Liquidez le dollar… pour un gouvernement mondial Bilderberg

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Ceux qui jugent que la fin du dollar comme monnaie dominante, voire dictatoriale du monde, est un pas essentiel pour attaquer le système au cœur vont devoir prendre en compte des précisions pour un complot en plein renouveau, qui complique singulièrement le jugement initial. Il s’agit du Bilderberg et de ses projets de “gouvernement mondial”, pour partie par ONU interposée.

C’est James P. Tucker, Jr., correspondant AFP à Washington mais aussi spécialiste de certaines questions plus délicates que la simple relation des faits publics, qui expose cette affaire. Tucker fait référence au groupe fameux quoique en général présenté comme “secret”, ou “semi-secret”, du Bilderberg. Il s’agit d’un groupe connecté à toute une chaîne d’organisations également de type “semi-secret”, avec notamment le CFR (Council of Foreign Relations) ou la Trilatérale, qui sont soupçonnées en général de vouloir établir un “gouvernement mondial” des élites politiques, financières et médiatiques transnationales du monde occidentaliste. Tucker précise notamment que le récent rapport de l’ UNCTAD, groupe appartenant à l’ONU, réclamant une devise internationale à la place du dollar, résulte d’une manipulation du Bilderberg. Il affirme également que l'arrivée du nouveau Premier ministre japonais a été soutenue par le Bildergerg, pour que ce Premier ministre forme un “groupe asiatique”. Le but du Bilderberg serait effectivement la formation de “blocs” – trois, l'un en Asie, l’UE européenne et l’union nord-américain, fondé sur le traité ALENA et sur une monnaie commune (l’“amero”) – formant les fondements d’un “gouvernement mondial” relayé par l’ONU.

L’analyse a paru le 30 septembre 2009, sur OnLine Journal.

«The Geneva-based UN Conference on Trade and Development (UNCTAD) called for a global currency in a report made public on September 7. UN countries should agree on a global reserve bank to issue the currency and to monitor the national exchange rates of its members, UNCTAD said. The dollar’s role in international trade should be reduced to protect emerging markets from the “confidence game” of financial speculation, it said.

»Heiner Flassbeck, a former German deputy finance minister, is co-author of the report calling for a global currency. He worked with then U.S. Deputy Treasury Secretary Lawrence Summers in 1997-98 to contain the Asian financial crisis. Summers is a longtime Bilderberg luminary and has been photographed by AFP at annual secret Bilderberg confabs. […]

»Bilderberg used its immense power to get Yukio Hatoyama’s Democratic Party of Japan elected over the Liberal Democratic Party, which had led the nation for 64 years. Hatoyama obediently called for an Asian economic bloc, similar to the EU, complete with a regional currency.

»Bilderberg’s goal is an “Asian-Pacific Union” and an “American Union,” both modeled after the EU. The EU has its common currency, the euro, and a European Parliament that can impose laws on the once sovereign nations of Europe and a European Court superior to the highest courts of member states. The EU is effectively a single super-state.»

@PAYANT Les manigances du mouvement Bilderberg sont un classique de la conjuration mondiale et permanente pour un gouvernement mondial. Les arguments développés dans le texte cité ont ceci de particulier qu’ils sont d’abord une interprétation de faits ou de projets probables, qui peuvent avoir une toute autre destination et, par conséquent, une toute autre signification. Par exemple, l’identification de l’UE comme un “super-Etat” totalitaire dominant l’Europe est aujourd’hui une appréciation courante dans certains milieux, notamment, par exemple, chez les eurosceptiques britanniques. D’autre part, il faut bien observer que, dans les faits, malgré discours et affirmations, malgré les législations et les processus officiels, l’espace de l’autorité et de l’action des nations à l’intérieur de l’UE ne cesse de grandir au détriment de l’autorité de l’UE institutionnelle (on l’a vu de façon remarquable lors de la crise financière, marquée par une complète paralysie de la Commission). Puisqu’il est question d’évaluation et de prévision, il est extrêmement difficile de trancher d’une façon convaincante, dans un sens ou l’autre, autour de l’idée du complot.

Pour ce qui concerne le dollar, les prévisions de Tucker, qui rencontrent d’autres prévisions sur la recherche d’un arrangement pour passer en douceur à l’organisation d’une nouvelle devise commune, font penser qu’on ne pourra être quitte de la dictature du dollar comme de la notion même de dictature d’une devise manipulée par des autorités supérieures et arbitraires, sans passer par un phénomène de rupture. Toutes les suggestions d’organisation mesurée et contrôlée pour l’effacement du dollar, passant notamment par l’intervention d’organisations supranationales ou multinationales, impliquent qu’il y aura nécessairement des doutes et des soupçons considérables, en même temps que des manœuvres diverses, qui ne feraient éventuellement que transférer le problème du dollar vers la nouvelle devise. Le principal problème qu’expriment la position du dollar, sa dictature et son empiètement sur les souverainetés nationales, ne serait ainsi pas résolu.

La seule solution, qui est plus un enchaînement d’événements d’ailleurs assez probable, réside dans une véritable rupture de la toute-puissance du dollar, qui conduirait à des mesures d’urgence, avec des arrangements régionaux impliquant d’abord les nations principalement en cause. On rejoint une des suggestions du “complot” dénoncé par Tucker, mais dans un tout autre sens, dans le sens d’une sauvegarde des intérêts nationaux, par exemple par des organisations régionales ou entre nations intéressées, plutôt que comme préparation à un ordre mondial impliquant l’abandon des souverainetés. Par exemple, les pays du BRIC sont sur la voie de mettre en place des accords d’échange basés sur leurs seules monnaies et ne transitant pas par le dollar. Dans ce cas, les souverainetés des Etats ne sont pas automatiquement soumises à un nouveau diktat.

D’autre part, l’attitude des USA, qui refuse absolument d’abandonner le moindre privilège du dollar, contribue dans ce cas à ces regroupements régionaux, dans le sens qu'on définit, qui va contre les éventuels projets type-Bilderberg tels qu’exposés par Tucker. L’attitude des USA conduit à une solution du problème du dollar qui s’apparentera inéluctablement à une situation de rupture brutale. Le cas, bien qu’il concerne un problème monétaire, sera complètement politique, lié à l’effondrement de la prépondérance US et, sans doute, à d’autres événements politiques marquant cet effondrement.


Mis en ligne le 5 octobre 2009 à 09H24