autre.

Une partie du communiqué est consacrée aux questions, stratégiques entre toutes, de l’énergie. La Commission européenne, qui travaille sur l’affaire pour l’UE puisqu’elle en sera l’une des représentantes au sommet, voulait inclure dans ce passage sur l’énergie une partie consacrée à la lutte contre la crise climatique (grand sujet désormais en grande vogue dans ces instances-là, comme l’on sait). La réponse US a été un “non” catégorique (pas diplomatique, mais bien catégorique). Bien entendu, les Européens ont cédé, — ils l’ont fait sur bien pire et sur bien plus grave, alors inutile de leur jeter la pierre pour une affaire de communiqué à la lecture duquel personne ne s’attardera longtemps.

Ce qui doit être relevé, c’est la vigueur de la réaction US. Le fait de la crise climatique est accepté partout à Washington, y compris, même avec réticence, par l’administration Bush. La chose est devenue une des grandes préoccupations du public US. La demande européenne ne mangeait pas de pain (un communiqué…) et pouvait donner à l’administration GW, à bon compte, un peu de la vertu qui lui manque dans ce domaine. Pourtant, c’est “non”.

Pourquoi ? L’administration GW, l’establishment et les serviteurs du système, aujourd’hui à Washington, ne brillent ni par leur sagesse, ni par leur mesure, ni par leur maîtrise intellectuelle des affaires. Ils agissent même d’une façon très émotive, avec leurs tripes, sans beaucoup de retenue. Ce “non” bien peu avisé a une grande signification. Il marque l’aversion de tous ces gens du système américaniste pour toute grande démarche qui met en cause, même si de façon indirecte, les fondements du système, l’American Way of Life, leur notion même du progrès.

Dans ce cas, c’est l’interprétation d’Anatol Lieven, — que nous partageons absolument, — qui est la bonne. Quoi qu’on propose et qu’on puisse proposer, notamment en traitant la crise climatique d’une façon arrangeante qui ne met rien en cause dans le système, “à la Stern”, nous croyons que la lutte contre la crise se heurtera toujours plus à cette sorte de résistance à la fois idéologique et systémique. Cette évolution nous conduira effectivement à des positions maximalistes antagonistes, notamment sous la pression indirecte des effets économiques et politiques de la dégradation du climat mal appréhendée. Elle ajoutera à la crise climatique la perception puis la réalisation d’une crise fondamentale de notre système.


Mis en ligne le 21 mars 2007 à 10H38

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